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A la une / Récit d'accouchement

Mon deuxième accouchement : entre envies et réalité (2/2)

Dans mon article précédent, je te racontais que, malgré mon désir d’accoucher sans péridurale, je n’avais pas réussi à endurer la douleur et j’avais cédé.

Pour comprendre mes craintes, tu dois savoir que lors de mon premier accouchement, j’ai été déclenchée et la péridurale était tellement dosée que je ne sentais plus mes contractions. Résultat : quelqu’un a du mettre les mains sur mon ventre pour m’indiquer quand pousser, mon bébé était encore haut dans le bassin, donc je me suis flingué le périnée à pousser n’importe comment, et bien entendu, je n’ai absolument pas senti mon bébé sortir. 

Crédit photo (creative commons) : MarjonBesteman (Pixabay)

Le temps des doutes

La péridurale vient de m’être posée. Je suis maintenant allongée sur le lit d’accouchement, un peu vautrée. Je n’aime pas ça, je me dis que la position n’est pas idéale pour faire descendre Tibou.

Rapidement, la péri fait effet, je n’ai plus mal, je ne sens plus les contractions. Je m’endors et mon mari somnole dans un fauteuil à côté de moi.

Quand je me réveille au bout d’une petite heure, je m’inquiète de ne plus sentir mes contractions. D’autant plus qu’elles n’apparaissent pas sur le monito car elles sont très basses ! J’ai peur que ça recommence comme pour la loupinette, où j’ai poussé en ne sentant absolument rien.

Quand tout s’accélère

La vieille bique revient pour me percer la poche des eaux, sans m’expliquer pourquoi. Elle me dit de ne pas m’inquiéter pour l’accouchement. Elle repart. 

Il est 7h passées. Et finalement, je sens les contractions qui reviennent mais sans douleur. En fait, cette péri est parfaitement dosée.

Très vite, je sens « que ça pousse en bas ». Je sens littéralement la tête de mon bébé appuyer vers la sortie lors de trois contractions rapprochées. Je dis à mon mari qu’il faudrait peut-être aller chercher la sage-femme.

Ce n’est pas nécessaire, elle revient d’elle-même à ce moment là pour m’examiner. Elle nous dit que le bébé arrive. Elle nous dit également que ses assistantes ne la croyaient pas quand elle leur a dit que ça allait se passer très vite. Les voici qui font leur entrée dans la pièce pour me préparer.

La vieille bique m’installe les jambes dans les étriers et elle me vide la vessie (paraît-il que c’était ça qui retenait Tibou de sortir encore plus vite).

Puis, c’est déjà le moment de pousser. Ça va tellement vite, j’ai l’impression de courir après Tibou !

Une naissance parfaite

La sage-femme me demande de pousser sur une contraction puis de continuer à pousser après la fin de cette contraction. A l’ancienne. C’est vraiment une vieille bique. Ça ne me plait pas, je vais me détruire le périnée à ce rythme ! Du coup, je ne pousse pas de toutes mes forces et je le fais en soufflant, pour limiter les dégâts. 

J’arrête de pousser et là, je rigole. Je ris de joie même ! Je sens que la tête était déjà à moitié sortie ! Puis, sur la contraction suivante, j’ai poussé, de nouveau pas très fort, et la sage-femme a tiré Tibou hors de moi. J’ai bien senti son corps glisser hors de moi. Elle m’a dit « il vous fait coucou » puis « attrapez-le ».

Et j’ai posé Tibou sur mon ventre.

Il était tout glissant. Je l’ai trouvé long et fin. Le placenta est sorti dans la foulée sans que je ne pousse. 

Bref, cette sage-femme, c’était vraiment une vieille bique, mais qui savait ce qu’elle faisait. 

Après ça, elle a proposé à mon mari de couper le cordon (dans la foulée bien sûr, il n’était pas question d’attendre qu’il ait fini de battre… Bref.) Quelqu’un m’a fait deux points pour réparer les petites éraflures que j’avais récoltées au passage de Tibou.  

L’après

Ensuite, mes souvenirs sont flous. Tibou a beaucoup pleuré la première heure, il était inconsolable. Et il avait du coffre. En plus, il avait une tête de boxeur renfrogné. Bref, avec le papa, on rigolait en disant qu’on n’avait pas gagné au loto cette fois-ci (oui car la loupinette était magnifique et ne pleurait pas)… Pauvre petit, à peine né, déjà comparé ! Je crois que cet accouchement a été tellement rapide par rapport au premier, qu’on n’a pas vraiment eu le temps de réaliser et donc qu’on n’était pas très émus 🙂 

Tout le monde a trouvé que Tibou avait un beau gabarit et une grosse tête. En fait, il pesait 3,7 kg pour 49,5cm avec un périmètre crânien tout à fait dans la moyenne.

Une auxiliaire de puériculture est venue m’aider à mettre Tibou au sein, elle a choisi de nous placer en position allongée l’un contre l’autre.

Puis, on nous a laissé seuls, pendant deux heures, avant qu’on nous monte en chambre.

Le bilan

Au final, malgré la péridurale, j’ai senti la descente de mon bébé à travers mon corps. Je n’ai poussé qu’une fois et demi pour le faire sortir, contre 36 minutes la première fois ! J’ai vraiment eu l’impression qu’il est sorti tout seul. Le tout sans douleurs. Cette naissance a été d’une facilité incroyable. 

Certes, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurais pu y arriver sans péridurale, que si j’avais su passer le cap du découragement, tout serait allé très vite et que je n’aurai pas souffert longtemps. Mais, malgré mon désir initial déçu, je me sens pleine de gratitude pour ce déroulement si parfait, pour cette naissance si belle et agréable.

Et toi ? As-tu connu une naissance si facile ? As-tu eu la même envie et le même final ? N’es-tu pas trop déçue ?

A propos de l’auteur

Maman de la loupinette née en mai 2017 et de Tibou né en février 2019. J'adore me poser des questions ("me prendre la tête" pourrait-on dire) et chercher des réponses. Dans ma tribu est une de mes sources préférées !