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A la une / Vie de maman

Femme active ou mère au foyer ?

Depuis la naissance de B. je suis mère au foyer. Voir même depuis un petit peu plus longtemps, mais bon être mère au foyer sans enfant, cela ne se dit pas trop ! Cela fait donc un peu plus de 4 ans, que je reste à la maison pour m’occuper de mes enfants et de ma maison.

Ce choix assez particulier à notre époque vient de moi et du travail de Superman.

Je me suis toujours imaginée mère au foyer, ma mère y était et ça a été mon seul modèle. La naissance de mon premier enfant m’a confortée dans ce choix, je me sentais à ma place. Alors que mes quelques années de travail, avant mon mariage, m’avait juste donné l’impression de tromper tout le monde, d’être en attente, de jouer un rôle en quelque sorte.

Mais, comme tu le sais, un tel choix de vie ne se décide pas seule. Superman a toujours été d’accord, à une seule condition : que je sorte et que je rencontre du monde, pour ne pas rester seule à la maison. Et vu son travail, être mère au foyer nous semblait la solution la plus adaptée : il est dirigeant d’une start up. A lui, les horaires à rallonges, le travail le soir, le we, les vacances. Il n’est jamais à la maison avant 20h par exemple et quand il rentre tôt (oui 20h c’est tôt pour nous !) c’est en général pour travailler. Son travail est tellement prenant et stressant, qu’il ne peut pas beaucoup participer aux tâches domestiques. Dans ces conditions, je ne me sentais pas assez forte pour assumer et un travail et une maison et des enfants. Mère au foyer, c’était la tranquillité et le temps pour mener à bien toutes les tâches liées à une maison et une famille.

Femme active

Oui mais voilà, quatre ans après, trois beaux enfants et une entreprise qui ne décolle toujours pas. La situation professionnelle de mon cher et tendre est devenue compliquée. Il a du se séparer de quelques salariés pour réduire ses coûts et tenter de survivre. Son assistante de direction en fait partie. 4 mois après, il a la tête sous l’eau, il ne peut plus gérer l’administratif, les relances pour factures impayés, le suivi RH en plus de la direction de projets et du démarchage commercial, des devis à envoyer et des contrats à suivre. Je le vois rentrer de plus en plus tard et dormir de plus en plus mal.

Après avoir beaucoup discuté, nous prenons la décision de me faire travailler avec lui sur toute la partie administrative. Voilà, c’est décidé. Je vais ré intégrer le monde du travail, après presque 6 ans de pause. Mais seulement 2 jours par semaine, pour commencer et tester notre collaboration.

Depuis quelques semaines maintenant, je suis donc une femme active. Deux matinées par semaine nous réveillons tout le monde beaucoup plus tôt, nous avons même droit au morning run certains matins. Puis, un petit trajet en voiture en amoureux et nous voilà M. le chef d’entreprise et Mme l’assistante de direction. L’équipe est au courant que nous sommes mariés, mais j’ai préféré utiliser mon nom de jeune famille pour les clients et les fournisseurs.

La journée passe vite, mais quelle tranquillité d’esprit. Je ne suis plus en hyper vigilance, je peux aller aux wc sans peur d’une bêtise, je ne guette plus l’horloge pour vérifier les heures de biberons, de sieste, de sortie d’école… Le midi, je mange seule sans avoir à me préoccuper que B. ne jette pas discrètement son riz par terre, pendant que C. apprend à ses carottes à nager dans son verre.

Mais très vite, c’est l’heure de partir. Je laisse Superman continuer sa journée de travail, et je commence ma deuxième (voir ma troisième) journée. Je récupère tout le monde entre la crèche, la nounou et l’école. Le temps de rentrer, il est 18h, et le tunnel de la Muerte commence ! Pas la peine de rentrer dans les détails, tu sais de quoi je parle. Quand enfin, à 20h30 je ferme les portes des chambres et que je me pose dans le canapé, je décompresse.

Cette découverte tardive de ce rythme, de cette alternance de temps speed et de journée de travail à peine plus cool, m’a beaucoup fait réfléchir à nos habitudes. Et au rythme que nous donnons à nos vies et à celles de nos enfants. Au temps qu’on leur laisse pour jouer, librement, et sans aucune directive de règles ou d’heure qui passe.

Crédit photos : StockSnap (Pixabay)

Mère au foyer

Si tu as bien suivi (et que tu étais une master en calcul mental à l’école !), tu as compris que je passe trois jours par semaine à la maison avec mes petits chéris. Aucune journée ne se ressemble, car entre l’école, la crèche ou non, je n’ai jamais le même nombre d’enfants à la maison. Ces journées passent très vite, les horaires de l’école et les siestes du petit nous donnent un rythme plutôt soutenu. Avec deux jours en moins à la maison, j’ai moins de temps pour mes tâches domestiques. Même si, rentrer du travail le soir et retrouver une maison propre et rangée comme le matin est plutôt agréable, il y a toujours le même nombre de lessives à faire, les repas, le ménage, l’administratif… Je suis en hyper vigilance toute la journée, tout le temps sur le qui vive pour éviter une catastrophe ou une crise diplomatique. Quand à 20h30, je ferme les portes des chambres et que je me pose dans le canapé, je décompresse.

Mais, je remarque que ces journées en dehors de la collectivité font du bien aux garçons. Je sens qu’ils ont besoin de vivre leur vie, sans devoir obéir aux consignes. En général, les grands inventent et ré inventent leurs jeux, tout en vérifiant que maman n’est jamais très loin. Ils peuvent aussi faire de longues siestes et rattraper leur sommeil en retard (team gros dormeur). Quand au petit M., je suis sur que les câlins de maman sont mieux que ceux de nounous !

Je peux aussi prendre le temps pendant une après midi de faire mon batch cooking de la semaine. Le principe est simple, en 2h ou 3h tu cuisines tous les repas de ta semaine. Tu mutualise les ingrédients (une partie du potiron pour la soupe, une autre pour une tarte par exemple), puis tu mets au frais ou tu congèles. Et les soirs suivants, c’est le rêve : en 15min tu peux servir un bon petit plat fait maison à toute la famille. D’ailleurs, si tu veux mon retour d’expérience, dis le moi en commentaire et je te ferai un article. Je le faisais déjà un peu avant ma reprise du travail, mais depuis, c’est devenu obligatoire. Je n’ai plus besoin de penser à quoi faire à manger et les pâtes au jambon ont désertées nos assiettes !

Qu’est-ce que je suis ?

Vivre ces deux vies m’a fait réfléchir sur mon statut : suis je une femme active ou une mère au foyer ? Doit on forcément passer cinq jours par semaine à la maison pour avoir droit à ce statut si peu mis en valeur dans notre société ? Comment est ce que j’ai envie de me présenter aux gens ? Suis je devenue une working girl dès que je mets les pieds dans un bureau ? Pourquoi je culpabilise autant de ne plus m’occuper H24 de mes petits ?

Je n’ai pas envie de dire à des nouvelles connaissances que je travaille. J’ai envie de me présenter comme mère au foyer, qui aide son mari dans son entreprise. La nuance pour moi est importante, car être mère au foyer implique une façon de vivre, voir un idéal de vie qui n’est pas le même qu’une femme qui travaille.

Nous avons décidé, il y a quatre ans avec Superman, de privilégier un certain rythme familial, de laisser à nos enfants le temps de prendre le temps. Mais de nous laisser aussi à nous le temps de prendre le temps. Nous avons décidé de ne pas confier une partie de l’éducation de nos enfants à quelqu’un d’autre, nous avons des façons de faire et des points qui nous tiennent à cœur qui ne sont pas toujours très courant, c’était important pour nous de s’y tenir et d’éduquer nos enfants comme nous le voulions, et pas comme la crèche ou la nounou allait nous l’imposer.

Pour un exemple qui peut paraître anodin, je pense au doudou. Dès tout petit, nous leur apprenons que le doudou reste dans le lit toute la journée. La crèche et la nounou les ont habitué à les avoir avec eux pendant les temps d’activité. Ce qui se répercute à la maison.

Avant de travailler, j’avais réussi à organiser quelques après-midis sans aucun enfant, pour avoir du temps pour moi. J’avais laissé le grand à la cantine et les deux autres chez la nounou, sans aucun soucis, sans aucune culpabilité. Je me disais que j’avais « droit » à ce temps de pause.

Mais là, de devoir les laisser pour aller travailler, m’a laissé un goût un peu amer. Quand B. me demandait la veille pourquoi il devait aller à la cantine le lendemain, je culpabilisais énormément en lui répondant que je ne pouvais pas m’occuper de lui car j’allais travailler. Ma vision de mon rôle de mère est de m’occuper de mes enfants. Je trouve cela un peu illogique de payer quelqu’un pour s’occuper d’eux, pour que je puisse aller travailler pour gagner de l’argent pour payer la personne qui s’occupe d’eux. Autant ne pas travailler ! Même si, on est d’accord, l’équation est un peu petit plus complexe.

Et puis, je ne me vois pas en working girl, pensant plan de carrière ou évolution. Promotion et primes de fin d’année. Si je suis retournée travailler, c’est pour soulager mon mari. Chaque tâche que j’accomplis dans ma journée est une tâche en moins qu’il aura à faire entre 20h et 21h30.

J’apprécie le travail que je fais, et ce n’est pas une corvée (rappeler à l’ordre les clients qui ne paient pas, est une passion dans ma vie :-D). Mais, je ne le fais pas en priorité pour mon épanouissement personnel, mais pour celui de notre famille. Je ne suis même pas payée, j’ai le statut de conjoint collaborateur : cotisations minimum (chouette un peu de retraite pour moi !) et absence de salaire, c’est le combo parfait pour nous. On pense à mon avenir (retraite donc, et ligne en plus sur le CV) et à la trésorerie de l’entreprise. Les frais nounous 2j / semaine et cantine reviennent moins chers qu’une assistante de direction 2 jours par semaine.

En travaillant dans cette optique là, je ne me sens pas salariée. Et je n’ai donc pas envie de me définir comme tel. Je suis et je reste mère au foyer, la vie de mes enfants sera toujours ma priorité. Nous avons décidé avec Superman, après ces quelques semaines de test, que tant qu’ils seront petits, je ne travaillerai pas plus de deux jours par semaine.

Je ne juge pas du tout les couples qui décident de faire autrement. Chacun a ses priorités et ses façons de faire. Le principal étant que les deux personnes dans le couple soit heureuses de la solution choisie. Je me rends également compte tous les jours, de la chance, que nous avons de pouvoir avoir cette organisation. Cette souplesse et cette liberté.

Je ne dénigre pas non plus la crèche, la nounou ou l’école, nous sommes ravis de ce que nos enfants y découvrent et y apprennent. Mais, nous ne voulons pas qu’ils y passent toute leur semaine, tout leur temps libre. La solution trouvée de deux jours par semaine, est pour nous un bon équilibre, du temps à la cool à la maison et du temps pour jouer avec les copains et découvrir autre chose.

Et toi ? Comment te définis tu ? Avez vous trouvé un bon équilibre avec ton mari entre vos besoins et ceux de vos enfants ? Le travail ou la vie au foyer te fait peur ou te motive ? Dis moi tout !

A propos de l’auteur

Jeune trentenaire et jeune maman des trois garçons les plus fantastiques de l'univers. Quand je ne m'extasie pas sur eux, je couds, je tricote, je brode. Et de temps en temps, je passe du temps avec mon mari !