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A la une / Récit de grossesse

Notre parcours PMA : la troisième FIV était la bonne

Cette fois-ci, promis, on parle grossesse !

Ma deuxième FIV, en janvier 2015, je l’ai faite en n’y croyant pas du tout. Je ne sais pas pourquoi, dès le départ, je n’y croyais pas. C’était une période difficile, en plein hiver, j’avais de moins en moins d’espoir.

Cette FIV aurait pu simplement ne pas fonctionner du tout, mais non, pourquoi faire simple ? J’ai eu mes règles, j’ai fait le test de grossesse quand même, comme exigé par les médecins, et celui-ci s’est révélé… positif. Faiblement, mais positif quand même. Nous avons donc eu droit à dix jours de prises de sang, d’échographies et donc d’espoir, pour finalement apprendre que c’était une fausse-couche très précoce.

Après ça, j’ai été très abattue. En PMA, plus le temps et les tentatives passent, plus on se rapproche de l’éventualité tant redoutée de finir le parcours sans enfant. La FIV, en France, c’est quatre essais pris en charge. Ce qui veut dire, en gros, que la médecine renonce après quatre échecs.

Quand les tentatives s’enchaînent sans succès, l’espoir diminue proportionnellement au nombre d’essais auxquels on a encore droit. Et ça, c’est pire que tout.  Tant qu’il reste des possibilités offertes par la science, on a des raisons d’espérer : stimulations, inséminations, FIV… Mais quand la solution la plus radicale, la FIV, ne fonctionne pas une fois, deux fois…  on sait que la fin des solutions médicales approche, et avec elle, la fin de nos espoirs.

Après ce nouvel échec, on a envisagé de changer d’hôpital, pour consulter dans un autre où les résultats pour les femmes de 40 ans étaient meilleurs. Mais refaire des tests, changer d’équipe, tout ça sans délai, pour cause de f*cking horloge biologique, je n’avais tout simplement pas la force. J’aurais vraiment eu besoin de faire un break, mais à 39 ans et demi, tu ne fais pas de break de PMA.

Alors on a continué dans le même hôpital, seule solution pour ne pas perdre de temps. Et moi, je suis allée voir un psy. Pas à cause de la PMA  – nan, nan, ça, je gérais, mais à cause de mon boulot. Parce que j’étais totalement débordée de travail, et que je me sentais au bord du burn-out.

Sauf que bien sûr, j’ai dû parler boulot au psy environ vingt minutes, et toutes les autres séances ont été consacrées à ce désir d’enfant et à ces démarches qui n’aboutissaient pas.

J’en ai versé, des larmes, chez ce psy. Toutes celles que j’avais retenues pendant des mois, pour ne pas accabler mon entourage, et particulièrement mon mari, et pour ne pas m’enfoncer dans la tristesse. Mais elle était bien là, cette tristesse, bien tapie, bien maîtrisée.

La reconnaître enfin, l’exprimer, a été une libération. J’avais un endroit où j’avais le droit de pleurer. Un endroit pour déposer ma tristesse. C’est ce qui m’a permis de continuer à avancer avec ce poids en moins sur les épaules. Chaque semaine, j’allais le déposer dans ce cabinet.

Depuis deux ans, je vais aussi voir une masseuse qui pratique le massage énergétique chinois. Fatigue, colère, tristesse, elle fait disparaître tous les maux en une heure. Ça ne dure pas éternellement, mais dans les jours qui suivent, quel bien-être !

Juste avant ma troisième FIV, elle m’a proposé une nouvelle technique qu’elle apprend : la fasciapulsologie. Moins agréable qu’un massage, ça doit néanmoins être efficace, puisqu’elle a réussi à me faire mal à l’estomac juste en laissant sa main au-dessus pendant plusieurs minutes, quasi sans me toucher ! Il y avait pas mal de tensions là-dedans, et la douleur que j’ai ressentie correspondait à ces tensions qui partaient.

