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A la une / Vie de maman

Et un jour, je me suis arrêtée de bouger…

Je t’entends. Je ne sais pas quelle heure il est, mais tu es réveillée, c’est sûr. Comme un robot je vais jusqu’à ton lit pour te ramener dans le mien et te faire téter. Comme ce sera bien, le jour où tu dormiras. Je suis lasse, si lasse, je m’endors avant la fin de ta tétée, et tu te rendors au creux de mes bras. Nous nous réveillerons plus tard, soit parce que mon dos fatigué de me voir dormir assise me rappellera à son bon souvenir, soit parce que ta grande sœur se réveillera à son tour.

Vous êtes maintenant réveillées toutes les deux, ta sœur a pris son biberon, tu as tété, et moi ? Je crois que j’ai mangé, à vrai dire je ne m’en souviens plus tellement. Nous sommes encore toutes les trois en pyjama, et Papa est parti travailler. Je t’habille en vitesse, c’est facile, il n’y a qu’à faire en sorte que tu ne te retournes pas sur ta table à langer, mais c’est faisable. Je voudrais bien habiller ta sœur, mais elle a décidé qu’il était temps de jouer. Je suis fatiguée, fatiguée de ces petits combats du quotidien. Alors je lui cours après, elle râle, tant pis, on ne peut pas vivre en pyjama toute la journée. Tu râles aussi, visiblement, rester toute seule ne te plaît pas. Après cela, lorsque j’arriverai à te poser, peut-être que je pourrai prendre une douche et m’habiller. Je crois que le facteur ne compte plus les fois où il m’a vue descendre en pyjama pour réceptionner un colis à 10h passée, un bébé dans les bras et les cheveux pas coiffés.

crédit Counseling / Pixabay 

11h30, j’ai essayé de ranger la maison, mais ta sœur passait derrière moi. Tant pis, je recommencerai pendant la sieste. Tu es couchée, enfin, je vais pouvoir m’habiller moi aussi. J’ai mis les lentilles, les pois chiche, les ciseaux, les couteaux en hauteur. Cette fois ci ta sœur ne devrait pas faire de bêtises graves ou trop embêtantes pendant ma douche. Enfin j’espère. Je rêve en soupirant de ce jour où je pourrai être habillée avant 10h sans trembler à l’idée d’une bêtise en fermant la porte de la salle de bain.

Le repas est prêt. Du riz et des courgettes, comme souvent, mais c’est simple à préparer, et ta sœur le mange sans trop de souci en théorie. Visiblement aujourd’hui, quelque chose ne lui va pas… quand, mais quand pourrais-je enfin manger avec elle sans cri ni projection du contenu de l’assiette contre le mur ? Je n’en peux plus… Elle finit par se coucher, tu te réveilles. Tétée, trois cuillères de purée, pas plus, je n’ai pas la force de me battre aujourd’hui et tu n’en veux plus. Une petite sieste ? S’il te plait… je voudrais finir mon repas… Je regarde l’appartement, et me remettre au rangement me semble insurmontable. Je suis lasse de tout, fatiguée, épuisée, à bout de forces et de nerfs. Je voudrais partir loin, vous laisser à votre papa et partir en vacances sans mari, sans enfants, pour enfin dormir et me reposer, mais non, ce n’est pas possible.

Je pleure. Je vous aime, mais je pleure. Je vous aime tant que je n’arrive pas à m’accorder une minute de répit. Je voudrais tout faire, tenir la maison et m’occuper de vous parfaitement, mais à être si fatiguée, j’en deviens incapable de tenir la maison et je me sens nulle, complètement nulle, nulle et re-nulle comme maman. Un jour, je veux y croire, j’arriverai à dormir, et ce jour-là mes louloutes jolies, Maman ira mieux. Un jour peut-être, j’arriverai  à prendre un peu de temps pour moi, et ce jour-là, parce que je m’aimerai mieux, j’arriverai à mieux vous aimer. Mon cœur se serre si fort à l’idée que je ne vous aime pas aussi bien que vous le méritez… Alors parfois, dans votre sommeil, je me glisse dans votre chambre et je vous regarde, sereines, abandonnées au sommeil, si belles et tranquilles, si fragiles, si petites… et mon cœur fond. Et mon épuisement prend un sens, trouve une cause. Et je trouve le courage enfin de demander de l’aide, de demander l’aide dont j’ai besoin pour être votre maman.

Je vous aime si fort….

Et toi ? As-tu fait l’expérience d’un burn out maternel ? As-tu déjà eu cette impression d’être incapable de quoi que ce soit ? As-tu trouvé des moyens de t’en sortir ? De l’éviter ? Je suis à l’écoute de toutes les idées, astuces et solutions !

A propos de l’auteur

MamBat au rapport, 28 ans et presque toutes mes dents ! Maman de Biquette (2015), PetitChou (2016), et future maman de MiniChat, j'aime lire, faire de la musique, coudre, prendre du temps avec ma famille et mes amis... rien que de très ordinaire donc !