Menu
A la une / Récit de grossesse

Cette grossesse interminable

Comme je te l’ai dit dans un précédent article, ma deuxième grossesse est passée à une vitesse hallucinante. Jusqu’à ce que j’arrive dans le dernier mois…

Crédit photo (creative commons) : Pixabay

J’ai accouché de Charlotte à 40 SA + 1. À l’époque mon instinct m’avait dit que j’accoucherai le 10. Ce fut le 11 au petit matin.

Naïve que je suis, je me suis dit que mon instinct ne me tromperait pas non plus cette fois ci. Depuis le début de la grossesse, je me suis persuadée que Minipousse naîtrait le 7 décembre, ou bien le 11, soit environ 10 jours avant terme.

Le 3 décembre, dernier rendez vous gynéco. Tout va bien, le col a déjà travaillé, elle m’assure que je n’irai pas jusqu’au terme. Bébé est estimé à 3,5kg déjà.

HA HA.

Le 5 décembre, rendez-vous acupuncture avec ma sage femme. Je suis, selon ses termes, « à deux doigts larges », col mou, bref, selon ses termes « c’est très favorable ». Elle me propose un décollement des membranes que j’accepte et me dit, elle aussi, que je n’irai pas à terme.

HA HA HA.

Je contracte toute la nuit du 6 au 7. On commence à se dire que ça y est, la famille va s’agrandir. Sauf qu’à 8h du matin, tout s’arrête. Plus rien. Nada. Plus de contractions.

Je commence à déprimer sévèrement. Mais ce n’est que le début des désillusions car en fait il ne se passera plus rien… jusqu’à aujourd’hui où il ne se passe toujours rien…et je suis désormais arrivée à 41 + 1. Oui, j’ai dépassé le terme. Malgré le ballon, la marche, le ménage, monter et descendre les escaliers, le « déclenchement à l’italienne », les tisanes, l’acupuncture…

Crédit photo : photo personnelle – 41 SA + 1

Hier, j’ai eu un monitoring, une échographie et un nouveau décollement. Sauf que rien. Rien ne se passe. Aucune contraction, aucune perte des eaux, rien. Et désormais bébé est estimé à 4,2kg !

Je vis très mal la situation. Je pleure beaucoup, je ne supporte plus mon corps de femme enceinte, je ne supporte plus les privations du diabète gestationnel, je ne supporte plus les messages « alors, ça y est, il est né ?? ». Je me sens incapable, inutile. Toutes les nuits, je fais des insomnies, mon dos me fait souffrir, je cogite.

Je n’avais jamais envisagé un déclenchement chimique. Je n’avais pas non plus pensé que peut être je passerai le 24 décembre à la maternité et manquerai donc la première fête de Noël où ma fille aînée se rend compte de ce qui se passe. Je refusais d’anticiper que je priverai ma fille de son premier spectacle de Noël au Zénith avec son papa pour cause de déclenchement.

Tout cela me désespère et je ne peux rien y faire. J’ai hâte de rencontrer ce bébé, j’ai envie de voir notre famille complétée. C’est ma dernière grossesse et je devrais sans doute profiter de chaque instant mais… Je ne peux plus. Je suis à bout.

Comment vais je survivre à un accouchement ? Comment vais je assurer la naissance dans cet état de fatigue et d’épuisement nerveux ? Je culpabilise tellement d’être à ce point dépitée alors que d’autres personnes n’ont pas la chance d’aller à terme, font face à la prématurité et aux difficultés de santé… j’ai la sensation d’être une enfant gâtée qui ne sait pas profiter de ce qui lui est offert.

Allez Minipousse, s’il te plait, montre nous ta frimousse…

A propos de l’auteur

33 ans, mariée depuis 2014 et maman de Charlotte (2017) et Cyprien (2019)