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A la une / Récit de grossesse

Mes prépa à la naissance : entre traditionnelle, hypnose et natation

Aujourd’hui, je vais faire un petit point sur la préparation à la naissance. Tu le sais peut-être, mais tu as plusieurs séances remboursées complètement par la sécurité sociale. De quoi faire une pause sympa centrée sur ton bébé et toi (et le papa), et tout ce qui peut lier ces deux entités (grossesse, accouchement, suites de couches, apprentissage de la parentalité…).

Il existe pleeeeein de différentes préparations à la naissance possibles. À toi de voir laquelle (lesquelles ?) peut te convenir.

Moi, j’ai d’abord vaguement en tête l’haptonomie (suite à l’article de Madame Louli qui m’a interpellée). Comme j’ai du mal à m’investir dans cette grossesse et que je vis séparée géographiquement parlant de l’amoureux, on se dit que c’est l’occasion de se recentrer sur nous, ce bébé et notre nouvelle famille.

Par chance, la sage-femme rencontrée au quatrième mois est formée à l’haptonomie (et à la sophrologie). Nous voulons donc prendre rendez-vous très vite (il faut commencer tôt). Oui mais… l’amoureux a une heure de route pour aller chez la sage-femme, parce qu’il vient de signer un contrat. Demander à partir une heure plus tôt n’est pas envisageable non plus puisqu’il est en période d’essai. Et aucune sage-femme n’est formée à l’haptonomie près de son travail. Nous disons donc au revoir à l’haptonomie (et je boude).

Deux mois plus tard, j’en suis toujours au même point. Sans rien, donc. Puis, vient mon rendez-vous à la maternité où je vais accoucher, et j’en profite pour m’inscrire aux cours de préparation là-bas. À une préparation traditionnelle, quoi.

Mais je reste frustrée. Et puis, seule, dans ma nouvelle ville, dans ce nouvel appartement, je m’ennuie. En errant sur Internet, je trouve des cours de natation prénatale. Pourquoi pas.

[Aparté : j’ai peur de l’eau. Au bac de sport, pendant le semestre natation, j’étais constamment nauséeuse rien qu’à l’idée de la piscine. Bref. Mais depuis quelques années, j’essaye de prendre sur moi et parfois, je surmonte ma peur pendant quelques minutes/heures.]

Allez, c’est parti, la séance d’essai est gratuite, j’y vais. Ce qui n’est pas sans impliquer une certaine organisation, étant donné que je ne conduis pas (départ à 7h30 du matin par le car départemental, puis j’attends une bonne heure avant de prendre les transports en commun, qui m’emmènent directement devant la piscine, où je profite d’une heure et demi dans l’eau, avant de retourner en ville, où j’attends trois heures avant de reprendre le car du retour). Et globalement, ça me va. Je suis stressée, je n’arrive pas à faire les exercices, mais le moniteur est gentil, patient, et au final, j’arrive à me détendre. Banco !

Enfin, au détour d’une réunion d’information sur l’accouchement au sein de l’hôpital, j’apprends qu’ils proposent des séances d’hypnose en guise d’alternative analgésique. Moi qui aimerais, si possible, un accouchement le plus naturel possible (pas de péri), ça m’intrigue. Bon, c’est perturbant, mais ça m’intrigue. Je décide donc aussi de tester… et ça me plaît.

Préparation à la naissance

Crédits photo (creative commons) : Thomas Pompernigg

La préparation traditionnelle

Nous sommes un groupe de trois futures mamans (je les appelle mes « copines de gros ventre »). C’est mon super sage-femme qui nous fait ces séances, à raison de deux séances d’une heure par semaine environ. C’est vraiment un moment sympa, sans tabou, où on rigole beaucoup (ce sage-femme y est pour beaucoup !).

On y voit les différentes étapes de la fin de grossesse, les moments où il faut se dire : « Go à la maternité ! » ou encore : « Euh… là, c’est pas normal… », les moyens de se soulager pendant la fin de grossesse et pendant le travail, les étapes de l’accouchement, on visite la maternité, on passe en revue les différentes positions pour l’accouchement, on fait un point sur l’allaitement (en l’occurrence maternel, vu que nous voulions toutes les trois essayer), les suites de couches (même certains trucs pas glamour), les premiers jours avec bébé, le séjour à la maternité, le retour à la maison, et on a même de la relaxation (aaaaah… ça fait du bien).

J’ai vraiment apprécié ces rendez-vous hebdomadaires. Ils m’ont permis de comprendre certaines choses, d’apaiser certaines angoisses, de relativiser, et de me faire de super copines de gros ventre !

Verdict ?

Est-ce que ça m’a été utile pendant l’accouchement ? Oui. J’ai mis en pratique certains conseils, et je me suis rappelée que certaines choses sont douloureuses mais normales (le début de l’allaitement, par exemple). Et surtout, ça a contribué à me rendre zeeeeen.

Le coût ?

Entièrement pris en charge par la sécurité sociale.

L’hypnose

C’est un rendez-vous avec un médecin anesthésiste, qui dure une vingtaine de minutes. Je crois que j’ai eu six ou sept séances, le vendredi généralement.

À chaque séance, le même rituel. Je suis assise confortablement dans un super fauteuil, les jambes tendues et posées sur un tabouret douillet. Le médecin me guide avec ses instructions, et je me détends.

Je ferme les yeux et inspire profondément. Le temps qu’il faut pour que je ne pense qu’à ça, que je me détende. Tout au long de la séance, je dois respirer lentement et profondément.

Je rouvre les yeux et regarde la paume de mes mains (doigts tendus et écartés) attentivement, jusqu’à connaître par cœur chaque trait, jusqu’à ressentir une certaine chaleur dans mes paumes. Je referme les yeux et pose mes mains sur mon ventre. La chaleur engourdit peu à peu le ventre. Je fais un sourire à bébé intérieurement, je lui fais comprendre que je suis là, que je lui souris, qu’il va bien et que tout va bien.

Je dois ensuite imaginer une couleur endorphine, une couleur que j’associe au bien-être. Pour moi, c’était l’orange profond d’un joli coucher de soleil. J’ « étale » mentalement cette couleur sur mon ventre doucement, comme pour masser mon ventre de ces endorphines, de ce bien-être, sans cesser de sourire à bébé. À ce moment-là, mon ventre, mon corps s’engourdit. Je continue de respirer longuement et profondément. J’inspire et j’expire. J’inspire et j’expire.

Je me focalise sur mes mains, leur chaleur, et je visualise une petite molette que je peux tourner. En la tournant, je fais baisser la douleur des contractions. D’une intensité de 10, elles passent à 8. Je continue de bien respirer. De 8, je les baisse à 6. Je respire. De 6, je baisse la douleur à 4 – ce qui devient plus supportable. Je continue de respirer, de visualiser mon sourire, la couleur, la chaleur et la molette, et je finis par baisser les contractions de 4 à 0. J’inspire et j’expire toujours longuement.

Puis, pour « sortir », je bouge mes doigts un à un, puis tous ensemble doucement sur mon ventre, pour enfin entrouvrir les yeux.

Au fur et à mesure des séances (et du travail chez toi : tu répètes le même procédé au moins une fois par jour), tu te détends de plus en plus vite, et tu te focalises très rapidement sur ce que tu recherches. Mais comme tout travail mental, parfois, j’étais « dedans » et je me concentrais sans souci, parfois, mon esprit vagabondait trop et je n’arrivais à rien, ou alors après de looooongues minutes de relaxation.

Cette technique a d’ailleurs dans tous les cas le mérite de te relaxer, ce qui est très agréable ! Je m’entraînais le soir assise sur le lit, et juste avant d’aller dans la piscine (le dos collé au mur, assise par terre, je faisais bonne figure !).

Verdict ?

