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Je suis enceinte, pas en sucre !


Publié le 11 mars 2020 par Maman Ours

Voilà ce que j’ai envie de me faire tatouer sur le front en ce moment.

OK, c’est un peu extrême. Disons plutôt que j’ai envie de le crier, bien fort.

Et pourtant, je pense que j’ai moi aussi été surprotectrice avec les femmes enceintes de mon entourage. Mais voilà, maintenant, c’est moi. Et – ne crachons pas dans la soupe – bien que j’apprécie d’être chouchoutée, bien que j’apprécie que les gens soient prêts à s’adapter à mon rythme, et surtout, bien que j’apprécie l’intention : trop, c’est trop. Tout est une question de dosage. Être prise pour une petite chose fragile, ce n’est pas mon truc. Et confondre grossesse et maladie, ça m’énerve.

(Petit point sur le i : cet article est valable pour moi, dont la grossesse se passe très bien. Une grossesse n’est PAS une maladie. Phrase à marteler. Mais parfois, elle s’accompagne de pathologies. Et là, les choses sont différentes. On peut aussi avoir des soucis de santé sans être enceinte d’ailleurs. Bref, ce sont deux choses, qui peuvent arriver ensemble, mais qui sont différentes !)

Voici donc quelques situations, bien réelles, qui m’ont donné envie de donner des baffes montrer que j’étais encore en forme. Attention, article agacé ! Mais je suis sûre que je ne suis pas la seule à avoir ressenti cela à un moment ou un autre.

On ne me laisse pas brûler

Exercice d’évacuation des locaux à mon travail. Tu connais le topo, on suit les guides-files, on ne prend pas le temps de prendre son manteau – MAIS on verrouille son poste de travail, on se regroupe… Tout va bien. Petit débrief du responsable.

Et là, au milieu des rappels : « Si une personne ne peut pas évacuer par les escaliers, admettons qu’il y ait une personne handicapée ou une femme enceinte dans les locaux, il faut la mettre en sécurité à un des emplacements dédiés, et, dès qu’on est sortis, signaler sa présence et son emplacement… ».

Crédits photos (Creative commons) : Kris Mikael Krister

Ma tête à ce moment-là.

Comment te dire. Au plus haut, nos locaux font deux étages. Je n’en suis qu’à mon premier trimestre (je n’ai même pas annoncé la nouvelle au travail à ce moment-là d’ailleurs), mais j’espère bien que je vais pouvoir continuer de monter ou descendre deux étages jusqu’au bout ! Et, si vraiment j’ai un souci tellement grave que je ne peux pas descendre deux étages en cas d’incendie… j’espère bien que je serai arrêtée (comment je fais pour accéder à mon bureau et en repartir sinon de toute façon ?).

Bref, je suis enceinte, mais je peux quand même descendre les escaliers, merci.

Collègue Relou, tu as peut-être mal au dos, mais pas moi

Encore au travail, quelques semaines plus tard, un matin comme un autre. Collègue Relou (son nouveau surnom depuis ma grossesse) arrive, salue et me demande « gentiment » : « ça va ? tu n’as pas trop mal au dos ? ». Moi, un peu perdue « euh… non… pourquoi? ». Apparemment, je suis enceinte, donc je dois avoir mal au dos. Bah oui, mais non. Excuses-moi d’avoir de la chance. Ou alors, c’est peut-être juste que grossesse et maux de dos ne sont pas systématiquement synonymes.

Plusieurs mois plus tard, pendant mon arrêt, je vais déjeuner avec des collègues (pas lui). Je me gare devant le bâtiment, et je vois Collègue Relou devant la porte (en train de fumer, beurk). Avant de couper le contact (et donc, avant de sortir de la voiture), j’entends un tonitruant « Oh là là, ça commence à être dur là la marche ! ». Euh, bah non : je marche même tous les jours, plus qu’avant !

Et, pendant mon arrêt, il continue d’abreuver mes collègues plus proches de questions pour savoir à quel point je suis agonisante. Les pauvres.

Bref, je suis enceinte, mais je n’ai pas forcément les mêmes symptômes que ta femme/ta sœur/ta voisine.

Laissez-moi donc jauger de mes capacités

Non parce qu’elles sont parfois dans un meilleur état que les vôtres !

