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Toutes les questions que tu te poses (ou pas) sur le don d’ovocytes

Très méconnu en France, notamment à cause d’une législation archaïque et d’un manque de communication de la part des organismes, le don d’ovocytes permet pourtant à des femmes qui n’ont plus d’ovocytes, ou qui ont des ovocytes mais de mauvaise qualité, de porter un enfant.

Faire un don d’ovocytes, c’est permettre à une autre femme de vivre une grossesse. C’est lui permettre de concevoir un enfant, à l’aide des gamètes de son conjoint. C’est offrir l’opportunité à un couple d’être parents.

Sur les forums spécialisés, les donneuses d’ovocytes sont appelées les fées ! Parce qu’elles apportent un peu de magie dans une vie chamboulée par la stérilité, qu’elles apportent de l’espoir et le plus magnifique des cadeaux : la vie.

Donner son coeur

Crédits photo (creative commons) : Sean McGrath

Aujourd’hui, quatre cents femmes par an font ce geste incroyablement généreux. Il en faudrait trois fois plus pour les besoins, et c’est pour cette raison que les délais d’attente sont effroyablement longs.

Pourtant, être donneuse est loin d’être inaccessible. Il suffit :

  • d’être âgée de moins de 37 ans,
  • d’avoir eu un enfant (la législation a évolué sur ce sujet, mais le décret d’application se fait attendre depuis 2012 !),
  • et d’être en bonne santé.

Idée reçue n°1

« Je préfère conserver mes ovocytes pour avoir mes propres enfants. Une fois que je n’en voudrai plus, alors je ferai peut-être un don. »

Le corps féminin ne fonctionne pas de cette manière. Tous les mois, que tu prennes ou non la pilule, tes ovaires préparent un certain nombre d’ovocytes pour l’ovulation. Si tu ne prends pas la pilule, un seul devient l’élu qui se transforme en ovule, et tous les autres sont perdus. Si tu prends la pilule, aucun n’arrivera à maturation, et tous seront également perdus.

La stimulation hormonale du don d’ovocytes ne fait que porter à maturité des ovocytes qui auraient été perdus de toute manière. Il n’influence donc en aucun cas tes possibilités de grossesses ultérieures.

Idée reçue n°2

« Ça fait mal ! »

Non, ça ne fait pas mal à proprement parler. Plusieurs examens sont nécessaires pour déterminer si le don est possible. Ces examens sont des examens courants, que tu peux avoir à faire à n’importe quel moment de ta vie (prise de sang, échographie).

En revanche, la stimulation hormonale peut être pénible. Elle dure une dizaine de jours. Le processus implique des piqûres d’hormones quotidiennes à faire soi-même (comme le font les personnes diabétiques), puis une opération d’environ quinze minutes pour la ponction des ovules. Les effets secondaires varient évidemment d’une femme à l’autre, mais c’est plutôt minime.

Voici un témoignage de M., qui a fait un don :

« Le processus est un peu long (j’ai contacté l’hôpital un an avant le don !). Il y a quelques rendez-vous à prendre au début. Le traitement en lui-même ne dérange en rien (sauf qu’il faut prendre doublement ses précautions pour ne pas tomber enceinte, mais il peut se faire même avec un stérilet, c’est pratique…). Il demande de la rigueur, un peu de disponibilité pendant les quinze jours de traitement, et bien sûr, il ne faut pas avoir trop peur des piqûres (une infirmière peut passer les faire à la maison). L’opération se fait sur une journée (arrivée à l’hôpital à 6h30, partie à 15h, avec un arrêt de travail pour une petite semaine). »

Idée reçue n°3

« Ça coûte cher. »

Non. Le don n’est pas rémunéré en France, mais il est entièrement gratuit.

Une demande de prise en charge à 100% des frais est à adresser à la sécurité sociale avant de débuter les examens. Ensuite, tous les frais seront pris en charge. La loi prévoit même une autorisation d’absence à destination de l’employeur.

Idée reçue n°4

« J’ai des antécédents médicaux/familiaux, je ne peux pas donner. »

Si certains antécédents familiaux peuvent conduire les médecins à refuser une donneuse, ce n’est pas le cas pour tous. Certaines maladies génétiques peuvent effectivement t’exclure, mais le mieux est de prendre contact avec un médecin du CECOS (centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme), qui te renseignera sur ta possibilité de donner ou non.

Il faut savoir qu’un gène défectueux n’entraînera pas forcément un refus, car lors de la conception, ce n’est pas la présence d’un seul gène défectueux qui est un risque, mais la combinaison de ce gène avec un autre défectueux venant du père.

Idée reçue n°5

« Il y aura quelque part un enfant de moi que je ne connaîtrai pas… »

Oui, il pourra y avoir un enfant qui portera une partie de tes gènes.

Cependant, des chercheurs ont découvert depuis peu qu’il y a une influence de l’environnement sur l’expression des gènes : ça s’appelle l’épigénétique. Ça signifie que cet enfant, créé à partir de tes gènes, ne sera pas, au final, le même que celui que tu aurais pu porter.

De plus, le microchimérisme a montré que la mère qui porte l’enfant transmet également des petits fragments d’ADN à son fœtus lors de la grossesse. Ainsi, l’enfant n’aura pas complètement le même ADN que celui transmis initialement par la donneuse !

Il faut enfin savoir que le CECOS limite le nombre d’enfants qui pourront naître de chaque donneuse. Ceci afin d’éviter les risques de consanguinité pour les enfants à venir.

Comment donner ?

  • Il faut que tu prennes contact avec un CECOS.
  • Dans un premier temps, ils vont t’envoyer un dossier avec les ordonnances des examens à réaliser (en particulier si tu habites assez loin du centre, car dans le cas contraire, tu peux réaliser les examens directement là-bas). Ils t’envoient également le formulaire de prise en charge à 100%.
  • Puis, ils examineront ton dossier et détermineront si tu es apte à donner.
  • Un rendez-vous avec l’équipe médicale, ainsi qu’avec un psychologue sont obligatoires, pour te permettre de poser toutes les questions qui te préoccupent.
  • Enfin, ils mettent en place la stimulation, la surveillance régulière pendant la stimulation et le prélèvement.

Que deviennent mes ovocytes ?

  • Le principe est celui de l’anonymat en France. Tu ne sauras donc pas si un enfant a pu être conçu grâce à ton don.
  • Certains militent pour que l’enfant puisse lever l’anonymat à ses 18 ans, mais ce n’est pas encore le cas. D’autres militent pour une levée partielle de l’anonymat : c’est-à-dire pour que l’enfant puisse avoir accès à certaines informations (profession, études, passions de la donneuse, etc.).
  • Les CECOS préfèrent également ne pas dire à la donneuse combien d’ovocytes ont pu être prélevés. En effet, le don étant un acte généreux, se voir répondre après toute la stimulation : « Ah ben merci, mais ça n’a rien donné ! », c’est un peu frustrant !
  • Selon les centres, il est possible que, si les médecins arrivent à prélever un nombre suffisant d’ovocytes, ils les répartissent entre deux receveuses.
  • Les ovocytes sont fécondés avec le sperme du conjoint de la receveuse, puis les embryons obtenus sont transférés dans l’utérus de la receveuse. S’il y en a suffisamment, ils peuvent également en congeler afin de pouvoir les réutiliser pour un second enfant.

Si, après cet article, tu es intéressée par le don d’ovocytes, voici le site sur lequel tu trouveras tous les renseignements, ainsi que les coordonnées des centres que tu peux contacter.

Et j’en profite pour remercier du fond du cœur toutes les fées qui font ce geste magnifique et permettent à des personnes comme moi de pouvoir goûter aux joies de la grossesse et de la maternité !

Et toi ? Tu es intéressée par le don d’ovocytes ? Tu avais des a priori le concernant ? Te sentirais-tu prête à faire un don, à présent ? Viens nous dire !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée depuis octobre 2013 avec Monsieur Aragorn, nous savions depuis plusieurs mois que l'aventure de la parentalité ne serait pas simple pour nous. Une pointe d'attente et un gros soupçon de destin nous permettent aujourd'hui d'attendre un heureux évènement pour octobre 2015. Je te propose de plonger dans notre histoire, qui est surtout mon histoire et que Monsieur Aragorn a accepté de partager et de rester à mes côtés malgré les difficultés.