Menu
A la une / Témoignage

Comment passer de « célibataire » à « 6 à la maison » ? – Partie 2

Si tu te souviens, dans la première partie, je t’ai raconté mon arrivée dans la vie de Mister Ronchon mais aussi dans celle de ses deux enfants. Et surtout, la façon dont nous avons dû nous adapter les uns aux autres et faire en sorte que chacun s’y retrouve.

L’arrivée de Grand Loup en 2010 a de nouveau demandé quelques ajustements. Comme dans tous les couples, l’arrivée d’un premier enfant a demandé à chacun de trouver sa place. D’autant plus qu’il ne s’agissait pas seulement de place dans le couple mais aussi et avant tout de changements dans la fratrie.

Les points sur lesquels nous avons été particulièrement vigilants concernaient les enfants. Nous avons donc fait en sorte de ne rien changer à leurs habitudes dans la maison. L’organisation des chambres s’est faite en fonction des leurs. Et nous avons d’ailleurs suivi la même logique au moment de l’arrivée de P’tit chat, 6 ans plus tard. Il était hors de question que l’arrivée d’un petit frère « chasse » l’un des enfants de sa chambre. Et cela me tenait encore plus à cœur pour les 2 grands, car l’une de mes craintes était d’être injuste avec eux, d’une manière ou d’une autre.

Crédit photo : Marianna (Pexels)

La naissance de Grand Loup étant prévu pour les vacances d’été, il nous semblait également important qu’ils soient présents au moment de sa naissance. Je craignais qu’ils se sentent mis de côté si leur petit frère (ou petite sœur d’ailleurs, car nous ne savions pas le sexe du bébé – et, d’ailleurs, ils avaient « commandé » une petite sœur… Raté !). Cela tombait bien, la naissance était prévue le mois où, habituellement, nous avons la famille au complet avec nous. Il est vrai qu’il aurait été beaucoup plus simple que Louloute et Pierrot lunaire soient chez leur maman, d’un point de vue logistique. Mais vivre l’arrivée de ce nouveau membre de la famille en étant « au cœur de l’action » nous semblait la meilleure façon de leur faire comprendre qu’ils avaient une place à part entière au sein de notre foyer, malgré qu’ils y soient une semaine sur deux.

[Petite parenthèse en mode confidence]

On est honnête, on se dit tout ?

Avec le recul, j’ai parfois regretté d’avoir fait ce choix. Car, si c’était important, voire capital, de penser au bien-être des enfants, j’ai malgré tout mal vécu le fait de ne pas vivre la naissance de mon premier enfant comme la majorité des femmes. Logiquement, Mister Ronchon est reparti après la naissance afin de s’occuper des enfants (car, qui dit vacances, dit que les enfants ne sont pas à l’école) et il n’est revenu que le lendemain, avec les 2 loulous. Donc, le côté « bulle » m’a vraiment manqué, d’autant plus que l’équipe de la maternité a souvent manqué de délicatesse, avec des phrases du genre : « En général, les mamans sont plus à l’aise avec les nouveaux nés que les papas, mais là c’est l’inverse… »  Et le fait que le papa le soit déjà à 2 reprises ne semblait y être pour rien !

Et même si ce n’est pas la seule raison qui m’a vraiment fait hésiter à avoir un 2e enfant (et peut-être bien que je tenterai d’écrire une chronique là-dessus), ce souvenir d’après accouchement m’a parfois pesé !

[Fin de la parenthèse]

Les débuts ont été sportifs, d’abord parce que Grand Loup, comme beaucoup de nouveau-nés, a eu besoin de plusieurs mois pour trouver son rythme. Et l’ensemble de la famille également. J’avais de grandes idées sur ce que je souhaitais, j’ai bien évidement revu mes exigences à la baisse. Par exemple, j’étais totalement contre la tétine… MAIS Grand Loup avait un grand besoin de téter et je ne pouvais malheureusement pas l’allaiter. J’ai tenu un peu, mais, au bout de plusieurs mois de pleurs (et d’insistance de Mister Ronchon), j’ai craqué. Et Grand Loup s’est apaisé ! (Inutile de dire que j’ai tenu moins longtemps avec les pleurs de P’tit chat !).

Cependant, ce qui fait partie des belles réussites est avant tout que Louloute et Pierrot lunaire ont, dès le début, appelé et considéré Grand Loup comme leur petit frère, tout entier, pas un demi. C’est davantage l’entourage éloigné qui a parfois tenu bon de rappeler qu’ils n’étaient « que » demi-frères et sœurs. Mais cela n’a pas remis en cause le lien qui existe entre eux.

En grandissant, les liens se sont vraiment tissés (bon, nous ne sommes pas dans une pub, les disputes font aussi partie du quotidien !). Grand Loup a grandi (et continue à le faire) dans cette famille recomposée, et a appris à composer (bon, d’accord, le jeu de mots était facile, je n’ai pas pu résister !). Cependant, il a fallu lui expliquer rapidement quelques points que l’on aborde rarement si tôt avec les enfants. Il a commencé à parler très tôt, et donc à poser des questions compréhensibles très tôt également. Du coup, après avoir dit « ma maman » en parlant de la maman des 2 grands et, dans le même temps, m’avoir appelé par mon prénom, comme les 2 grands, nous avons essayé de mettre des mots sur notre situation familiale.

Six ans plus tard, l’arrivée de P’tit Chat a fait de nous tous une vraie famille nombreuse. Grand Loup réclamait depuis longtemps un petit frère ou une petite sœur (d’où sa phrase, à l’annonce de ma grossesse : « Vous êtes trop gentil, vous avez fait ça pour me faire plaisir » « Euh non, mon Grand Loup, nous sommes ravis que cela te fasse plaisir et on se doutait que ce serait le cas, mais ce n’est juste pas un cadeau pour toi !!! »).

Il a à nouveau fallu prendre nos marques, Grand Loup ayant vite compris aussi les inconvénients d’avoir un nourrisson à la maison.

Mais nous commencions à être rodés en calages et prises de marques, ce qui fait que nous avons trouvé notre rythme assez rapidement.

Crédit photo : Yulianto Poitier (Pexels)

Depuis bientôt 3 ans, nous avons donc continué notre petit chemin de grande famille. Nous ne nous ennuyons pas, il y a régulièrement des moments d’énervements et de tensions de vie, de bonheur et de rebondissements. Louloute et Pierrot lunaire sont devenus des ados (avec tout ce qui va avec, les bons et moins bons côtés), Grand Loup est toujours aussi dynamique et cherche parfois sa place entre les grands et le petit, et P’tit Chat n’oublie pas de rappeler qu’il est là et bien là !

Mais les moments où nous sommes tous ensemble, (à l’heure du repas autour de la table, bien sûr !) offrent des instants précieux de complicité. Cette grande famille, que je n’aurais jamais imaginée il y a quinze ans, avec toutes ses imperfections, est malgré tout une jolie réussite. Alors oui, je suis parfois fatiguée de toutes ces choses à gérer, de devoir composer en fonction des aléas de la garde alternée et d’événements sur lesquels je n’ai pas vraiment mon mot à dire, mais j’essaye au maximum de saisir au vol toutes ces petites bulles de jeux, de rire, de chansons (très) fortes et de bruit, et tant pis si notre famille recomposée n’est pas parfaite. Car existe-t-il une famille parfaite, et en ai-je envie ? Non, je ne crois pas !

Et toi, comment as-tu géré l’arrivée  d’un petit frère ou petite sœur dans ton foyer ? Est-ce que tu as une grande famille, recomposée ou non ? Raconte…

A propos de l’auteur

Mariée depuis 2014 à Mister Ronchon, je suis la belle-maman de 2 ados en garde alternée, Louloute et Pierrot Lunaire. Et je suis aussi maman des 2 garçons que nous avons eus ensemble, Grandloup (2010) et P'tit chat (2016). Ce qui fait des journées heureuses mais bien mouvementées, au cours desquelles je tente de concilier vie professionnelle et gestion de ma tribu!