Menu
A la une / Témoignage

Les montagnes russes de ma courte et première grossesse

Si tu es en train de vivre une fausse couche ou le deuil d’une fausse couche, tu ne sauras que trop bien que l’on est jamais « rassasié » d’articles, de témoignages à ce sujet. Peut-être que tu fais actuellement une boulimie d’informations sur le sujet.. alors j’espère pouvoir t’éclairer un peu ou au moins, te donner l’espace dont tu as besoin pour échanger avec d’autres « mamanges » qui traversent cette épreuve.

Comme je te le disais dans ma présentation, j’ai fait une fausse couche lors de ma première grossesse. Mais comment je l’ai appris ? Comment ça s’est passé ? Viens, je t’emmène dans le passé !

Chéri, je suis enceinte !

J’ai toujours voulu des enfants et je ne rêvais que du moment où Chéri et moi lancerions ce projet. Sauf que Chéri n’était pas au même stade que moi et avait besoin de profiter avant : de quoi ? je n’ai jamais eu la réponse !

Nous nous sommes mariés et j’ai secrètement espéré que ce sujet serait remis sur le tapis mais sans succès… et puis un matin, au réveil (je te jure), il m’a dit qu’il était prêt ! On a donc démarré les essais bébé le lendemain de mon ovulation théorique (oups) et évidemment, je ne suis pas tombée enceinte le premier cycle. Pas grave, j’étais préparée à mettre entre 6 mois à 1 an pour tomber enceinte.

Au cycle suivant, je n’ai pas mes règles le jour tant attendu alors que je suis réglée comme un coucou suisse (malgré les 12 ans de contraception !) et je décide de faire un test : négatif. Je le jette à la poubelle. Sauf que Chéri veut voir à quoi ressemble un test de grossesse et je me retrouve à fouiller dans la poubelle pour le lui redonner.

 » Comment tu sais si c’est négatif ? »

 » Tu dois voir apparaître 1 barre sur chaque case : la barre témoin et une autre barre si tu es enceinte  »

 » Ben y a une ombre sur la deuxième case  »

Source : Pixabay

Je prend le test… j’ai beau le tourner dans tous les sens à la lumière naturelle ou sous une lampe, la case est blanche et archi-blanche pour moi. J’en veux à Chéri de m’avoir mis un faux espoir mais je n’en parle plus de la journée. On part faire du shopping tout l’après-midi puis sur le chemin du retour, nous passons devant une pharmacie : « En fait, on peut acheter un autre test de grossesse ? Celui avec le enceinte/pas enceinte écrit en toutes lettres. Tu m’as mis le doute et je n’ai toujours pas mes règles ».

Et voila comment je me retrouve à faire un nouveau test de grossesse en fin de journée sans grand espoir. Et puis le résultat arrive. En 5 minutes, ma vie est transformée. Je fond en larmes aux toilettes. Je sors et Chéri comprend : je suis enceinte !

Un test sanguin le lendemain confirmera bien la grossesse et me laissera définitivement sur mon nuage.

L’instinct, plus fort que tout

Puis, je me réveille un matin avec un sentiment que quelque chose ne va pas avec cette grossesse. Je n’ai aucun symptôme, je ne me sens pas enceinte et je sens vraiment qu’il y a un problème. Autour de moi, les rares personnes qui savent me disent que je suis parano. Sauf qu’une fois cette idée en tête, je n’arrive plus à passer à autre chose.

Je décide alors de refaire un test sanguin sans ordonnance à 6 SA et j’attends fébrile les résultats toute la journée… Les résultats tombent et même si cela a augmenté depuis le dernier test (à 4 SA), le taux de bHCG est très faible (2 300). J’appelle en larmes ma gynéco pour lui dire…. et je sens qu’elle me trouve complètement folle « Non mais le taux, on s’en contrefiche tant que ça évolue ». Comme je vois qu’elle ne me prend pas au sérieux, j’invente des douleurs imaginaires pour pouvoir avoir une échographie en catastrophe : la gynéco ne peut pas me voir mais elle m’envoie par mail une ordonnance pour en faire une au centre de radiologie d’à coté.

Je quitte mon travail immédiatement pour faire mon échographie en catastrophe. Dans la salle d’attente, j’en suis malade. Je sais qu’il va me dire que c’est fini.

Mon nom finit par être appelé et l’échographie démarre… « vous voyez, ça c’est le cœur qui bat ». Je pleure sans m’arrêter : « il est vivant ? ». « Oui mais… »

L’échographiste poursuit sans rien dire pendant quelques minutes avant de m’expliquer qu’il faudra qu’on se revoit dans 1 semaine pour vérifier l’évolutivité de cette grossesse. « Comment ça ? »

Il m’explique qu’il est très tôt pour poser un diagnostic mais que pour le moment, le cœur bat très faiblement (90 bpm) et que l’embryon a la taille de 5 SA – que c’est peut-être juste « une ovulation tardive et les tout début du cœur »… mais qu’il faut se revoir la semaine prochaine.

La semaine passe et je retourne faire une deuxième échographie : le cœur bat toujours faiblement mais l’embryon a grandi « logiquement » en considérant une ovulation tardive à J21. Il note dans son compte-rendu que c’est une grossesse évolutive et que je suis à 6 SA corrigé. Comme il voit que je ne suis absolument pas rassurée, il me propose de me voir une 3ème fois… à 9SA (soit 3 semaines plus tard).

Une semaine plus tard, j’ai des pertes roses. Tout Google me dit de ne pas m’inquiéter : « tant que ce n’est pas rouge, ce n’est pas alarmant ». J’essaye de rester calme…mais cela dure depuis 2 jours sans s’arrêter et je finis par me rendre aux urgences gynécologiques car on est en plein milieu du week-end. Aux urgences, les sage-femmes me disent que les saignements/pertes semblent s’être arrêtés. Et lors de l’échographie, l’interne voit un cœur qui bat (toujours faiblement) et d’une taille qui lui semble normal… Sauf qu’elle m’estime à 6SA+2. « Impossible, au vu de mes dernières règles, je devais être à 8SA+2 et l’échographiste a déjà corrigé à 7SA+2 justement. Je ne peux pas encore perdre une semaine ! Il y a un retard de croissance, ce n’est pas possible ! »

Sauf que pour l’interne « j’ai un cœur qui bat » et ça suffit à me renvoyer chez moi.

2 semaines après, j’ai le fameux rendez-vous à 9SA avec le centre de radiologie « pour me rassurer ». J’ai demandé à Chéri de venir absolument à ce rendez-vous parce que j’ai un très mauvais pressentiment. Chéri est très optimiste et pense que je m’inquiète pour rien. J’attend en salle d’attente et il n’est toujours pas là…. « j’ai dû finir un truc au boulot, j’arriverais en retard mais je te rejoindrais dans la salle d’écho si tu te fais appeler ». Là, j’ai vu rouge. Mais pas le temps de m’énerver, je suis immédiatement appelée… L’examen démarre et je comprend. « On va passer en endo-vaginale… je ne vois rien ».

Source : Pexels (Rafal Herszkowicz)

Je sais pourquoi il ne voit rien. Il ne voit pas de cœur.

Il passe en endo-vaginale… Il confirme. Pas de cœur. La grossesse s’est arrêtée. La grossesse s’est arrêtée il y a environ 2 semaines – probablement le lendemain des urgences. Chéri arrive tout sourire dans la salle et voit ma tête. Le radiologue lui explique. Il poursuit d’un air détaché que « ça arrive tout le temps, que je ne suis pas la première ni la dernière ». Complètement sonnée, je parviens juste à lui demander « Et je fais quoi maintenant ? ». Il répond qu’il en a aucune idée.

Je rentre en silence avec Chéri chez nous. Sur le trajet, j’envoie un sms concis à nos familles (au courant de la grossesse) : « La grossesse s’est arrêtée. Merci de ne pas appeler ». Arrivée à la maison, à peine un pied chez nous, je m’effondre. Je ne fais que pleurer… puis je deviens hystérique : « ça » doit sortir. Je ne veux plus de « ça » dans mon ventre. Je porte maintenant la mort. Il faut que quelqu’un fasse quelque chose.

Chéri appelle les urgences gynécologiques… qui nous demandent de ne pas passer avant demain matin, qu’ils ne pourront rien faire ce soir.

Je ne dors pas de la nuit. Je suis morte de l’intérieur et pourtant, ce n’est que le début…

Et toi, as-tu vécu une fausse couche ? As-tu eu ce sentiment très fort que quelque chose n’allait pas durant ta grossesse ? Raconte !

A propos de l’auteur

29 ans, Maman d'une petite fille de février 2019, mariée à Chéri (d'origine chinoise), survoltée et angoissée, je te raconte ici ma fausse couche, ma grossesse sous stress (le mien !) et mon nouveau quotidien de maman avec un bébé koala !