J’avoue que ce massage n’était pas spécialement agréable et que je n’ai pas spécialement ressenti de mieux-être juste après.

massage

Crédits photo (creative commons) : gaelx

Mais deux jours plus tard, brusquement, un dimanche matin, je me suis mise à croire dur comme fer à notre prochaine tentative.

Impossible d’expliquer pourquoi, c’était brutalement devenu évident : cette fois-là serait la bonne ! Je l’ai dit à mon mari, à ma mère, à ma sœur, à une amie, c’était certain, ça allait marcher ! Aucune raison spéciale d’y croire plus qu’avant, c’était comme ça, c’est tout. Et j’avais besoin de le dire à des gens, comme une sorte d’engagement. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant.

Je suis aussi allée voir le médecin de mon mari, qui pratique l’acupuncture, et une ostéopathe pour préparer la ponction. Ça en fait des « médecines parallèles »… Peut-être qu’en cas de nouvel échec, j’en serais arrivée au marabout…

Je ne te dis pas que la réussite de cette troisième FIV a un rapport avec ces « à côté » de la médecine pure, ou bien que c’est parce que j’y croyais que ça a fonctionné. Je peux très bien avoir eu une intuition, plutôt qu’une influence sur le résultat. Peut-être que mon esprit, grâce au psy et au fascia, était libéré, peut-être que j’étais enfin prête… Ou peut-être que tout ça n’est que bullshit, et que c’est un hasard complet, on ne le saura jamais.

Toujours est-il que, comme tu le sais depuis le début, cette troisième fois a été la bonne.

Deux jours après le replacement des deux seuls embryons obtenus, nous sommes partis en vacances à Istanbul. Contrairement à la tentative précédente, où nous étions aussi partis en vacances à l’étranger, je n’avais pas emporté de test de grossesse : je voulais éviter de trop me prendre la tête en comptant sans arrêt les jours avant de pouvoir le faire. Pas de test = pas de réponse avant de rentrer = tête à peu près sereine (j’ai bien dit « à peu près »).

Les jours ont passé, entre espoir et découragement (au gré de ce que j’essayais de sentir dans mon corps, notamment au niveau de la tension de ma poitrine, baromètre personnel de l’approche de mes règles). J’ai quand même tout fait pour profiter de mon séjour, avec relativement de succès.

Et puis, deux jours avant de rentrer, en prenant le bateau pour remonter le Bosphore, j’ai senti mon ventre se serrer un tout petit peu quand le moteur et ses vibrations ont démarré. Tiens, bizarre… Prendre le bateau, à Istanbul, on fait ça tout le temps, et jusqu’ici, je n’avais pas ressenti ça. C’était peut-être dans ma tête ?

Rebelote, pourtant, à chaque fois qu’on prenait le bateau, soit au moins deux fois par jour. J’étais de plus en plus sûre qu’il se passait quelque chose. Heureusement, le retour approchait, et avec lui, le fameux test !

Dans l’avion, c’est devenu évident :  la tension dans ma poitrine était repartie à la hausse et ça, ce n’était strictement jamais arrivé juste avant la date prévue de mes règles !

À l’aéroport, nous avons récupéré nos valises et, arrivés dehors, j’ai lancé à mon mari : « Bon, si tu veux, en arrivant à la maison, je fais un test, mais crois-moi, je suis certaine qu’il sera positif ! »

Il a effectivement préféré que je fasse un vrai test, celui de « J’ai le ventre qui se serre quand je prends le bateau » ne lui paraissant pas fiable à 100% (je ne comprends pas ??).

Un trajet en RER, un passage à la pharmacie et un aux toilettes plus tard, on y était ! La petite barre s’est affichée fièrement : c’était officiel, j’étais enceinte ! (Comme quoi, le test du bateau est très fiable, finalement. Mais bon, c’est moins facile à faire, faut reconnaître.)

Et toi ? En dehors de la médecine traditionnelle, as-tu tenté des méthodes pour t’accompagner dans tes essais bébé ? Massage ? Acupuncture ? Psy ? Autres ? À quels signes t’es-tu rendu compte que tu étais enceinte ? Raconte !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !