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A la une / Vie de maman

Je veux une fille !

“C’est une fille !!!”. C’est la phrase que je rêvais d’entendre de la part de ma gynéco à l’échographie du 4e mois. Tu t’en doutes vu que j’écris cet article aujourd’hui (et que j’ai un Choupi), ce n’est pas ce qui m’a été annoncé.

Je ne sais pas vraiment d’où vient cette préférence. Avant la naissance du Choupi, j’avais une petite idée mais depuis elle a été balayée. J’avais toujours vu mon papa gaga devant les petites filles de notre entourage et je pensais qu’il ne pourrait pas aimer autant un petit garçon. Mais ça c’était sans compter sur les pouvoirs magiques du Choupi : son charme et sa mignonitude. Dès leur première rencontre, j’ai compris qu’il serait encore plus gaga de ce petit garçon que d’une petite fille.

Mon mari avait une légère préférence pour une fille sans doute lié à nos schémas familiaux. Il a un frère mais on ne peut pas vraiment dire qu’ils soient proches alors que de mon côté, j’ai une soeur avec laquelle je m’entend très très bien. Sa préférence a sans doute joué sur ma déception vu que ne pouvais pas lui donner ce qu’il voulait (ce qui en réalité n’est pas de mon ressort vu que c’est les papas qui donnent le sexe de l’enfant) et je pense également que cela me faisait peur de ne pas reproduire le schéma familial que je connaissais.

Jusqu’au 4e mois de grossesse, j’étais vraiment persuadée de porter une petite fille. Nous avions choisi très rapidement le prénom. Je m’étais énormément projetée dans la future décoration de sa chambre, la confection de son faire part, les petites tenues que j’allais pouvoir lui acheter.

J’y croyais vraiment. Tous les signes concordaient. Nos amis avaient tous des garçons. Les statistiques étaient en notre faveur. Le choupi était le 5e bébé de notre groupe, mon chiffre porte bonheur (pour le côté rationnel on repassera). Je voyais des signes partout comme dans la découverte d’une marque de compotes (là encore pour le rationnel, on repassera) ou dans les rêves que je faisais.

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Crédits photo (creative commons) : Jonathan Rolande

Et puis dans le 4e mois de grossesse, j’ai eu une échographie non programmée. J’y suis allée seule et quand la gynéco m’a dit que c’était un garçon, tout s’est effondré. J’ai appelé mon mari pour lui annoncer, les larmes dans les yeux et la voix chevrotante. La même chose quand j’ai appris la nouvelle à mes parents et ma soeur. Mon rêve s’effondrait et en même temps je ne voulais pas y croire et je me disais qu’il y avait encore un espoir que cela change à l’échographie du 5e mois.

A l’échographie du 5e mois, le Choupi était toujours un garçon. J’ai eu une semaine assez difficile. J’oscillais entre la déception et la culpabilité d’imposer mes pensées négatives à ce bébé qui n’y était pour rien. Ma soeur m’a alors fait lire un article de Miss Pop sur DMT qui m’a fait énormément de bien tellement je me retrouvais dedans. J’ai appliqué un des conseils qui lui avaient été donnés par une sage-femme : parler de sa déception et de sa tristesse au bébé. Et puis tout s’est atténué et j’ai pu profiter pleinement de ma fin de grossesse (même un peu raccourcie).

Après la naissance du Choupi, j’ai cru que j’étais guérie de cette envie. En même temps comment ne pas l’aimer ce petit garçon. Il m’a montré que peu importe le sexe, on aime inconditionnellement son bébé. Je me voyais même finalement avec une fratrie de garçons alors qu’avant, je ne l’aurais pas du tout envisagé.

Et puis récemment, j’ai recommencé à envier et jalouser les personnes qui m’annonçaient la naissance de filles (proches ou moins proches). Je me suis interrogée sur le pourquoi de cette jalousie et je me suis rendue compte qu’elle correspondait assez bien à deux événements : la grossesse de ma soeur et le fait qu’on commence tout doucement à songer à un deuxième enfant avec mon mari.

J’ai peur de jalouser ma soeur si elle a une fille et du coup de ne pas arriver à aimer cet enfant. Actuellement, J’ai beaucoup de mal à montrer de l’affection aux petites filles qui m’entourent. J’ai du mal à savoir si je fais cela par culpabilité (vis à vis du Choupi), si c’est parce que je ne les côtoie pas au quotidien ou si c’est juste quelque chose que je ne connais pas et qui me rend mal à l’aise.

Ce deuxième enfant sera également le dernier (nous sommes tous les deux d’accord là dessus) et du coup c’est notre dernière chance d’avoir une fille et très clairement cela fait renaître l’angoisse de ne pas aimer cet enfant si c’était un garçon. Je suis déjà passée par là et je devrais savoir que j’ai réussi à passer outre, mais là je sais aussi qu’il n’y aura pas de nouvel essai et cela change beaucoup la donne. J’en suis même venue à me demander s’il ne vaudrait pas mieux ne pas faire de deuxième enfant plutôt que de subir une deuxième déception. Je sais que c’est dur comme pensée, mais j’y ai vraiment songé.

Puis j’ai pensé à ce que je voulais pour le Choupi et je ne veux pas qu’il soit fils unique. Une petite soeur ou un petit frère, je suis sûre que lui, tout lui ira.

Pour une deuxième grossesse, j’aurais aimé être capable comme Louna, d’attendre l’accouchement pour connaître le sexe. Mais je ne ferai pas ce choix. J’ai vraiment besoin de savoir pour me projeter et encaisser la nouvelle (si ce n’est pas celle que j’attends). Par contre, je pense que je demanderai à la gynéco de l’écrire sur un bout de papier pour pouvoir laisser sortir mes émotions en famille et au calme.

Je sais que mes raisonnements ne sont pas très logiques et franchement dérisoires par rapports à des personnes qui ont des difficultés à avoir des enfants ou qui ont des enfants malades, mais j’avais quand même besoin d’exprimer mes sentiments sur ce sujet. Beaucoup (trop) de personnes ne comprennent pas cette envie (surtout ceux qui oublient qu’ils ont eu cette envie et l’ont concrétisée) mais je n’ai pas envie de la cacher parce que j’espère vraiment que cela me permettra d’avancer.

Et si vous avez des conseils pour forcer un peu le destin, je suis toute ouïe !!!

Et toi ? Tu avais une préférence pour un sexe et tu as été déçue par le résultat de l’échographie ? Comment as-tu géré cette déception ? Viens nous raconter !

A propos de l’auteur

Jeune mariée (4 ans) et jeune maman (2 ans) d'un choupinou qui grandit trop vite !!! Je vis à Paris et j'essaye de concilier ma vie perso et ma vie pro du mieux que je peux.