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A la une / Témoignage

Je n’aime pas être enceinte

Bon, voilà tout est dit dans le titre. Je jette un sacré pavé dans la mare.

Avant ma première grossesse, je voyais mes amies et les femmes de ma famille tomber enceintes et devenir le stéréotype même de la future maman : une femme radieuse. Le sourire aux lèvres, les cheveux magnifiques, le ventre beau et tout rond qu’elles caressaient avec amour.

Je me suis jurée d’être pareil quand mon heure serait venue : une future maman épanouie avec la tête dans les nuages et une sérénité permanente.

Je m’étais fait une idée tellement fantasmée de la grossesse que quand mon tour est arrivé, la chute a été rude.

crédits photo : pexels

Dans ma tête

Le stress. L’angoisse. L’inquiétude. Tout cela en permanence.

Et si mon bébé était mort dans mon ventre sans que je m’en rende compte ? Et s’il naissait handicapé sans qu’on le voit aux échographies ? Je le sens moins que d’habitude là, non ? Mais je sens qu’il y a un souci, je le ressens. Je dois aller aux urgences c’est sûr.

En permanence.

Étrangement je n’ai jamais eu d’angoisses sur l’après-accouchement, comment m’occuper d’un bébé ou autre. Mais le fait de ne pas « voir » mon bébé m’inquiète énormément. Si je pouvais passer ma grossesse accrochée à un Doppler ou avec une sonde à échographie sur mon ventre toute la journée je le ferais. Même après une échographie ou une consultation lors de laquelle docteur Gynécologue va me dire que tout va bien, je ne peux pas m’empêcher de me dire : et si il s’était passé quelque chose de terrible entre le moment où j’ai passé la porte du cabinet pour rentrer chez moi et maintenant ? Oui je vire complètement déglingo…

Ensuite il y a ces restrictions alimentaires qu’il faut suivre à la lettre sous peine de stresser comme une malade parce que tu as mangé une tranche de fromage qui n’était pas pasteurisé alors que tu étais persuadée du contraire. Au début je continuais à aller au restaurant en faisant mon sergent-chef du contrôle alimentaire et en gonflant les serveurs de mes cascades de questions sur la cuisson de la viande ou du lavage de leurs légumes.

Et puis pour ne plus m’infliger tout cela, j’ai stoppé les repas en dehors de la maison (sauf si grand évènement bien entendu !). Au moins je n’avais plus l’impression de faire honte à ma famille !

Et puis la fatigue…  Pour ma première grossesse, c’était une fatigue en mode coma qui arrivait sans que je ne m’en aperçoive. Piquer du nez sur son bureau au milieu de l’après-midi ? Done ! Pour ma seconde grossesse, c’est plutôt comme si mon corps s’était mis en mode veille. Au ralenti, toute la journée. Et moi qui suis plutôt hyperactive, ça me gonfle terriblement de me voir dans cet état sans rien pouvoir y faire.

Dans mon corps

Il faut être honnête, je n’ai pas le genre de début de grossesse qui fait rêver : vomissements en continus et violentes douleurs ligamentaires.

Je ne peux pas dire que voir mon ventre grossir me dérange vraiment. Évidemment, je sais que c’est inhérent à la grossesse ! Non, en réalité ce sont tous les petits « à côté » que je déteste.

Mes seins, lourds, terriblement douloureux. Des douleurs qui me réveillent la nuit, qui me gênent même quand l’eau de la douche coule dessus. Je pourrais en faire un atout de séduction et me sentir bien avec, mais ils me complexent plus qu’autre chose. J’ai l’impression que les veines bleues écrivent « fragile : lactation en préparation ».

Les envies de faire pipi, tout le temps sans pouvoir se retenir. Une fois je me suis retenue un peu trop longtemps, ça m’a valu une jolie infection urinaire. Alors tant pis si je me lève quatre fois pendant la réunion pour aller aux toilettes !

Même mes magnifiques cheveux de grossesse me gonflent : les petits fils tout fins se sont changés en un amas de cheveux épais type crinière. Oui ils sont beaux. Mais oui je perds dix minutes de plus le matin à les sécher tellement j’ai gagné en masse capillaire.

Mes chevilles qui disparaissent sous une importante rétention d’eau, ces vergetures qui strient mon ventre de toute part, ces démangeaisons que je me freine de gratter sous peine d’arriver au sang, les douleurs au dos à la fin de la journée…

Et encore je m’estime heureuse puisque je n’ai pas connu les hémorroïdes ou autres problèmes gastriques.

Bon, et si je relativisais un peu ?

OK je n’aime pas être enceinte. C’est un fait. Je ne me retrouve pas dans cette image de la femme enceinte épanouie que j’ai tant vu chez des amies. Peut-être est-ce pour moi une forme de jalousie ou alors je leur en veux de n’avoir montré que la partie magique de la grossesse. M’aurait-on menti ? Je trouve ça tellement beau une femme enceinte qui respire la zénitude et le détachement. Alors que dans ma tête ça turbine à mille à l’heure et le moindre mouvement de mon corps me fait gémir.

Mais il y a quand même des moments sympas dans la grossesse comme voir toute ma famille aux petits soins pour moi, faire du shopping pour bébé ou sentir les mouvements de mon enfant.

Je n’ai pas eu de complications majeures dans ma première grossesse et à l’heure où j’écris cet article, ma seconde grossesse se déroule aussi sans encombre. Et juste ça, c’est drôlement chouette.

Parlons-en de l’heure où j’écris cet article : je commence mon quatrième mois mais les vomissements n’ont pas encore décidé de me ficher la paix. Des jours je pleure dans les toilettes tellement je n’en peux plus. Je croise les doigts pour que tout aille mieux rapidement.

Au début, je me suis dis que je ne pouvais pas publier cet article car je me plains de ne pas aimer la grossesse alors qu’il y a de nombreuses femmes qui aimeraient connaître ces désagréments ou des femmes pour qui la grossesse est un parcours du combattant. Des femmes qui doivent se dire : mais quelle suffisance cette Doupiou ! Elle fait son Caliméro alors qu’elle n’a pas eu difficultés à tomber enceinte (volontairement je n’ai pas dis « avoir un enfant » car pour moi cela représente aussi l’accouchement et dans cette matière, il n’y a rien d’idyllique chez moi). Je suis véritablement navrée pour toutes ces femmes, et si c’est ton cas, je te souhaite de connaître une grossesse la plus parfaite qui puisse être.

Mais c’est de MON ressenti dont il est question dans cet article et il était impossible pour moi de tronquer ou nuancer mon état d’esprit : non, je n’aime pas être enceinte.

 

Et toi ? Est-ce que tu as aimé être enceinte ? Ou alors ce n’est pas non ta tasse de thé ? Est-ce que tu as des conseils à donner aux futures mamans qui sont angoissées ? Dis-nous tout !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !