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Une fin de grossesse à l’eau de rose (mais pas trop sucrée)


Publié le 5 septembre 2019 par Bibi

Pour beaucoup de femmes, le troisième trimestre est la période la plus difficile, entre les maux de dos, la fatigue et le “j’en ai marre” général. Pour moi, ça a été la meilleure partie … Malgré quelques mauvaises surprises. Laisse-moi te conter mes aventures.

Une nouvelle perspective

Après le stress du début de grossesse, je suis rassurée. Tout a l’air de bien se passer, et pour la première fois depuis plus d’un an, je suis presque sereine quant à l’avenir. Et pour ne rien faire comme tout le monde, je commence mon troisième trimestre en même temps qu’un nouveau boulot. Ayant passé toute ma grossesse sans travail, avachie sur le canapé, je suis contente et assez excitée d’avoir une activité régulière qui fait de moi autre chose qu’une couveuse sur patte. J’ai en plus l’avantage de ne pas avoir trop de pression par rapport au travail en lui-même.

Je m’attendais cependant à ce que le changement de rythme me fatigue beaucoup… Sans parler d’une nouvelle charge émotionnelle sur mes hormones déjà bien saturées: j’étais certaine d’éclater en sanglots au moins une fois par semaine en face de mes collègues… Mais tout se passe extrêmement bien, à ma grande surprise (oui, je me méfie toujours des choses qui paraissent trop belles pour être vrai). Je fonctionne très bien au travail, je ne suis pas trop fatiguée (même si je ne me refuse pas une petite sieste en rentrant). Et penser à autre chose qu’à ma grossesse a un aspect incroyablement positif sur mon moral. Il m’arrive même d’oublier que je suis enceinte, jusqu’à ce que ma crevette se rappelle à moi par un petit coup dans les côtes.

Bonheur

Crédit photo (creative commons): Denise Husted

L’ombre sur le tableau

Evidemment, quand tout se passe bien, il faut que quelque chose cloche (je te disais que je me méfiais des bonnes choses) C’est pour ça que passer le test du diabète gestationnel est la dernière étape pour moi pour passer une grossesse sereine.

En Suède, le test est proposé entre la 22 et la 26e semaine à toutes les femmes enceintes présentant un facteur de risque. Etant en surpoids, on m’invite en 25e semaine à subir ce supplice. Et quand je dis subir, je n’exagère qu’un tout petit peu: ce test est une vraie corvée. Déjà, il faut y aller à 8 heures, à jeun. Et dire à une femme enceinte qu’elle ne peut pas manger, c’est s’assurer qu’elle sera de mauvaise humeur. Ensuite, on te fait boire une demi bouteille d’une liqueur immonde. C’est en fait une solution de glucose concentré auquel on a rajoute un arôme orange qui donne au tout un gout encore plus infâme… Pour ensuite laisser mijoter tout ça pendant les 2 heures les plus ennuyeuses du monde. Une fois les deux heures passées, l’infirmière te reprend ton taux de glucose, pour voir comment ton corps a géré cet affreux apport de sucre… Et c’est à ce moment-là que le train de mes pensées (qui étaient concentrées sur quel genre de gâteaux j’allais pouvoir m’acheter en sortant de là) est déraillé par l’annonce : “votre taux est haut, on va aller voir la sage-femme”. Et voilà, diagnostic de diabète gestationnel.

Le souci en Suède c’est que tout est très compartimenté pour les soins, ce qui fait que la sage-femme qui me suit n’est pas la plus informée sur le diabète. Elle me dit globalement qu’il faut éviter le sucre, et que je serais suivie par un spécialiste du diabète et une diététicienne à l’hôpital. Ce sont les seuls renseignements que j’ai.

Tout de suite, c’est un peu la panique. Quels sont les risques pour ma crevette? Quoi faire pour maîtriser mon taux? Je suis totalement perdue, et parcoure tous les sites Internet possibles pour savoir comment gérer ce diagnostic. D’ailleurs, les chroniques de OneDayMaybe m’ont bien aidé! Ma panique est à son comble quand un matin, j’ai 5 lettres dans ma boite aux lettres, me donnant 5 rendez-vous différents à l’hôpital, espacés d’à peine un jour les uns des autres. Tout d’un coup, je me dis que tout va devenir plus compliqué, je serais surmédicalisée et je vais passer les 10 prochaines semaines à m’inquiéter constamment pour la santé de mon bébé. Rajouter à ça l’impossibilité de manger des bonbons ou des pizzas pour me consoler, et c’est l’effondrement.

