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Notre grande aventure de l’allaitement : les débuts


Publié le 20 octobre 2019 par Claire Gezillig

Il y a très longtemps que je voulais venir te parler de l’allaitement de ma grande et puis finalement, me voici déjà à allaiter un deuxième enfant, j’ai donc beaucoup à dire pour en faire deux articles… Aujourd’hui, on parle des débuts !

Crédits photo cc : seeseehundhund

Avant d’accoucher…

Quand j’étais enceinte de mon aînée, je savais que je voulais allaiter. Je trouvais ça très beau, et ça me paraissait pratique, économique, écologique et aussi bien sûr, le plus adapté au bébé.

Mais je n’avais absolument rien contre l’idée de filer du lait artificiel à mes enfants si besoin. Mon idée était « j’essayerai, si ça ne fonctionne pas, si c’est trop galère, je laisse tomber, on va pas se prendre la tête avec ça ».

Et puis, j’étais sûre et certaine que non, « le tire-allaitement, ce n’est pas pour moi, je passerai au lait artificiel à ma reprise du travail », je n’avais vraiment aucune envie de me retrouver à tirer mon lait, ça me paraissait hyper contraignant, et pas du tout compatible avec mon travail très prenant.

J’avais entendu qu’allaiter n’était pas forcément facile mais je n’avais pas pris plus d’informations que ça, j’étais vraiment en mode « on verra ».

À la naissance de ma fille

Quand ma fille est née, j’ai perdu 2 litres de sang, j’ai été séparée d’elle après 30 minutes, je n’ai fait de tétée d’accueil et j’avais une anémie de folie dont j’ai mis bien six semaines à me remettre.

Autant te dire que les débuts de l’allaitement n’étaient vraiment pas idéaux et que dès la première nuit, on m’a proposé de la compléter.

Sauf qu’à partir du moment où elle était dans mes bras, il est devenu inenvisageable de ne pas lui donner le sein, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps que le début soit si difficile mais j’ai voulu m’accrocher.

On m’a envoyé une conseillère en lactation à la maternité, on a loué un tire-lait pour le retour à la maison et c’était parti pour le combo : tentative de mettre au sein, tentative de tirage avec ce qui n’était ni plus ni moins qu’une trailleuse (tire-lait de compétition donc mais comme j’ai déjà aidé dans une ferme laitière…) et puis nourrir bébé à la seringue et au petit doigt avec majoritairement du lait en poudre. Je serrais les dents mais j’avais envie de pleurer à chaque fois que je me retrouvais au tire-lait qui sortait trois gouttes…

Et puis, comme je le raconte dans cet article, ma kraamverzorgende (mon aide à domicile) avec les conseils de ma sage-femme m’a permis de démarrer l’allaitement grâce notamment au dispositif d’aide à l’allaitement.
Ça et le fait que j’étais au calme, chez moi, entourée d’amour… Ma montée de lait est venue quand on était seuls avec l’amoureux, détendus sur le canapé avec bébé au sein, nourri au D.A.L…. et d’un coup mon lait est arrivé.

Je ne comprends pas que ce dispositif ne soit pas le premier qu’on propose aux mères qui souhaitent allaiter mais dont l’allaitement a du mal à se lancer… Si tu veux en savoir plus, la Leache League explique très bien comment ça marche ici mais en gros, il s’agit que le complément arrive par un petit tuyau au niveau du mamelon, comme ça, le bébé associe manger avec le sein et le stimule en même temps.

C’était donc partie pour ma grande aventure de l’allaitement !

Quand on a trop de lait, trop vite, trop fort

Une fois les débuts compliqués derrière nous, on s’est vite aperçu que j’avais un problème de riches… Je suis une vraie vache normande (oui, j’ai des références fermières…) : je produis beaucoup beaucoup de lait et le réflexe d’éjection est très très fort.

À moi, les t-shirts mouillés malgré les coussinets (qui se remplissent trop vite) mais surtout, c’est difficile de gérer une grande quantité qui arrive d’un coup, mon bébé s’étouffe, lâche le sein et se prend une douche, ne peut pas profiter de tétouiller, et ainsi répondre à son besoin de succion quand il n’a pas vraiment envie de manger.

Pour ma fille, j’ai sans doute pas aidé au problème : j’ai beaucoup pompé pour faire des réserves pour la reprise du boulot (on reparle du tire-allaitement bientôt) et je pense que j’ai un peu trop stimulé.
Résultat, après le pic des trois mois, j’ai passé environ 2 mois à ne pouvoir lui donner le sein que couchée car comme ça, elle pouvait laisser couler le trop plein et ne pas s’étouffer. Ce n’était pas des plus pratiques quand tu veux sortir mais ça rendait les tétées très câlins au moins.

L’avantage de l’expérience

Pour mon fils, j’ai à nouveau beaucoup beaucoup de lait mais on s’en sort mieux, je suis beaucoup plus à l’aise pour le mettre au sein, je maîtrise plus les positions facilitatrices, je sais retirer un peu du lait du début si besoin pour ne pas qu’il s’étouffe, je lui ai donné bien plus vite une tétine pour ses besoins de succion (sinon, c’est simple, lui, il prend le sein quand même sans faim et puis il revomit en jet le trop plein). Et surtout, j’ai moins d’appréhension, je sais pertinemment que plus ils grandissent, mieux ils gèrent !

Les trois premiers jours ont d’ailleurs été un peu difficiles et c’est en me répétant que ça allait passer que j’y suis arrivée.

Après la tétée d’accueil où il a trouvé le sein seul comme un chef, les jours suivants, il avait l’air d’avoir faim tout le temps mais ça ne venait pas beaucoup et ça faisait un peu mal… Encore une fois, ma kraamverzorgende m’a sauvé la mise en réalisant qu’il n’ouvrait pas assez la bouche et m’a donné des techniques pour l’aider à le faire. Comme j’étais chez moi dès la première nuit, je n’ai pas hésité à dormir avec mon bébé, du coup, il a très peu pleuré même s’il avait faim, il a du stimuler aussi et on ne m’a pas proposé à 3h du matin de le compléter car il pleurait comme c’était le cas pour ma fille à la maternité.

Alors oui, à la visite du troisième jour de la sage-femme, elle a parlé de pomper pour compléter car il commençait à perdre sacrément du poids et a être jaune mais avec la kraamverzorgende on sentait qu’il commençait à comprendre le truc donc on s’est fait confiance. Résultat, montée de lait et le lendemain, il avait inversé la courbe.

Allaiter un deuxième enfant, c’est quand même plus facile, j’ai vraiment l’impression que je sais vraiment ce que je fais… Je ne regarde plus la montre, je n’ai plus besoin de m’installer si scrupuleusement – bon, je ne peux pas allaiter juste en sortant le sein en écharpe par exemple, sinon, on se retrouve tous les deux avec du lait partout. Mais je sais que ça va passer quand ma production va se calmer.

Cela dit, malgré ces difficultés, je sais que j’ai eu de la chance, je n’ai jamais eu les problèmes douloureux de l’allaitement : Gerçures, crevasses, engorgement, mastite, abcès, muguet… Tout ça, j’y ai échappé (pour le moment, croisons les doigts).

Mais je répète à qui veut l’entendre que c’est quand même bien plus facile et sympa d’allaiter un petit enfant qu’un nouveau-né (peut-être un peu par provocation). Car en fait, finalement, j’ai bien tiré mon lait à la reprise du boulot et spoiler, j’ai un allaitement non écourté avec ma fille : aujourd’hui ma grande de 2 ans est toujours allaitée, et comme j’ai eu un deuxième enfant entre deux, ben je reviens la prochaine fois te parler d’ « allaitement long » et de « co-allaitement »!

Et toi, tu voulais allaiter ? Comment étaient les débuts ?

Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Raphaelle

Je me demande comment ça se passe pour la plus grande quand le colortum arrive tiens 🙂

le 20/10/2019 à 14h28 | Répondre

Claire Gezillig

Je réponds dans le prochain article 😉

le 20/10/2019 à 20h56 | Répondre

Raphaelle

Par contre je n’ai pas bien compris pourquoi les débuts etaient compliqués avec ta fille et pourquoi tu as du utiliser un dal et un tire lait.. est ce que l »hémorragie retarde la montée de lait? Ou est ce que ta fille était prema? Je ne comprends pas pourquoi on te proposait de compléter dès la première nuit vu que les premiers jours c’est normal de ne pas avoir de lait, le bébé se « nourrit » de quelques goutte de colostrum et perd du poids, et ce n’est qu »au bout de 3 à 5 jours que le lait arrive. Non? En tout cas c’est ce que j’avais lu et ce que j’ai vu pour moi.

le 20/10/2019 à 16h58 | Répondre

Marina

Je ne connais pas la situation de Claire mais j’ai partagé la chambre d’une maman allaitante à la mater. Sa fille a hurlé non stop pendant 24h24h parce qu’elle avait faim et que le colostrum ne lui suffisait pas. Au départ la maman ne voulait pas compléter avec du lait pour être sûr que sa montée de lait se ferait bien. Elle a changé d’opinion après 24h.
Peut-être que la fille de Claire avait faim?

le 20/10/2019 à 20h14 | Répondre

Claire Gezillig

Apparemment mon corps était même trop faible pour produire du colostrum, avec le recul, je ne sais pas si c’est si vrai. Je pense que si j’avais eu le bébé collé à moi cette première nuit, elle n’aurait peut-être pas tant pleuré et on n’aurait pas eu besoin de compléter. J’ai eu ma montée de lait à J4. Après je pense qu’ici ils proposent beaucoup le tire-lait pour stimuler rapidement au départ, et je me demande si c’est pas lié au fait d’être vite à la maison : la pression de la perte de poids serait plus forte ?
Je conseillerais moi plutôt aux mamans de faire du peau à peau, de câliner, renifler, se coller à son bébé et de protéger leur bulle…

le 20/10/2019 à 21h02 | Répondre

Mme Cailloux

Bonjour,
j’ai aussi une histoire d’allaitement particulière. Mon bébé est né à terme par césarienne en urgence. On me l’a amené en salle de réveil environ 2h après sa naissance, puis je n’ai quasiment aucun souvenir de la nuit qui a suivi, et la tétée suivante s’est faite le lendemain matin. Je vais être rapide : avec un cicatrice de césarienne (et une allergie au nickel des agrafes), on ne peut vraiment pas facilement attraper son bébé pour le faire téter souvent. J’étais assommée, sous le choc de la césarienne, que je voulais éviter. Mon bébé a perdu beaucoup de poids, à J3 on commençait à me presser pour lui donner du lait artificiel. Il a été complété au lait artificiel donné à la seringue, en plus du sein bien sûr, où il devait prendre un peu de colostrum je suppose. A J4 on m’a prêté un tire-lait (de piètre qualité). J’ai eu du lait mature à J6. Une fois rentrée à la maison, je n’ai pas eu besoin de lui donner des compléments. Il a 15 mois et il est allaité en plus de manger de tout et de toutes les textures. D’où mes conseils :
– renseignez-vous sur les mécanismes physiologies de l’allaitement, avec par exemple le livre de Marie Thirion. Cela permet d’avoir un avis éclairé sur les propositions de lait artificiel entre autre
– pensez à prendre votre bébé contre vous et à le faire téter. C’est très bête mais si j’avais fait ça au lieu de le regarder dormir dans son berceau, mon histoire aurait peut-être été différente
– un accouchement peut être traumatisant, la montée de lait peut arriver bien après les 2 ou 3 jours cités fréquemment. Le DAL est génial dans ce contexte.
– faites-vous un cocon qui diminue votre appréhension (de ne pas savoir s’occuper du bébé, de rater l’allaitement, etc.), en éloignant les personnes négatives, en demandant la présence de ceux qui aident, en étant dans une maternité qui a la même vision de l’allaitement que vous.
Des débuts difficiles ne présument en rien d’un échec.

le 21/10/2019 à 11h55 | Répondre

Claire Gezillig

Ce sont de très bons conseils en effet 🙂
Merci Mme Cailloux de montrer aussi que des débuts difficiles ne sont en effet pas une condamnation pour la suite 😀

le 21/10/2019 à 12h49 | Répondre

Ségolène

Merci pour tes articles, et en particulier celui-ci.
C’est drôle car chacun de tes écrits me parle, j’ai partagé beaucoup de tes sentiments (la première fois en lisant le récit de la naissance de ta 1ère, j’attendais alors désespérément l’arrivée de la mienne).
Concernant l’allaitement, je suis également bien curieuse d’avoir ton retour sur le coallaitement, penses-tu évoquer le « regard des autres », à moins qu’il ne t’ait influencée à aucun moment ? J’ai allaité ma fille 13 mois alors que comme toi je ne me voyais pas aller si loin… Et j’ai arrêté car mon entourage a réussi à me convaincre qu’elle n’en avait plus vraiment besoin. Mon mari pensait aussi que mon corps avait besoin de repos pour préparer l’arrivée du deuxième… D’ailleurs, l’allaitement pendant la grossesse, qu’est ce que ça donne ?
Bref, je lirai ton prochain article avec intérêt !

le 21/10/2019 à 12h12 | Répondre

Claire Gezillig

Le deuxième arrive bientôt, je n’ai pas parlé du regard des autres mais c’est une très bonne question.
En fait, je l’ai gardé « secret » jusqu’à récemment car je crois que je n’assumais pas… Et puis, il s’est passé un truc (je n’en dis pas plus, j’en parle dans mon prochain article) où l’allaitement de la grande nous a sauvés en fait (je pense que s’il n’y avait pas eu ça, elle se serait peut-être retrouvée à l’hôpital avec une perf car elle refusait de manger et boire et montait en fièvre…) et après cela, ben, j’ai décidé d’en parler et finalement, il semble que si tu as de l’aplomb, les gens ne se permettent pas trop de commentaires négatifs.
Après, mon mari est hyper pro allaitement et il m’a toujours répété, « c’est ton corps, c’est toi qui décides », ça aide 🙂

le 21/10/2019 à 15h02 | Répondre

La Renarde (voir son site)

J’ai également hâte comme Ségolène de lire ton prochain article 😉

le 21/10/2019 à 17h37 | Répondre

La Renarde (voir son site)

« Allaiter un deuxième enfant, c’est quand même plus facile, j’ai vraiment l’impression que je sais vraiment ce que je fais ». C’est vraiment mon avis également. L’allaitement avec mon 2e roule tout seul alors que j’avais bien galéré à le mettre en place avec mon aînée (plus de 2 mois de mise au sein + tirer mon lait pendant que le papa donne un bib de lait maternel puis éventuellement du lait maternisé…).
Finalement j’ai allaité mon aînée 21 mois et ma production de lait s’est tarie quand je suis à nouveau tombée enceinte, du coup pas de co-allaitement par ici.

le 21/10/2019 à 15h09 | Répondre

Claire Gezillig

70% des allaitements qui ont encore cours lors de la grossesse de l’enfant suivant se terminent pendant la grossesse (pour plusieurs facteurs) donc ça ne m’étonne pas… Je vais pas réécrire l’article à venir mais j’ai cru que ça allait amener le sevrage aussi dans mon cas 😉

le 22/10/2019 à 15h35 | Répondre

Croco

Je croyais que ton aînée s’était sevrée pendant la grossesse, je vois que finalement ce n’est pas le cas. Moi je ne testerais pas le co-allaitement, le deuxième s’est vraiment sevré au 6eme mois de grossesse et s’il a réclamé à téter à la naissance de sa sœur, en fait il avait déjà oublié comment faire.

le 21/10/2019 à 21h09 | Répondre

Claire Gezillig

Moi aussi je pensais qu’elle était sevrée (plusieurs fois pendant la grossesse puis j’étais sûre à la fin) mais en fait non XD

le 22/10/2019 à 15h32 | Répondre

Aurélie B

Je suis enceinte de mon premier et je dois dire que pour le moment j’en suis à penser comme toi au début… Je verrai bien si j’arrive à allaiter alors tant mieux et j’allaiterais mon bébé mais si je n’y arrive pas, je lui donnerai du lait artificiel. Peut-être que comme toi mon point de vue va changer après la naissance…

le 07/11/2019 à 15h16 | Répondre

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