Voilà ce que j’ai envie de dire à ceux qui veulent m’empêcher de faire ceci ou cela. Je dis parfois la première partie, rarement la seconde tout de même.

Crédits photos (Creative commons) : Benjamin Balázs

Je déplace une chaise de bureau ? On me saute dessus « non mais fais pas ça ! ». OK, elle est à roulettes, la chaise, je ne fais que la pousser.

Je porte un carton ? « Attends, poses ça, je vais le faire ! » C’est gentil, je ne dis pas le contraire (passons sur l’utilisation de l’impératif). Mais c’est un colis hyper léger, j’ai largement la force de le porter. Par contre je suis toujours fatiguée, donc répondre au mail sur lequel je t’ai relancé trois fois, ça me permettrait de prendre une pause et de souffler un peu. Je dis ça….

Quittons mon travail.

« Vous êtes venue à pieds ?? » Ma dermato, au troisième trimestre. Bah, vous êtes à vingt minutes de chez moi, ce n’est quand même pas énorme, surtout quand on sait que j’ai toute ma journée. Donc… oui.

« Ce n’est pas raisonnable de porter ce pack de lait enfin ! » 6 kg ? Et si j’avais un aîné, il en ferait probablement bien plus, non ? Je ne passerais quand même pas plusieurs mois sans le prendre dans mes bras.

À côté de ça

À côté de tous ces moments horripilants, j’ai tout de même beaucoup apprécié les amis qui viennent faire un détour par chez nous pour nous éviter de faire de la route ; les clients du point relais qui se sont proposés pour porter jusqu’à mon coffre mon gros colis (qui, lui, était bien lourd) ; toutes les personnes qui m’ont proposé de prendre leur place dans la file d’attente (omettons celle qui s’est débrouillée pour me passer devant volontairement hein, de toute façon, je n’étais pas pressée) ; les copains qui ont proposé de venir aider Papa Ours avec nos travaux pour me remplacer… Et tous les sourires gratuits, les petits mots gentils que j’ai reçus, parfois de la part de purs inconnus !

Bref, toutes les propositions d’aides ont été prises comme autant d’actes de gentillesse.

Ce sont les décrets selon lesquels je souffrais de tel ou tel souci, ou que j’étais diminuée, qui m’ont tant énervée. Et pour tous ceux-là, j’ajoute ce petit paragraphe de dernière minute (spoiil !) : jusqu’à mon dernier mois de grossesse, je nageais quasiment à mon rythme habituel ; jusqu’aux derniers jours avant mon accouchement, je marchais plusieurs kilomètres sans souci (on en parle, chers collègues qui prennent la voiture pour aller à la boulangerie à 500m ?). Deux jours avant, j’étais à mon cours de danse.

Et toc.

Dis-moi, toi aussi tu avais envie de leur dire « mais laissez-moi un peu faire ce que je veux non mais ! » ?


Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Aurore

Bonjour. J’aurais pu écrire cet article tellement ça ressemble à ce qui s’est passé pour ma première grossesse. En ce moment, en plein milieu du 1er trimestre pour ma 2e grossesse, c’est un peu différente. Je suis beaucoup plus fatiguée et essoufflée. J’espère que ça va s’améliorer.

le 11/03/2020 à 07h16 |

Maman Ours

J’espère que ça a été mieux depuis

le 28/05/2020 à 23h39 |

sereno

Bonjour
vous qui avez eu une grossesse sans soucis (du moins a la lecture de vos « exploit ») vous avez eu du mal a supporter la sollicitude de vos proches
Essayez de penser a celles (je crois majoritaire) qui ont une grossesse plus compliquée et qui vivent l’inverse (justement souvent de la part de femme qui comme vous ont eu une grossesse en pleine forme)

je poense que dans un moment comme celui la il vaux mieux un peu trop de sollicitude et de gentillesse que l’inverse

Ps: concernant l’exercice anti-incendie ce n’est pas une histoire de capacité a monter ou descendre..il s’agit d’éviter d’être bousculée et de tomber (notamment a partir du 5eme mois ou le centre de gravité commence a changer)

le 11/03/2020 à 07h25 |

Noisettine

Bonjour,
Je suis un peu attristée par votre article … je comprends quand vous dites que la grossesse n’est pas une maladie cependant c’est assez touchant de voir que vos collègues s’intéressent à votre état et prennent soin de vous … parfois avec maladresse mais c’est toujours avec bienveillance je pense 🙂

