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L’envie du 2ème


Publié le 29 février 2020 par Mère Renarde

Lorsque j’ai commencé à écrire ici, j’ai exprimé que nous étions passés de l’envie d’un enfant unique à celui d’une fratrie. C’était il y a un an, et aujourd’hui plus que jamais, ce souhait est bien réel.

Un seul enfant

Si nous avions à la base choisi de ne faire qu’un enfant, c’est parce que nous estimions que petit koala suffirait amplement à notre bonheur. Oh oui, nous avons un bon moment penché vers l’enfant unique! Egalement, il faut avouer qu’avoir un seul enfant facilite beaucoup de chose. Notre train de vie ne serait que peu modifié une fois sortis de la petite enfance, nous pourrions continuer à voyager autant que nous voulions, et nous avions déjà le logement adéquat.

Le déroulement de ma grossesse n’a fait que renforcer ce souhait. Dès la fin du 1er trimestre, nous en avions reparlé avec lHomme et devant les peurs que nous vivions, nous étions bien décidé à ne pas signer à nouveau. Nous nous sommes dit «non mais en fait un seul enfant, c’est vraiment bien ». La naissance de petit koala nous a en plus traumatisé derrière, moi pour le coté brusque, mon mari pour la crainte de tout perdre en une fraction de seconde. 

Et pourtant… pourtant, je n’étais même pas sortie de la clinique que je demandais déjà à mon gynécologue quand est-ce que je pourrais démarrer une nouvelle grossesse.

Notre couple nous a permis d’avoir les 2 modèles à comparer puisque je suis issue d’une fratrie de 3 tandis que mon époux est fils unique. Nous avons donc chacun nos arguments pour et contre.

Notre décision d’avoir un second enfant a été prise peu après les 2 mois de notre fille. Elle a été motivée par la grande déception que nous avions à l’époque par rapport au comportement de nos familles respectives. Nous avons discuté, longuement, et nous nous sommes rendu compte que nous n’arrivions pas à leur faire assez confiance pour être présents en continu dans la vie de petit koala. Nous avons alors eu peur pour elle, en nous disant que s’il nous arrivait quelque chose, elle se retrouverait seule. Bien sûr, nos amis seraient surement (peut-être) là, et elle saurait se créer son propre cercle amical également, mais cela ne nous suffisait pas. Cette idée nous a tellement bouleversé que par amour pour cette enfant, nous avons décidé de repasser par toutes ces choses qui nous terrorisent encore aujourd’hui. Nous le savons, rien ne nous garantit que nos enfants s’entendront et seront proches, mais de la même façon que pour la présence future de nos amis, nous voulons juste mettre toutes les chances de notre côté. 

Dit comme cela, c’est un peu injuste pour ce second enfant, car en gros on donne l’impression qu’il n’est pas désiré pour lui, mais pour tenir compagnie à sa sœur. Mais si le déclencheur a effectivement été petit koala, un an et demi après, je peux te dire que ce 2ème enfant est autant, si ce n’est même plus, désiré et attendu que son aînée.

Crédit photo (creative commons) : sathyatripodi

L’attente

Une fois le marathon des premiers mois passé, après avoir trouvé notre rythme de croisière, nous étions tellement comblés par tout l’amour que nous apportait notre petite fille que ce souhait de fratrie a été de plus en plus évident pour nous. On ne s’imaginait plus notre vie sans un second enfant, que nous ne voulions pas trop éloigné en âge de petit koala.  

Généralement quand on veut un bébé, on se lance gaiement dans les essais. Chez nous la conception de petit koala a été si rapide que cela n’aurait pas dû nous prendre plus de temps que cela. Mais au moment où je t’écris, cela fait 19 mois que nous avons décidé d’avoir un second enfant, 15 mois que je me sens prête, mais il n’y a toujours pas de second bébé en route.  

A cause des circonstances de naissance de petit koala, mon gynécologue souhaite (avec raison) que les conditions les plus optimales soient réunies avant de débuter une seconde grossesse. Et nous ne sommes pas assez joueurs pour ne pas l’écouter cette fois, d’autant plus que maintenant je fais de l’hypertension. Il me faut atteindre un équilibre indispensable au démarrage en toute sécurité d’une grossesse, ce qui génère une cascade de frustration et de larmes tous les 3 mois quand on me demande d’être encore un peu patiente. 

A l’attente, est vite venu s’ajouter de la rancœur et de la solitude. Les mois passants, je me suis refermée sur moi, ne me sentant pas légitime d’exprimer une peine de ne juste pas pour lancer les essais. Les mois passants, chaque annonce de grossesse et de naissance est de plus en plus dure. Rencontrer les nouveaux-nés emmène une vague de jalousie et une envie instantanée de pleurer, et devoir malgré tout garder le sourire ne fait que rendre les choses plus compliquées. Et je ne parle pas de la pression sociale qui veut que si tu as déjà un enfant, dans les 2 ans suivants, tu aies déjà mis le second en route. Alors au début on rigole, on dit que ce n’est pas dans nos plans, qu’on est déjà largement heureux et qu’on profite de notre premier né ; puis, on rit jaune, on ne répond plus, et finalement, on éclate en larme à la énième question “alors le second c’est pour quand?”.

Crédit photo (creative commons) : mentatdgt

Je m’excuse auprès de tous les couples qui souffrent d’infertilité et qui attendent depuis plus longtemps que ça, sans avoir la chance d’avoir déjà un enfant à chérir, mais oui, je confesse, c’est très dur pour moi. Devoir attendre dans une éternelle incertitude, avant même de tenter quoique ce soit c’est un supplice pour moi. Et en plus de l’attente du feu vert, on ne peut pas s’empêcher de se demander si on ne va pas se retrouver ensuite confronter à des difficultés de conception. Mais le plus dur pour moi je pense, c’est de devoir taire cette souffrance parce que déjà, j’ai une grande pudeur à ce sujet, mais en plus personne hormis mon mari ne me comprend réellement. Les quelques fois où j’ai essayé d’en parler, on m’a répondu systématiquement “comme ça tu profites plus de ta fille”. J’ai bien compris que je n’avais objectivement pas le droit de me plaindre parce que je suis déjà Maman, mais cela ne me console pas pour autant tout le temps.

Etre optimiste

L’envie d’avoir d’un enfant ne se contrôle pas, et gérer les émotions qui y sont associées est encore plus difficile à contenir. Il y a tant de choses dont nous rêvons pour cette deuxième grossesse, des choses toutes simples comme préparer une valise de maternité, choisir une tenue de naissance, connaître l’excitation de l’approche de la naissance, échanger un premier regard immédiat avec son enfant. Je rêve de connaître une première rencontre normale avec mon bébé, je rêve de voir ma fille devenir grande sœur. 

Toutes ces choses arrivent à supplanter l’angoisse que l’histoire se répète. Je ne vais pas mentir, cela me fait quand même peur. J’ai peur car je sais que ça ne sera pas une grossesse facile encore une fois, que le risque de prématurité est encore plus grand que la première fois et que je suis à fort risque de pré-éclampsie. J’ai peur car notre quotidien va encore être chamboulé J’ai peur car je ne sais pas comment cela va se passer. J’ai peur car maintenant, je sais à quoi m’attendre pendant la grossesse et les premiers mois de vie d’un bébé. 

Seulement voilà. Parfois dans la vie, il faut arrêter de s’inquiéter, se questionner, ou douter. Il faut juste avoir confiance, croire au fait que les choses vont se dérouler peut-être pas de la façon dont on l’a prévu, mais telles qu’elles doivent arriver.

Rien ne laissait présager l’issue de ma première grossesse et personne ne peut prédire quand ni comment se passera la seconde. Ce que nous savons par contre, c’est que mettre le plus de chance de notre côté ne pourra que nous aider. Alors nous patientons. Peut-être que nous devrons attendre juste quelques mois encore ou alors même un an, peut-être, mais quoiqu’il en soit, ce second bébé est déjà chérit de tout mon cœur.


 


Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Aude-Marie

Oh comme je te comprends ! Je ne suis pas à ta place, ma grossesse + accouchement se sont passés comme sur des roulettes.
Mais j’ai toujours su que je voulais DES enfants. Mon compagnon, plus réticent, a accepté d’en avoir un, mais m’a laissé l’espoir d’un deuxième. Je me suis dit que un, c’est déjà bien et qu’un enfant c’est un vrai cadeau (mon beau-frère est infertile, avec ma sœur ils ont eu recours à la PMA-avec succès)
Mais depuis que mon fils a un an et demi je ressens de nouveau ce besoin (viscéral) d’un autre enfant, les mêmes envies que tu décris si bien.
Mon fils a aujourd’hui 3 ans et demi, mon compagnon vient d’accepter, par amour pour moi, d’avoir un deuxième enfant, parce que cela fait un an que je pleure quand je vois mes collègues et amies enceintes, tous les mois quand mes règles arrivent, que je déprime et ai de moins en moins envie…
Pardon pour ce long commentaire. J’espère que le bon moment arrivera bientôt pour toi, j’espère la grossesse arrivera vite, j’espère que tout se passera bien.
Et tu sais, ne culpabilise pas de te sentir mal, on en a tous le droit, les chanceux comme les moins chanceux !

le 29/02/2020 à 10h22 | Répondre

Cash Cat

Bonjour
Je ne suis pas la personne la plus légitime pour poster des commentaires sur ce blog, ayant atteint la date de péremption en matière de fécondité 😉 Moi, ce sont plutôt les petits enfants sur lesquels il me faudra sans doute faire l’impasse mais qu’importe..
Je me permets de réagir à ton article car j’y trouve beaucoup de souffrance. Et je suis dépassée d’entendre parler de pression social pour un 2e enfant ; il ne me semble pas que les jeunes femmes de mon entourage subissent celà. Mais comme je l’ai précisé, je suis hors compétition depuis longtemps.
J’espère de tout coeur que tu trouveras l’apaisement et la sérénité et qu’un 2e bébé viendra sans trop tarder combler tes attentes.
Je suis moi même passée par beaucoup de déceptions à la naissance de mes enfants et, sans aucun doute, une aide extérieure m’aurait permis de me libérer de certaines pressions familiales et de m’affranchir de pseudo conventions. Je me permets de te conseiller de trouver cette aide auprès d’un professionnel qui saura t’aider à y voir plus clair, à faire le tri de tes émotions… Ne vois dans mon intervention aucun jugement, mais de la bienveillance. Je te souhaite le meilleur 🙂 ainsi qu’à toutes les jeunes femmes de ce blog

le 29/02/2020 à 10h40 | Répondre

Ninou

Je vis à peu près la même chose. Cela fais maintenant 20 mois que nous essayons de donner un petit frère ou une petite soeur a notre fils sans succès et comme toi les annonces de grossesses deviennent de plus en plus difficile pour moi, car je me sens à la fois heureuse pour ces personnes et en même temps triste pour moi qui n’y arrive pas et en plus de ça je me sens coupable de ressentir ça… Le cercle vicieux quoi. Et quand les quelques personnes de notre entourage qui sont au courant nous disent: « tu as bien trouver le mode d’emploi pour le premier tu vas bien y arriver pour le deuxième « ou alors » tu en a déjà un c’est déjà bien..  » du coup je me sens encore plus illégitime de ressentir cette tristesse de ne pas pouvoir être maman une deuxième fois, alors que cela devient de plus en plus dur avec les mois qui passent… Je sais que ce n’est pas intentionnel, qu’ils ne se rende pas compte que ça peut blessé, mais je voudrais juste parfois qu’on me dise, oui ta souffrance est légitime toi aussi…

le 29/02/2020 à 14h34 | Répondre

Madame Grenouille

Oh mais comme je comprends ce mal être, d’une part pour le partager mais aussi pour l’avoir entendu chez d’autres personnes en mal d’enfant ou ne pouvant agrandir la famille.
Chez nous, c’est l’homme qui a des soucis de santé, et nous sommes toujours en attente de trouver le bon traitement qui le stabilisera et lui permettra de reprendre une vie « normale ». Depuis environ 1 an, j’ai cette envie viscérale du 2e, tout en ayant conscience que ce n’est pas possible (j’ai déjà du mal à gérer avec 1 quand monsieur n’est pas en état / hospitalisé). C’est une forme de deuil difficile à faire et les annonces de grossesses dans l’entourage et les petites phrases pour nous dire que c’est le moment pour le 2e ne sont pas pour faciliter ! Et je ne parles pas de l’horloge biologique qui met une pression supplémentaire !

