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Diversifier un enfant sans passer par la case « purée »

La DME, ou Diversification Menée par l’Enfant, consiste simplement à donner des aliments en morceaux, et ce dès le début de la diversification. J’ai découvert ce concept durant ma grossesse, et il m’a immédiatement interpellé. Néanmoins, avant de se lancer, il convient de se renseigner un peu (comme pour tout, bien sûr).

Pour quels enfants ?

Cette question peut paraître surprenante. Pourquoi certains enfants pourraient-ils, et d’autres non ? Pour une question de force dans la mâchoire. Les bébés allaités (ou plutôt, les bébés qui sont toujours allaités au moment de la diversification) ont les muscles de la mâchoire plus développés que les bébés au biberon, et cela pour la simple raison que téter au sein demande plus force.

Ces bébés-là sont donc plus aptes à manger des aliments solides plus tôt. Bien sûr, cela n’empêche pas la DME pour un bébé au biberon, mais le décale de quelques semaines.

Quels aliments ? Sous quelle forme ?

Certains partisans de la DME (mais pas tous, loin de là) considèrent que l’enfant doit pouvoir manger tout ce qu’il attrape et souhaite mettre à la bouche. Personnellement, je ne partage pas cette opinion. J’ai même au contraire introduit les aliments de façon assez stricte, à cause du terrain allergique de ma fille.

En ce qui concerne la présentation, mieux vaut favoriser des morceaux assez gros, mais tendres et bien cuits. Ça peut paraître paradoxal, mais c’est au final assez logique : on s’étouffe plus facilement avec des petits pois qu’avec une branche de brocolis, non ? Eh bien pour les bébés, c’est pareil. Un morceau un peu plus gros obligera le bébé à croquer dedans, et donc à déterminer lui-même la taille qu’il souhaite mettre dans sa bouche.

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Crédits photo (creative commons) : Mark Evans

Il ne risque pas de s’étouffer ?

La grande question ! C’était aussi une des peurs de ma pédiatre quand je lui en ai parlé (après avoir commencé). Alors, bien sûr, il y a un risque, je ne vais pas de mentir. Mais c’est un risque qui existe pour tous les enfants pendant les premières années.

Donc, comme je te disais plus haut, une des premières choses est de proposer des aliments assez gros pour que l’enfant puisse croquer dedans. Et bien sûr, mous. Pas question de commencer avec un gros morceau de pomme crue !

Il existe aussi le réflexe de régurgitation, très développé durant la première année. Il est très impressionnant pour nous, adultes, car nous savons que lorsque nous-mêmes nous avons ce réflexe, c’est que nous avons quelque chose dans le fond de la gorge. Or, pour les bébés, le déclenchement de ce réflexe se fait bien plus tôt. Ma fille ne l’a eu que deux fois et, à chaque fois, c’était à cause d’un aliment situé juste à 1 ou 2 cm du bord de la langue. Bien sûr, il faut garder un œil (même s’il ne mange pas de morceaux), mais, à moins d’une fausse route, c’est plus impressionnant que dangereux.

Comme je l’ai dit, ma fille n’a eu ce réflexe que deux fois, au tout début. Puis, elle a bien compris comment ça fonctionnait et n’a plus eu de problème. Il se peut évidemment que certains enfants mettent plus de temps, ou même qu’ils n’en aient pas du tout.

De toute façon, il n’a pas encore de dents !

Ce n’est pas grave, on ne parle pas de lui faire manger un steak ! Ma fille a eu sa première dent à 14 mois. Oui, oui ! 14 mois. Et elle a eu des morceaux à 6 mois. Les bébés ont assez de force dans la mâchoire pour broyer les aliments même sans la moindre dent. Et même la viande, pourvue qu’elle soit tendre. Je t’assure ! Ma fille est peut-être allergique aux PLV, mais c’est une carnivore. Elle n’a jamais laissé le moindre bout de viande (ou de poisson) dans son assiette.

Au début, j’ai favorisé les viandes blanches. Poulet, dinde, lapin… des morceaux tendres et, pour le coup, présenté en assez petits bouts. Je sais oui, c’est en contradiction avec ce que j’ai dit plus haut. Mais l’introduction de la viande ne se fait pas au début de la diversification et donc, petit à petit, le bébé apprend à gérer des morceaux plus petits.

Donc, rassure-toi, pas de soucis de ce côté !

Les avantages et les inconvénients

Bien sûr, ce n’est que mon point de vue. Certaines choses que je trouve être des avantages seront certainement des inconvénients pour d’autres !

Avantages

  • Le goût des aliments. Comme les aliments sont bruts, juste cuits à la vapeur, et pas mixés, ils gardent toute leur saveur.
  • Le bébé est actif face à sa nourriture. C’est lui qui choisit le morceau et l’amène à sa bouche.
  • Ça permet le développement de la motricité fine (attraper des morceaux de taille et de texture différentes).
  • Peu de gâchis. Bon, ça dépend du point de vue, car certains disent l’inverse. En tout cas, dans notre cas, nous avons eu peu de gâchis, tout simplement car nous mangions les restes (alors que finir une purée, ça va une fois ou deux, mais bon…). En plus, j’ai eu la chance d’avoir un bébé qui ne jetait pas les choses par terre !
  • La possibilité de varier avec des purées/soupes. Bien sûr, les morceaux ne sont pas forcément exclusifs, et rien n’empêche de donner une purée ou une soupe.
  • Pas de prise de tête pour l’introduction du gluten : des pâtes, tout simplement ! (C’est mon côté italien.)

Inconvénients

  • La quantité mangée : avec la DME, un bébé va manger moins en quantité qu’avec des purées. En fait, comme il mâche, il atteindra le sentiment de satiété plus rapidement. Ce n’est pas un problème en soi, mais ça peut être anxiogène pour de jeunes parents.
  • Les temps de préparation : c’est impossible de préparer à l’avance et de congeler, il faut cuisiner au jour le jour. Par contre, c’est assez rapide : 15/20 minutes maximum pour faire cuire des légumes.
  • Ma fille n’a jamais accepté les plats industriels, même rarement pour dépanner en déplacement. Mais rien ne dit que ce n’aurait pas été la même chose avec uniquement des purées maison (avec lesquelles elle était déjà très difficile niveau goût : il lui fallait forcément un goût très fort, genre poireau ou oignon).

En tout cas, si c’était à refaire, je referais de la même façon (en me prenant moins la tête sur les quantités mangées) !

Tu connaissais la DME ? Ça te tente ? Tu préfères rester au 100% purée ? Viens en discuter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Future mariée, 29 ans, et déjà maman d'une grande fille de 4 ans (et demi !!) allergique au lait de vache, je vais te parler de la façon dont j'ai abordé cette allergie.