Est-ce que ça fonctionne ? J’aurais tendance à dire que oui, avec quelques bémols. Il faut être régulière dans les entraînements : j’en avais tellement marre à la fin que je ne les faisais plus. Néanmoins, le jour J, ça m’a permis de me recentrer – sauf que j’avais mal devant ET derrière, du coup, j’arrivais à baisser la douleur des contractions soit dans le bas-ventre, soit dans les reins, mais jamais aux deux endroits en même temps. De plus, il fallait vraiment que je reste « dedans ». J’ai eu la mauvaise idée de me laisser distraire par l’amoureux à un moment, et le temps de me re-concentrer malgré la douleur, j’ai eu très mal pendant une bonne heure. Et je reste convaincue que je n’étais pas entièrement concentrée après ça. Mais c’était déjà pas mal !

Le coût ?

Je n’ai rien payé, donc j’imagine que ça fait partie des choses qui sont remboursées par la sécurité sociale…

La natation prénatale

Elle a lieu deux fois par semaine, mais tu peux y aller quand tu veux, au rythme que tu veux. Moi, je tenais à aller à toutes les séances car ça me permettait de faire quelque chose de ma journée !

On commence par rentrer dans l’eau (non ? Vraiment ?! Ha ha !) et par faire des mouvements de crabe (on fait de grands pas, jambes écartées, bassin en avant), avec ou sans frite. On peut aussi faire les exercices de la « machine à laver » (tu te mets en boule dans l’eau et les autres te font tourner horizontalement dans l’eau doucement, yeux fermés ou ouverts), de l’étoile de mer (tu te laisses tomber dans l’eau et tu expires tout ton air sous l’eau, jambes et bras écartés), de la musique (tu es en groupe, l’une chante une chanson sous l’eau, les autres doivent reconnaître)…

Puis, on fait des « longueurs » en brasse. Quelques brasses en apnée, d’autres en expirant doucement ou tout à coup, et on alterne, en augmentant le nombre de brasses au fur et à mesure. On peut aussi faire les « fusées » ou « coulées ventrales » (en prenant appui contre le mur, on pousse sur nos jambes, bras tendus devant nous, et on se laisse glisser dans l’eau le plus loin possible, en apnée, puis on finit en expirant).

On finit avec la « chenille ». On s’allonge sur l’eau, les unes accrochées aux autres et on se laisse aller. Le moniteur nous oriente sur les différents jets et bulles pour une vraie et longue relaxation. J’adore ! La plupart du temps, on nous laisse accéder gratuitement aux jacuzzis après.

Verdict ?

J’ai trouvé ça plutôt sympa, j’ai vraiment vu la différence de respiration, de contrôle de moi-même et de mes poumons entre le début et la fin. J’ai su maîtriser ma respiration pour vider mon air petit à petit, et donc ne pas manquer d’air en plein effort. Ces séances m’ont clairement fait du bien au corps en général (on se sent légèèèèère !), au dos en particulier (adieu ma sciatique !) et à l’esprit (j’étais détendue, épuisée mais apaisée après chaque séance). Et puis, ça m’a aussi permis d’avoir un nouveau rapport avec l’eau, et j’ai très envie de retourner dans une piscine pour tester encore plus mes limites ! Enfin, on rencontre plein de futures mamans, et c’est un vrai moment de papotage !

Coût ?

57€ les dix séances (85€ quand on n’est pas de l’agglomération).

J’ai donc cumulé ces trois préparations entre février et avril (septième et huitième mois de grossesse). Je n’y ai vu que des avantages : ça me permettait de faire quelque chose de mes journées. Entre mes journées à la piscine (le lundi et le jeudi), la prépa à l’hôpital (le mercredi et le vendredi) et l’hypnose (le vendredi), mes semaines étaient chargées, et j’adorais ça !

Concrètement, je pense que ça m’a aidée. Peut-être pas pour tout, mais ça m’a rendue sereine, à l’aise avec mon corps, et surtout avec ma respiration (pour une asthmatique comme moi qui angoissait à propos de l’effort de l’accouchement). Si c’était à refaire, je ferais tout pareil (mais en allant plus tôt à la piscine dans la grossesse, et en étant plus régulière dans mes exercices d’hypnose) !

Et toi ? Qu’as-tu fait comme préparation à la naissance ? T’a-t-elle été utile ? Referais-tu les choses différemment pour un autre bébé ? Raconte !

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com