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DME : Débrouille-toi Mon Enfant !

« Attention, elle va s’étouffer avec cette olive ! »

« Mais elle mange tout avec les mains ?!? »

« Vous n’avez pas prévu de petits pots ? »

« Elle ne va jamais s’en sortir avec ce bout de viande ! »

« Mais comme vous savez qu’elle mange assez ? » (Pour ceux qui connaissent notre fille cette question est hilarante, on parle d’un gigot qui faisait 9kg à 6 mois – mais on nous l’a quand même posée…)

Bref, chez les Gezellig, on fait la D.M.E..

DME : Débrouille-toi Mon Enfant !

Crédit photo : tookapic

Si tu ne passe pas ton temps à lire des blogs sur la parentalité ou à suivre des mamans trendy sur Instagram, tu n’en as peut-être pas entendu parler…
La D.M.E veut dire Diversification Menée par l’Enfant. Mais chez nous, on l’a rebaptisé « Débrouille-toi Mon Enfant ! »

« Allez, tiens encore un truc de bobo permissif et bizarre ».

C’est quoi encore cette histoire ?

Pour faire simple, on laisse l’enfant se nourrir lui-même, on ne lui met rien dans la bouche, c’est lui qui porte à la bouche, et donc on zappe la case purées et on propose dès le début (pas avant 5,5 mois minimum et il faut que l’enfant tienne bien assis et montre de l’intérêt pour la nourriture) des morceaux adaptés à ses capacités.
Pas besoin d’avoir de dents pour manger des morceaux mais il faut adapter ce qu’on donne – au tout début des choses assez molles qui tiennent facilement dans la main en dépassant – et faire confiance à son bébé et au réflexe d’éjection très présent et haut dans la bouche chez les petits.

Si tu veux tout savoir, voici le site de référence.

Moi, je vais seulement te parler de notre expérience.

Pourquoi avons-nous décidé de faire la D.M.E ?

Nous avons tout de suite accroché à l’idée pour divers arguments :

  • On trouve ça chouette que notre bébé puisse découvrir différentes textures et saveurs dès le début
  • Le plaisir de manger ensemble et de partager le même repas est important pour nous
  • Laisser l’enfant faire quand il éprouve de l’intérêt, découvrir, s’enthousiasmer, se débrouiller tout seul tant qu’il ne demande pas d’aide… C’est comme cela qu’on souhaite éduquer notre enfant pour le reste alors ça nous parle aussi pour la bouffe
  • Et bon, soyons honnêtes, LA vraie raison, celle qui fait qu’on a très très vite été convaincus était notre FLEMME. Nous n’aimons pas acheté des plats préparés, chez nous, on essaie vraiment au maximum de cuisiner nous-mêmes ce qu’on mange à partir de produits non transformés mais pffff, faire des purées, l’idée ne nous enchantait guère. Il faudrait acheter un baby-cook ? S’organiser ? Prendre du temps supplémentaire pour ça ? Testons la méthode pas prise de tête !

Comment avons-nous fait au commencement ?

L’amoureux était pressé de commencer à voir notre fille manger. Moi, moins, l’allaitant, j’aimais bien n’avoir rien à prévoir pour les sorties avec elle…

À la visite de contrôle à 4 mois et demi le médecin nous a dit qu’on pouvait commencer à lui donner des légumes (sans préciser la forme) si on voulait mais que ce n’était pas obligatoire (les néerlandais m’ont l’air hyper relax sur ce genre de choses – en tout ceux à qui j’ai affaire dans le suivi de ma fille).

Mais vers 5,5 mois, elle a commencé à tenir assise, on s’est dit qu’on allait s’y mettre… Et avant qu’on mette en place un plan d’action, la mistinguette a réussi à chopper de la betterave rouge crue râpée qui était à portée de main et l’a goulument mis à sa bouche avant qu’on aie eu le temps de dire ouf. Histoire de nous dire qu’elle avait de l’intérêt pour ce qu’on mangeait…

Bien, bien…
On a donc commencé par lui donner sur plusieurs repas quand on avait le temps : des bâtons de carottes bien cuites, du chou fleur à la vapeur, du pain perdu au lait maternel, des pommes cuites. Elle m’a volé sur mes genoux des morceaux d’ananas au 2ème repas !
Gros succès de tout cela même si elle n’a quasi rien avalé les premiers temps, elle a pris plaisir à porter à sa bouche. (Bon et soyons honnête à repeindre le sol autour de la chaise haute dans un cercle assez élargi).

À partir de là, on a vraiment tenté une approche à la cool. En se répétant à chaque doute : le lait reste la nourriture principale jusqu’à un an, l’important c’est la découverte, faisons confiance à notre bébé.

