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Depuis que je suis maman


Publié le 1 mars 2020 par Bibi

Depuis mon accouchement, beaucoup de choses ont changé… Ces grands chamboulements, chacune les vit différemment. Mais moi, ce qui me choque, c’est quand je dis quelque chose, ou fais quelque chose, ou même pense quelque chose qui me fait m’arrêter et me dire « ça, c’est depuis que je suis maman ». Des petites choses du quotidien qui prouvent à quel point mes habitudes et mes façons de penser ont changé… Petite liste non exhaustive.

Mais ça va pas la tête

« Non mais ils sont fous » « Qu’est-ce que c’est dangereux », « Ça va pas la tête »… Depuis que je suis maman, chaque action dangereuse me fait frémir. Que ce soit les conducteurs qui ne respectent pas les limitations de vitesse ou les dopés à l’adrénaline dans leurs vidéos Youtube, je ne peux plus les regarder faire sans m’horrifier. Je m’imagine voir ma fille faire les mêmes choses et forcément, ce qui me vient à l’esprit c’est « descends de cet immeuble tout de suite, tu vas te faire mal! »

Crédit photo (creative commons) : skeeze 

Cette empathie pour tous les jeunes a un revers de la médaille: je suis maintenant incapable de voir quelque chose arriver à un enfant dans un film, un livre ou quelque autre fiction. Cela me met dans tous mes états. Au point que je demande maintenant à IMDB si on voit des enfants mourir dans tel ou tel film…

De la même manière, depuis que je suis maman (et sans doute avec mon grand âge aussi), je peste comme pas possible dès qu’un voisin ou une voiture dans la rue n’a ne serait-ce que un seul décibel au-dessus du son ambiant… Particulièrement quand je viens de coucher Pépette. « Il pourrait pas passer son aspirateur à un autre moment, le voisin du dessus? » « Oui, c’est bon, on l’a entendu ta grosse moto… »

Ronchon cornichon

Depuis que je suis maman, beaucoup de mes expressions quotidiennes ont changées. Mes mains ne peuvent s’empêcher de faire le signe correspondant au mot que je viens de dire (même quand je parle à mes parents sans que Pépette soit présente). Mon vocabulaire a changé. J’essaie de dire moins de gros mots (même si « pu….rée! » est toujours une exclamation très présente). Le nombre quotidien de fois où je dis « tu as fait caca? » a explosé (avant d’être maman, je ne le disais pour ainsi dire jamais, oh bonheur!). Je ne boude plus, je suis « ronchon cornichon » (expression tirée d’un livre régulièrement lu à la maison), je glisse les mots qu’elle connaît en suédois dans une phrase française, et surtout, surtout, j’imite tous les animaux que je sais imiter…. et même ceux que je ne sais pas faire (oui, j’ai déjà essayé de reproduire le cri de la coccinelle).

D’ailleurs, depuis que je suis maman, je lis beaucoup plus à voix haute. Et je prends des voix différentes selon les personnages, bien évidemment. J’ai aussi régulièrement des comptines dans la tête (« pirouette cacahuète » étant le pire de tous, oui je sais, tu l’as dans la tête toi aussi maintenant, ne me remercie pas).

Fais ce que je dis, pas ce que je fais

Depuis que je suis maman, toutes mes actions et paroles sont étroitement observées par ma fille, qui les analyse, puis les répète. Le choc est venu quand Pépette a commencé à faire des grands « oooh » quand elle voyait quelque chose qui lui plaisait. « C’est trop drôle, on dirait une petite adulte trop mignonne quand elle fait ça », ai-je remarqué, toute fière. « On dirait surtout toi », a répliqué mon mari. Et c’est vrai que dès ses 6 mois, j’ai vu Pépette imiter nos expressions et nos gestes.

Depuis, je fais très attention… sauf quand je n’y pense pas. « Ne parle pas la bouche pleine! »… dis-je, la bouche pleine de pain. « On ne jette pas ses chaussettes partout ».. sauf quand c’est moi qui essaye de ranger sans bouger les paires propres dans le tiroir resté ouvert. De même avec ses habits: je ne suis pas frileuse, mais j’insiste toujours pour que Pépette soit bien (trop?) couverte. Le classique « enfile un pull, il fait froid dehors ». Ce qui fait que bien régulièrement, ma fille est au bac à sable avec combi + écharpe sur le nez + bonnet sur les oreilles + gants sur les mains… Et je suis à côté d’elle, en pull.

Tu me fais un bisou ?

Avant d’être maman, je n’étais pas très tactile. Le contact avec les personnes que j’aime ne passait pas forcément par le physique (bien sûr, je ne parle absolument pas de sexe, que je mets dans une catégorie totalement différente). Quelques câlins sur le canapé avec mon amoureux, les bises de rigueur avec la famille… Mais depuis mon accouchement, j’ai besoin de contact avec ma fille. Des câlins, des bisous, des siestes côte à côte. Il faut que je sente sa présence. Je lui sers de chaise et c’est mon moment préféré de ma journée. Quand elle arrive avec un livre, et qu’elle s’installe alors sur mes jambes, moi en tailleur et elle s’adossant sur mon torse. Je lui lis son livre en lui caressant les cheveux ou la nuque. Des petites bouffées de Pépette que je respire comme une droguée.

Crédit photo (creative commons) : StockSnap

Depuis que je suis maman, tous ces petits contacts physiques me sont nécessaires… et depuis que je suis maman, je me demande ce que je vais faire quand ma fille sera trop grande pour recevoir la tempête de bisous que je lui donne d’habitude.

Et tant qu’on est au niveau du toucher, je fais ce que je n’ai jamais à d’autres personnes vivant sur terre: je lui nettoie un coin de la bouche avec mon mouillé de ma salive. Ou je mange un truc qu’elle a déjà mâchouillé. Cela ne me viendrait pas à l’idée de faire ça pour qui que ce soit d’autre. Pourtant je le fais naturellement avec Pépette. Instinct maternel?

Le temps passe vite quand on s’amuse

Depuis que je suis maman, le temps se déroule de manière complètement différente. Il y a « avant Pépette », ce moment nostalgique et qui paraît un peu vide. Cette époque se date en années (« c’était en 2016 non? ») et semble toujours un peu étrange, comme dans un autre univers où les choses n’avaient pas la même importance. Et il y a « après Pépette », qui est récent mais paraît avoir toujours été là. Il se compte en âge (« un peu avant ses 1 ans »), c’est un espace-temps particulier où les minutes sont longues mais les journées courtes.

Je vis sur un temps différent maintenant. Je me surprends à penser en termes d’années scolaires, à dire « à l’heure de la sieste » plutôt qu’à 13h, et à me dire « c’est une phase, ça ira mieux demain (ou la semaine prochaine) ». Le temps prend une autre dimension et se vit à l’échelle d’un petit bout qui n’en a même pas encore le concept.

Depuis que je suis maman, mon temps à moi n’est plus le même. Mais ça, c’est un grand chamboulement dont je parlerais peut-être la prochaine fois.

Et toi, quelles sont les petites choses qui ont changé depuis que tu es devenue maman? Reconnais-tu celles que j’ai cité ?


 


Commentaires

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Vee

A peu près pareil, à quelques détails près ! Pour le « mais ça va pas la tête », j’étais déjà comme ça avant, ça a juste empiré (et même quand il arrive quelque chose à un adulte j’ai une pensée pour ses parents maintenant…), et j’ai pas encore trop de comptines dans la tête parce que pour l’instant, comme elle n’en réclame pas, si je mets de la musique c’est de la  » pour adultes » (enfin je choisis des trucs plutôt majeurs et pas trop violents évidemment), elle a juste quelques jouets qui chantent – et c’est vrai que des fois mon mari et moi le soir on se surprend à chantonner « ah tut tut pouet pouet la voilà c’est l’automobile » :’)
L’autre chose que je ne faisais pas avant, c’est faire des onomatopées, et ça je le fais même quand ma fille n’est pas là, si je fais tomber un truc au travail il y a de bonnes chances qu’un « badaboum » m’échappe, mes collègues sans enfants me prennent peut-être pour une folle sans oser me le dire 😀

le 01/03/2020 à 08h35 | Répondre

colette

J’ai découvert dans ma tribu il y a peu et c’est fantastique pour partager un peu sur la maternité.

Mais là c’est vraiment incroyable, tu décris très exactement mon vécu !
Moi aussi je m’offusque dès que quelqu’un traverse au rouge. Mais surtout se besoin de toucher mon petit gnôme, pour moi qui ne suis vraiment pas tactile. Si je peux te rassurer un peu il a deux ans et demi et il demande toujours autant (voir plus) de câlins.
Bref milles mercis pour ton article, parfois ça fait du bien de sentir qu’on est pas juste devenu dingue (ou alors que c’est partagé).

le 01/03/2020 à 10h09 | Répondre

Ninette

Je suis tout à fait comme toi en ce qui concerne le côté tactile. Nous lisons souvent les livres dans cette position que tu décris et je distribue une moyenne honorable d’un bisou par page… J’ai aussi cette appréhension du jour où ils en auront marre de mes câlins… Je n’ai aucune idée de la façon dont je vais bien pouvoir gérer la chose…

le 01/03/2020 à 23h14 | Répondre

Madame Pinpon

Oh comme je me reconnais dans ce bel article… Bon pour le côté raisonnable, étant pompier je suis déjà cataloguée comme la relou de service par tous mes potes.
Pas tactile pour deux sous (au point que si je tombe je ne prends pas la main qu’on me tend pour me relever), je ne peux m’empêcher de poser une main sur le bidou de ma fille même quand elle dort, ou de la couvrir de bisous tout le temps. Les expressions, les centres d’intérêts, ce questionnement « mais on faisait quoi avant qu’elle soit là ? ». J’ai l’impression d’avoir démarré une autre vie, celle qui m’attendait et qui me fait être « moi », à 31 ans il était temps 😉

le 02/03/2020 à 10h05 | Répondre

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