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Notre grande aventure de l’allaitement : les débuts

Il y a très longtemps que je voulais venir te parler de l’allaitement de ma grande et puis finalement, me voici déjà à allaiter un deuxième enfant, j’ai donc beaucoup à dire pour en faire deux articles… Aujourd’hui, on parle des débuts !

Crédits photo cc : seeseehundhund

Avant d’accoucher…

Quand j’étais enceinte de mon aînée, je savais que je voulais allaiter. Je trouvais ça très beau, et ça me paraissait pratique, économique, écologique et aussi bien sûr, le plus adapté au bébé.

Mais je n’avais absolument rien contre l’idée de filer du lait artificiel à mes enfants si besoin. Mon idée était « j’essayerai, si ça ne fonctionne pas, si c’est trop galère, je laisse tomber, on va pas se prendre la tête avec ça ».

Et puis, j’étais sûre et certaine que non, « le tire-allaitement, ce n’est pas pour moi, je passerai au lait artificiel à ma reprise du travail », je n’avais vraiment aucune envie de me retrouver à tirer mon lait, ça me paraissait hyper contraignant, et pas du tout compatible avec mon travail très prenant.

J’avais entendu qu’allaiter n’était pas forcément facile mais je n’avais pas pris plus d’informations que ça, j’étais vraiment en mode « on verra ».

À la naissance de ma fille

Quand ma fille est née, j’ai perdu 2 litres de sang, j’ai été séparée d’elle après 30 minutes, je n’ai fait de tétée d’accueil et j’avais une anémie de folie dont j’ai mis bien six semaines à me remettre.

Autant te dire que les débuts de l’allaitement n’étaient vraiment pas idéaux et que dès la première nuit, on m’a proposé de la compléter.

Sauf qu’à partir du moment où elle était dans mes bras, il est devenu inenvisageable de ne pas lui donner le sein, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps que le début soit si difficile mais j’ai voulu m’accrocher.

On m’a envoyé une conseillère en lactation à la maternité, on a loué un tire-lait pour le retour à la maison et c’était parti pour le combo : tentative de mettre au sein, tentative de tirage avec ce qui n’était ni plus ni moins qu’une trailleuse (tire-lait de compétition donc mais comme j’ai déjà aidé dans une ferme laitière…) et puis nourrir bébé à la seringue et au petit doigt avec majoritairement du lait en poudre. Je serrais les dents mais j’avais envie de pleurer à chaque fois que je me retrouvais au tire-lait qui sortait trois gouttes…

Et puis, comme je le raconte dans cet article, ma kraamverzorgende (mon aide à domicile) avec les conseils de ma sage-femme m’a permis de démarrer l’allaitement grâce notamment au dispositif d’aide à l’allaitement.
Ça et le fait que j’étais au calme, chez moi, entourée d’amour… Ma montée de lait est venue quand on était seuls avec l’amoureux, détendus sur le canapé avec bébé au sein, nourri au D.A.L…. et d’un coup mon lait est arrivé.

Je ne comprends pas que ce dispositif ne soit pas le premier qu’on propose aux mères qui souhaitent allaiter mais dont l’allaitement a du mal à se lancer… Si tu veux en savoir plus, la Leache League explique très bien comment ça marche ici mais en gros, il s’agit que le complément arrive par un petit tuyau au niveau du mamelon, comme ça, le bébé associe manger avec le sein et le stimule en même temps.

C’était donc partie pour ma grande aventure de l’allaitement !

Quand on a trop de lait, trop vite, trop fort

Une fois les débuts compliqués derrière nous, on s’est vite aperçu que j’avais un problème de riches… Je suis une vraie vache normande (oui, j’ai des références fermières…) : je produis beaucoup beaucoup de lait et le réflexe d’éjection est très très fort.

