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A la une / Récit de grossesse

J-1, j’ai peur

Aujourd’hui nous avons pris le temps de traîner au lit, puis je suis allée au marché pour nous chercher de quoi bruncher. Nous avons ensuite fait un peu de rangement (les dernier cartons de notre déménagement sont enfin vidés !) et nous sommes sortis nous balader avec notre Poilu. Le temps d’un petit goûter réconfortant et il est maintenant quasiment 17h . Cette fin d’après-midi dominicale aurait pu être des plus ordinaires si demain matin à 8h30 je n’étais pas attendue pour un rendez-vous très spécial, probablement le rendez-vous de ma vie. Il n’y a, à présent plus qu’une soirée et une nuit qui me séparent du déclenchement de mon accouchement. A l’image de cette dernière semaine de presque maman, je me sens fébrile et pas totalement sereine. J’ai peur.

Crédits photo : PxHere

J’ai peur de l’accouchement

Lorsque j’étais en terminal, notre professeure de SVT nous a fait visionner un accouchement en mode « caméra entre les jambes ». Autant ma voisine était émerveillée (et c’est peu dire puisqu’elle est devenue sage-femme), autant moi j’ai été choquée. Je me suis promis que ça ne m’arriverait JAMAIS (ne jamais dire jamais) ! Depuis, ces images me hantent et ça ne s’est pas vraiment atténué avec le début de ma grossesse.

Bien sûr j’ai fait les séances de préparation à l’accouchement avec ma sage-femme. Celles-ci étaient d’ailleurs très éprouvantes pour moi, je devais retenir des larmes de panique tout du long. Heureusement que Chéri, conscient de mes craintes, était présent à chaque fois. Je me suis aussi beaucoup renseignée de mon côté, beaucoup grâce aux copines et aux chouettes blogs qui peuplent la toile.

Mais j’ai beau en connaître maintenant les moindres détails, l’accouchement me terrorise.

J’ai peur de la douleur. En fait la plus grosse douleur qu’il m’a été donné de ressentir, c’est cette fois où je me suis cognée le petit orteil dans un coin de porte. J’imagine bien que ça n’est rien à côté de ce qui m’attend. Surtout que la légende dit que lors des déclenchements, comme il n’y a pas d’étape de pré-travail il n’y a pas d’augmentation progressive de l’intensité des contractions et le cerveau n’a alors pas la possibilité de s’y accoutumer, les contractions seraient donc ressenties comme plus douloureuses dès le départ. Je sais que j’aurai la possibilité d’avoir une péridurale, mais si celle-ci ne fonctionnait pas ?

J’ai aussi peur la longueur de cette épreuve et de ne pas tenir dans la durée. Quand j’entends des copines raconter leurs accouchements ayant duré jusqu’à plus de 24, 36 ou même 48 heures je me dis que je n’en serais jamais capable. Mais il paraît que notre corps nous réserve bien des surprises, et je pense qu’il va falloir que j’arrive à lui faire confiance, au moins pour cette fois, pour qu’il me guide et m’aide à franchir cette épreuve.

Et puis, j’ai peur de mourir. C’est une peur irrationnelle, probablement, mais c’est malheureusement arrivé à une collègue il y a quelques années. Elle est décédée d’une embolie pulmonaire suite à son accouchement. C’est extrêmement rare, mais ça arrive, et ce film où Chéri et Mininous rentrent sans moi à la maison tourne en boucle dans ma tête.

 

J’ai peur du retour à la maison

Que vais-je faire de ce bébé une fois que nous serons à la maison ?

Je le clame haut et fort depuis mon arrivée sur ce blog : les bébés, je n’y connais pas grand-chose ! Alors j’ai de grandes difficultés à me projeter dans notre nouvelle vie à trois (ou à quatre si on compte notre joyeux poilu).

Cet enfant devrait dormir et manger, être changé et lavé. Jusque là je visualise plus ou moins, c’est mécanique. Mais que faire lorsqu’il sera réveillé ? Quoi que, ne dit-on pas qu’un bébé « ça ne fait que dormir au début » ? Mais c’est jusqu’à quand le « début » ? Une histoire de jours ? de semaines ? de mois ? Il faudra bien qu’il s’éveille à un moment ou un autre et je n’ai pas la moindre idée de ce que je nous allons faire. Mon petit doigt me dit toutefois qu’il faudra attendre un peu pour les après-midis bricolage ou les ateliers pâtisserie.

 

La peur de la mauvaise mère

Et forcément dans ce méli-mélo d’émotions qui s’emparent de moi au moment ou j’écris ces lignes il y a l’angoisse d’être une mauvaise mère.

J’ai lu des dizaines de fois qu’il ne faut pas se mettre la pression et qu’aucune de nous n’est parfaite, mais que nous sommes parfaites pour NOS enfants. En fait mon angoisse est un peu différente. Je sais que, même si ce soir je ne suis techniquement pas encore au point, j’apprendrais et je saurai m’occuper de notre bébé. Je n’ai aucun doute sur le fait que dans une semaine je saurai changer une couche et très probablement même en dormant à moitié. Je sais aussi que Mininous s’accoutumera à moi et qu’il saura dès le départ que je ferais mon maximum pour lui.

Mon angoisse c’est de ne pas m’épanouir dans ce rôle de maman. N’ayant jamais rêvé d’être une maman, ne m’étant jamais projeté dans ce rôle, je redoute de me retrouver à effectuer toutes les tâches qui entourent notre bébé et notre famille de manière routinière et sans aucun plaisir. Juste parce qu’il le faut pour maintenir ce petit monde en vie. Et si je n’aimais pas être maman ? Et si je n’aimais pas notre famille ? Et si je n’aimais pas notre enfant ? Je serai coincée dans ce rôle de maman de manière irrémédiable.  Oui, c’est ce côté définitif qui m’effraie le plus, j’ai vraiment peur d’être coincée dans un cauchemar pour la vie (j’ai peut-être un peu trop regardé Inception). Heureusement Chéri semble mieux préparé psychologiquement que moi et surtout, il a confiance en moi et cela n’a pas de prix…

L’heure tourne et il faut que je te laisse car nous avons réservé une table pour un dernier dîner à deux avant le début de notre nouvelle grande aventure, parce que « Demain est le premier jour du reste de notre vie »…

 

Et toi ? Quelles étaient tes craintes à la veille de ton accouchement ? Raconte-moi tout !

A propos de l’auteur

La trentaine passée, j'attends mon premier bébé pour Novembre 2018. La maternité n'était pas une question évidente pour moi et il m'a fallu beaucoup de temps pour que l'envie d'avoir un enfant s'installe vraiment. Et j'ai hâte de pouvoir en parler avec toi !