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A la une / Témoignage

Comment passer de « célibataire » à « 6 à la maison » ? – Partie 1

Avant d’écrire des chroniques sur des sujets plus précis, je te propose une petite présentation/explication du contexte dans lequel seront écrits ces articles. Je vais sans doute oublier pas mal de choses (cela me fera une bonne excuse pour te les raconter à ce moment-là !), mais j’avoue que je n’arrivais pas à écrire grand-chose sans avoir un minimum planté le décor, c’est-à-dire te donner quelques détails (bon, ok, je ne suis pas du tout crédible sur le « quelques », vu que cette chronique se fera en plusieurs épisodes !).

Ceci précisé, je t’explique donc !

Un beau jour –bon, d’accord, après avoir pleuré, maudit les hommes, rêvé, atterrit – j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari quelques années plus tard.

Crédit photo : Matthew Henry (Burst)

Après les toutes premières émotions, tous les trucs dont on parle mais auxquels on ne croit pas (les papillons dans le ventre, les repas sans manger mais rêver à la place…), la réalité m’a très vite rattrapée. Car mon cher et tendre avait eu une vie avant moi, donc une autre femme, mais surtout 2 enfants, mignons, charmants… mais 2 enfants quand même !

Une fois passée la période des « tu dors chez moi », « je dors chez toi », « on ne se voit pas mais on passe toute la soirée au téléphone », nous avons pris une grande décision : et oui, on allait le faire, on allait vivre ensemble.

Mais, même si j’en avais envie depuis le début un bon moment, si je souhaitais depuis bien longtemps quitter ma vie et mon appartement de célibataire, je ne l’avais pas exactement envisagée comme ça, ma vie à 2 ! Car ce n’était pas pour une vie à 2, que je partais, mais bien une vie à 4. Bon, une semaine sur deux, d’accord, mais une semaine entière quand même de façon très régulière !

Première chose : quitter la ville où j’habitais, à 5 mn de mon lieu de travail, pour aller m’installer à 40 mn de route, afin de ne pas compliquer la garde alternée. Attention, je ne regrette rien, c’est même moi qui l’ai proposé, cela me semblait plus logique de déplacer une toute seule, que toute la smala.

Deuxième étape : la recherche de notre petit nid douillet. Quand je l’imaginais, bien avant de savoir sur qui je jetterais mon dévolu, j’imaginais notre premier chez nous petit, mignon, où l’on n’aurait pas nécessairement beaucoup de place, mais où nous serions tous les deux, avec juste un petit endroit dédié à chacun… Eh bien, on oublie tout ça, et on recommence… Car ce nouveau chez nous devait pouvoir accueillir deux loulous de 3 et 4 ans, et du coup avoir assez de place pour que, justement on ait tous de la place et que l’on ne se marche pas dessus ! Du coup, me voilà à cocher des annonces de maison avec 3 chambres plutôt qu’un petit coin cosy pour 2 (bon, je vis en milieu rural, donc, même en ville, trouver une maison avec 3 chambres reste abordable !)

Troisième étape : le faire accepter aux deux petits en question. Car, avoir quelqu’un qui vient passer de plus en plus de soirées, de week-ends, et mêmes de petites périodes de vacances, c’est déjà compliqué à accepter, mais la voir s’installer, cela reste difficile. Car même si je ne voulais surtout pas prendre la place de leur maman, c’est vite ce qui pouvait leur venir en tête. Déjà qu’au bout d’une semaine de vacances, Louloute m’avait dit que c’était bon, maintenant je devais rentrer chez moi alors, maintenant qu’on s’installait tous ensemble, ce n’était vraiment pas gagné ! Mais, cahin-caha, avec des hauts, des bas, ils ont fini par accepter ma présence auprès de leur papa et, surtout notre emménagement commun. Le fait de passer, pour eux, d’un petit appartement à une maison où chacun avait sa chambre a sans doute bien aidé, et nous commencions à prendre nos marques tous ensemble !

Nous avons donc trouvé notre grand nid douillet (devenu un grand bazar très très vite) et nous avons dû trouver des marques qui n’avaient pas été nécessaires tant que nous ne vivions pas encore ensemble.

