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A la une / Témoignage

Comment j’ai compris que je voulais – vraiment – un enfant

Avant de te parler de ma grossesse, je vais te situer le contexte, et te parler de mon « avant grossesse ».

Je ne fais pas partie de celles qui tombent enceintes en claquant des doigts (oui, enfin, je sais comment on fait les bébés, hein, c’est juste une façon de parler !), ou qui ont attendu « longtemps » (genre six mois) avant que ça marche. Je ne fais même pas partie de celles qui ont attendu plusieurs années et qui ont un jour découvert un ++ miracle sur leur test, alors qu’elles ne l’attendaient plus.

Non non, moi, je fais partie des galériennes, de la race des piquousées à heures fixes, de celles qui passent sur le billard à intervalle régulier, et que tu vois somnoler sur leur siège à 7h du matin dans la salle d’attente de l’hôpital, en attendant leur tour pour être piquées ou « ovairéxaminées ».

Malgré tout, je m’estime heureuse, et chanceuse, parce que ça a marché pour moi.

Parce que je n’ai pas eu à attendre la dernière tentative possible, celle qui doit te faire angoisser à mort parce que c’est ta dernière chance (remboursée, car ensuite, si tu es riche, tu peux encore faire des essais… mais si tu es pauvre, bah tant pis pour toi).

Parce que la PMA n’a duré « que » deux ans pour nous. Ça paraît très long quand on est dedans, mais je sais très bien que d’autres y passent trois, quatre, cinq ou parfois dix ans.

Parce que je n’ai pas dû non plus adopter pour devenir maman (je crois que je n’aurais pas pu).

Bref, je sais que j’aurais pu galérer encore plus.

seringues

Crédits photo (creative commons) : Heather Aitken

Mon aventure bébé a commencé il y a cinq ans et demi, quelques mois avant mon mariage. On avait décidé avec mon futur mari que je pouvais arrêter la pilule, parce qu’il faudrait sans doute quelques mois avant que « ça marche », et qu’au pire, je ne serais enceinte que de quelques semaines le jour du mariage.

Pas de suspense, tu te doutes que je n’étais pas enceinte le jour de mes noces. Ni en revenant de notre lune de miel, ni les mois qui ont suivi.

En même temps, avoir un enfant, ce n’était pas une obsession pour nous.

D’autant moins, peut-être, qu’en dépit de nos âges (plus de 35 ans tous les deux), très peu de nos amis proches en avaient. Nos amis les plus « quotidiens » n’en avaient pas. Du coup, on passait du temps avec eux, on avait des loisirs sympas… Bref, les bébés ne faisaient pas partie de notre univers habituel.

On était plutôt en mode : « si ça vient, tant mieux, mais franchement, on est loin d’être malheureux tous les deux ». Pas de stress, pas de courbe de température, pas d’essais planifiés.

Et comme ça ne marchait pas, mais que ça ne me rendait pas malade, j’ai fini par me demander si avoir un enfant était bien ce que je voulais, dans le fond.

Perdue dans toutes ces réflexions, de voyages en sorties, dans une vie à deux qui nous plaisait, trois ans ont passé.

J’avais alors pas loin de 38 ans, et j’étais convaincue de ne pas vouloir faire tourner ma vie autour d’un désir d’enfant, ni subir d’éventuels traitements médicaux qui allaient forcément me transformer en obsédée du projet bébé (ce que je voulais éviter absolument).

Après avoir reçu deux fois le même conseil de deux professionnels de santé différents (« Faites des tests, et voyez quand même pourquoi ça n’a pas fonctionné jusqu’ici, vous aviserez ensuite. »), je me suis décidée à proposer à mon mari que nous fassions des tests.

J’en étais toujours à me demander si vraiment, au fond, je voulais un enfant. Si ce n’était pas juste pour être « comme tout le monde ».

Et puis les résultats sont arrivés.

Et à la seconde où j’ai compris qu’on n’y arriverait pas tout seuls, j’ai su que je voulais un enfant et que pour ça, j’étais prête à subir tous les traitements qu’il faudrait. Trois ans d’incertitude balayés en une seconde. J’avais besoin de ce déclic pour me sortir de mon flou confortable (« Je ne me prends pas la tête, ça viendra quand ça viendra ! »), et comprendre enfin ce que je voulais vraiment.

C’est ainsi qu’après trois ans d’attente « naturelle », ont commencé deux années de PMA.

Et toi ? As-tu mis du temps à tomber enceinte ? Est-ce que ça t’a obnubilée, ou est-ce que tu as réussi à rester à peu près zen ? Comment as-tu été certaine de vouloir un enfant ? Dis-nous !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !