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A la une / Témoignage

L’envie du 2ème

Lorsque j’ai commencé à écrire ici, j’ai exprimé que nous étions passés de l’envie d’un enfant unique à celui d’une fratrie. C’était il y a un an, et aujourd’hui plus que jamais, ce souhait est bien réel.

Un seul enfant

Si nous avions à la base choisi de ne faire qu’un enfant, c’est parce que nous estimions que petit koala suffirait amplement à notre bonheur. Oh oui, nous avons un bon moment penché vers l’enfant unique! Egalement, il faut avouer qu’avoir un seul enfant facilite beaucoup de chose. Notre train de vie ne serait que peu modifié une fois sortis de la petite enfance, nous pourrions continuer à voyager autant que nous voulions, et nous avions déjà le logement adéquat.

Le déroulement de ma grossesse n’a fait que renforcer ce souhait. Dès la fin du 1er trimestre, nous en avions reparlé avec lHomme et devant les peurs que nous vivions, nous étions bien décidé à ne pas signer à nouveau. Nous nous sommes dit «non mais en fait un seul enfant, c’est vraiment bien ». La naissance de petit koala nous a en plus traumatisé derrière, moi pour le coté brusque, mon mari pour la crainte de tout perdre en une fraction de seconde. 

Et pourtant… pourtant, je n’étais même pas sortie de la clinique que je demandais déjà à mon gynécologue quand est-ce que je pourrais démarrer une nouvelle grossesse.

Notre couple nous a permis d’avoir les 2 modèles à comparer puisque je suis issue d’une fratrie de 3 tandis que mon époux est fils unique. Nous avons donc chacun nos arguments pour et contre.

Notre décision d’avoir un second enfant a été prise peu après les 2 mois de notre fille. Elle a été motivée par la grande déception que nous avions à l’époque par rapport au comportement de nos familles respectives. Nous avons discuté, longuement, et nous nous sommes rendu compte que nous n’arrivions pas à leur faire assez confiance pour être présents en continu dans la vie de petit koala. Nous avons alors eu peur pour elle, en nous disant que s’il nous arrivait quelque chose, elle se retrouverait seule. Bien sûr, nos amis seraient surement (peut-être) là, et elle saurait se créer son propre cercle amical également, mais cela ne nous suffisait pas. Cette idée nous a tellement bouleversé que par amour pour cette enfant, nous avons décidé de repasser par toutes ces choses qui nous terrorisent encore aujourd’hui. Nous le savons, rien ne nous garantit que nos enfants s’entendront et seront proches, mais de la même façon que pour la présence future de nos amis, nous voulons juste mettre toutes les chances de notre côté. 

Dit comme cela, c’est un peu injuste pour ce second enfant, car en gros on donne l’impression qu’il n’est pas désiré pour lui, mais pour tenir compagnie à sa sœur. Mais si le déclencheur a effectivement été petit koala, un an et demi après, je peux te dire que ce 2ème enfant est autant, si ce n’est même plus, désiré et attendu que son aînée.

Crédit photo (creative commons) : sathyatripodi

L’attente

Une fois le marathon des premiers mois passé, après avoir trouvé notre rythme de croisière, nous étions tellement comblés par tout l’amour que nous apportait notre petite fille que ce souhait de fratrie a été de plus en plus évident pour nous. On ne s’imaginait plus notre vie sans un second enfant, que nous ne voulions pas trop éloigné en âge de petit koala.  

Généralement quand on veut un bébé, on se lance gaiement dans les essais. Chez nous la conception de petit koala a été si rapide que cela n’aurait pas dû nous prendre plus de temps que cela. Mais au moment où je t’écris, cela fait 19 mois que nous avons décidé d’avoir un second enfant, 15 mois que je me sens prête, mais il n’y a toujours pas de second bébé en route.  

A cause des circonstances de naissance de petit koala, mon gynécologue souhaite (avec raison) que les conditions les plus optimales soient réunies avant de débuter une seconde grossesse. Et nous ne sommes pas assez joueurs pour ne pas l’écouter cette fois, d’autant plus que maintenant je fais de l’hypertension. Il me faut atteindre un équilibre indispensable au démarrage en toute sécurité d’une grossesse, ce qui génère une cascade de frustration et de larmes tous les 3 mois quand on me demande d’être encore un peu patiente. 

A l’attente, est vite venu s’ajouter de la rancœur et de la solitude. Les mois passants, je me suis refermée sur moi, ne me sentant pas légitime d’exprimer une peine de ne juste pas pour lancer les essais. Les mois passants, chaque annonce de grossesse et de naissance est de plus en plus dure. Rencontrer les nouveaux-nés emmène une vague de jalousie et une envie instantanée de pleurer, et devoir malgré tout garder le sourire ne fait que rendre les choses plus compliquées. Et je ne parle pas de la pression sociale qui veut que si tu as déjà un enfant, dans les 2 ans suivants, tu aies déjà mis le second en route. Alors au début on rigole, on dit que ce n’est pas dans nos plans, qu’on est déjà largement heureux et qu’on profite de notre premier né ; puis, on rit jaune, on ne répond plus, et finalement, on éclate en larme à la énième question “alors le second c’est pour quand?”.

Crédit photo (creative commons) : mentatdgt

Je m’excuse auprès de tous les couples qui souffrent d’infertilité et qui attendent depuis plus longtemps que ça, sans avoir la chance d’avoir déjà un enfant à chérir, mais oui, je confesse, c’est très dur pour moi. Devoir attendre dans une éternelle incertitude, avant même de tenter quoique ce soit c’est un supplice pour moi. Et en plus de l’attente du feu vert, on ne peut pas s’empêcher de se demander si on ne va pas se retrouver ensuite confronter à des difficultés de conception. Mais le plus dur pour moi je pense, c’est de devoir taire cette souffrance parce que déjà, j’ai une grande pudeur à ce sujet, mais en plus personne hormis mon mari ne me comprend réellement. Les quelques fois où j’ai essayé d’en parler, on m’a répondu systématiquement “comme ça tu profites plus de ta fille”. J’ai bien compris que je n’avais objectivement pas le droit de me plaindre parce que je suis déjà Maman, mais cela ne me console pas pour autant tout le temps.

Etre optimiste

L’envie d’avoir d’un enfant ne se contrôle pas, et gérer les émotions qui y sont associées est encore plus difficile à contenir. Il y a tant de choses dont nous rêvons pour cette deuxième grossesse, des choses toutes simples comme préparer une valise de maternité, choisir une tenue de naissance, connaître l’excitation de l’approche de la naissance, échanger un premier regard immédiat avec son enfant. Je rêve de connaître une première rencontre normale avec mon bébé, je rêve de voir ma fille devenir grande sœur. 

Toutes ces choses arrivent à supplanter l’angoisse que l’histoire se répète. Je ne vais pas mentir, cela me fait quand même peur. J’ai peur car je sais que ça ne sera pas une grossesse facile encore une fois, que le risque de prématurité est encore plus grand que la première fois et que je suis à fort risque de pré-éclampsie. J’ai peur car notre quotidien va encore être chamboulé J’ai peur car je ne sais pas comment cela va se passer. J’ai peur car maintenant, je sais à quoi m’attendre pendant la grossesse et les premiers mois de vie d’un bébé. 

Seulement voilà. Parfois dans la vie, il faut arrêter de s’inquiéter, se questionner, ou douter. Il faut juste avoir confiance, croire au fait que les choses vont se dérouler peut-être pas de la façon dont on l’a prévu, mais telles qu’elles doivent arriver.

Rien ne laissait présager l’issue de ma première grossesse et personne ne peut prédire quand ni comment se passera la seconde. Ce que nous savons par contre, c’est que mettre le plus de chance de notre côté ne pourra que nous aider. Alors nous patientons. Peut-être que nous devrons attendre juste quelques mois encore ou alors même un an, peut-être, mais quoiqu’il en soit, ce second bébé est déjà chérit de tout mon cœur.

A propos de l’auteur

Après avoir raconté mon mariage sur Mademoiselle Dentelle, je passe de l’autre coté pour te parler de mon approche de la maternité. Je suis devenue maman en 2018, et ce fut un grand chamboulement qu’il me tarde de te raconter. Si tu veux suivre nos aventures au quotidien, je t’invite à me retrouver sur instagram sous le pseudo el_m_b