Donc, on n’a plus préparé rien de spécial pour elle, le maitre-mot était vraiment pas de prise de tête…

On lui donnait juste des morceaux de ce qu’on mangeait (en faisant attention de couper quelques gros morceaux pour elle) et/ou du pain (de mie – à la néeerlandaise) avec des trucs étalés dessus (vraiment de tout, du beurre, du houmous, de la sauce tomate, du beurre de cacahuète, bref, ce qui traine…)
Après, on a parfois sélectionné des recettes qu’on savait plus facile pour elle : je me suis mise à faire pas mal de muffins à la courgette ou à l’aubergine qu’on s’est mis tous à adorer.

Et on évite toujours de lui donner des choses salées ou contenant du sucre raffinés (aparté : en vacances en France, j’ai voulu acheté des petites biscottes pour les petites faims en voiture et je suis allée dans le rayon bébé – où je ne vais jamais par chez moi – et bien, on a fait tous les paquets, il n’y avait pas un seul biscuit sans sucre et beaucoup dont c’était le premier ou deuxième ingrédient ! On a acheté des biscottes au rayon bio normal du coup).

La laisser faire…

Bien sûr, il y a eu des moments de doute : est-ce qu’elle mange assez ? est-ce que ses repas sont équilibrés ? est-ce qu’elle ne va pas développer des allergies en lui donnant tout comme ça ? (N.B. : Il est tout à fait possible de faire la D.M.E. et d’introduire les aliments scrupuleusement un par un, nous avons juste choisi de faire différemment.)

Mais c’est vite compensé par le plaisir qu’elle a à découvrir les aliments, à mettre à la bouche, aussi parfois à patouiller ou à laisser tomber par terre, ne nous mentons pas hein.

Nous ne sommes pas du tout maniaques de l’ordre et de la propreté. Et nous avons eu la chance que le gros de l’apprentissage où elle en mettait absolument partout s’est fait pendant l’été, du coup, bébé en couche pour manger, pas de vêtement à nettoyer !

Sinon, on met un grand torchon, on relève les manches et on la laisse faire.

On va même au restaurant ou chez les gens sans la faire manger avant (juste avec des en cas si c’est trop loin), il suffit d’avoir des lingettes pour nettoyer après son passage (et du cran pour supporter les regards des gens qui pensent que tu es en train de tuer ton bébé à lui donner cette olive…).

Et plus ça va, moins elle s’en met partout. Le seul soucis c’est si elle est fatiguée en fait, elle se frotte les yeux et les oreilles en oubliant qu’elle a les mains pleines de sauces… Heureusement, on prend le bain après le diner depuis l’introduction de la diversification.

Depuis quelques temps (à l’écriture de cet article, ma fille a 11 mois), on est passé au niveau 2 :

  • on lui donne des cuillères pré-remplies de choses plus liquides et elle les porte elle-même à sa bouche. Ça a pris un peu de temps de comprendre comment prendre la cuillière sans mettre les doigts dedans puis comment porter la cuillère à la bouche sans la renverser (et on essayait régulièrement quand on était motivé mais sans insister) mais c’est bon… Le seul truc c’est qu’elle a tendance à nous jeter la cuillère au lieu de la donner ou la poser une fois qu’elle est finie. Mais on va y arriver, avec du temps et de la patience.
  • Après avoir testé la gravité, elle jette maintenant les aliments surtout quand elle n’a plus très faim… On répète inlassablement « la nourriture c’est dans la bouche ou sur la table ». Bon, à un moment va falloir voir pour le concept d’assiette mais pour le moment, ça fait trop de bruit quand ça tombe donc on zappe la plupart du temps… (On est #teamflemme on a dit !)

Notre bilan

Si tu n’avais pas compris, on est archi convaincu !
On adore manger tous ensemble, voir notre fille si heureuse de partager notre repas, de goûter toutes sortes de choses, de décider elle-même ce qu’elle aime le mieux (les olives, les trucs épicés, le beurre de cacahuète…), de manger comme un ogre ou de picorer comme un oiseau suivant les jours, les plats, l’humeur, de ne pas se prendre la tête avec préparation et questions de quantité. Bref, de lui faire découvrir dès le plus jeune âge le plaisir d’être à table ensemble.

Est-ce que je pense que c’est une méthode miracle ?
Non, ça ne convient pas forcément à tous les enfants. Et à la fin, ils finissent tous par manger des morceaux. C’est la méthode qui nous convenait, à notre flemme, à notre fille qui prend tant de plaisir à manger, à s’en mettre partout, à se débrouiller toute seule. Ça ne marchera peut-être pas aussi bien avec un deuxième, on verra… Mais pour notre fille, c’est un grand succès.

Et en bonus, on a une collection de photos d’un bébé barbouillé à ressortir dans le diaporama de ses trente ans !

Et toi, tu es tentée par la D.M.E. ? Tu es adepte du moindre effort ? Ça te fait peur ?

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com