Menu
A la une / Témoignage

Un jour tu parleras ma fille

La dernière fois, je t’ai parlé de la motricité de petit koala. Si sur ce point là nous n’avons absolument aucune crainte, il en est un pour lequel nous sommes constamment sur le qui-vive: le langage. Et je vais t’expliquer pourquoi.

Crédit photo (creative commons) : Daria Shevtsova

À chaque enfant sa priorité

Il est assez rare qu’un bébé soit autant avancé dans tous les domaines existants. En observant un peu le panel, on se rend vite compte que généralement il choisit un domaine de prédilection. Chez nous, il n’y a absolument aucun doute sur le fait que son choix s’est porté sur la motricité. Par contre, à 18 mois (corrigés cette fois-ci), elle ne disait toujours que « maman », là où elle devrait prononcer plusieurs mots. Lever de bouclier du pédiatre. Là normalement comme tout le monde, tu dois te dire que c’est un peu trop anticipé n’est ce pas ? Que certains enfants parlent tard, très tard, parfois même pas avant d’être rentrés en maternelle. On a bien le temps de s’en préoccuper d’ici là.

Oui mais voilà, bébé koala est prématurée, et bébé koala a eu un arrêt cardiaque. Pendant un instant, même bref, son cerveau n’a plus reçu d’oxygène, et il était impossible à sa naissance de savoir s’il y avait eu des séquelles. Oui à court terme, tout a été rapidement rassurant, mais ce n’est qu’en l’observant grandir qu’on pourrait déceler des choses invisibles en période néonatale. Et le langage en fait partie.

Tout le problème réside là. On est devant un fait: petit koala ne parle pas et absolument rien ne peut dire si problème de langage il y a réellement ou si notre fille n’est juste pas intéressée par cela. Son pédiatre ne peut donc que se baser sur des examens réguliers pour essayer d’être réactif le plus possible. Et il s’avère qu’à chaque examen il y a eu un point bloquant: babillage tardif, suspicion d’épilepsie avec période d’absence, absence de réaction au son, absence d’attention, pas de répétition. Une accumulation qui nous emmène à avoir un doute suffisamment présent pour ne pas prendre de risque et être attentif à son évolution verbale. 

La vigilance parentale

Le problème de notre fille est réellement au niveau de la parole car en ce qui concerne la compréhension, il n’y a absolument aucun problème. Elle entend et comprend parfaitement des instructions simples à sa portée. Mais elle ne répète rien et ne nomme rien. À 22 mois, elle vient tout juste d’intégrer « papa » en plus de maman, commence tout juste à essayer de répéter certaines choses, et choisit toujours ses propres termes pour désigner certains de ses objets favoris et non les termes adéquats. 

Pour autant, nous ne lui mettons aucune pression. Il n’est absolument pas question de vouloir la forcer à développer son langage contre son gré. Mais de notre côté, nous faisons bien attention au choix des mots que nous employons, à nommer et renommer les choses, en articulant bien. Nous essayons de l’inciter à faire de même, sans succès certes, mais c’est avec la persévérance qu’on arrivera à la faire avancer petit à petit.

Son pédiatre à côté joue son rôle et son devoir de professionnel de la santé. Il nous a donné rendez-vous à sa visite des 2 ans pour le prochain bilan qui déterminera s’il faut qu’on anticipe et commence déjà des séances d’orthophonie. Les listes d’attente étant longues, il est important à ses yeux d’en faire la demande dès ses 2 ans s’il s’avère encore là que les examens ne sont pas concluants. 

Je ne saurais pas te dire aujourd’hui comment je me sens par rapport à tout cela. Je savais qu’en ayant une enfant prématurée, c’était un peu comme jouer à la loterie sans savoir avec quoi on va repartir ni quand on va le découvrir. Nous étions sur un nuage jusqu’à sa visite des 18 mois où on a réellement abordé le sujet. J’ai eu du mal à encaisser le coup même si le pédiatre était au par ailleurs très optimiste de son côté. Bien sur, lHomme et moi avions déjà remarqué certaines choses qui nous avaient interpellées, mais quand le pédiatre commence à en parler, ce n’est plus la même dimension. C’est le passé qui revient frapper à la porte, raviver des souvenirs et réveiller des angoisses. Et tu sais quoi? Ce n’est que le début. Nous ne sommes encore qu’à la 1ère des 6 années de suivi où à chaque visite il nous faudra retenir notre souffle, et vivre un peu encore en apnée. 

A propos de l’auteur

Après avoir raconté mon mariage sur Mademoiselle Dentelle, je passe de l’autre coté pour te parler de mon approche de la maternité. Je suis devenue maman en 2018, et ce fut un grand chamboulement qu’il me tarde de te raconter. Si tu veux suivre nos aventures au quotidien, je t’invite à me retrouver sur instagram sous le pseudo el_m_b