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A la une / Témoignage

Faut-il tout savoir à l’avance sur la grossesse ?

La première fois que je suis tombée enceinte, je ne me suis pas posé beaucoup de questions. Je suis ce qu’on appelle une bonne nature : je fais confiance aux médecins et je me disais que j’apprendrais sur le tas ce qu’il y a à savoir (j’entends déjà les jeunes mamans rire très fort derrière leur écran).

Ce que je ne soupçonnais pas, c’est l’ampleur de ce qu’on ne nous dit pas sur la grossesse. Pire encore : quand il s’agit de parler d’accouchement, j’ai le sentiment que le monde entier regarde ses chaussures. Bien sûr, tu trouveras toujours des livres ou des sites internet qui te décriront l’accouchement et le processus physiologique de la grossesse. Mais je trouve qu’il manque souvent bon nombre d’informations.

Tout savoir de sa grossesse

Crédits photo (creative commons) : Danny Cain

J’en suis à ma deuxième grossesse, on peut dire que je suis rodée sur pas mal de choses. Mais je réalise à quel point j’en apprends encore tous les jours. Pas parce que je pose des questions aux médecins, mais parce que j’ai la grande chance de faire partie d’un groupe de jeunes et futures mamans qui se racontent (plus ou moins) tout, de façon bienveillante (je ne parle pas de la copine qui te raconte son épisio horriiiiible avec une pointe de sadisme dans le regard deux semaines avant ton accouchement, hein !). Je ne saurais presque rien si elles n’étaient pas là pour me raconter leur expérience : je saurais comment se passe techniquement un accouchement, mais je n’en saurais pas beaucoup plus.

Moi, je veux savoir tout ce que me réserveront ma grossesse et mon accouchement. Je veux qu’on m’explique, qu’on me raconte, même les choses les moins glamours ou les moins drôles. Ça peut paraître un peu bête, mais ça me rassure. En sachant ce qu’il risque de m’arriver, j’ai l’impression de garder le contrôle, au moins dans une certaine mesure (ce qui est parfaitement illusoire, nous sommes d’accord !).

Par exemple, je n’avais jamais entendu parler de lavement avant. Ni de sonde urinaire. Ni des suites de couches. Du pipi, du caca, du sang, pour dire les choses autrement. Avoir conscience de ces petites choses très bêtes, hyper naturelles, peut faire la différence le jour J. Je sais que j’aurais mal vécu qu’on me « déglamourise » à ce point la naissance de mon bébé si je n’avais pas été prévenue au préalable. Je pense que j’aurais mal réagi si on m’avait annoncé devant mon mari qu’on allait me poser une sonde urinaire, là, au débotté, entre deux contractions. Maintenant, je sais. J’ai intégré ces éléments à ma représentation de mon accouchement.

J’apprécie aussi de savoir qu’on peut avoir un gros baby blues, ou même faire une dépression post-partum. Et que ce n’est pas grave si l’on est bien prise en charge, qu’il ne faut pas en avoir honte, que ça arrive à des tas de mamans formidables. Les livres dédiés à l’accouchement l’évoquent parfois, mais ne disent pas à quel point ça peut être fréquent. Idem pour la fatigue harassante des jeunes mamans. Des soucis qui touchent quantité de femmes, mais qu’on tait par pudeur ou par honte. Moi, je veux qu’on me dise que ça peut m’arriver (ou pas !), mais que je n’en serai pas une mauvaise mère pour autant.

J’en ai déjà beaucoup parlé ici, ma grossesse ne se passe pas très bien : rien de grave pour le moment, mais physiologiquement, mon corps est une petite nature. Les hormones le contrarient, les transformations en cours le submergent. Je vomis, je fais des malaises, je suis épuisée. Savoir au préalable que la grossesse peut aussi être une période difficile à vivre physiquement m’aurait aidé à comprendre, dès le début, que je n’étais pas « anormale ».

Pourtant, je n’en avais presque pas entendu parler avant que ça me tombe dessus ! Du coup, au tout début, j’ai pas mal culpabilisé. De ne pas avoir la grossesse épanouie que le monde entier m’avait promise. D’être aussi malade. D’entendre parfois des remarques un peu déplacées sur le pourquoi de mon état physique. Maintenant, je sais que ce n’est pas de ma faute, que biologiquement, je ne fais pas partie des super futures mamans épanouies. Et que ce n’est pas grave.

J’arrive aujourd’hui à rire de ce qui m’arrive avec mon entourage. Il m’a quand même fallu quatre mois pour parvenir à prendre de la distance. Maintenant je peux, à mon tour, essayer de réconforter celles qui passent par ce cap très difficile, et qui culpabilisent également.

Bien entendu, je comprends parfaitement les futures mamans qui ne veulent pas trop savoir : on n’a pas toutes la même capacité à absorber les informations parfois angoissantes liées à la maternité. On a aussi parfois envie de rêver un peu, de rester dans sa bulle. Ça non plus, ce n’est pas grave.

Je déplore simplement parfois le manque de transparence sur une étape ô combien naturelle de la vie d’une femme, mais qui reste, visiblement, ô combien taboue. Heureusement, la transmission se fait de femmes en femmes : chacune a au moins une mère, une sœur, une cousine, une amie qui a accouché et peut lui faire part de son expérience personnelle.

Je milite désormais pour qu’on arrive à parler un peu mieux de la grossesse, sans fard, aux futures mamans : avec bienveillance, sans être anxiogène. Mais avec l’honnêteté que cela mérite.

Et toi ? Tu te poses beaucoup de questions sur la grossesse ? Enceinte, tu aimes savoir au maximum où tu vas ? Ou au contraire tu vis ta grossesse au jour le jour ? Dis-nous !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles