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Espérer concevoir un bébé

Après t’avoir raconté comment j’ai arrêté la pilule, c’est le moment de te parler de ce qu’on appelle communément « les essais ».

Je n’aime pas trop ce terme… Est-ce que l’on essaie vraiment de faire un bébé ?
Je n’aime pas trop l’idée de réussir ou rater que l’on peut associer à ce mot. C’est comme les gens qui font la blague pas drôle « alors, ils n’ont toujours pas trouvé le mode d’emploi ? » quand on dit qu’un couple essaie mais donc n’a pas encore réussi.

À notre époque merveilleuse où on peut décider à 99 % de ne pas tomber enceinte, on a tendance à oublier qu’un bébé ce n’est pas forcément « quand je veux / dès que je le veux ».

J’ai côtoyé trop de personnes qui ont souffert de ne pas arriver à concevoir pour ne pas penser dès le début « et si ça ne fonctionne pas ? »

Donc plutôt que de te parler d’essais, je vais te parler d’espoir.
Nous étions donc dans une période d’espoir de concevoir un enfant.

Alors, comment est-ce que ça s’est passé ?

Les premiers mois, je me suis dit qu’on allait voir et que c’était bien que ça vienne naturellement, sans se prendre la tête.

Bon, en vrai, je ne sais pas toi, mais moi, y a toujours eu un moment de faiblesse dans ce raisonnement.
Ce moment où tu te retrouves à taper n’importe quoi sur Google et à déchirer des sujets vieux de 5 ans sur Doctissimo pour savoir si oui ou non, tu as le droit d’avoir de l’espoir dans cette semaine qui précède l’arrivée de tes règles. Et tu apprends que oui. C’est peut-être un symptôme de grossesse. Cependant, ça peut aussi très bien juste être un symptôme d’arrivée des règles…Aaaaah. (Tu savais pourtant que demander à Google n’était pas une bonne idée !)

En plus, personnellement, après plusieurs cycles de faux espoirs, je me suis rendue compte que toute la deuxième partie de mon cycle : j’ai plus faim mais je suis nauséeuse le matin. Mon odorat est aussi plus développé. Et j’ai des sauts d’humeur et des gros moments de déprime la dernière semaine. Youhou.
Moi qui étais contente de ne plus prendre d’hormones de synthèse, j’ai découvert dépitée que mon syndrome pré-menstruel (« putain de SPM » pour les intimes) était une plaie.

J’espérais aussi que ma capacité à écouter mon corps me permettrait de savoir quand j’ovule. Franchement, rien remarqué !
J’ai peut-être plus envie d’aller faire des galipettes sous la couette mais il est fort probable que ça soit parce que je sais que c’est le moment du cycle (je ne peux m’empêcher de calculer un peu).

De manière générale pendant cette période d’attente, j’enviais les femmes « qui savent » (qu’elles ovulent, qu’elles sont enceintes…), moi, la seule chose que je savais… c’est me faire des films !

Les mois passent…

Au fur et à mesure des mois qui passent, je commence forcément à me poser des questions.
Je vis de moins en moins bien cette attente, cet espoir non satisfait.


Crédits photo (creative comon) : geralt

Ça fait onze mois que j’ai arrêté ma pilule et 12 cycles de déception. Ça semble long. Et je commence à ne plus supporter l’état nauséeux et déprimé pré-menstruel.
C’est pourquoi, nous décidons de prendre rendez-vous chez notre médecin traitant pour en parler (ici, les gynécologues ne s’occupent pas de suivi mais seulement de pathologie).

Nous voilà donc chez notre médecin traitant.
Ce rendez-vous n’était vraiment pas fun. J’ai pleuré quasiment du début à la fin… Elle me dit qu’elle ne peut pas grand-chose pour mon p*** de SPM, que mon corps se rebelle de ne pas être fécondé… Elle me parle du fait aussi que je dois me détendre…
Mais comme nous sommes à 12 cycles infructueux, elle propose à l’amoureux de faire un spermogramme et à moi de prendre ma température pour deux cycles.

Tout fonctionne-t-il correctement ?

Le rendez-vous n’était pas fun mais on a l’impression d’avancer et je me dis que l’on a quand même eu de la chance de tomber sur un professionnel de santé qui nous a écoutés…
On va peut-être avoir des réponses à nos questions qui commencent à se faire un peu trop présentes.

Bon, prendre ses températures, cela inclut de se lever tous les jours à la même heure pendant deux cycles. Youhou (encore une fois).  Et comme c’est bientôt les vacances de Noël et que je vais en France, je décide de laisser passer un cycle. Parce que je ne suis pas sûre que prendre ma température tous les matins m’aide à « me détendre ».

L’amoureux fait son spermogramme.
Ce qui me donne l’occasion de faire plein de blagues pas drôles. Ma préférée étant de lui demander plusieurs fois s’il veut de l’aide avec l’expression anglaise « do you need a hand? » (Littéralement pour ceux qui auraient fait autre chose pendant leurs cours d’anglais « tu as besoin d’une main ? », façon de demander si on veut de l’aide). Je sais, je suis trop drôle comme fille !
Cela dit, Monsieur fait très bien le travail tout seul et le résultat est « tout va bien, rien à signaler ».
Bon, bon, je me dis qu’on va chercher de l’autre côté et que je prends ce temps d’attente de plus en plus avec philosophie.

Peu de temps après ces résultats et un peu avant Noël, j’apprends que mon associée est enceinte et sur le coup, je le prends très très mal (genre à passer ma journée à pleurer). Ça remue tellement de choses en moi. Et je rends compte qu’à chaque fois que je me dis « je vis mieux cette attente », la vie vient me rappeler que non, c’est difficile.

Cette période est aussi celle où j’ai décidé d’arrêter de cacher nos désirs d’enfant. Et même si j’ai dû renoncer à l’idée du secret à deux et de faire une surprise le jour où, cela m’a fait le plus grand bien, je n’avais plus besoin de cacher à ma famille et mes amis ma souffrance à ce propos.

En puis, il était temps de devenir ami avec mon thermomètre…
Se réveiller tous les jours à la même heure même le weekend et essayer de comprendre le fonctionnement de cette maudite courbe, y a mieux pour « se détendre ».
Surtout que ma courbe ne ressemble absolument pas à ce à quoi elle devrait ressembler. Et pourtant, j’ai demandé à mon ami Google de m’en montrer des courbes…
Ça pourrait bien être une courbe anovulatoire et je ne comprends pas pourquoi j’ai des symptômes toujours aux mêmes moments du cycle (avec des cycles réguliers) si je n’ovule pas… Je me fais plein de nœuds au cerveau, ne supporte plus de me réveiller pour cette histoire de températures et balancerais bien le thermomètre par la fenêtre.

Et puis, les règles finissent par arriver. On passe officiellement les un an d’attente. Et je commence à me renseigner et à m’interroger sur l’ « Aide Médicale à la Procréation ». En me posant beaucoup de questions…

Le deuxième cycle de températures commence. Il a l’air moins anarchique mais je me demande sérieusement quelle est la recette pour « arrêter de se poser des questions », j’ai l’impression de peut-être détecter une ovulation mais ça ne colle pas vraiment avec la courbe…
J’essaie aussi de penser à ce qu’une amie m’a dit sur les courbes « pas toujours fiables » et j’ai hâte de passer à l’étape suivante.

Heureusement, la semaine juste avant mes règles, ma meilleure amie est en visite chez moi aux Pays-Bas, je me dis que ça va me distraire du p*** de SPM et de ma courbe qui descend puis remonte…
Et après, on prend rendez-vous chez le médecin pour discuter de la prochaine étape…

Et toi, tu as attendu longtemps ? Tu as fait des courbes ? Tu t’es posé plein de questions ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com