Menu
A la une / Récit de grossesse

Mon deuxième accouchement : chercher le lâcher-prise

Quand j’ai été enceinte pour la première fois, j’ai beaucoup lu pour me préparer. Étrangement, autant je dévorais tout ce qui avait trait à la grossesse et l’accouchement, autant je n’accrochais pas avec tous les bouquins qui traitaient de « l’après ».

Pas de miracle : j’ai passé de nombreuses tétées à rattraper mon retard en posant mes questions à Google… 

L’accouchement m’obsédait. J’étais effrayée par les nombreux témoignages de violences obstétricales et était fascinée par les récits d’accouchements physiologiques. À ce propos, je te recommande « le guide de la naissance naturelle : retrouver le pouvoir de son corps » d’Ina May Gaskin, le livre « Calmement » et le film « Premier cri ». Ce sont des témoignages merveilleux de naissances respectées, qui m’ont aidée à envisager l’accouchement comme une belle expérience.

Je me suis préparée de la façon suivante : lectures donc, sophrologie pendant les cours de préparation à l’accouchement, quelques cours de yoga pré-natal à l’institut de Gasquet, petite fiche sur la méthode Bonapace sur mon téléphone (un ajout de dernière minute !).

Etant sur la défensive vis-à-vis du corps médical, je me conditionnais (et je conditionnais mon mari) à refuser tout ce que je considérais comme une maltraitance.

Crédits : Pixabay – Wokandapix

J’espérais vivre un accouchement sans péridurale. Je me suis crue prête. Après coup, je me rends compte que j’avais beau avoir peaufiné la théorie, je n’étais du tout prête à vivre la réalité d’un accouchement dans la maternité que j’ai choisie.

Mon premier accouchement ou comment la péridurale m’a sauvée

J’ai été déclenchée à J+3 de la DPA parce que je ne sentais plus bouger la loupinette. On m’a posé un tampon vers 2h du matin. Quand les contractions ont débutées soudainement vers 18h, je n’ai pas su gérer la douleur. Impossible de trouver une position qui me permette de les atténuer.

J’ai donc demandé et eu une péridurale assez rapidement et là ce fut le soulagement.

Mes lectures m’avaient appris qu’une péridurale pouvait ralentir voire stopper le travail, ce qui augmente les risques d’utilisation d’ocytocine et d’instruments (ventouse, forceps, le tout accompagné d’une épisiotomie…). Finalement, la péri a eu l’effet inverse sur moi, je suis passée de 3 cm à 10 cm en quatre heures à peine.

Malheureusement, j’ai été victime de mes peurs. J’ai fait l’erreur de bien trop doser la péri et surtout de signaler qu’elle était latéralisée, c’est-à-dire que je sentais encore toute une zone qui n’était pas anesthésiée. Hors de question pour moi de devoir subir des gestes douloureux avec une anesthésie qui fonctionne mal ! J’ai eu droit à une dose supplémentaire puis l’ajout d’un autre produit. Résultat : je ne sentais plus rien, ni douleur, ni sensation. Mes jambes étaient totalement engourdies. Je voyais la sage-femme me faire un toucher vaginal mais ne ressentais strictement rien !

J’ai donc été soulagée de ne plus souffrir de la douleur, mais frustrée lors de la phase de poussée, ou je ne sentais mes contractions qu’en posant les mains sur mon ventre.

Bilan : sur le moment, j’ai très bien vécu mon accouchement, étant heureuse de plus souffrir. J’ai pu constater que même s’il ne correspondait pas à mes attentes, il s’était parfaitement déroulé. Pas l’ombre d’une violence obstétricale, l’équipe de la maternité a été à l’écoute et agréable, mon accouchement a été rapide une fois que le travail a débuté et je n’ai eu ni épisiotomie, ni utilisation d’instruments.

Crédits : Pixabay – Pexels

Mon deuxième accouchement : encore des envies de naturel

Pour mon deuxième bébé, j’ai toujours cette envie de vivre un accouchement physiologique.

Pourquoi ? L’envie d’une expérience intense. L’envie de ressentir les effets des hormones, et notamment la décharge d’endorphines. J’aimerais aussi ne pas être bloquée sur une table puis pousser dans une position non physiologique.

Cependant, j’étais maintenant rassurée sur le fait que je pouvais vivre un très bel accouchement médicalisé.

J’ai aussi compris qu’il y avait un décalage entre mes lectures de naissances naturelles et l’environnement dans lequel j’ai accouché la première fois. Non, ce n’était pas comme dans les livres, il n’y avait pas d’accompagnante à mes côtés tout au long de la naissance pour me guider et aider mon mari à m’accompagner au mieux.

Après une looooongue réflexion (autre maternité ? Maison de naissance ? Plateau technique ? Doula ? euh… Accouchement à domicile ?), j’ai choisi d’accoucher au même endroit que la première fois. Malgré le fait que cet hôpital n’ait pas de salle nature, pas de baignoire dans les salles de naissance, ni même de toilettes (elles sont dans le couloir…). En effet, ce premier accouchement et le séjour dans cette maternité se sont bien déroulés. J’y ai mes marques. Avantage ultime : elle est à moins de 2 km de chez nous. Pour mon confort, celui de mon mari et de ma fille, cette proximité est très appréciable.

Je pars donc encore une fois avec un sérieux handicap pour mes envies de naturel.

C’est pourquoi j’ai décidé de me détacher des conditions matérielles et me centrer sur la dimension émotionnelle. Cette fois-ci, j’aimerais faire un maximum de travail à la maison avant de me rendre à la maternité. J’aimerais aussi ne plus être parasitée par mes peurs. J’ai enfin compris que, même si ma maternité n’était pas orientée naissance naturelle, j’avais quand même le droit de demander si certaines de mes envies pouvaient être réalisées.

Cette fois-ci, j’ai suivi un seul cours de préparation à la naissance à propos du post-partum. Je viens de contacter une doula pour discuter de l’accouchement. Je fais un peu de yoga prénatal dans un petit studio à côté de chez moi. Je me fais masser, je prends soin de moi. Bref, je fais les choses comme je le sens. Je cherche le bien-être et la confiance en moi en cette fin de grossesse, en espérant que ce lâcher-prise me permettra de vivre un deuxième accouchement plus serein.

Crédits : Pixabay – Alexas_Fotos

Et toi ? Ton accouchement a t’il correspondu à tes attentes ? Ta vision des choses a t’elle changé entre deux accouchements ? 

A propos de l’auteur

Maman de la loupinette née en mai 2017 et de Tibou né en février 2019. J'adore me poser des questions ("me prendre la tête" pourrait-on dire) et chercher des réponses. Dans ma tribu est une de mes sources préférées !