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A la une / Vie de maman

Joyeux anniversaire à la maman en moi

Aujourd’hui, c’est un peu un jour spécial. Il y a un an, je suis devenue maman. Il y a un an, je tenais mon tout petit bébé dans mes bras. Et maintenant, quand je tiens mon tout petit bébé, je me fais une raison : mon tout petit n’est plus tout petit. Il s’en est passé des choses en douze mois… Il en a fait des progrès, mon gigot. Il marche depuis quelques jours et je sens mon bébé qui s’éloigne pas après pas. Pourtant, moi aussi j’ai appris de toutes nouvelles choses.

J’ai appris que mon corps pouvait supporter beaucoup

La grossesse, l’accouchement. Les remarques. Les nuits sans sommeil. Les débuts de l’allaitement et ses difficultés. L’épuisement général. Les heures de portage à faire les cents pas. Les éternelles remises en question…

Mais aussi toutes ces émotions décuplées, ces joies exacerbées, ces peurs incontrôlées et ces paniques irraisonnées. Tout cet amour qui m’emplit chaque fois que je pose les yeux sur l’amoureux et notre fils. Toute cette adoration pour ses petites mains qui s’agrippent à mon bras, ce petit rire quand on danse ou cet instant volé entre un père et son fils. Toute cette tendresse qui nous submerge quand sa tête se pose contre nous pour un moment tout doux. Toute cette chaleur qui me réchauffe chaque jour passé à leurs côtés.

J’ai enfin le sentiment de faire partie de la famille de l’amoureux

Il a fallu une grossesse pour que je ne me sente plus vraiment comme une pièce rapportée. Pour que je n’ai plus le sentiment de gêner pendant les fêtes de famille. Pour que je me considère comme « à ma place ». Il a fallu un enfant pour qu’on forme un couple stable et durable aux yeux de tous. Il a fallu un baptême pour lier nos deux familles officiellement. Quelle émotion quand on se rend compte que le grand-père de l’amoureux s’inquiète vraiment de l’état de santé de mon grand-père ou que nos familles papotent ensemble comme si elles se connaissaient depuis toujours.

Nous pensions pourtant que seul le mariage nous permettrait de lier notre union dans le temps. Nous nous trompions. Un petit bonhomme s’en est chargé avant. Et c’est tout aussi bien.

J’apprends à être une maman tout simplement

Je me réveille, je le berce, je lui fais à manger. Je m’inquiète, je m’interroge. Je me demande quand il percera sa prochaine dent ou dira ses premiers mots. Je lui change les couches, je lui fais prendre son bain. Je le soutiens dans ses apprentissages. Je l’encourage quand il tombe. Je l’applaudis quand il réussit. Je rigole quand il se met à danser et je m’attendris quand je le vois faire des câlins au chat. Je le compare aux autres parfois et je m’étonne de son gabarit ou de son développement.

Je culpabilise comme jamais. Je doute, je me questionne, je me remets en question. Mais j’ai jamais autant ri et pleuré aussi. Je me fâche un peu aussi. Je range beaucoup également. Je teste des techniques, me renseigne sur d’autres. Je vais au parc. Je prends 15 photos par jour (minimum). Je lui choisis des tenues. Je les lave au bout d’une demie-journée car elles ne résistent jamais longtemps à mon petit gigot.

Je suis devenue plus patiente. J’ai appris à ne plus me laisser submerger par les émotions négatives, le stress et la colère. Non, Cookie ne pleure pas parce qu’il veut ma peau, il pleure parce qu’il veut me dire quelque chose. Non, Cookie ne fait « exprès » de vider mon armoire à DVD ou mes placards pour m’embêter. Non, Cookie ne se moque pas de moi quand il reste éveillé à pleurer pendant deux heures jusqu’à ce que l’amoureux le prenne contre lui deux secondes et qu’il s’endort aussitôt. J’apprends à décoder les messages, les pleurs. J’apprends à réexpliquer trente fois la même chose et à ne pas m’énerver parce qu’il recommence invariablement trente secondes après. J’attends. Qu’il comprenne. Qu’il dorme. Qu’il dise « maman ».

Je papote avec d’autres mamans, je fais le point avec l’amoureux. J’écoute les anciens mais je ne suis pas forcément leurs conseils. Je réexplique 15000 fois mes principes à mon entourage et j’apprends à lâcher du lest aussi. J’abandonne quelques unes de mes idées en route et j’en intègre des nouvelles.

Je m’extasie devant un rien. Je suis émerveillée par tous ses progrès. Je surveille les cacas. Je me retrouve avec du vomi, du pipi, de la morve ou des restes de goûter sur mon pull. Je souris béatement devant l’amoureux et les yeux émerveillés que lui porte Cookie.

Il y a toujours des choses que je ne comprends pas, des choses que je ne sais pas faire, des éléments que je n’intègre toujours pas. Je ne sais toujours pas faire un biberon par exemple. Mais j’arrive à distinguer de plus en plus ses besoins, ses pleurs, ses envies, ses frustrations. Et ça, ça m’encourage à continuer.

