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A la une / Récit de grossesse

Ma deuxième grossesse…

Aujourd’hui, je suis à 34 semaines de grossesse et j’écris enfin ici à ce propos. Je peux blâmer le temps qui manque vraiment pour écrire (moi qui étais tellement régulière dans l’écriture d’articles avant) mais si cela est vrai, ce n’est pas tout.

La vérité c’est que mettre des mots sur cette grossesse a été compliquée.

La grossesse en elle-même se passe plutôt bien : bébé va bien, mon premier trimestre a été plus facile que pour ma pucinette (heureusement) et je me rends bien compte de la chance de n’avoir aucune complication médicale et un ventre pas qui fait penser à tout le monde que je suis plus à 4 mois qu’à bientôt 8…

Mais cela n’empêche, j’ai eu vraiment des difficultés à bien vivre cette grossesse et des gros moments de désespoir. Et comme j’ai l’habitude d’être honnête avec toi, je me suis dit qu’il fallait que je m’y mette et que je vienne te raconter ça (ça te rassurera peut-être si tu es dans le même cas que moi).

Allez, c’est parti !

Crédit photo (creative commons) : Pexels

Une grossesse non planifiée

Cette grossesse est une surprise. Je dirais qu’elle est désirée mais non planifiée. Disons que vraiment, les probabilités, c’est tellement peu de fiable parfois par rapport à la vraie vie…

Après avoir désiré très fort être enceinte pendant de nombreux mois pour ma petite fille, c’est très étrange de se découvre enceinte « par accident ».

Ce qui a été difficile à gérer, c’est qu’en apprenant ma grossesse – que j’ai su avant d’avoir fait un test, vraiment super tôt comme une évidence… – je n’ai pas paniqué, et j’ai surtout ressenti du bonheur. On commençait à se poser la question du deuxième et même si au niveau organisation, on ne voyait pas cela arriver de suite, l’idée devait commencer à faire son chemin. Et puis, surtout, j’ai appris cette nouvelle la même semaine que la diagnostique de cancer très alarmant de ma belle-mère ; j’y ai vu un signe de la vie qui m’a fait du bien ainsi qu’à mon mari et sa famille (on l’a dit tout de suite à ses parents du coup…)

C’est plus tard, quand l’organisation est devenue compliquée, quand ma fille a arrêté de bien dormir la nuit, quand les maux se sont multipliés, quand j’ai réalisé que je n’étais pas prête à mettre à nouveau mon corps complètement au service d’un petit être dépendant de moi, c’est à ce moment-là que j’ai eu des crises de pleurs, de panique à l’idée que cet enfant vient chambouler ma vie, là, comme ça, sans que nous l’ayons vraiment décidé.

Ça et la culpabilité de ne pas l’avoir désiré au plus profond de moi comme sa grande sœur. Et l’autre, la culpabilité de ne pas pouvoir être la mère que je souhaiterais être pour ma choupinette, trop prise par la fatigue et les maux de grossesse.

À moins de deux mois de mon accouchement, je sais que cet enfant, je vais l’aimer immensément, qu’il sera unique et merveilleux, que le fait que l’histoire de sa conception soit différente n’est finalement pas importante.

Et puis, j’ai 15 mois de différence avec mon frère et on a (eu) une relation trop chouette, je fais sans doute un beau cadeau à mes deux enfants.

Et comme on est bien parti pour s’arrêter à deux (et on va tout faire pour éviter une nouvelle surprise), comme dirait mon mari « si tout va bien, c’est la dernière fois que tu as à vivre les désagréments de la grossesse ! »

Être enceinte, c’est pas mon truc ?

Ce n’était pas facile la première mais j’ai l’impression que la deuxième encore moins ! Ai-je juste oublié ? Est-ce du au fait que ce n’était pas attendu autant ? Est-ce parce ce qu’il y a une future grande sœur à gérer ?

En tout cas, ça me parait dur !

