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A la une / Vie de maman

La garde alternée de belle-fille

Je n’ai aucunement l’intention de lancer un débat sur « la garde alternée : pour ou contre ? » C’est une question délicate qui provoque souvent des réactions très vives. Et il y a autant de partisans que de détracteurs avec toujours des exemples de « la copine de machin » pour qui ça se passe bien ou « le fils de l’ex-mari de truc » qui vit un enfer avec ce système. Je pense qu’il y a autant de cas que d’enfants et de couples et qu’il faut surtout regarder si ça convient à l’enfant.

J’ai simplement envie d’évoquer la manière dont elle est mise en place pour Schtroumpfette et comment elle se passe.

La mise en place

Mon chéri et son ex se sont décidés lors de leur séparation pour mettre en place une garde alternée classique à savoir une semaine chacun. Mon chéri s’est vraiment battu pour ça. Il ne voulait pas que sa fille grandisse loin de lui, il voulait la câliner, l’éduquer, l’amener à l’école, la voir grandir au jour le jour. Il a toujours considéré qu’elle avait besoin de lui autant que de sa maman. Avoir sa fille un week-end sur deux seulement était inenvisageable pour lui qui a toujours été un papa extrêmement présent. Il a réussi à imposer son point de vue et la garde alternée a été mise en place.

Schtroumpfette avait alors 2 ans et demi. Elle était petite mais s’est cependant adaptée à la situation sans souci. A l’époque j’avais cherché sur Internet les symptômes sur lesquels il faut être vigilants afin de savoir si la garde convenait ou pas à l’enfant :

  • des angoisses d’abandon qui n’existaient pas auparavant.
  • un sentiment dépressif avec un regard vide pendant plusieurs heures, des difficultés à se concentrer.
  • un comportement qui change et montre son anxiété : des troubles du sommeil, une perte d’appétit, une énurésie…
  • de l’eczéma, des troubles digestifs, des nausées… bref, tout signe révélant que l’enfant somatise !
  • de l’agressivité, en particulier à l’égard de la mère considérée comme responsable de la séparation, une perte de confiance envers le père dont la vision déclencherait une réaction de refus.
  • un refus de suivre les rythmes proposés par les parents et l’école.

Hormis le fait que Schtroumpfette a toujours eu du mal à s’endormir (mais tu es d’accord avec moi que c’est le cas de beaucoup d’enfants !) elle n’a jamais manifesté aucun autre signe de cette liste. Elle ne pleurait pas les soirs où elle était chez son papa, ne réclamait pas sa maman. Elle nous parlait d’elle très naturellement (« avec maman on a fait ça ») et sans contrainte. Les rares fois où elle a demandé après sa maman, mon chéri l’emmenait la voir (et inversement). Nous n’avons jamais eu l’impression que ce mode de garde avait un impact sur son comportement. Elle ne tenait pas en place et gigotait sans arrêt, elle manquait de confiance en elle mais là encore ce n’est pas imputable à la garde alternée beaucoup d’enfants ayant des parents encore ensemble ont ce souci. Elle était au contraire pleine de vie, câline, éveillée, bavarde, curieuse de tout (et boudeuse aussi !) et très attachée à son papa et sa maman.

Nous avons également été attentifs au fait qu’elle cachait peut-être son mal-être. Mais en dehors de notre présence à l’école ou avec ses grands-parents son comportement ne variait pas. Elle est particulièrement proche de sa grand-mère et ne lui cache rien (encore aujourd’hui c’est une de ses grandes confidentes !). Celle-ci n’a jamais rien noté d’alarmant.

Quand elle a eu 5 ans, sa maman a tout remis en cause. Elle l’a emmenée voir un psychologue. Le verdict a été assez clair : Schtroumpfette allait bien. Cela ne voulait pas dire que ce mode de vie n’agirait pas sur elle dans l’avenir mais elle le vivait pour le moment bien et n’avait aucun problème. Les choses sont donc restées en l’état.