Crédit photo : Babyzoom

Je commence à m’imposer

J’apprends à demander de l’aide. A côté de ça, j’apprends enfin à dire « non », à exprimer mes besoins à voix haute, mes ressentis, mes envies. J’arrête (enfin, j’essaye d’arrêter) de ne penser qu’aux autres et de m’oublier ; j’arrête de faire des compromis pour arranger les autres et j’arrête de culpabiliser parce que je demande quelque chose.

Par exemple, quand au bout de deux semaines d’adaptation à la garderie, la directrice veut toujours continuer à ne faire des séances d’une demie-heure, j’ose réclamer plus. Parce que j’en ai besoin. Parce que je veux pouvoir faire quelque chose. Et tant pis si ça n’arrange pas la directrice. Ou encore quand j’ai imposé à l’amoureux de changer de place dans le lit alors que ça faisait 3 semaines que j’en parlais. Parce que si ça se trouve, le fait que ce soit papa à côté (et non maman), ça lassera Cookie de se réveiller « pour rien ». Alors oui, il est crevé, il m’en veut peut-être un peu parce que du coup il a mal dormi. Mais tu sais quoi ? Je m’en fiche.

J’apprends à m’imposer aussi dans mes idées. J’affirme mes pensées et je reste sur mes positions. Tant pis si beau-papa est pas d’accord avec ça. Tant pis si Grand-Maman est choquée que j’allaite encore à un an, que je donne des morceaux à mon fils à six mois ou que je refuse qu’on le fasse marcher ou qu’on le mette dans le youpala. Tant pis si telle idée ne convient pas. Ou si mon idéologie politique dérange. J’ose enfin dire à voix haute ce que je pense. Tant pis pour les autres.

J’apprends à demander de l’aide aussi. A l’amoureux, à la famille, à des inconnus, à une psychologue. J’apprends à être faillible. J’apprends à ne pas vouloir être wonderwoman. Et ça fait du bien.

On a adopté un mode de vie plus sain

J’ai toujours beaucoup marché. En même temps, je n’ai pas le permis. Mais l’amoureux était un inconditionnel de la voiture. Depuis bébé, il envisage de plus en plus les transports en commun, le vélo (alors qu’il déteste ça). On se balade à pied, avec Cookie en écharpe ou en poussette et on passe notre après-midi à vadrouiller comme ça.

On a beaucoup évolué au niveau de notre alimentation aussi. On a réduit notre consommation de « bêtises », de viande, de lait. On a quasiment supprimé le sel et on consomme bio et local le plus possible. Comme Cookie mange comme nous, on s’oblige donc à adopter une alimentation variée, équilibrée, de saison et bio.

On cherche les moyens qui nous paraissent les plus sains, sûrs et naturels possible pour élever notre enfant. On se tourne vers les remèdes naturels (j’écrirai un article dessus si ça intéresse) et on a opté pour des moyens plus écologiques (et économiques) comme les couches lavables par exemple.

J’ai un agenda de ministre

Je n’ai plus une minute de temps mort.

Pourtant, je ne me suis jamais sentie aussi seule. J’ai l’impression de courir partout mais de n’être nul part. Mes journées sont ponctuées de petits moments importants, de rituels. Je me lève après un câlin, on ouvre les volets et on se cache de la lumière qui pique les yeux. On pose la tétine, on va jouer dans le salon le temps que je prépare des tartines grillées. On mange ensemble. On joue. On se raconte des histoires. On chante LA chanson pour aller manger le midi. On lit les histoires de la sieste, on s’amuse un peu dans le lit et on s’endort paisiblement. Parfois, je me relève et je prends du temps pour moi, parfois je suis trop fatiguée et je reste là pendant une heure et demi/deux heures à me reposer. Rebelotte dans l’après-midi.

Je ne travaille pas et pourtant je me lève tôt, j’ai plusieurs rendez-vous par semaine (médecin(s), crèche, PMI, copains, relai parent-enfant, spécialiste du rein, échographie, …).

J’ai organisé de jolies fêtes aussi. Un baptême, noël à la maison et je prépare (enfin, de temps en temps) mon mariage. Je prends confiance en moi et on me fait confiance. J’organise des fêtes de famille. Je rassemble ceux que j’aime (et qui nous aime – enfin j’espère) autour d’un bon repas ou d’une journée sympa. J’ai pris du grade. Je ne suis plus seulement la fille/la nièce/la petite fille qu’on invite ; non, je suis désormais celle qui invite. J’apprends à m’OR-GA-NI-SER. A faire des listes, à prévoir. Non, en fait, pas vraiment. Je suis toujours autant bordelique niveau organisation. Je prépare une bonne partie des trucs à la dernière minute MAIS je me soigne.

Crédit photo : photos personnelles

Être maman m’a rendu plus zen d’une certaine manière. En un an, il s’en est passé des choses. Ma vie a changé. Et c’est pas forcément plus mal. Alors, quand je fais le bilan de cette première année de maman, je me félicite. On s’en est pas trop mal sortis. Alors, pendant que tout le monde souhaite un bon premier anniversaire à Cookie, moi je dis « joyeux anniversaire à moi ! » (ou presque).

 

Et toi ? Est-ce que tu as changé ou évolué pendant la première année avec bébé ? En quoi ? Dis-moi ! 

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com