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Mon deuxième accouchement : chercher le lâcher-prise


Publié le 8 février 2019 par Mélinda

Quand j’ai été enceinte pour la première fois, j’ai beaucoup lu pour me préparer. Étrangement, autant je dévorais tout ce qui avait trait à la grossesse et l’accouchement, autant je n’accrochais pas avec tous les bouquins qui traitaient de « l’après ».

Pas de miracle : j’ai passé de nombreuses tétées à rattraper mon retard en posant mes questions à Google… 

L’accouchement m’obsédait. J’étais effrayée par les nombreux témoignages de violences obstétricales et était fascinée par les récits d’accouchements physiologiques. À ce propos, je te recommande « le guide de la naissance naturelle : retrouver le pouvoir de son corps » d’Ina May Gaskin, le livre « Calmement » et le film « Premier cri ». Ce sont des témoignages merveilleux de naissances respectées, qui m’ont aidée à envisager l’accouchement comme une belle expérience.

Je me suis préparée de la façon suivante : lectures donc, sophrologie pendant les cours de préparation à l’accouchement, quelques cours de yoga pré-natal à l’institut de Gasquet, petite fiche sur la méthode Bonapace sur mon téléphone (un ajout de dernière minute !).

Etant sur la défensive vis-à-vis du corps médical, je me conditionnais (et je conditionnais mon mari) à refuser tout ce que je considérais comme une maltraitance.

Crédits : Pixabay – Wokandapix

J’espérais vivre un accouchement sans péridurale. Je me suis crue prête. Après coup, je me rends compte que j’avais beau avoir peaufiné la théorie, je n’étais du tout prête à vivre la réalité d’un accouchement dans la maternité que j’ai choisie.

Mon premier accouchement ou comment la péridurale m’a sauvée

J’ai été déclenchée à J+3 de la DPA parce que je ne sentais plus bouger la loupinette. On m’a posé un tampon vers 2h du matin. Quand les contractions ont débutées soudainement vers 18h, je n’ai pas su gérer la douleur. Impossible de trouver une position qui me permette de les atténuer.

J’ai donc demandé et eu une péridurale assez rapidement et là ce fut le soulagement.

Mes lectures m’avaient appris qu’une péridurale pouvait ralentir voire stopper le travail, ce qui augmente les risques d’utilisation d’ocytocine et d’instruments (ventouse, forceps, le tout accompagné d’une épisiotomie…). Finalement, la péri a eu l’effet inverse sur moi, je suis passée de 3 cm à 10 cm en quatre heures à peine.

Malheureusement, j’ai été victime de mes peurs. J’ai fait l’erreur de bien trop doser la péri et surtout de signaler qu’elle était latéralisée, c’est-à-dire que je sentais encore toute une zone qui n’était pas anesthésiée. Hors de question pour moi de devoir subir des gestes douloureux avec une anesthésie qui fonctionne mal ! J’ai eu droit à une dose supplémentaire puis l’ajout d’un autre produit. Résultat : je ne sentais plus rien, ni douleur, ni sensation. Mes jambes étaient totalement engourdies. Je voyais la sage-femme me faire un toucher vaginal mais ne ressentais strictement rien !

J’ai donc été soulagée de ne plus souffrir de la douleur, mais frustrée lors de la phase de poussée, ou je ne sentais mes contractions qu’en posant les mains sur mon ventre.

Bilan : sur le moment, j’ai très bien vécu mon accouchement, étant heureuse de plus souffrir. J’ai pu constater que même s’il ne correspondait pas à mes attentes, il s’était parfaitement déroulé. Pas l’ombre d’une violence obstétricale, l’équipe de la maternité a été à l’écoute et agréable, mon accouchement a été rapide une fois que le travail a débuté et je n’ai eu ni épisiotomie, ni utilisation d’instruments.

Crédits : Pixabay – Pexels

Mon deuxième accouchement : encore des envies de naturel

Pour mon deuxième bébé, j’ai toujours cette envie de vivre un accouchement physiologique.

Pourquoi ? L’envie d’une expérience intense. L’envie de ressentir les effets des hormones, et notamment la décharge d’endorphines. J’aimerais aussi ne pas être bloquée sur une table puis pousser dans une position non physiologique.

Cependant, j’étais maintenant rassurée sur le fait que je pouvais vivre un très bel accouchement médicalisé.

J’ai aussi compris qu’il y avait un décalage entre mes lectures de naissances naturelles et l’environnement dans lequel j’ai accouché la première fois. Non, ce n’était pas comme dans les livres, il n’y avait pas d’accompagnante à mes côtés tout au long de la naissance pour me guider et aider mon mari à m’accompagner au mieux.

Après une looooongue réflexion (autre maternité ? Maison de naissance ? Plateau technique ? Doula ? euh… Accouchement à domicile ?), j’ai choisi d’accoucher au même endroit que la première fois. Malgré le fait que cet hôpital n’ait pas de salle nature, pas de baignoire dans les salles de naissance, ni même de toilettes (elles sont dans le couloir…). En effet, ce premier accouchement et le séjour dans cette maternité se sont bien déroulés. J’y ai mes marques. Avantage ultime : elle est à moins de 2 km de chez nous. Pour mon confort, celui de mon mari et de ma fille, cette proximité est très appréciable.

Je pars donc encore une fois avec un sérieux handicap pour mes envies de naturel.

C’est pourquoi j’ai décidé de me détacher des conditions matérielles et me centrer sur la dimension émotionnelle. Cette fois-ci, j’aimerais faire un maximum de travail à la maison avant de me rendre à la maternité. J’aimerais aussi ne plus être parasitée par mes peurs. J’ai enfin compris que, même si ma maternité n’était pas orientée naissance naturelle, j’avais quand même le droit de demander si certaines de mes envies pouvaient être réalisées.

Cette fois-ci, j’ai suivi un seul cours de préparation à la naissance à propos du post-partum. Je viens de contacter une doula pour discuter de l’accouchement. Je fais un peu de yoga prénatal dans un petit studio à côté de chez moi. Je me fais masser, je prends soin de moi. Bref, je fais les choses comme je le sens. Je cherche le bien-être et la confiance en moi en cette fin de grossesse, en espérant que ce lâcher-prise me permettra de vivre un deuxième accouchement plus serein.

Crédits : Pixabay – Alexas_Fotos

Et toi ? Ton accouchement a t’il correspondu à tes attentes ? Ta vision des choses a t’elle changé entre deux accouchements ? 


Guide accouchement

Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

Commentaires

9   Commentaires Laisser un commentaire ?

Vee

Nous avons eu exactement les mêmes attentes puis le même accouchement, c’est fou ! J’avais prévu un accouchement physiologique en maison de naissance avec ma sage-femme, et j’ai fini avec un déclenchement à 41SA+4 jours à la grande maternité du coin ! La seule différence c’est que je ne me suis pas sentie frustrée de ne rien sentir, je n’ai pas eu les effets négatifs de la péridurale que je redoutais (ou ils ne m’ont pas gênée) et en fait, la douleur des contractions était tellement forte que maintenant l’idée d’un futur accouchement sans péridurale me donne des sueurs froides ! Je pense que maintenant, si je voulais un deuxième enfant, j’irais directement à l’hôpital. Alors que je suis convaincue qu’un accouchement physiologique peut être génial hein, juste que je crois que ce n’est finalement pas pour moi !
Je te souhaite d’avoir (eu ?) l’accouchement que tu espères cette fois-ci 🙂 !

le 08/02/2019 à 09h25 | Répondre

Cha

Article très intéressant, j apprécie tes réflexikns sur l écart entre ce que nous souhaiterions vivre et ce que nous pouvons vivre, en fonction de notre vraie personnalité et aussi de la réalité concrète de nos vies. L accouchement semble un moment exceptionnel, que nous voudrions parfait, parce que nous « sommes dedans ». Mais c est aussi et peut être surtout la naissance de notre enfant, et donc le début de toute une aventure … donc ne pas avoir eu l accouchement « de nos rêves » n est peut être pas si important que cela à l échelle de notre vie et de celle de notre enfant ! Pour moi, j ai eu 2 accouchements très différents, tous les deux imparfaits (une péridurale ratée donc grandes douleurs mais naissance super rapide et vrai shoot d endorphines, puis une péridurale un peu forte et de looongues poussées qui m ont inquiétées. Et déchirure vs épisio … ds les 2 cas pas cool), mais dont je chéris le souvenir parce qu ils m ont fait découvrir mes 2 enfants … et j ai hâte de revivre ça ! Bon accouchement à toi !

le 08/02/2019 à 10h46 | Répondre

Marln

Petite question: comment as-tu fait pour trouver une doula? Je pensais pas qu’il y en avait outre atlantique et ca m’intéresse du coup! Mon premier accouchement a été très rapide (3 à 10cm en 1h30) et si jamais il y en a un deuxième, je réfléchis très sérieusement à un accouchement à la maison (l’hopital le plus près est à 30min). Mais je sais pas trop si c’est vraiment réalisable…

le 08/02/2019 à 11h47 | Répondre

Galeopsis

Si si il y a des doulas en France !
Je te laisse par exemple regarder l’annuaire de l’association des doulas de France :
https://doulas.info/annuaire/
(tu peux aussi regarder les annuaires par institut de formation de doula, les réseaux sociaux, etc)

Cela dit je ne crois pas qu’une doula acceptera de suivre un accouchement à domicile : elle n’ont pas le droit de se substituer à une sage-femme, légalement elles n’ont pas la compétence pour pratiquer un accouchement ou faire le suivi médical d’une grossesse (et les sage-femmes qui suivent les accouchements à domicile sont quant à elles excessivement rares à cause des assurances prohibitives que l’Etat leur impose).