Et ces fameuses marques, il a fallu avant tout les trouver dans notre couple. Une semaine sur 2, nous vivions comme ce que nous étions, 2 jeunes amoureux (jeunes pour la durée de notre relation, un peu moins pour notre âge), avec dîners en tête-à-tête, ciné, ballades et, surtout, grasses mat’ ! Et, une semaine sur 2, nous nous retrouvions avec 2 enfants, les siens mais pas les miens. Et ça, ce n’était pas le plus simple à vivre. Avec la route liée à mon lieu de travail, j’arrivais tard, d’autant plus qu’ayant été longtemps célibataire, j’avais pris l’habitude de travailler tard, et de quitter le bureau bien après l’heure à laquelle j’étais sensée finir. Ralentir ce rythme de travail était obligatoire, mais les mauvaises habitudes étaient prises, de mon côté comme du côté de mon employeur.

De mises au point en mises au point (bon, pour être honnête, c’était régulièrement de belles prises de tête), nous avons trouvé un rythme. Mister Ronchon s’est mis à cuisiner afin de ne pas me laisser tout faire en rentrant. J’ai commencé à planifier les repas, les courses, afin de réfléchir une seule fois par semaine et non pas tous les soirs et éviter le fameux : « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ».

Je reconnais que je ne suis pas la seule à avoir fait des concessions dans mon quotidien. Je suis arrivée dans cette nouvelle aventure avec l’envie de partager des choses en famille, mais, sur certains sujets, j’ai sans doute parfois imposé mes envies. Par exemple, lorsque j’ai connu Mister Ronchon, il y avait bien longtemps que les repas à table n’existaient plus. Il grignotait rapidement des trucs gras et riches devant son PC, et donnait des repas tout prêts aux enfants. De mon côté, le repas à table fait partie des moments privilégiés en famille. J’ai donc rapidement demandé à ce que l’on mette en place quelques moments d’échanges (et s’ils avaient su, c’était loin d’être le dernier que j’allais leur proposer !) et surtout sans la télé allumée en permanence. Et les enfants ont vite adhéré à ces repas en famille (bon, ça a été quand même un peu plus long pour accepter le sous-dosage de la télévision, mais l’idée n’était pas non plus de tout changer du jour au lendemain !).

Crédit photo : Sarah Pflug (Burst)

De mon côté, j’ai pris de grandes décisions. Car je n’ai jamais été particulièrement ordonnée, mais Mister Ronchon et ses deux loulous étaient particulièrement bordéliques ! Et passer de une à quatre, en ayant du mal à ralentir le rythme professionnel, m’obligeait à laisser filer des choses. J’ai vite arrêté le repassage, et décidé de plier au fur et à mesure le linge une fois sec (car l’idée de laisser des corbeilles entières en attente, en devant m’y coller régulièrement, ne me réjouissait vraiment pas !). Et les lits bien faits tous les matins ont très vite été oubliés aussi. Alors oui, il y a des choses sur lesquelles je n’ai jamais réussi à passer et qui créent encore aujourd’hui des moments où je me sens bien seule (et ça ne s’est pas arrangé avec 2 enfants supplémentaires !). Par exemple, je ne comprends toujours pas comment on peut passer dans une pièce avec des objets au sol et ne jamais envisager de ramasser le dit-objet ! J’ai bien tenté de ne pas ramasser (mais qu’est-ce que je prends sur moi !!!), afin de voir combien de temps cela pouvait durer… Autant te le dire tout de suite, j’ai craqué la première (sinon c’est possible qu’un doudou, un livre ou que sais-je encore ait pris racine dans le sol de notre salon !), et je craque encore bien souvent en premier !

Et notre pseudo organisation a bientôt dû encore évoluer, avec l’arrivée de Grand Loup ! Je te le racontes bientôt dans un nouvel épisode …

Et toi, est-ce que ta nouvelle vie à 2 s’est aussitôt transformée en vie de famille ? Est-ce que tu as dû faire des concessions auxquelles tu ne t’attendais pas ? Est-ce que tu as des astuces pour l’organisation au quotidien ? Dis-moi !

A propos de l’auteur

Mariée depuis 2014 à Mister Ronchon, je suis la belle-maman de 2 ados en garde alternée, Louloute et Pierrot Lunaire. Et je suis aussi maman des 2 garçons que nous avons eus ensemble, Grandloup (2010) et P'tit chat (2016). Ce qui fait des journées heureuses mais bien mouvementées, au cours desquelles je tente de concilier vie professionnelle et gestion de ma tribu!