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A la une / Récit d'accouchement

Mon deuxième accouchement express et sans péridurale

Comme évoqué dans mon dernier article, je n’ai pas accouché en avance pour mon petit coloc’. Avec un premier accouchement à 37 SA, j’espérais secrètement ne pas aller jusqu’au bout. Mais c’est marrant parce qu’autour de moi, toutes mes amies qui ont accouché en avance pour le premier ont dépassé le terme pour leur deuxième !

Ma DPA est prévue un lundi. Ce jour-là comme tous les précédents, c’est le calme plat au niveau contraction. J’appelle la maternité comme convenu et la sage-femme me donne rendez-vous le lendemain pour un contrôle.

Le mardi, j’ai droit à la totale : monito, toucher vaginal et échographie. Le monito montre quelques contractions et une activité du bébé, le toucher vaginal indique que mon col est légèrement ouvert (chouette, ça travaille !) et l’échographie permet de voir qu’il y a assez de liquide amniotique, que le bébé est bon niveau poids/taille et qu’il dort.

Le problème étant que l’échographe doit vérifier l’activité physique du bébé, sans ça l’examen n’est pas complet. Je reste plus d’une demie-heure dans la salle, à plaisanter avec l’échographe et la sage femme (venue aux nouvelles), à attendre que le petit veuille bien se réveiller. Au bout d’un moment, on détecte un micro mouvement, ça fera l’affaire !

Le jeudi, j’ai hâte de retourner à la maternité pour vérifier l’état de mon col. J’ai vraiment envie d’accoucher maintenant que je suis à +3 jours. Comme la dernière fois, le monito montre quelques contractions, et après le toucher vaginal, la sage femme m’annonce que mon col n’a pas du tout bougé depuis mardi. C’est une grosse déception pour moi ! Elle commence à me parler de décollement pour samedi et de déclenchement pour le lundi suivant, la dernière chose que j’ai envie d’avoir. Je me retiens de pleurer devant elle.

Le deuxième truc vraiment pas cool de ce rendez-vous est le mini décollement qu’elle me fait pendant le toucher vaginal, comme ça, sans me prévenir. Ce n’est pas très douloureux, mais quand même, ça surprend ! Et puis, c’est quand même intime comme zone de mon corps, je n’ai pas forcement envie que des gens aillent tripoter quoi que soit là-dedans sans mon accord. Bref, ce jour là, la sage-femme n’est pas ma copine (alors qu’elle a été adorable pendant tout le suivi de ma grossesse).

Je passe le reste de ma journée à pleurer et à déprimer. Je ne veux pas être déclenchée ! J’ai eu ça pour l’Héritier et une fois ça me suffit amplement. Je veux tellement accoucher le plus naturellement possible et laisser le temps à mon petit coloc’ de venir, lui laisser décider son jour et son heure.

Je décide de couper toute communication, tout réseaux sociaux. Les demandes de plus en plus nombreuses de la famille et des amis commencent à m’insupporter. Et je ne te parle même pas de leurs « conseils » pour hâter l’accouchement ! De toute façon, s’il y avait une solution miracle, on la connaîtrait depuis longtemps !

récit accouchement sans péridurale

Crédits photo (creative commons) : Greg Grossmeier

Le vendredi, j’ai mes premières contractions de toute ma vie ! Je sais enfin ce que c’est. Pour ma part, ce sont de grosses douleurs de règles, je n’ai pas du tout cet effet de vague et le ventre qui durcit. J’ai droit à une contraction par heure toute la journée. Et glamour bonjour, je perds des bouts du bouchon muqueux, mon moral remonte en flèche ! J’en profite pour enfin faire mon ménage et grand rangement du printemps. Il était temps.

Superman rentre du travail vers 20h, je le préviens que j’ai enfin des contractions, mais qu’elles sont bien espacées, on est tranquille pour l’instant. On décide de fêter la fin de la semaine et de se prendre un apéro. L’Hériter est chez mes parents, les valises de maternité sont prêtes, on a vraiment que ça à faire en attendant.

