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A la une / Récit de grossesse

La grossesse, sex-appeal

Aujourd’hui je vais te parler d’un sujet plutôt intime.

Car sur le sujet, il y a le discours ambiant et puis il y a la réalité. Et cette réalité elle peut être mieux que le discours ambiant, mais elle peut aussi être moins bien. Dans ce cas ce n’est pas toujours bien vécu par les deux membres du couple et ça reste très tabou.

Le discours ambiant

Lorsque, pour ma première grossesse, je me suis mise à lire absolument tout ce qui existait sur le net et sur papier à propos de la grossesse, de la femme enceinte et du tout jeune bébé, j’ai eu l’occasion de lire des articles qui disaient à peu près cela :

  • Au premier trimestre la femme enceinte peut perdre un peu de libido, notamment liée au fait d’être nauséeuse.
  • Au deuxième trimestre la femme enceinte connaît un regain d’énergie générale ainsi qu’une libido en flèche. Elle se sent « désirable et sexy », « le plaisir est décuplé ». Le fait que le ventre ne soit pas encore trop imposant permet de faire des galipettes sans trop de soucis et le couple vit le parfait amour sous la couette.
  • Quand le ventre devient imposant, la femme enceinte peut trouver facilement le kamasutra de la femme enceinte pour l’aider à trouver les bonnes positions qui continueront de donner du plaisir aux deux membres du couple.
  • C’est plus souvent l’homme qui ne veut plus faire l’amour à sa femme de peur de faire mal à l’enfant qu’elle porte, ou par pudeur vis-à-vis de ce corps qui abrite la vie, ou déstabilisé par ce corps qui change sous ses yeux, ou autres raisons.

Bref, globalement, la femme enceinte est censée être épanouie sexuellement. Et même, « le sexe pendant la grossesse, c’est tout bénef » ! Et au pire, si ça ne va pas si bien que ça, c’est de la faute de l’homme (pour une fois !).

(Ce qui est cité entre guillemets est tiré de sites internet maternité bien connus).

Crédit photo (Creative commons) : niekverlaan

Dans les faits

Dans la réalité, et pour en avoir parlé avec plusieurs copines, oui, en effet, cela se passe parfois (souvent ?) comme ça. Il y a un regain de libido, les sensations sont nouvelles et décuplées, les désirs insatiables, et le futur papa a du mal à suivre (psychologiquement et physiquement !).

Mais pour moi les choses ne se sont pas du tout passées comme ça !

Au cours de ma première grossesse je me suis posée plein de questions, je ne comprenais pas ce qu’il se passait, je m’en voulais d’imposer à mon mari de longues périodes d’abstinence, je me croyais seule et je culpabilisais. Et puis j’ai découvert que non, je ne suis pas la seule, et que d’autres, comme moi, ne sont pas épanouies sexuellement pendant leur grossesse.

Alors, si ça peut te rassurer (ou t’affoler, mais ce n’est pas mon but hein !) :

  • Oui c’est possible de perdre complètement sa libido pendant la grossesse. Ou de n’avoir que 3 à 4 semaines de regain de désir sexuel.
  • Oui c’est possible que son conjoint soit complètement subjugué par les nouvelles formes de sa femme et qu’il la trouve vraiment belle et désirable pendant sa grossesse.
  • Oui c’est possible d’être teeeeeellement fatiguée que le sexe soit la dernière de ses préoccupations.
  • Oui les modifications sur cette zone-là, et notamment toutes les tensions sur le périnée, peuvent modifier les sensations.
  • Et non, ça ne sert à rien de culpabiliser vis-à-vis de son conjoint. Mais bon, je culpabilise quand même ! Mon mari est formidable et me comprend tout à fait, mais n’empêche que je sais qu’il en souffre et je m’en veux.
  • Mais aussi, oui, une fois passé l’accouchement, les suites de couche, l’éventuel bouleversement hormonal dû à l’allaitement, la fatigue des premières semaines, alors oui, la libido revient ! Et ça peut parfois être même mieux qu’avant…

Mon propos n’est pas du tout d’affoler les femmes qui n’ont pas encore connu de grossesse, car après tout chacune est différente et on ne peut jamais savoir ce qui nous attend. Mais j’ai été tellement rassurée quand j’ai appris que je n’étais pas la seule à vivre ça que je voulais témoigner pour celles qui se posent des questions, s’inquiètent, et culpabilisent en lisant des articles sur le sujet. Je le perçois maintenant vraiment comme un « symptôme de grossesse », au même titre que les nausées ou les vergetures, puisque je sais aussi maintenant que ce n’est que passager. D’ailleurs la rééducation du périnée peut aussi faire des miracles de ce côté-là : au final c’est un mal pour un bien !

Mes conseils, si cela vous arrive (car finalement on est deux à vivre la situation !) c’est :

  • La patience : c’est un passage difficile, mais ça reviendra.
  • La communication : pas facile de savoir ce que l’autre ressent si on n’en discute pas. Et nous savons tous que la frustration dans un couple n’est bonne pour personne. Expliquez-vous l’un l’autre vos ressentis, vos manques, vos inquiétudes, vos attentes. Et éventuellement trouvez des solutions qui pourraient convenir à chacun.

Si ce sujet t’intéresse, je pourrais te parler une prochaine fois de la reprise de la vie sexuelle après l’accouchement !

 

Et pour vous, ça s’est passé comment ? T’attendais-tu à des changements de ce type pendant ta grossesse ? Ou au contraire tu as vécu une période de plénitude ?

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).