Crédit photo (creative commons): julienroux69

Un regain d’énergie

J’avais bien tort. Alors, oui, j’enchaîne effectivement les rendez-vous avec les médecins. J’ai vu, dans l’ordre : une sage-femme qui m’a indiqué comment prendre et suivre mon taux de glucose, un spécialiste du diabète qui m’a expliqué les restrictions alimentaires et ce qui allait se passer pour moi dans les prochaines semaines, un obstétricien qui m’a décrit ce qui allait possiblement se passer pour le bébé et l’accouchement, et une diététicienne qui m’a conseillé personnellement sur mon nouveau régime. J’ai même eu le droit à un nouveau test de glucose, (oh joie!) cette fois en intraveineuse. Mais ce ballet de rendez-vous m’a apporté des réponses concrètes de professionnels de la santé. Du coup, j’avais l’impression de mieux savoir quoi faire et de maîtriser un peu plus la situation. J’ai en plus eu la chance de ne pas avoir à prendre d’insuline, mon nouveau régime alimentaire étant suffisant. A partir du moment où j’ai pu voir mon taux de glycémie, je n’ai jamais dépassé ce qui était conseillé. J’ai même pu manger un carré de chocolat de temps en temps, victoire!

S’est ensuivi une période assez exceptionnelle pour moi. Tout le monde parlait du troisième trimestre comme du moment où tu en as marre, où tu as mal partout et où tout ce que tu souhaites c’est d’accoucher. Et bien, pas moi. A part une semaine de mal de dos qui s’est réglé grâce à un coussin de plus dans le lit (ce qui m’amenait, au grand dam de mon mari, à un total de 4) l’inconfort physique était très gérable. Et je débordais d’énergie. Bien sûr, je ne courais pas de marathon, mais les balades dominicales étaient toujours de mise, j’allais au travail à pied tous les jours, et surtout j’étais heureuse. Ma crevette faisait constamment des saltos gigantesques dans mon estomac, qui me faisaient bondir dans l’open space. Mais elle se calait aussi régulièrement contre ma main ou celle de son papa, jusqu’à en déformer clairement mon ventre.

Il a quand même fallu attendre que je sois au dernier trimestre de grossesse pour vivre, pour la première fois depuis que je suis en Suède, un été phénoménal. La canicule a duré de mai à août, sans trop de répit. Avec des 30 degrés non-stop, peu d’air, et un appartement pas du tout adapté à écarter la chaleur (plutôt tout le contraire), il y a des weekends où je souhaitais habiter encore plus au Nord. J’avais du mal à respirer, buvait 5 bouteilles par jour et, désolée d’être aussi franche, je transpirais aussi mon poids en eau.

Soleil sur le pont de l'Oresund

Crédit photo (creative commons) : Silvia Man/imagebank.sweden.se

Heureusement, mon mari a suggéré d’aller à la piscine certains dimanches. Ça a été une révélation. Non seulement je n’étais plus en train d’étouffer de chaleur, mais la sensation d’apesanteur, quand le poids du bidon est soulevé par l’eau, est divine. Je comparais ça à un bruit que fait un frigo toute la journée: tu ne te rends pas compte de combien c’est pesant jusqu’à ce que ça s’arrête. Dans l’eau, j’avais l’impression de retrouver mon corps d’avant grossesse. Je ne faisais pas que flotter avec une tête béate (même si c’était 60% de mon activité, je vais être honnête), je faisais des longueurs aussi, me permettant de faire le sport hebdomadaire que me conseillait mon médecin.

Au final, ce troisième trimestre s’est extraordinairement bien passé. J’étais gigantesque, incapable de monter plus de trois marches sans être à bout de souffle, mais j’étais heureuse. A 37 semaines, la crevette mesurait un peu grande pour son âge, et on avait hâte de voir à l’échographie de la 38e semaine comment elle se développait… Bon, tout ne s’est pas passé comme prévu, mais ça, c’est un autre chapitre de notre histoire!

Et toi, comment as-tu vécu ta fin de grossesse? Plutôt calvaire ou plutôt bonheur? Comment as-tu vécu ton test de diabète?


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Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

Commentaires

3   Commentaires Laisser un commentaire ?

Cacy

Encore heureux que tu n’aies pas eu que des problèmes pour ta grossesse.

Je t’admire pour avoir travaillé et été en plein forme pendant ton 3ème trimestre. Moi, j’étais à plat malgré mon mi-temps.

Il me semble que maintenant en Suède, tous les femmes doivent faire le test de diabète. Par contre, je n’ai perso pas trouvé cela pénible. J’en avais peur donc j’avais demandé à Chéri de m’accompagner. Au final, il m’a surtout servi d’oreiller. 🙂

le 05/09/2019 à 09h07 | Répondre

La Renarde (voir son site)

Une grossesse avec diabète gestationnel, j’ai testé à 2 reprises donc je compatis en connaissance de cause.
Et puis pas de bol pour l’été caniculaire en Suède !

le 05/09/2019 à 11h00 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

Pour l’avoir vécu, le diabète gestationnel c’est vraiment pas la joie. Mais tu peux te lâcher sur le fromage, c’est ce qui m’a fait tenir ;). En même temps c’était la période des raclettes c’est pas ma fauteuuh.

C’est vraiment super de vivre un troisième trimestre comme celui-là en tout cas !

le 05/09/2019 à 16h50 | Répondre

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