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A la une / Témoignage

Ma fille, l’alimentation et moi

Après avoir parlé motricité et langage, aujourd’hui, je vais aborder le sujet de l’alimentation chez nous. Dans une précédente chronique, je t’ai expliqué que notre bébé soufrait de reflux gastro-oesophagien, ce qui a en grande parti mis à mal mon allaitement. En parallèle, petit koala a hérité d’une mère qui a connu des troubles alimentaires et donc qui rend ce sujet assez délicat à appréhender. 

Crédit photo (creative commons) : Алеся Фартушняк

La diversification

Contrairement à ce que recommande l’OMS, nous n’avons pas attendu que petit koala ait 6 mois pour la diversifier. Pour soulager son reflux, nous avons avec l’accord de sa pédiatre commencé à introduire des purées dès ses 4 mois, afin d’induire progressivement une réduction de son traitement. Nous avons débuté d’abord par des légumes, puis nous avons introduit les fruits. En soit quelque chose de tout à fait classique. Petit koala était déjà très enthousiaste pour débuter la diversification. Elle nous avait déjà fait comprendre depuis plusieurs semaines que le lait uniquement ne l’intéressait plus. Elle avait commencé à réduire ses prises de lait, qu’il soit maternel ou non. Réussir à lui faire terminer des biberons de 120 ml devenait un véritable défi et un calvaire pour tout le monde.

Si les premières cuillères se sont faites naturellement et avec appétit, notre fille est restée un petit appétit. Son biberon du midi a été troqué pour un demi-pot seulement de légume + un petit yaourt de bébé. Pas franchement une grosse portion, ce qui aurait du nous mettre la puce à l’oreille là aussi pour la suite. 

Un peu avant ses 6 mois, notre petit koala a commencé à vouloir prendre des morceaux par-ci par là quand nous mangions. C’est comme cela que la première chose non mixée qu’elle a mise en bouche a été une chips apéritif. A la visite des 6 mois, j’en ai parlé à notre pédiatre, ainsi que de mon souhait de tenter la DME. Pas recommandée si on a commencé une diversification classique, et encore moins avec un prématuré dont on ne sait pas s’il a des retards ou non au niveau de la déglutition, elle a toutefois accueilli de manière positive cette idée. Elle nous a bien mis en garde sur le procédé, les choses à tester d’abord pour s’assurer que notre mini était prête. Nous avons d’abord commencé par lui proposer de gros bouts de carotte très cuite, donc bien molle à mâcher. Ensuite, nous avons donné de la banane, des œufs sous forme d’omelette, des boulettes de viande, puis des pommes de terre, et enfin les agrumes.

Crédit : photo perso

Le pain est arrivé relativement tardivement, environ 1 mois après avoir débuté l’introduction des morceaux. Petit Koala, bien que très impliquée et enthousiaste, n’avalait toutefois pas grand chose en DME, ce qui nous obligeait à la compléter avec des purées en fin de repas. Nous avons essayé un moment de lui faire prendre des cuillères pré-remplies, mais ça a été un échec cuisant, ça ne l’intéressait pas du tout.

Si la DME a été un succès pour elle, pour moi cette expérience a été proche du supplice, ayant constamment la peur au ventre qu’elle s’étouffe. Il faut dire que cette petite nous avait déjà fait 2 grosses fausses routes dont une mémorable où elle est devenue bien bleue, et cela avec juste du lait. J’étais donc pratiquement toujours sur le qui-vive, et j’ai un temps arrêté la DME car ça devenait trop dur pour moi.

Survivre au petit mangeur

Finalement, pour son 1er anniversaire, petit koala a décidé du jour au lendemain qu’elle ne voulait plus de purée, et c’est là que de nouveaux problèmes sont apparus pour nous.

Petit koala a rapidement été un bébé joufflu, même quand elle ne faisait que 4 petits kilos. Je veux dire… regarde moi ce double menton de bouddha merveilleux qu’elle avait à 3 mois.

Crédit: photo perso

Elle ne se laissait pas mourir de faim, à première vue. Oui mais non. Faire manger cette enfant a toujours été compliqué, et à 2 ans ça commence seulement à être correct. Je ne parle pas là de la diversité des aliments qu’elle mange car sur ce plan là nous n’avons absolument pas à nous plaindre, elle mange pratiquement de tout. Notre problème, c’est la quantité. 

Après la bataille pour finir les biberons, nous avons eu la bataille pour finir les petits pots, et ensuite la bataille pour manger plus de 4 haricots verts ou 10 petits pois. Non, je n’exagère même pas. Si au départ, elle prenait un kilos par mois à un rythme de croisière, dès qu’elle s’est mise à gambader, on a commencé à stagner. Et si en soit, cela n’est pas trop problématique en été qu’elle ne prenne que quelques dizaines de grammes par mois, en hiver ça nous a occasionné des insomnies car dès le moindre rhume, elle perdait du poids. Impossible pour nous de ne pas surveiller son poids à ces moments là, car ces rhumes virent presque toujours à la bronchiolite, et inévitablement à une grosse perte de poids. La veille du réveillon de noël 2019, elle nous avait fait une telle perte de poids que son pédiatre voulait l’hospitaliser pour enrayer cela vu qu’elle s’obstinait à ne pas vouloir manger. Plusieurs fois durant ces 2 dernières années, je me suis retrouvée à devoir littéralement gaver ma fille. Même schéma au moment des poussées dentaires hivernales. 

Et étant maligne, petit koala a vite compris que l’alimentation était un enjeu pour ses parents, et encore plus pour sa mère. Chez la nounou, même si elle mangeait difficilement de bonne quantité, elle y arrivait quand même. Idem chez son parrain. Chez nous, c’était un calvaire (c’était, car le confinement a réglé ce problème). A 2 ans, pour tout repas du soir, elle accepte de prendre un biberon de 180ml de lait, dans les bons jours, elle prend 210ml. 

Crédit: photo perso

Alors évidemment, quand tu as connu des troubles de l’alimentation, c’est très compliqué de ne pas être trop attentive à l’alimentation de ton enfant. Quand tu te retrouves à devoir surveiller son poids alors que tu souffres d’une utilisation compulsive de la balance toi-même, ça accroît la difficulté. La crainte que ton enfant reproduise le même schéma que toi, vive les mêmes brimades quand il sera scolarisé est plus que présente. Parce que tu le sais bien que les joues rebondies ne sont jolies que sur un bébé d’après le didact de la minceur de notre société. 

Lâcher du lest est difficile quand on prend tout ça en compte. Et il n’y a pas vraiment de solution miracle. Chez moi la seule issue a été d’associer thérapie et aide de mon mari pour ne pas paniquer, être rationnelle devant tout cela. J’ai aussi sollicité le pédiatre de petit koala, toujours disponible pour les bons conseils et donner des repères. Je me suis raccrochée à ce que j’ai pu et pour l’instant, je pense que je ne m’en sors pas trop mal. 

Et chez toi, comment se passent les repas de tes enfants?

A propos de l’auteur

Après avoir raconté mon mariage sur Mademoiselle Dentelle, je passe de l’autre coté pour te parler de mon approche de la maternité. Je suis devenue maman en 2018, et ce fut un grand chamboulement qu’il me tarde de te raconter. Si tu veux suivre nos aventures au quotidien, je t’invite à me retrouver sur instagram sous le pseudo el_m_b