Le premier trimestre a été plus facile, j’ai beaucoup moins vomi et beaucoup moins eu besoin de dormir même si c’était pas non plus la plénitude, loin de là – nausées, vertiges, douleurs ligamentaires étaient encore bien là.

Mais le deuxième trimestre a été plus dur : j’ai commencé à avoir mal partout (douleurs comparables à celles du troisième trimestre la première fois), j’ai eu besoin de faire la sieste pour tenir le coup (ça m’est même arrivé au boulot).

Nous avons déménagé et ça a grandement perturbé le sommeil de ma fille, on a du passer des heures à la rassurer le soir et se relever un nombre incalculable de fois la nuit. Je me demande encore comment on est tous les trois sortis vivants de cette période bien difficile. J’ai tellement pleuré d’épuisement et pourtant mon mari a tout fait pour prendre bien plus que sa part…

Après deux mois, la situation de sommeil de la grande s’est arrangée, actuellement, elle s’est aussi mise à marcher, ce qui soulage beaucoup mes douleurs au dos, au ventre etc.

Les hormones de la déprime

Enfin, je crois que les hormones de grossesse me chamboulent grandement. Moi si positive, si optimiste de nature, je broie du noir, je vois le négatif, j’ai envie de pleurer pour rien. D’ailleurs, j’ai pleuré et fait des crises de ras-le-bol pour des broutilles ou juste parce que je n’en pouvais plus d’être enceinte, d’avoir mal au bas du ventre, au dos, au pelvis.

On entend de plus en plus parler de dépression post-pratum mais il existe aussi une dépression prénatale. Et je crois que je n’en suis pas passée loin.

Accepter que je n’aurais jamais une grossesse épanouie ?

Au milieu de tout ça, j’ai du faire la paix avec l’idée que non, je n’aime pas être enceinte alors que intellectuellement, j’aimerais tellement… Je trouve tellement magique cette idée de la vie qui grandit en soi. Du fait que depuis le monde est monde, les femmes portent les bébés en leur ventre pour les mettre au monde.

Je ne veux pas croire que c’est une maladie… Je voudrais le vivre naturellement, sereinement. Mais je n’ai pas choisi. Et peut-être que pour être dans mon trip de nuage rose plein d’hormones de miracle de la vie, il faudrait pouvoir et accepter d’avoir une vie différente pour 9 mois, une vie où tout le reste est entre parenthèses pour vivre au rythme de la grossesse et de la vie qui grandit. Je ne le pouvais pas.

Je suis en phase d’embarquement

Si aujourd’hui, il m’est plus facile d’écrire là-dessus, c’est sans doute parce que je suis enfin arrivée à la phase où j’embarque pour ce fameux voyage d’acceptation de la naissance à venir qui met tout le reste dans un fond flou…

Je travaille encore (pour 10 jours environ officiellement et en allant au travail – je sais que je continuerai de travailler si j’ai un peu d’énergie jusqu’à mon accouchement) mais c’est comme si les problèmes et les questions du travail étaient devenues moins importantes. Elles occupent peu mon esprit, je fais parce que je dois faire mais je suis tournée vers un autre but.

Sans doute logiquement, les douleurs me paraissent plus facilement supportables, j’accepte de marcher lentement, de ressembler à un vieux canard boiteux, j’écoute plus mon corps et je squatte mon canapé autant que cela est possible.

Et je pense à mon accouchement, j’ai tellement hâte de revivre ça ! Je lis plein de récits, j’en parle avec mon amoureux, je rêve…

Et je caresse mon ventre en parlant enfin vraiment à mon petit chouchou à venir.

Je sais que les prochaines semaines risquent d’être complexes, l’attente pour ma première grossesse à l’approche de la DPA de mon aînée a été difficile.

Mais je suis contente de ressentir enfin quelque chose de la joie d’être enceinte – que je n’avais qu’aperçu au tout début de cette grossesse. Mais surtout la joie d’être en paix avec la merveilleuse idée : bientôt, je vais renaître mère… En route pour de nouvelle aventures !

Et toi, grossesse épanouie ou difficile ou les deux ?

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com