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A la une / Témoignage

Mon deuxième trimestre de grossesse : long comme un jour sans pain…

Pas mal de temps depuis mon dernier article. Autant ne pas tourner autour du pot : un petit baby boy est arrivé un peu en avance, et depuis, eh bien on vit et on profite ! Et toutes les jeunes mamans me comprendront.

Mais revenons à nos moutons, et à ce deuxième trimestre de grossesse. Je l’attendais avec impatience, tout le monde me disait que les nausées et autres désagréments du début partiraient embêter une autre future maman, et je me disais que Superman allait peut être être un peu plus cool Raoul.

Commençons par les bonnes nouvelles : bye bye les nausées et les migraines, et bonjour à mon mari qui veut bien parler bébé (enfin pas trop longtemps et pas tous les jours, faut pas abuser des bonnes choses !). Ce deuxième trimestre nous permet de connaitre le sexe, et j’apprends avec joie que c’est un petit garçon qui est en coloc’ dans mon ventre. Moi qui ai toujours été entourée de garçon, ça me rassure, je me trouve en terrain familier. Bon, je fais une croix sur les supers rayons de vêtements de fille, mais je commence à baver devant les bloomers et autres barboteuses (oui, je suis un peu old school).

Nos conversations autour du prénom tournent court avec l’annonce du sexe. Pas besoin de se prendre la tête : le prénom a été choisi plus d’un an avant notre mariage, un peu par hasard et sans trop de sérieux. Et en imaginant notre petit coloc’ avec ce prénom, on se dit que c’est bon, il lui ira à ravir (et ira aussi avec notre nom de famille, histoire, style… Important, tous ces critères !).

grossesse ne pas aimer être enceinte

Crédits photo (creative commons) : Sarah Zucca

On décide d’un commun accord que les achats attendront le mois de janvier, les soldes seront là, et on n’a pas trop envie de vivre pendant des mois avec des affaires de bébé non utilisées (surtout que sa future chambre est mon atelier couture, et j’aime bien m’étaler quand je travaille).

Alors moi qui suis au chômage (et qui abandonne l’idée de trouver un travail enceinte), je n’ai rien à faire. Juste à attendre d’être en janvier pour rentrer un peu plus dans le vif du sujet. Et je peux t’assurer que c’est super long d’attendre. Mais vraiment très long. Les semaines se passent, les heures s’égrennent, je compte les secondes, je ne m’ennuie pas vraiment (merci la couture d’ailleurs de m’avoir bien occupée), mais je ne vois pas le bout de ce second trimestre.

Surtout que les désagréments du début ont laissé la place à de nouveaux amusements. Je te donne dans le mille : coloc’ bouge, et pas qu’un peu ! Je ne sais pas si c’est le fait de ne pas avoir de vraie activité ou si c’est un bébé super actif, mais je le sens bouger toute la journée. Et la nuit aussi. Surtout la nuit, entre 4h et 8h, c’est tellement plus fun.
Au début, je suis ravie, je guette ses mouvements, me demandant sans cesse si ce sont des gaz ou mon petit coloc’ (les charmes du début !). Et puis très vite, je me lasse.

Ses gestes me sont de plus en plus insupportables. Sur la fin, j’assimile ça à des coups. J’ai l’impression d’être frappée de l’intérieur. Mon plus gros problème étant que je ne peux pas m’échapper. Vois-tu, quand mon cher coloc’ sera hors de mon ventre, si jamais il lui prend l’envie de me frapper (même sans le vouloir) je pourrai m’éloigner de lui, changer de pièce. Mais là, c’est impossible ! Je suis obligée de subir ses mouvements et je ne peux rien faire contre. Ah si ! Il faut que je sourie niaisement en me caressant le ventre toute la journée.

Parce que tu vois, quand tu es enceinte, tu es O-BLI-GÉE d’être parfaitement épanouie et heureuse et contente et souriante et belle et… Bref, tu vois le truc. Alors, quand je commence à dire autour de moi que je n’aime pas être enceinte et que mon cher coloc’ me tape sur le système, on me regarde avec des gros yeux, on me dit qu’il ne faut pas dire ça, qu’il ne faut pas que je me plaigne car je suis enceinte, moi… Et que je vais regretter tout ses charmants mouvements une fois la bestiole hors de mon utérus.

*Attention, ceci est un message officiel*

Je déclare, moi Mme Irbis, saine de corps et d’esprit, ne pas du tout regretter la présence et les mouvements de mon fils aîné, dit l’héritier ou le coloc’ en mon sein.
Déclaration faite en l’an de grâce 2015.

*Fin du message officiel*

Et la dépossession de son corps, on en parle ? Oui, je sais, aujourd’hui, je balance tout !

Au cours de ce deuxième trimestre, je me rends compte petit à petit que mon corps n’est plus vraiment le mien, mais deviens le réceptacle géant de la huitième merveille du monde. Les gens sont plus intéressés par l’évolution du coloc’ que par moi. Et puis le pire du pire : je prends conscience que mon corps peut tout à fait me faire mourir pour faire vivre mon bébé. OK, c’est violent comme phrase, mais c’est la vérité, ce que je mange ou bois par en priorité dans le cordon ombilical et je peux me retrouver carencée, mais pas le coloc’ !

Et ça, c’est encore plus dur à accepter que ses coups. Zut, je veux rester maîtresse de mon corps et je ne peux pas !

Comme tu peux t’en rendre compte, pas super cool cette deuxième partie de grossesse. J’attends avec impatience le jour où je pourrai accoucher sans que le coloc’ ne soit trop petit. Je guette chaque semaine qui passe en me disant que je me rapproche de la délivrance.

Au niveau suivi médical, il est assez light. Je vois la sage femme une fois par mois pour mesure de la hauteur utérine, contrôle de ma tension, mon poids (ah ah le poids, c’te blague…) et pour écouter le coeur du coloc’. À rajouter, la traditionnelle prise de sang pour toxo et compagnie, et puis c’est tout !

Ce peu de suivi me va très bien. Mes rendez-vous mensuels durent moins de 20 minutes, à chaque fois la sage femme me demande si j’ai des questions, et je réponds toujours par la négative.

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir eu pleins de petits frères ou d’avoir une nature assez relax, mais je n’angoisse pas du tout. Quand je dépasse la barre des 22 SA (moment à partir duquel, en cas de fausse couche, l’enfant est inscrit sur le livret de famille), je pousse un grand soupir. Je suis rassurée, quoi qu’il arrive, cette grossesse aura une existence « légale » malgré tout.

Et c’est ainsi que petit à petit, et assez lentement, je rentre dans le troisième trimestre. Celui de tous les changements !

Et pour toi ? Est-ce un bonheur d’être enceinte ou un fardeau ? Tu as trouvé que ta grossesse était passée vite, ou qu’elle traînait en longueur ? Tu as eu beaucoup de soucis de santé ou rien du tout ? Raconte-moi tout !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune trentenaire et jeune maman des trois garçons les plus fantastiques de l'univers. Quand je ne m'extasie pas sur eux, je couds, je tricote, je brode. Et de temps en temps, je passe du temps avec mon mari !