le 08/02/2019 à 12h12 | Répondre

Mélinda

Marln, si tu veux, je peux demander à la doula que j’ai vu si elle connait quelqu’un près de chez toi ? Et comme l’a dit Galeopsis, elle ne substituera pas à une sage-femme, mais elle peut travailler en binôme avec et t’indiquer si elle connaît des SF qui pratiquent l’accouchement à domicile.

le 08/02/2019 à 12h58 | Répondre

Clara

Bonjour,
j’ai aussi beaucoup lu sur la naissance naturelle, le précieux livre d’Ina May etc.
j’ai réussi à gérer un accouchement sans péridurale (mais une rachi pour une révision utérine après une hémorragie de la délivrance, ups)
le travail a débuté spontanément à 41+1 et a été très rapide (7 heures entre la première contraction et la naissance!) je suis arrivé a la maternité avec les pompiers et à dilatation complète.
L’accouchement physiologique et sans anesthésie est certes très très très douloureux mais ce fut une expérience intense et inoubliable. Je le referais sans hésitation pour un prochain enfant.
C’est sans doute la rapidité du travail et le déclenchement spontané qui ont participé à la façon positive dont j’ai vécu cet accouchement.

le 08/02/2019 à 14h14 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

Malheureusement aucun de mes accouchement n’a pu se dérouler comme je le souhaitais. J’ai eu le droit à une césarienne à chaque fois. Mais on peut avoir tout de même de très belles naissances, même en grande urgence (pour l’avoir vécu).

Mais j’avais aussi prévu des accouchements le plus naturel possible à chaque fois.

le 08/02/2019 à 16h33 | Répondre

Sonia (voir son site)

Bonjour!
Je n’avais rien lu pour mon premier accouchement, mais alors rien de rien, avec juste comme projet de naissance mettre mon bébé au monde. Comme toi j’ai été déclenchée a J+3, avec pas tout à fait le même déroulé, mais une péri qui m’a fait un effet boeuf, en plus de ne plus rien sentir j’étais littéralement défoncée j’ai des souvenir assez flou et une sortie de mon petit en urgence. Pour mon deuxième accouchement j’étais terrifié à l’idée d’accoucher à nouveau et de ne pas « vivre » mon accouchement. Au final j’ai fait appel à une doula, et je crois que ça a été une des meilleurs idées de ma vie! Si tu veux j’en parle ici : http://lemamazine.com/ma-preparation-a-laccouchement-avec-une-doula/
Ensuite je pense que la seule façon d’être vraiment préparé, c’est de ne s’attendre à rien, et de savoir que tout est possible et l’accueillir le mieux possible! Hâte de lire la suite de tes aventures.

le 09/02/2019 à 11h48 | Répondre

Mlle Nature

Pour ma part, je voulais aussi un accouchement physiologique. J’ai donc été suivi et ait accouché en maison de naissance. Ce qui était super c’est l’accompagnement!
Avant d’aller à la maternité, la sage-femme d’astreinte est venu 2 fois à la maison afin de m’aider et de m’accompagner. Puis elle est restée tout le long avec nous. C’était super et elle a été d’une aide inestimable (la pauvre je ne l’ai pas ménagé!!)
Ce qui a été moins super: j’ai du passé par l’acupuncture pour « inciter fortement » petit loup à venir parmi nous car nous avions dépasser le terme et le calendrier (jours fériés+week-end) ne jouait pas en notre faveur! On voulait me déclencher à J+3… Au final, je pense qu’il n’était pas prêt à venir. Ce qui s’est traduit par un accouchement très long (car pas placé idéalement ce qui limitait l’effet des contractions) et très douloureux (pour la même raison car je ressentais tout dans le bassin.) Après 18h à avoir l’impression de me faire percuter le bassin j’ai capitulé et demandé la péridurale: le travail n’avançait pas et je n’en pouvais plus. C’était passé hors du supportable car je n’en voyais pas les effets.
Comme toi j’ai eu une péridurale hyper dosé et d’un seule côté. Mais c’est ce que je voulais à ce moment: ne plus rien sentir et pouvoir profiter du moment. On a du me rajouter de l’ocytocine et petit loup est arrivé 5h plus tard (tout de même) sans instrument, ni soucis médicaux aucun. Et pour ça je considère que c’était vraiment l’idéal.
En conclusion, je dirais que mon regret principal est surtout l’épée de damoclès du déclenchement que j’avais au dessus de la tête (alors que tous les voyants étaient au vert). J’aurais voulu qu’on lui laisse plus de temps.
Et que le plus important en cas d’accouchement physiologique est de toujours se laisser la porte ouverte pour prendre une péridurale. Ce n’est pas un échec. Parfois c’est comme ça et il faut savoir profiter des outils à notre disposition.
En tout cas c’est sûr je renterai un accouchement physiologique!

le 11/02/2019 à 14h10 | Répondre

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