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A la une / Récit de grossesse

La grossesse de ma soeur

Là, vous êtes en train de vous dire : elle a pété un boulon Madame Fleur ! On s’en fout un peu de la grossesse de sa sœur. En plus, elle a déjà raconté son accouchement ici !

Seulement voilà, depuis que je suis enceinte, je n’arrive pas à me détacher de sa grossesse à elle. Avoir une soeur jumelle, cela implique inévitablement quelques comparaisons et des projections plus ou moins bienvenues, quand il s’agit d’un événement aussi important que la naissance d’un bébé. 

Et pourtant, dès le départ nos deux grossesses n’ont pas eu grand chose en commun. Elle m’avait un peu vendu du rêve avec son absence complète de symptômes. Même si j’ai été globalement peu impactée, je ne peux pas dire que le premier trimestre ait été des plus épanouissant pour moi. De plus, je me rends bien compte que je vis ma grossesse de manière beaucoup moins sereine qu’elle, et que nos caractères différents jouent un poids non négligeable sur nos ressentis.

Pourtant, assez rapidement, j’ai constaté que je me projetais sur les détails qui avaient rythmé sa grossesse. J’ai angoissé plusieurs semaines à l’idée que mes dents me jouent des tours (d’autant que j’avais quelques symptômes) et j’ai eu du mal à accepter qu’il n’en était rien (je n’en suis d’ailleurs pas encore complètement convaincue).

Mais il faut bien l’avouer, sa fin de grossesse m’a quelque peu traumatisé. Nous sommes très proches et j’ai eu vraiment peur pour elle et le bébé lors de sa MAP, puis lorsque mon neveu a finalement décidé que c’était le bon moment de sortir, même s’il était un peu tôt.

Crédits photo : Blanca_rovira

Ses déboires m’ont dans un premier temps conduit à consulter une gynécologue plutôt qu’une sage femme. J’ai eu besoin d’être confortée très rapidement quant à l’évolution de ma grossesse, sans pour autant être complètement rassurée entre chaque rendez-vous de suivi.

Et puis, j’ai fait le choix un peu envers et contre tout le monde de choisir la maternité où ma soeur a accouché, parce qu’elle est de niveau 3, alors que des maternités plus proches de chez moi étaient possibles. C’est un choix que j’ai encore du mal à assumer. Quasi personne n’a vraiment cherché à connaître mes raisons et tout le monde y est allé de son petit commentaire. Je le vis vraiment comme une intrusion dans ma décision (acceptée par mon mari) et comme un manque de confiance en mon jugement. Ma décision n’est pas complètement rationnelle, je le sais, mais elle me rassure et je ne veux pas faire subir un stress inutile à mon enfant. 

Lors de mon rendez-vous prénatal pour les cours de préparation à l’accouchement, j’ai vraiment pris conscience que je me projetais beaucoup trop sur une grossesse qui n’est pas la mienne. J’ai beaucoup parlé de la grossesse de ma soeur et des angoisses que cela avait générées.

La découverte du sexe du bébé (différent), en plus de m’aider dans la projection, m’a également permis d’envisager une grossesse différente. Pour autant, cette grossesse a généré son propre lot d’angoisses avec les examens supplémentaires pour vérifier la bonne croissance de notre bébé.

Au fur et à mesure que le terme de la grossesse de ma soeur se rapproche, les angoisses de prématurité s’ajoutent à mes autres angoisses. Et je crois que je ne serais rassurée qu’en dépassant cette date fatidique. Plus que quelques semaines à tenir, et j’arriverais sans doute à exorciser ce traumatisme.

Et toi, est-ce que tu as des angoisses liées à ton entourage ? Comment tu les surmontes ? Est-ce que cela impacte ta grossesse ?

A propos de l’auteur

Je suis une jeune femme trentenaire, mariée qui vit à Paris par nécessité professionnelle. Depuis juin 2017, je suis la maman comblée d'une adorable petite fille. Je suis quelqu'un de dynamique (mais pas pour le sport). J'aime les séries télé surtout américaines (même les plus débiles), la lecture, les mangas, la musique sous toutes ses formes (et là encore même les plus débiles !) et les jeux de société.