Pendant ce petit moment de détente, mes contractions se rapprochent. Puis vers 21h, elles sont toutes les 5 à 10 minutes et montent en intensité. Superman veut qu’on parte tout de suite à la maternité, il a très peur que j’accouche à la maison, surtout que la sage-femme m’a conseillé de ne pas trop traîner (accouchement en 6h pour le premier et bébé déjà très très bas).

Je tempère et je vais préparer le repas, me doutant bien que c’est pour cette nuit et sachant qu’il nous faut prendre des forces. Mon cher mari ne pense même pas à le faire à ma place, quel galant homme !

Dès que je sens monter une contraction, j’arrête ce que je suis en train de faire pour me mettre à 45 degrés, en appui sur le dossier de mon canapé (la table est trop basse et les étagères trop hautes !), je pose la tête entre mes bras et je fais des mouvements circulaire avec mon bassin. Je tiens un « om » (comme au yoga) tout le long de la contraction pour l’aider à passer et m’occuper l’esprit. Je peux t’assurer que ce n’est pas très pratique de manger comme cela !

Vers 22h et après une contraction très longue et douloureuse, Supeman m’oblige à partir. J’ai moins de 5 minutes de répit entre chaque contraction, et ma super technique pour les gérer commence à ne plus suffire.

Le trajet n’est pas agréable du tout. Je n’arrive pas à tenir les contractions en étant assise, heureusement pour moi, on habite à moins de 15 minutes de la maternité ! Pendant le trajet, on se demande quelle va être la date de naissance du petit : ce jour ou le lendemain ? Vu l’heure tardive, on parie pour le lendemain !

C’est un étudiant sage-femme très gentil qui nous accueille. Après avoir consulté la sage-femme référente, il nous installe directement en salle de travail. Pas de chance, la salle nature est déjà prise, mais au stade où j’en suis je m’en fiche un peu, tant qu’on ne m’oblige pas à rester assise ou allongée pendant mes contractions.

Il me fait rapidement un toucher vaginal, et c’est la bonne surprise de la soirée, car je suis déjà dilatée à 4 ! Moi qui voulais faire un maximum du travail chez moi, au calme et sans contrainte, je suis ravie et reboostée pour la suite.

On lui explique que je ne veux pas de péridurale, et il me propose le ballon pour gérer les contractions. Deuxième bonne nouvelle donc, je ne serai pas obligé de rester allongée (ma hantise en regardant Baby boom !).

Je me pose sur le ballon, malgré le monitoring à fil, ce qui oblige le sage-femme à devoir tenir les capteurs le temps d’avoir un enregistrement correct.

À partir de ce moment-là, les contractions sont non stop et franchement douloureuses, j’ai à peine le temps de reprendre ma respiration (et mes esprits) qu’une autre arrive déjà. Très vite, je me surprends à pousser pour aider les contractions à passer. Au bout de deux ou trois poussées, je sens vraiment la tête du bébé avancer dans moi, sensation très particulière ! Je me décide à prévenir Superman qui part en courant prévenir les sages-femme.

L’étudiant revient avec la sage-femme référente et ils m’installent en quatrième vitesse sur la table. Au toucher vaginal, ils se rendent compte que mon col est dilaté en entier et que le bébé arrive ! Je comprends mieux pourquoi j’avais tellement envie de pousser.

Je commence le travail d’expulsion en faisant n’importe quoi. Je ne bloque pas la respiration comme ils me le demandent, je ne laisse pas mes fesses sur la table et mes pieds glissent tout le temps des étriers. Je suis ingérable et l’étudiant est un peu paumé. Je me fais remonter les bretelles par la sage-femme qui reprend les choses en main.

J’essaie d’écouter ce qu’ils me disent, mais le bébé est mal positionné dans mon bassin et me fait mal tout le temps. Je n’arrive pas à reprendre ma respiration entre deux contractions à cause de cette gène constante. Avec l’auxiliaire de puériculture, ils essaient de me replacer comme il faut sur la table d’accouchement entre chaque poussée, mais je ne peux pas m’en empêcher : instinctivement je me place comme il faut pour aider le bébé à descendre. Et cette position n’est pas la plus pratique pour eux (mais ça on s’en fiche en vrai !).

Je ne peux pas te dire en combien de contractions ce bébé est sorti. Mais ça a été rapide. Au bout d’un moment, j’ai enfin réussi à respirer comme ils me le demandaient et à avoir des poussées efficaces. J’ai même réussi à pousser deux fois sur la même contraction !

Ma seule angoisse de toute la grossesse était au moment du passage de la tête, j’ai eu très mal pour l’Héritier et j’avais très peur de revivre ça. J’ai eu de la chance, on va dire, car la douleur a été plus diffuse, elle a duré plus longtemps que la première fois, mais en fin de compte elle était moins vive, moins surprenante.

Et mon deuxième chouchou est sorti ! Je remarque tout de suite qu’il n’a pas beaucoup de cheveux et qu’il lui manque un petit bout d’oreille. À toi, je peux le dire, on ne le trouve pas très beau avec Superman, mais on s’en fiche, c’est notre fils !

Malheureusement pour moi, le travail n’est pas fini. Je dois encore expulser le placenta. Alors que rien ne les oblige à me presser, les sages-femme insistent et vont même jusqu’à m’appuyer sur le ventre pour le faire sortir rapidement. Une fois fait, je pense enfin être tranquille avec mon petit artichaut tout neuf et mon mari, car je n’ai pas besoin d’être recousue : pas d’épisio ni de déchirure (il paraît que j’ai un périnée de compétition !).

Mais j’apprends qu’ils vont m’injecter un produit pour (si je me rappelle bien) accélérer les tranchées et encourager l’utérus à rester tonique et à reprendre sa place et sa taille rapidement. Mais je ne suis plus très sûre de la finalité de l’opération. J’avais un peu l’esprit ailleurs et embrumé, tu me comprends !

Tout ce que je sais, c’est que pendant les 2h dans la salle de travail, ils passaient très régulièrement pour vérifier le bon fonctionnement de leur produit, en m’appuyant très fort sur le ventre, pour tâter et évaluer mon cher utérus. Ce qui est extrêmement désagréable après un accouchement ! Je leur ai bien fait comprendre que je n’appréciais pas du tout cela. Ils m’ont expliqué qu’avec la rapidité et la « violence » de mon accouchement, ils étaient obligés de mettre en place ce protocole et d’assurer une surveillance un peu plus importante pendant ces fameuses 2h. J’étais trop fatiguée pour me battre avec eux, mais je ne suis pas sûre de la nécessité de cette opération…

Malgré cela, on prend enfin notre temps pour découvrir notre petit chouchou. Il garde les yeux grands ouverts, ne s’endort pas mais ne veut pas téter. Il est tellement zen et sage que nous arrivons enfin à nous décider pour son prénom ! Nous voilà soulagé après des heures et des mois de recherches, de discussion, de prénoms abandonnés et de compromis.

Voilà, Colomban est né le 3 juin 2016 à 23h40. Une heure à peine après mon arrivée à la maternité, moins de 4h depuis le début des contractions. Un accouchement parfait, idéal, express et sans péri. Je ne pouvais pas rêver mieux !

Et toi ? Tu as pu avoir l’accouchement de tes rêves ? Avec ou sans péri ? Il a duré longtemps ou non ? Raconte-moi tout !

A propos de l’auteur

Jeune trentenaire et jeune maman des trois garçons les plus fantastiques de l'univers. Quand je ne m'extasie pas sur eux, je couds, je tricote, je brode. Et de temps en temps, je passe du temps avec mon mari !