Personnellement mes collègues de bureau ont tiré la gueule quand j’ai annoncé ma grossesse, elles l’ont ignoré pendant toute la durée et ne l’ont jamais demandé si j’allais bien alors que notre job était assez stressant et que c’était parfois dur de tout gérer (merci la fatigue!). Honnetement leur attitude m’a beaucoup blessée, pourtant nous avions une bonne entente professionnelle.
Comme quoi nous réagissons tous différemment.

le 11/03/2020 à 11h26 |

Emma_chan

Ben moi ton article m a fait bien rire et j aurai pu en ajouter un dernier :être une femme enceinte ne donne pas le droit au reste de la planète de m abreuver de conseil médicaux sur ce que j ai ou pas le droit de faire. Et la sollicitude qui pousse à te diminuer comme petite chose fragile je trouve pas ça tellement bienveillant…
(en revanche j ai compris plus ou moins à retard qu éviter le port d objet lourd n avait rien avoir avec la force mais plutôt avec le périnée qui prend déjà cher du poids de bébé et s abîmé plus vite sur les efforts. Mais bon chacun voit midi etc…)

le 11/03/2020 à 13h26 |

Maman Ours

C’est clair, ni de juger pour toi ce que tu peux manger ou non ! Enfin bon….

le 28/05/2020 à 23h52 |

cecidrillon

Même si j’ai trouvé ton article relativement drôle, il me fait penser à ma meilleure amie qui se plaint qu’on veuille tout faire à sa place depuis qu’elle est enceinte, je me permets de réagir sur le premier élément que tu cites.

En tant que RRH en charge de la santé/sécurité au travail, je tenais à souligner que ça n’a rien à voir avec ta capacité ou non à monter/descendre 2 étages, c’est une question de sécurité. Lorsqu’il y a une vraie évacuation pour un risque incendie, celle-ci se réalise souvent dans la panique et dans un affolement bien supérieur à celui d’un exercice. Dans ces conditions, on préconise que les femmes enceintes à partir de 4/5 mois soient mises en sécurité dans un espace accessible aux pompiers plutôt que mêlées à la cohue d’une évacuation dans les escaliers avec les risques qu’elle présente. Beaucoup d’accidents arrivent lors des évacuations ! Donc personne ne te laissera brûler, en cherche juste à préserver ta sécurité et celle des autres 🙂

le 12/03/2020 à 10h35 |

Maman Ours

Merci pour la précision. Du coup, j’aurais bien aimé qu’il explique cela plutôt que de ranger les femmes enceintes dans la catégorie des personnes incapables de se déplacer….

le 28/05/2020 à 23h55 |

Amélie C

Ton article m’a un peu interpelée! J’ai l’impression à te lire que tu n’apprécie pas la sollicitude des personnes qui t’entoure. Par exemple pour le fait de porter un colis, même léger selon toi, je trouve ça au contraire adorable qu’un collègue se propose de le faire à ta place. Si cela te convient de le faire, juste un sourire et « c’est très gentil à toi, mais je me sens de le faire seul » me semble suffisant. Pourquoi s’agacer ?
Et effectivement peut être que la femme de ton collègue a une grossesse très compliquée. Et il veut juste te montrer (maladroitement) sa compréhension si tu galères dans tes déplacements ou ton mal de dos.

C’est difficile pour les gens de savoir comment chacun vit sa grossesse ! Et je trouve que clairement dans le doute, il est plus gentil de trop en faire que de ne jamais proposer de l’aide ou montrer sa sollicitude…
Alors de lire un article critiquant le fait que les gens proposent de l’aide à des gens qui potentiellement en ont besoin, ça me fait drôle…

le 13/03/2020 à 15h09 |

Maman Ours

Plusieurs messages se rejoignant, je vous répond en commun (très en retard, j’en suis désolée) : je comprends bien ce que vous dites, il n’y a jamais trop de gentillesse. Toutefois, il y a à mes yeux une grande différence entre proposer et imposer, entre me demander de mes nouvelles et me donner à de mes nouvelles.
Et je fais bien la différence entre ces comportements et ceux, adorables, que j’évoque à la fin.

le 29/05/2020 à 00h03 |

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