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Être belle-mère

Quand on est petite, on se rêve (ou pas) en maman, mais l’hypothèse « belle-maman » vient rarement à l’esprit. Et pourtant ça peut te tomber dessus sans que tu t’y attendes.

J’ai toujours su que mon homme était papa. Je suis donc passée de « célibataire sans enfant et n’en voulant pas » à « belle-mère vivant avec l’enfant de son amoureux ». Je n’ai pas vraiment réalisé ce qui m’arrivait. J’ai agi d’instinct, les questionnements et réflexions sur tout ça sont venus bien plus tard.

Les débuts

J’ai tout de suite compris que M. Chéridamour était un très bon père, très proche de sa fille. Pour tout dire, il est fou d’elle, elle est vraiment celle pour qui il ferait n’importe quoi. Ça m’a énormément touchée. Je ne connaissais personne ayant des enfants à l’époque et ce qu’il laissait transparaître de cette relation était un amour absolu.

J’ai appris à faire connaissance avec sa petite et tout de suite les choses se sont très bien passées. Elle avait 2 ans et si elle a été timide les premières minutes, elle m’a aussitôt acceptée. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que cela avait été une chance car elle n’était pas du genre à aller facilement vers les inconnus. Mais j’ai eu droit aux câlins, aux bisous et à une complicité qui ne s’est jamais démentie.

Quand elle était petite, je jouais énormément avec elle. C’était fatiguant car j’ai tendance à être aussi « à fond » qu’elle dans les jeux d’imagination mais je n’ai plus l’énergie d’un enfant de 4 ans ! Heureusement qu’elle aimait également les jeux calmes, les dessins et la lecture. J’ai toujours aimé créer avec elle, je pense que ça nous a beaucoup rapproché de préparer « en cachette » des cadeaux pour son papa. Et elle adorait également quand je lui inventais des histoires rien que pour elle.

Une super belle-mère ?

On me dit souvent que je suis une super belle-mère et que Schtroumpfette a de la chance. Vraiment ? Je ne pense pas.

C’est moi qui suis chanceuse. Si notre relation est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est bel et bien grâce à elle. C’est elle qui m’a acceptée, qui m’a fait découvrir des facettes de moi que je ne connaissais pas, qui par son côté attachant et son affection m’a permis de me construire en tant que belle-mère. C’est elle qui m’a donné envie d’être maman. Avec une enfant comme elle, il est difficile de ne pas vouloir se dépasser et être une bonne belle-maman.

Aujourd’hui, notre relation est toujours bonne. On discute beaucoup, on se charrie beaucoup également. J’ai tendance quand je veux lui exprimer mes sentiments à lui écrire (je suis assez pudique, c’est difficile pour moi à l’oral). Et elle me répond par le même biais, c’est un mode de fonctionnement qui nous convient bien. Je garde d’ailleurs très précieusement tous ces petits mots.

J’ai souvent l’impression d’être l’empêcheuse de tourner en rond. Son papa est bien plus souple que moi ! Je m’en veux souvent de ne pas être aussi disponible et patiente qu’il le faudrait. Je gronde plus souvent que lui, je suis facilement agacée. Je dis plus facilement non également. Et j’en suis triste, j’ai peur par moments de réagir ainsi parce que ce n’est pas mon enfant. Je me pose souvent la question de savoir si j’agirais de même si elle était ma fille…

Dans mon entourage proche, il n’y a pas de belle-mamans. Je connais certaines personnes qui ont des beaux-fils/belle-filles mais c’est assez rare et je ne peux pas comparer les situations car elles sont toujours très différentes. Je suis assez surprise quand on me fait remarquer que j’agis de manière extraordinaire avec Schtroumpfette. Et loin de me faire plaisir, j’ai tendance à être gênée. Sans doute car je ne fais rien de si hors normes que ça : je l’emmène à l’école, je lui achète des vêtements et des livres, je la coiffe quand elle le demande, on se fait parfois des soirées entre filles quand son papa va rentrer très tard, je joue avec elle quand elle le veut… Rien de plus ou de moins que ce que fait son papa. Et même si j’ai toujours tout fait pour bien garder ma place de belle-maman et ne pas usurper celle de la maman, ces remarques me mettent mal à l’aise et me donnent l’impression d’empiéter sur son territoire. Malgré tout, je sais que j’ai vraiment une relation privilégiée avec Schtroumpfette.

Pour moi, c’est quoi être belle-mère ?

Crédits photo (Creative Commons) : nastya_gepp

Être belle-mère, c’est accepter un enfant qui n’est pas le sien. C’est se lever la nuit quand le papa n’entend pas l’enfant s’agiter mais avoir peur qu’elle me repousse car elle ne me reconnait pas. C’est le consoler quand elle est triste. C’est la soigner quand elle est malade.

Être belle-mère, c’est être toujours en retrait et laisser sa place à la maman. C’est accepter de prendre des coups de sa part sans riposter car on sait que c’est souvent la peine et la jalousie qui la font réagir ainsi. C’est avoir conscience qu’on ne sera jamais la maman.

Être belle-mère, c’est rassurer l’enfant sur ses sentiments, sur ses peurs. C’est oublier les siennes pour la protéger. Quand elle a eu 5 ans, Schtroumpfette m’a avoué presque en pleurs qu’elle m’aimait moins que sa maman. Je l’ai consolée et lui ai dit que c’était normal. Qu’elle n’avait pas à être triste de ça et qu’en fait elle n’était même pas obligée de m’aimer. C’est aussi accepter sa jalousie vis à vis de son papa. C’est parfois être jalouse de la relation qu’elle a avec son papa.

Être belle-mère, c’est être consciente que son chéri aura toujours un lien fort et indissoluble avec une autre femme. C’est être parfois avoir des discussions très vives avec M. Chéridamour sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la maman. Il m’est arrivée de dire à mon chéri que son attitude envers elle n’était pas correcte, tout comme il m’est arrivé de lui indiquer quand c’était la maman qui dépassait les bornes. Je donne mon avis à M. Chéridamour mais je les laisse gérer leur histoire.

Être belle-mère, c’est gâter Schtroumpfette. C’est prévoir ce qu’on va faire avec elle. C’est préparer des activités qu’elle aime. C’est partager le goût de la lecture, discuter de livres qu’on a lus toutes les deux. C’est lui mettre des mangas entre les mains, sachant qu’elle va plonger dans un univers magique. C’est l’écouter quand je sens qu’elle a besoin de parler ou de se confier.

Être belle-mère, c’est regretter d’être parfois trop dure. C’est se demander si on fait bien les choses. C’est douter de moi, de mes actions. C’est avoir parfois envie que l’enfant ne soit pas là pour pouvoir être tranquille au calme et prendre du temps pour soi. C’est me demander si avec toutes mes failles j’arrive à être une belle-mère à la hauteur, et si je serai une bonne maman.

Être belle-mère, c’est partir en vacances avec l’enfant, lui faire découvrir de nouveaux pays et lieux. C’est l’ouvrir au monde, lui expliquer son fonctionnement. C’est ne pas contredire la maman mais offrir une vision différente pour que Schtroumpfette puisse d’elle-même construire la sienne et faire des choix conscients.

Être belle-mère pour moi c’est aimer l’enfant de l’homme de ma vie presque comme le mien. Et me dire que si je n’ai jamais d’enfant, j’ai quand même la chance extraordinaire d’avoir une belle-fille merveilleuse dans ma vie.

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Et toi, es-tu belle-maman ? Comment cela se passe-t-il ? Quels sentiments as-tu pour tes beaux-enfants ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !