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Ma fille, l’alimentation et moi


Publié le 28 avril 2020 par Mère Renarde

Après avoir parlé motricité et langage, aujourd’hui, je vais aborder le sujet de l’alimentation chez nous. Dans une précédente chronique, je t’ai expliqué que notre bébé soufrait de reflux gastro-oesophagien, ce qui a en grande parti mis à mal mon allaitement. En parallèle, petit koala a hérité d’une mère qui a connu des troubles alimentaires et donc qui rend ce sujet assez délicat à appréhender. 

Crédit photo (creative commons) : Алеся Фартушняк

La diversification

Contrairement à ce que recommande l’OMS, nous n’avons pas attendu que petit koala ait 6 mois pour la diversifier. Pour soulager son reflux, nous avons avec l’accord de sa pédiatre commencé à introduire des purées dès ses 4 mois, afin d’induire progressivement une réduction de son traitement. Nous avons débuté d’abord par des légumes, puis nous avons introduit les fruits. En soit quelque chose de tout à fait classique. Petit koala était déjà très enthousiaste pour débuter la diversification. Elle nous avait déjà fait comprendre depuis plusieurs semaines que le lait uniquement ne l’intéressait plus. Elle avait commencé à réduire ses prises de lait, qu’il soit maternel ou non. Réussir à lui faire terminer des biberons de 120 ml devenait un véritable défi et un calvaire pour tout le monde.

Si les premières cuillères se sont faites naturellement et avec appétit, notre fille est restée un petit appétit. Son biberon du midi a été troqué pour un demi-pot seulement de légume + un petit yaourt de bébé. Pas franchement une grosse portion, ce qui aurait du nous mettre la puce à l’oreille là aussi pour la suite. 

Un peu avant ses 6 mois, notre petit koala a commencé à vouloir prendre des morceaux par-ci par là quand nous mangions. C’est comme cela que la première chose non mixée qu’elle a mise en bouche a été une chips apéritif. A la visite des 6 mois, j’en ai parlé à notre pédiatre, ainsi que de mon souhait de tenter la DME. Pas recommandée si on a commencé une diversification classique, et encore moins avec un prématuré dont on ne sait pas s’il a des retards ou non au niveau de la déglutition, elle a toutefois accueilli de manière positive cette idée. Elle nous a bien mis en garde sur le procédé, les choses à tester d’abord pour s’assurer que notre mini était prête. Nous avons d’abord commencé par lui proposer de gros bouts de carotte très cuite, donc bien molle à mâcher. Ensuite, nous avons donné de la banane, des œufs sous forme d’omelette, des boulettes de viande, puis des pommes de terre, et enfin les agrumes.

Crédit : photo perso

Le pain est arrivé relativement tardivement, environ 1 mois après avoir débuté l’introduction des morceaux. Petit Koala, bien que très impliquée et enthousiaste, n’avalait toutefois pas grand chose en DME, ce qui nous obligeait à la compléter avec des purées en fin de repas. Nous avons essayé un moment de lui faire prendre des cuillères pré-remplies, mais ça a été un échec cuisant, ça ne l’intéressait pas du tout.

Si la DME a été un succès pour elle, pour moi cette expérience a été proche du supplice, ayant constamment la peur au ventre qu’elle s’étouffe. Il faut dire que cette petite nous avait déjà fait 2 grosses fausses routes dont une mémorable où elle est devenue bien bleue, et cela avec juste du lait. J’étais donc pratiquement toujours sur le qui-vive, et j’ai un temps arrêté la DME car ça devenait trop dur pour moi.

Survivre au petit mangeur

Finalement, pour son 1er anniversaire, petit koala a décidé du jour au lendemain qu’elle ne voulait plus de purée, et c’est là que de nouveaux problèmes sont apparus pour nous.

Petit koala a rapidement été un bébé joufflu, même quand elle ne faisait que 4 petits kilos. Je veux dire… regarde moi ce double menton de bouddha merveilleux qu’elle avait à 3 mois.

Crédit: photo perso

Elle ne se laissait pas mourir de faim, à première vue. Oui mais non. Faire manger cette enfant a toujours été compliqué, et à 2 ans ça commence seulement à être correct. Je ne parle pas là de la diversité des aliments qu’elle mange car sur ce plan là nous n’avons absolument pas à nous plaindre, elle mange pratiquement de tout. Notre problème, c’est la quantité. 

Après la bataille pour finir les biberons, nous avons eu la bataille pour finir les petits pots, et ensuite la bataille pour manger plus de 4 haricots verts ou 10 petits pois. Non, je n’exagère même pas. Si au départ, elle prenait un kilos par mois à un rythme de croisière, dès qu’elle s’est mise à gambader, on a commencé à stagner. Et si en soit, cela n’est pas trop problématique en été qu’elle ne prenne que quelques dizaines de grammes par mois, en hiver ça nous a occasionné des insomnies car dès le moindre rhume, elle perdait du poids. Impossible pour nous de ne pas surveiller son poids à ces moments là, car ces rhumes virent presque toujours à la bronchiolite, et inévitablement à une grosse perte de poids. La veille du réveillon de noël 2019, elle nous avait fait une telle perte de poids que son pédiatre voulait l’hospitaliser pour enrayer cela vu qu’elle s’obstinait à ne pas vouloir manger. Plusieurs fois durant ces 2 dernières années, je me suis retrouvée à devoir littéralement gaver ma fille. Même schéma au moment des poussées dentaires hivernales. 

Et étant maligne, petit koala a vite compris que l’alimentation était un enjeu pour ses parents, et encore plus pour sa mère. Chez la nounou, même si elle mangeait difficilement de bonne quantité, elle y arrivait quand même. Idem chez son parrain. Chez nous, c’était un calvaire (c’était, car le confinement a réglé ce problème). A 2 ans, pour tout repas du soir, elle accepte de prendre un biberon de 180ml de lait, dans les bons jours, elle prend 210ml. 

Crédit: photo perso

Alors évidemment, quand tu as connu des troubles de l’alimentation, c’est très compliqué de ne pas être trop attentive à l’alimentation de ton enfant. Quand tu te retrouves à devoir surveiller son poids alors que tu souffres d’une utilisation compulsive de la balance toi-même, ça accroît la difficulté. La crainte que ton enfant reproduise le même schéma que toi, vive les mêmes brimades quand il sera scolarisé est plus que présente. Parce que tu le sais bien que les joues rebondies ne sont jolies que sur un bébé d’après le didact de la minceur de notre société. 

Lâcher du lest est difficile quand on prend tout ça en compte. Et il n’y a pas vraiment de solution miracle. Chez moi la seule issue a été d’associer thérapie et aide de mon mari pour ne pas paniquer, être rationnelle devant tout cela. J’ai aussi sollicité le pédiatre de petit koala, toujours disponible pour les bons conseils et donner des repères. Je me suis raccrochée à ce que j’ai pu et pour l’instant, je pense que je ne m’en sors pas trop mal. 

Et chez toi, comment se passent les repas de tes enfants?


 


Commentaires

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Virg

Hello, pour le coup, je te donne un témoignage de première main avec le mien et celui d’une amie : au nom de tous les enfants petits mangeurs de ce monde, chers parents, laissez-nous tranquilles 😉 j’en étais une, j’ai 40 ans, aucun trouble alimentaire au compteur et tout va bien. Une amie a eu le même problème que toi, c’était pour des raisons plutôt culturelles qu’elle ne parvenait pas à lâcher du lest. Sa fille a 3 ans, mange de tout mais peu et va très très bien.
Après, j’ai une astuce car, a contrario, ma fille mange beaucoup. Pour te dire, on a essayé de lui apprendre à signer, son préféré c’etait « encore ». Du coup, quand elle n’est pas bien pour x raison, ça se voit tout de suite à table. Quand la nounou me dit « elle n’a rien mangé ce midi », je me prépare.
Donc la différence c’est le comportement de bb. La mienne est plutôt franche en émotion, colère, rire, bien, pas bien. Le jour où elle est plutôt amorphe, je me prépare aussi.
En plus, il y a des choses qu’on ne voit pas et que bb ne peut pas toujours expliquer : les pics de croissance. Ça peut générer des gloutonneries comme l’inverse. J’ai remarqué que ma fille grossit, puis grandit. On ne peut pas tout faire en même temps 😉
Après, rassure-toi, elle va de plus en plus vous faire comprendre des choses, d’une manière ou d’une autre. Avec la communication, on comprend mieux.
Je te conseille surtout de lui parler franchement « tu sais, maman a été malade du ventre, elle n’arrivait plus à manger, donc ça me fait peur quand tu ne manges plus ». Ça pourrait t’aider à matérialiser tes peurs plutôt que de les projeter et à elle de comprendre ton comportement, à la hauteur de sa capacité à raisonner mais ne t’y trompe pas, les enfants comprennent beaucoup de choses.
Bonne chance vraiment, essaie de profiter de vos repas plutôt comme un moment passé ensemble, sans prise de tête 😉

le 28/04/2020 à 07h49 |

Lucie en ville (voir son site)

Merci pour ce témoignage, où on sent bien comme ça a été compliqué pour toi de vivre tout ça.
Je compatis, même si je n’ai vécu aucun trouble alimentaire, ma fille est aussi une petite mangeuse, et assez difficile, je sais bien que les repas peuvent vite devenir source de stress.

Je rejoins Virg sur l’idée de lâcher du lest, ce qu’on fait aussi avec notre grande, surtout depuis le début du confinement parce que 2 repas par jour à se crisper ça devenait vraiment pénible !
ça a l’air de s’être arrangé, tant mieux pour vous vraiment, et puis tu as pris les choses en main avec la thérapie, bravo !

le 28/04/2020 à 09h03 |

anne-charlotte

Coucou mère renarde, ce n’est pas la 1ère fois que je réagis à un de tes articles mais j’ai l’impression de revivre les premiers mois de ma fille (qui n’a que quelques jours de plus que la tienne). Alors que c’était un beau bébé arrivé à terme (3,5kg) l’alimentation a été rapidement problématique. Pendant longtemps elle ne finissait pas ses bib de 90 ml alors que tous les professionnels nous mettaient la pression pour la nourrir… Elle s’endormait au bib et on nous a dit de le déshabiller afin que le froid la réveille. On a mis un temps à comprendre que la vis du bib était trop serrée et qu’elle s’épuisait à tirer. Nous aussi, diversification commencée à 4 mois car le bib était devenu un moment de combat : elle n’acceptait le lait que si nous donnions debout en marchant et de préférence en chantant… 5 à 6 fois par jour c’est lourd. Mais je dois reconnaitre qu’elle mange de tout et qu’elle prend du plaisir à manger. C’est le plus important pour moi. Car moi aussi j’ai un rapport compliqué à mon poids ; je me suis astreinte à une rigueur démesurée pendant la grossesse pour ne pas me faire gronder par les médecins. car on m’a sérieusement dit en début de grossesse de ne prendre que 2kg max, ce que j’ai fait. résultat j’ai repris après la naissance (une autre histoire). souvent je me dis stupidement qu’on ne peut croire que c’est ma fille parce qu’elle est mince et moi ronde. j’ai peur de lui transmettre ces rapports compliqués à l’alimentation (merci maman). j’ai quand même bien lâché prise depuis presque 2 ans mais je comprends tellement tes peurs et tes interrogations. Et comme ta puce, la mienne a bien compris que ça nous préoccupait avec son père : les repas sont devenues très sportifs depuis le confinement, on devient très fort en négociation. Ce qui compte est d’arriver à conserver des repas partage plus que combat sans s’énerver (plus facile à dire qu’à faire). 😉

le 28/04/2020 à 11h14 |

Vee

Si ça peut te rassurer, en tant que « cauchemar alimentaire pour mes propres parents » je ne peux que rejoindre Virg : les petits mangeurs qui vont bien n’ont pas besoin de manger plus ! J’étais horrible pour ça petite, même pire que ta fille, parce que non seulement je mangeais peu, mais je n’aimais rien, surtout pas les légumes, et le peu de choses que j’acceptais d’avaler aurait fait s’étrangler tout nutritionniste (ah, la bonne époque où on donnait du saucisson aux petits d’un an…). En gros je crois que j’ai vécu de lait, patates, carottes, fromage, viande et pâtes toute mon enfance – en quantités très variables. Ma mère allait à toutes les visites chez le pédiatre avec la peur au ventre, mais à chaque fois le résultat était le même : j’étais en parfaite santé. J’ai commencé à me « diversifier » vers 20 ans, et maintenant je mange un peu de tout comme tout le monde, je n’ai jamais eu aucun problème de poids et ne suis presque jamais malade, certes quand je le suis, comme au moindre souci je ne peux plus rien avaler, je perds vite plusieurs kilos en quelques jours, mais je les reprends dès que je suis guérie et n’ai pas vraiment varié de poids depuis mes 20 ans. Tout ça pour dire qu’évidemment c’est pas l’exemple à suivre, mais on a peu de prise là dessus, et que souvent on aggrave les choses en en faisant un enjeu – mais je sais bien que c’est difficile de passer outre son inquiétude !
Avec mon passé alimentaire, j’ai peu de craintes pour ma fille, qui mange bien mieux que moi à son âge – bon, elle aussi a son caractère puisqu’elle a refusé toute autre nourriture que mon lait jusqu’à 11 mois, du coup je suis faite au feu et quoi qu’elle mange, ce sera toujours mieux qu’à cette période ! De toute façon, je ne vois pas comment j’arriverais à la forcer à manger (elle a, comme moi petite, un mode lama cracheur très efficace :D), donc tant que sa santé suit, je reste détendue. Mon mari serait plus comme toi à s’inquiéter dès qu’elle mange un peu moins, comme quoi c’est beaucoup dans la tête aussi je suppose.
Du coup c’est super si ça s’est amélioré et que la thérapie t’a aidée, en effet c’est dommage de faire des repas des moments de stress, et souvent ça n’aide ni l’enfant ni le parent, au contraire, donc bravo 🙂
(Et désolée pour le roman, ça inspire, l’alimentation !)

le 28/04/2020 à 13h00 |

Emilie

Maman anorexique la question de l’alimentation m’a beaucoup taraudée pour mon fils. Au moindre hic on rattache tout au problème de la mère et c’est un tort. Je n’ai jamais hésité à consulter dès que je me sentais dépassée sur ce sujet sensible (à ses 2 ans, à 4 ans, à 8 ans). La psy, avec son regard neutre, dédramatise et remet les choses à leur juste place.

le 28/04/2020 à 15h16 |

utenasan

Bonjour,

Ma fille a l’estomac d’un oiseau et ce depuis la naissance. Elle a 5 ans maintenant et c’est toujours la même. Elle passe son temps à picorer. Elle mange peu aux repas, grignotte entre les repas.
Pour aller au-delà de ton article, j’ai compris plusieurs choses :
1 – Elle a besoin de plus de 4 repas par jour et naturellement mange moins sur les repas officiels.
2 – Ca n’inquiète que notre entourage les médecins ne s’en inquiètent pas
3 – Le problème devient réellement compliqué avec l’entrée à l’école ou elle ne peut plus avoir son encas de 10h, celui de 14h et le 3eme de 18h… Et ça redevient une lutte.
4 – Avoir toujours des encas sain sinon on tombe vite dans les gateaux et bonbons.

Bref il faut être patient… bonne chance

le 28/04/2020 à 16h06 |

Virg

C’est peut-être une piste naturelle à suivre, je fais toujours des petits repas et je prends des en-cas en milieu de matinée et de l’après-midi. Sinon, je m’endors. J’ai bien essayé les repas plus copieux mais je les digère super mal. On a peut-être tout simplement un petit estomac quand on mange peu

le 28/04/2020 à 20h28 |

Jen

Chez nous, notre petit chou de 9 mois et demi et à peu près comme la tienne. C’est un petit mangeur. Le pédiatre a toujours été moins préoccupé que nous là dessus. Notre bébé est né avec un petit poids (1,825kg). Depuis, il a pris du poids, mais il est toujours sur la plus petite courbe de poids dans son carnet de santé. Et par rapport à sa taille, il peut être considéré comme vraiment léger. On a commencé la diversification à 4 mois. Au début, tout allait bien, puis il a refusé de bien manger ses petits pots, puis il les a bien pris, puis épisode de rhume plus les dents ou il a un peu perdu de poids et depuis il n’a plus vraiment voulu les purées. Du coup, on a tenté une sorte de DME. Il mange, mais pas des quantités extraordinaires non plus. On évite de s’énerver, même si ce n’est pas toujours simple. La courbe de poids, je la scrute à chaque visite chez le pédiatre. C’est vraiment anxiogène pour moi. Et pourtant, nous n’avons aucun souci avec notre poids (papa et maman). On en revient encore à faire du chantage à la tétine sur le goûter !
Et ce n’est que le début. Il grandit bien, se développe bien. Donc j’essaie de relativiser sur son petit bidou.

le 30/04/2020 à 10h13 |

Madame Pinpon

Courage pour tout ça… Je trouve que vous vous débrouillez comme des chefs. J’ai aussi eu des troubles alimentaires étant plus jeune et je surveille aussi le poids de bébé (6 mois la poupette). Elle était un petit poids à la naissance, au départ elle ne prenait pas trop donc l’allaitement était mis en sursis, après elle a poussé d’un coup on m’a dit de faire attention… Bref, on nous met déjà une telle pression, et nous on s’en rajoute en plus… Haaaaaa !! Et là ma nounou me dit : le plus grand apprentissage pendant les repas, c’est celui de la convivialité. On discute, on rit ensemble, et si bébé ne veut pas tel aliment ou ne finit pas son biberon, on ne le force pas. Après tout, nous si on ne veut pas finir notre assiette, on le le fait pas. Juste faire en sorte de passer à table avec le sourire et non sous la contrainte… Merci nounou 🙂

le 30/04/2020 à 19h05 |

Kokie67

Ma fille vers 15 mois à refuser de manger son repas du soir et ça pendant 3 bonnes semaines On passait directement au dessert puis au lit. Elle a 2 ans maintenant et mange très bien.

Pour la diversification, on est passé par la DME vers 5 mois et demi en freestyle. Les seuls règles qu’on s’était fixer était: pas de nourriture industriel, pas de sucrerie/chocolat, pas de contrôle sur l’introduction des aliments sauf le miel, pas de sel, pas de féculents à tout les repas MAIS juste un regard sur les quantités. Puis tasse de lait le matin sinon elle a du fromage en guise d’apport de produit laitier depuis ses 10 mois.

Bref tout ça pour dire que chacun fait comme il peux et veux. Et aussi les enfants sont capables de gérer leur alimentation quasi-seuls il faut juste que nous les parents leur fassions confiance et qu’on leurs donne de la vrai nourriture de qualité 😉

le 04/05/2020 à 15h23 |

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