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A la une / Vie de maman

Et si on arrêtait la culpabilisation ?

« Ça va, tu n’as pas trop pleuré en la laissant chez la nounou ? Moi c’était un déchirement ! »… »Tu as hâte de reprendre le travail ?!? Eh bin dis donc elle doit être dure ta fille »… »C’est pas trop difficile de rentrer du boulot alors qu’elle est déjà couchée ? »

Voici un petit florilège de questions et remarques entendues et ré entendues lorsque je parle de ma reprise du travail. Comme je réponds « Non » à chacune de ces questions, on me regarde systématiquement avec des yeux écarquillés comme si je proférais une énormité.

Photo personnelle

De ce fait je me suis posée la question : dois je culpabiliser de ne pas culpabiliser ??!? Suis je une mère anormale ? Est ce que mon absence de culpabilité est le signe que je n’aime pas suffisamment mon enfant ?

Balivernes et sornettes ! J’adore mon enfant, j’adore passer des moments avec elle mais j’ai besoin et envie d’autre chose. Point final.

Ce qui est fou, c’est que ce qui s’est passé pour moi dans la reprise du travail se décline dans TOUS les domaines : tout le monde a un avis sur tout et ne se lasse pas de faire culpabiliser les jeunes parents s’ils ne pensent pas pareil / n’ont pas eu les mêmes réactions / ne ressentent pas la même chose. Et je dois dire que pour ma part, ils ont assez de facilité : c’est mon premier enfant, tout est nouveau, je ne sais pas si je « fais bien »…et il semble que je n’ai pas vraiment les mêmes réactions que la plupart des mères  (ne pas ressentir de bouffée d’amour pour son enfant dès la naissance, être heureuse de retourner au travail, être totalement sereine par rapport à la garde de mon enfant…)…du moins dans la représentation de « La Mère » que peuvent avoir certaines personnes !

Ce qui est fou, c’est que la culpabilisation vient de partout. De la famille, des proches, des collègues, de la société, des médias, même de certains livres de puériculture/pour enfants qui nous renvoient tous une image de mère idéale que, bien évidemment, il est impossible d’atteindre.

Même les personnes qui « sont passées par là » peuvent se rendre très culpabilisants, en renvoyant à leurs expériences, et en jugeant nos comportements à l’aune de leurs propres comportements et décisions éducatives. Même si c’était un autre temps, un autre lieu, un autre enfant.

Dans le cadre de mon travail, j’ai appris à ne jamais juger les gens à l’emporte pièce, à toujours mettre mon cadre de référence en retrait pour me concentrer sur la personne que j’ai en face de moi : sa culture, son éducation, son origine, ses références, son histoire sont autant d’éléments qui font que cette personne agit de telle ou telle façon.

Cependant, il n’est pas facile de se départir du regard des autres, et des clichés véhiculés sur la maternité. J’avoue moi-même avoir sans doute culpabiliser d’autres parents, et sans le vouloir ! J’ai petit à petit banni de mon vocabulaire les « il faut », « Y’a qu’à…faut qu’on… »qui sont moralisateurs, culpabilisants, et qui renvoient à l’idée que la personne en face est incompétente.

Ma solution est donc… eh bien je n’en ai pas vraiment. Apprendre à se faire confiance. Demander plusieurs avis et se faire le sien. Occulter les bien-pensants et les ayatollahs qui veulent à tous prix nous convaincre de l’absolue nécessité du portage/de la poussette/du cododo/de la mise dans sa chambre dès la naissance/de la tétine/de l’absence de tétine/de la nécessité de prendre un congé parental/de la nécessité de reprendre très vite le travail….quoiqu’on décide pour son enfant, il y aura toujours des détracteurs qui nous feront douter.

Pour ma part (et peut être est ce une déformation professionnelle), l’intérêt de l’enfant doit toujours primer. Tant que sa santé, sa moralité, son bien-être, son épanouissement sont garantis, l’enfant est heureux et grandit dans l’amour de ses parents. Donc si ce que tu fais convient à ton enfant, convient au fonctionnement familial, convient au couple et rentre dans les critères de bonne santé et de bientraitance, où est le problème ?

Ça ne nous empêchera pas de nous faire parfois des nœuds au cerveau mais on sera peut-être un peu plus en paix avec nous-mêmes !

A propos de l’auteur

33 ans, mariée depuis 2014 et maman de Charlotte (2017) et Cyprien (2019)