le 29/02/2020 à 20h46 | Répondre

Mme Lau

Je ne commente que rarement mais j’ai suivi ton histoire depuis Mlle Dentelle et je veux juste te souhaiter énormément de courage et surtout que cette attente s’arrête vite.
Je comprends ta frustration et l’attente qui se fait longue, trop longue… J’ai déjà 2 déjà (4 depuis une semaine et 2 ans depuis décembre) mais on a envie d’un 3ème et cela fait environ 8-9 mois qu’on s’est lancé dans cette aventure, j’ai fait une fausse couche en décembre (le jour de mon anniversaire et juste avant Noël…) et depuis j’ai énormément de mal à regarder une femme enceinte. La sage-femme (pas chez moi, j’étais en vacances) qui m’a annoncé qu’il n’y avait plus rien dans l’utérus m’a dis que ça arrivait dans 30% des cas pour une 1ère grossesse et là j’ai juste répondu que c’était ma 3ème puis je me suis remise à pleurer, heureusement que j’avais mon mari à côté de moi…
Désolé pour ce commentaire un peu long, en bref juste bon courage et je croise les doigts pour vous…

le 29/02/2020 à 21h19 | Répondre

La Piu

Je te comprends. Meme si les raisons pour avoir envie du 2e sont bien différentes car j’ai tjs voulu avoir des enfants, j’ai vécu cette attente du début des essais comme une souffrance immense et interminable. J’en ai pleuré régulièrement depuis les 5mois de l’aînée, période où l’envie de 2e s’est installée. Mon conjoint ne comprenais pas au départ car effectivement je devais e faire et être 100% satisfaite car j’étais déjà mère… aux yeux des autres, je n’en parle même pas… je crois que lorsque l’envie est là, elle est si forte que rien ne peut la tarir. Il n’y a que les essais, puis la grossesse qui puisse nous apaiser. Je te souhaite que les conditions soient vite réunies pour mettre en route puis accueillir ce 2e petit miracle. Courage!

le 01/03/2020 à 01h00 | Répondre

Typhaine

Je te comprends car je suis passée par là, une attente trop longue pour avoir enfin une 2eme grossesse. Je ne me suis pas fait aider psychologiquement à l’époque. J’attendais juste mon test de grossesse positif, en me disant qu’il réglerait mon mal être, que tout irait mieux une fois enceinte. Je mettais tout entre parenthèse dans cette attente . Au final je l’ai eu mon positif, pour faire ensuite une fausse couche à 3mois de grossesse. Et là ça a été terrible, car mon mal être en fait n’était pas réglé par ce début de grossesse, juste « mis en sourdine ». Donc je t’encourage vraiment à aller consulter en psychologie, car je pense sincèrement comme cela l’était pour moi que tu as besoin de régler des choses avant d’avoir un autre enfant. On ne devrait jamais souffrir de l’attente d’un enfant. Moi j’attends toujours mon 2eme, mais de manière apaisée maintenant. Et c’est le bonheur.

le 02/03/2020 à 09h27 | Répondre

Pauline

Hello! J’adore te lire et ton article résonne particulièrement en moi. J’essaye depuis plusieurs mois de convaincre Monsieur de démarrer numéro 3. Autant te dire que du point de vue de mon entourage je suis encore moins légitime d’avoir cette envie (encore moins de l’exprimer publiquement, quelle honte…). Alors non je n’ai pas à me plaindre, j’ai 2 beaux enfants qui me rendent heureuses (et chèvre mais une chèvre heureuse) et j’aime Monsieur. Donc non je ne me plains pas mais que faire quand l’envie est là? Je pense que c’est sain de l’exprimer, et de l’assumer tout simplement. En tous cas moi ca m’aide… Bon courage et je te souhaite un démarrage très très bientôt 🙂

le 02/03/2020 à 14h16 | Répondre

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