À moi, les t-shirts mouillés malgré les coussinets (qui se remplissent trop vite) mais surtout, c’est difficile de gérer une grande quantité qui arrive d’un coup, mon bébé s’étouffe, lâche le sein et se prend une douche, ne peut pas profiter de tétouiller, et ainsi répondre à son besoin de succion quand il n’a pas vraiment envie de manger.

Pour ma fille, j’ai sans doute pas aidé au problème : j’ai beaucoup pompé pour faire des réserves pour la reprise du boulot (on reparle du tire-allaitement bientôt) et je pense que j’ai un peu trop stimulé.
Résultat, après le pic des trois mois, j’ai passé environ 2 mois à ne pouvoir lui donner le sein que couchée car comme ça, elle pouvait laisser couler le trop plein et ne pas s’étouffer. Ce n’était pas des plus pratiques quand tu veux sortir mais ça rendait les tétées très câlins au moins.

L’avantage de l’expérience

Pour mon fils, j’ai à nouveau beaucoup beaucoup de lait mais on s’en sort mieux, je suis beaucoup plus à l’aise pour le mettre au sein, je maîtrise plus les positions facilitatrices, je sais retirer un peu du lait du début si besoin pour ne pas qu’il s’étouffe, je lui ai donné bien plus vite une tétine pour ses besoins de succion (sinon, c’est simple, lui, il prend le sein quand même sans faim et puis il revomit en jet le trop plein). Et surtout, j’ai moins d’appréhension, je sais pertinemment que plus ils grandissent, mieux ils gèrent !

Les trois premiers jours ont d’ailleurs été un peu difficiles et c’est en me répétant que ça allait passer que j’y suis arrivée.

Après la tétée d’accueil où il a trouvé le sein seul comme un chef, les jours suivants, il avait l’air d’avoir faim tout le temps mais ça ne venait pas beaucoup et ça faisait un peu mal… Encore une fois, ma kraamverzorgende m’a sauvé la mise en réalisant qu’il n’ouvrait pas assez la bouche et m’a donné des techniques pour l’aider à le faire. Comme j’étais chez moi dès la première nuit, je n’ai pas hésité à dormir avec mon bébé, du coup, il a très peu pleuré même s’il avait faim, il a du stimuler aussi et on ne m’a pas proposé à 3h du matin de le compléter car il pleurait comme c’était le cas pour ma fille à la maternité.

Alors oui, à la visite du troisième jour de la sage-femme, elle a parlé de pomper pour compléter car il commençait à perdre sacrément du poids et a être jaune mais avec la kraamverzorgende on sentait qu’il commençait à comprendre le truc donc on s’est fait confiance. Résultat, montée de lait et le lendemain, il avait inversé la courbe.

Allaiter un deuxième enfant, c’est quand même plus facile, j’ai vraiment l’impression que je sais vraiment ce que je fais… Je ne regarde plus la montre, je n’ai plus besoin de m’installer si scrupuleusement – bon, je ne peux pas allaiter juste en sortant le sein en écharpe par exemple, sinon, on se retrouve tous les deux avec du lait partout. Mais je sais que ça va passer quand ma production va se calmer.

Cela dit, malgré ces difficultés, je sais que j’ai eu de la chance, je n’ai jamais eu les problèmes douloureux de l’allaitement : Gerçures, crevasses, engorgement, mastite, abcès, muguet… Tout ça, j’y ai échappé (pour le moment, croisons les doigts).

Mais je répète à qui veut l’entendre que c’est quand même bien plus facile et sympa d’allaiter un petit enfant qu’un nouveau-né (peut-être un peu par provocation). Car en fait, finalement, j’ai bien tiré mon lait à la reprise du boulot et spoiler, j’ai un allaitement non écourté avec ma fille : aujourd’hui ma grande de 2 ans est toujours allaitée, et comme j’ai eu un deuxième enfant entre deux, ben je reviens la prochaine fois te parler d’ « allaitement long » et de « co-allaitement »!

Et toi, tu voulais allaiter ? Comment étaient les débuts ?

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com