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A la une / Témoignage

Et maintenant, elle dit « non » !

Il est 17h10. Le cœur léger, je vais chercher ma puce à la crèche, me réjouissant d’avance de nos retrouvailles. C’est vrai que c’est toujours super agréable de la voir tout lâcher et courir vers moi en s’exclamant « Maman ! », un des seuls mots qu’elle sait dire du haut de ses 23 mois.

Retour de la crèche : Bébé 1 – Maman 0

Mais ce soir, la demoiselle n’est pas d’humeur. Après m’avoir accueillie avec joie, elle retourne à ses occupations. Hors de question que Maman décide que c’est maintenant qu’on s’en va. Je souris, sereine, et je discute avec la dame de la crèche, afin de savoir comment s’est passée la journée. Tout va bien : bien mangé, bien joué, fait caca… bref, les éléments essentiels de la journée d’un tout-petit.

« Bon, on y va ? » « Naaaaooonn ! » s’exclame la petite fille. Parce que soudainement, avec sa couette, son allure assurée et son regard mutin, je m’aperçois que mon bébé est une petite fille. Et qu’elle a décidé que non, on n’y allait pas. Après lui avoir couru après (honte, quand tu nous tiens), je finis par lui promettre qu’elle aura une biscotte à la maison (comme je sais qu’elle a toujours faim en rentrant de la crèche – oui, je sais, je justifie ce chantage douteux), et là, comme par magie, elle me suit.

Je ne suis pas au bout de mes peines. Il nous faut prendre le bus pour rentrer. Avant, on rentrait à vélo, mais depuis deux mois, la pluie et la nuit ont eu raison de moi : je préfère sécuriser le parcours en prenant le bus. Et prendre le bus avec une petite fille de 23 mois qui vient de passer une journée exaltante à la crèche, j’aime autant te dire que ça relève du combat. Je prépare mes nerfs et mes armes mentales. Le trajet dure quinze minutes, mais j’ai toujours l’impression que nous sommes dans ce bus pendant une heure !!

Au début, ça va, elle monte dans le bus, fait sa timide, m’agrippe pour ne pas tomber. Elle séduit tout le monde avec son air d’ange. Immanquablement, quelqu’un me propose sa place pour que je m’assoie avec la petite princesse. Sage comme une image, elle s’installe sur le siège et me regarde avec joie. Ouf, elle a l’air de bien aimer. Je lui montre le paysage (oui, bon, je lui montre les bâtiments…), et quand il y a un autre enfant dans le bus, ça la tient émerveillée et stupéfaite pendant dix minutes.

Mais parfois, il n’y a rien qui l’intéresse plus que de se mettre debout sur le siège et de sauter, en criant – ou pas, ça dépend de son humeur. Honte, quand tu nous tiens. Les cinq dernières minutes sont alors un combat entre elle et moi pour la maintenir à sa place, alors qu’elle se tortille comme un poisson hors de l’eau pour m’échapper. J’ai beau lui répéter de rester calme, qu’on arrive bientôt, etc., rien n’y fait, elle veut faire la folle dans le bus.

En règle générale, quand notre arrêt arrive, elle redevient la mignonne petite fille que j’ai engendrée, elle me donne la main et nous marchons jusqu’à la maison – ou alors elle réclame à être portée, car le chemin est un peu long pour ses gambettes (pourtant, dans le bus, elle avait de l’énergie !).

Phase d'opposition

Crédits photo (creative commons) : Nathan

Le début de la phase d’opposition

Voilà comment j’ai compris que ma fille entrait dans sa phase d’opposition. Outre le bus, elle commence à nous dire « non » pour tout et n’importe quoi  :

  • « Remets tes chaussettes, le carrelage, c’est froid. » Bam, elle se barre en courant pieds nus.
  • « Arrête de sauter sur le canapé. » Bam, elle prend son élan et saute de plus belle.
  • « Reste debout pour te déshabiller. » La voilà qui s’allonge par terre, comme si elle était un bébé, pour qu’on la déshabille allongée.
  • « On sort du bain ? » « Non. »
  • « Tu vas au dodo ? » « Non. »
  • « Installe-toi dans le siège auto, on y va. » « Non. » (Et elle va se mettre à la place du conducteur…)

Les seules fois où elle dit « oui », c’est pour mettre ses chaussures et son manteau (parce qu’elle adore sortir) et quand on lui propose un truc sympa à manger.

Avec mon mari, on espère juste que ça ne va pas empirer. Mais rien n’est moins sûr.

Quand on est enceinte, on pense à comment on va s’occuper de notre bébé : les biberons ou l’allaitement, la toilette, le sommeil, les jeux… On lit des tas de trucs pour se préparer à l’arrivée du bébé. Mais on oublie (en tout cas, moi, je l’avais zappée !) la phase : « Bébé grandit et ne fait pas forcément tout ce qu’on lui dit ».

Ma puce était un bébé vraiment facile : elle a fait ses nuits à 2 mois, elle mangeait bien, était globalement calme. La voir évoluer, ça nous intrigue, ça nous perturbe, ça nous agace parfois, ça nous émeut. Elle ne parle pas encore, mais on voit doucement sa personnalité se dessiner. Et doucement, on perçoit aussi ce que c’est vraiment que d’être parent.

Il y a tous ces moments d’amour où elle vient nous câliner, ces moments marrants où on joue avec elle, et il y a aussi ces moments où il nous faut lui donner des limites. Ce n’est pas facile, parce qu’on n’a jamais envie de gronder son enfant. Mais on sait qu’il le faut aussi, pour son bien à elle. Pour qu’elle puisse évoluer en société sans être en difficulté. C’est tout de même dur de se dire que les limites que nous lui imposons (ou pas) maintenant auront des répercussions sur sa vie future.

J’ai personnellement été trop bridée petite : trop d’interdits, trop de politesse à respecter. Ça a fait de moi quelqu’un qui a toujours peur du regard des autres et qui n’ose pas faire certaines choses. Je me soigne, mais je ne veux pas transmettre ça à ma fille. Je voudrais qu’elle se sente à l’aise, qu’elle ait confiance en elle.

Il me faut donc sans cesse jongler entre mon envie de la cadrer et de la rendre plus « sage » et celle de lui permettre de s’épanouir en osant faire ce qui lui plaît. Elle n’a que 23 mois, mais je sens que certaines choses se jouent maintenant. Je découvre chaque jour une nouvelle facette de mon rôle de maman. C’est passionnant, mais c’est aussi beaucoup de pression, finalement.

Et toi ? Comment est arrivée la phase d’opposition dans ta vie ? Comment l’as-tu accueillie ? As-tu des conseils pour qu’elle se passe mieux ? Viens nous dire !

A propos de l’auteur

Trentenaire (eh oui !) mariée, maman d'une géniale Little Girl et d'une ravissante Poupoune, j'aime écrire, lire et commenter mes séries TV et films préférés. J'adore voyager, d'ailleurs, avec Chouchou, nous avons fait un tour du monde d'un an : que nous rêvons de réitérer, avec notre tribu !