Les conditions qui font que ça se passe (relativement) bien

Crédits photo (Creative Commons) : MorningbirdPhoto

Voici ce qui fait que la garde de Schtroumpfette se déroule correctement :

  • Les parents n’habitent pas loin l’un de l’autre et il n’y a pas trajet long pour aller de l’un à l’autre (moins de 30 minutes). Elle a été scolarisée dans une école à proximité de ses 2 maisons. Les parents ont choisi conjointement et sans trop de difficulté dans quel établissement ils voulaient qu’elle soit scolarisée.
  • Ce sont le papa et la maman qui gèrent le transfert d’un foyer à l’autre. Quand elle était petite, Schtroumpfette s’occupait de son doudou et c’était tout. Elle a ses vêtements et ses jouets chez chacun et il n’y a la plupart du temps rien à transporter mais quand cela arrivait et c’étaient les parents qui prenaient en charge. Maintenant qu’elle est plus grande c’est elle qui s’en occupe (avec l’entrée au collège il y a les cours, les livres et le sac de sport) et je dois dire avec beaucoup de fierté qu’elle sait s’organiser et nous n’avons que très peu à intervenir.
  • Les règles de vie sont assez similaires d’une maison à l’autre. Nous sommes tous intransigeants sur la propreté, la politesse, le travail scolaire. Les heures de lever et de coucher sont presque identiques. Pour le reste, il n’y a jamais eu de règle fondamentalement opposée d’une maison à l’autre ce qui aide énormément. Même si la façon de concevoir l’éducation est différente il n’y a pas d’incompatibilité entre la vision de chacun.
  • Les parents s’entendent. Non pas qu’ils soient d’accord sur tout (oh que non !) mais ils ne se disputent pas devant Schtroumpfette et ne dénigrent jamais l’autre. Les couacs entre mon homme et son ex existent et provoquent parfois des tensions. Il y a eu des fois où la situation a été explosive. Ils peuvent cependant être satisfaits car Schtroumpfette ne s’est quasiment jamais retrouvée prise entre deux feux.
  • Elle a régulièrement eu tous les adultes qui comptent pour elle autour d’elle : pour les spectacles de l’école, les fêtes, le carnaval, son anniversaire et même sans occasion particulière… Il arrivait régulièrement que l’ex de mon chéri passe à l’improviste le voir avec la puce à son travail et l’inverse est également vrai. Ses 4 grands-parents s’entendent parfaitement et se fréquentent et se retrouver avec plusieurs personnes des 2 familles était régulier quand elle était petite. Elle sait donc qu’elle est aimé par les gens qui l’entourent.
  • Elle est aimée, profondément, par son papa et sa maman mais également par son beau-père et par moi. On le lui répète encore et encore, et je pense que cela l’apaise.

Les choses fonctionnent plutôt bien. Ce n’est pas idéal (je dirais même qu’on s’est parfois arraché les cheveux à cause de la maman et je suis sûre qu’elle peut en dire autant de nous) mais dans l’ensemble les choses sont apaisées et encore plus maintenant que Schtroumpfette grandit.

Et aujourd’hui ?

Avec M. Chéridamour, nous avions dans l’idée de mettre un terme à la garde alternée afin qu’elle puisse se poser lors de son entrée au collège. La situation est différente de l’époque : elle est grande, sait que son papa et moi tenons à elle tout comme sa maman et son beau-père, les choses allaient être plus difficiles avec le collège et les liens tissés dans l’enfance resteront. Nous demandons régulièrement à Schtroumpfette si elle veut revenir à une garde « classique » (en insistant sur le fait qu’elle pourrait choisir de rester chez sa maman sans que cela nous rende tristes afin qu’il n’y ait pas de conflit de loyauté et qu’elle puisse accepter sans remords).

Elle ne veut pas en entendre parler pour le moment. Elle refuse de moins voir son papa ou sa maman et aime beaucoup les « 2 vies » qu’elle mène. Ce qu’elle fait chez sa maman est différent de ce qu’elle vit avec nous, elle se sent bien chez chacun. Elle est épanouie, toujours très bavarde, a des amis, ri beaucoup (et est toujours un peu boudeuse). C’est une excellente élève, elle adore apprendre de nouvelles choses. Elle a pris énormément d’assurance et nous a surpris plus d’une fois par sa capacité à se débrouiller. Il arrive très souvent que des gens n’étant pas au courant de la situation soient surpris d’apprendre que ses parents sont séparés et qu’elle vit en garde alternée (les enseignants notamment en sont toujours très étonnés !). La psychologue et l’assistante sociale qui ont discuté avec elle au cours de la procédure d’adoption l’ont trouvée très équilibrée et bien dans ses baskets. De quoi nous rassurer !

On se pose toujours la question de savoir si cette garde alternée aura un impact négatif sur son adolescence ou sa vie d’adulte. Mais nous pouvons dire que tout a toujours été fait pour qu’elle se sente aimée, qu’elle trouve un équilibre et se sente bien dans sa peau.

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Et toi, vis-tu au sein d’une famille recomposée ? Comment cela se passe-t-il pour les enfants ? Une garde alternée a-t-elle été mise en place ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !