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A la une / Récit de grossesse

L’aventure de mon premier trimestre

Tu es fan de Koh Lanta ?

Tu adores suivre les aventures physiques et émotionnelles des candidats mis en position délicate ?

Alors, tu vas adorer cet article où je vais te raconter mon premier trimestre de grossesse, mon Koh Lanta personnel !

Un Koh Lanta 2.0 où les épreuves ne viennent pas de l’extérieur mais de l’intérieur. Ce n’est pas l’environnement le problème mais ton corps qui se met à agir de manière inédite pour te faire subir toutes sortes d’épreuves.

Crédit photo : Counsulling

Oui, j’étais immensément heureuse d’être enceinte mais rapidement, mon corps a commencé à me jouer de sacrés tours.

Épreuve 1 : corps affaibli et pas fiable

Dès les premiers jours, j’ai senti qu’il se passait un truc dans mon corps.

Oh non, pas en mode « je sens qu’un bébé grandit en moi, le miracle de la vie blabla ».

Non plutôt, mon corps n’a plus de force et il peut potentiellement faire VRAIMENT n’importe quoi.
Genre avoir des vertiges, têtes qui tourne et jambes flasques… Surtout en passant de la position assise à debout. Les troubles visuelles en prime. Le besoin de me tenir à la rampe en montant l’escalier etc. Dès le début de ma grossesse d’ailleurs, j’ai le souffle d’un batracien asthmatique dès qu’il s’agit de gravir quelques marches.

Avec tout ça, impossible de continuer à aller d’un cours à l’autre sur mon vélo à Amsterdam. Déjà que d’habitude, j’ai l’impression d’être dans un jeu d’aventure pour essayer de ne pas tuer un touriste ou de finir encastrée dans un scooter (c’est un peu l’anarchie le vélo dans le centre d’Amsterdam, et bien sûr, j’ai l’option vélo sans frein manuel pour que ce soit plus fun).
Sauf que les transports en commun à Amsterdam, ce n’est pas super efficace (d’où le nombre de personnes qui choisissent le vélo, malgré le climat souvent incertain), il a donc fallu jouer encore plus au tétris avec mon emploi du temps pour caser mes cours aux quatre coins de la ville.

En cours, d’ailleurs, je passe le maximum de temps assise. Heureusement, depuis le mois de janvier, j’ai donné mes cours enfants sportifs à d’autres prof de mon équipe. 
J’essaie de relever le défi de faire des cours dynamiques et sympa sans trop bouger et alors que je donnerais souvent beaucoup pour juste pouvoir passer mon temps sous la couette.

Épreuve 2 : énorme fatigue

Cela dit, j’y passe du temps sous la couette.

À 18h, y a plus une once d’énergie dans ce corps-là, je peux pousser un peu mais définitivement, à 19h, y a plus personne, ce n’est même pas la peine de me parler.

Je dors donc 11h par nuit. Plus si je peux. Je fais la sieste le weekend.

Et pourtant, j’arrive tant bien que mal à faire ma part d’administration et de management de mon école, préparer mes cours et les donner, bravo moi ! (Je me demande quand même comment font celles qui sont dans le même état et ont des enfants en bas âge).

Bon, soyons, honnête, il y a des moments de faiblesse, je ne passe pas cette épreuve haut la main.

Genre, la fois où je crois que je me suis endormie quelques secondes en cours : donner quelque chose à faire individuellement, s’asseoir, silence dans la salle, mes yeux se sont fermés avant que quelqu’un demande « Claire ? ». Ouf, personne ne s’est rendu compte de rien…

Épreuve 3 : Nausées et vomissements

Et puis, bien sûr, l’épreuve classique : les nausées !

Toi aussi, tu as entendu parler de nausées matinales ? 
Ahah, la bonne blague.

Oui, j’ai bien eu des nausées matinales mais aussi des après-midiales et des soirales aussi (oui, je sais ces adjectifs n’existent pas, on dit post-méridiennes et vespérales mais comme je suis une aventurière, j’ai le droit d’inventer des mots !)

Je vomissais donc systématiquement le matin, oui, mais j’avais envie de vomir tout le temps, vraiment en permanence. Et ça m’arrivait plusieurs fois par jour. 
Le jour où j’ai vomi dans un canal en sortant d’un cours et c’était la troisième fois de la journée, je me suis dit que ça n’allait vraiment pas le faire.

Et donc, j’ai faibli, j’ai décidé de faire appel à l’aide extérieure (le mode Robinson Crusoé, tout seul avec ses problèmes, ça va 5 minutes), j’ai pris rendez-vous chez le médecin qui m’a prescrit un anti-vomitif.

Je pense que ça m’a sauvée. Vraiment. 
Bon, ce n’était pas non plus la grosse fête, je me sentais encore beaucoup nauséeuse, je vomissais encore le matin surtout quand je me réveillais tôt mais j’ai arrêté d’avoir des spasmes vomitifs toutes les deux heures.
Mon conseil donc si toi aussi tu as des nausées infernales : tu n’as rien à gagner à vouloir prouver que tu peux y arriver toute seule, file chez ton médecin, il peut peut-être t’aider.

Sinon, manger par petites quantités dès que tu sens que tu risques de vomir. Ça semble absolument pas naturel mais ça aide… J’avais beaucoup plus envie de vomir le ventre vide. (J’ai donc dépensé beaucoup d’argent en snacks acheté sen catastrophe n’importe quand dans la journée…)

Épreuve 4 : les petits bonus

Au milieu de tout ça, il y a un florilège de petits cadeaux en plus pour vraiment avoir l’impression que ton corps est dans un grand huit permanent.

Les tiraillements en bas du ventre, autrement dit douleurs ligamentaires, parait que l’utérus fait de la place…

Aussi ma digestion étant totalement parti en free-style, j’ai eu la merveilleux chance de m’améliorer dans ma capacité à roter, j’aurais gagné les concours d’adolescents. Sauf que ma puberté est loin derrière moi et comme je suis une dame bien éduquée, j’ai dû apprendre à camoufler tout ça…

Enfin, comme le physique ce n’est pas assez, la grossesse te fait aussi vivre une épreuve morale. Vive les hormones qui te provoquent des moments de déprime incontrôlée et une envie inexpliquée de pleurer à n’importe quel moment.

Vraiment fun tout ça.

Et je ne te parle pas de l’épreuve du sevrage du saucisson et du jambon cru, hein… (Non, je rigole. Enfin, à moitié…)

Épreuve fil rouge : faire comme si tout allait bien

Ça n’a pas l’air facile tout ça, n’est-ce pas ? (Oui, je suis comme les vrais participants de Koh Lanta, mon égo aime qu’on me plaigne).
Ça ne l’était pas, surtout parce que ce qui est vicieux dans le truc, c’est que tu dois faire comme si tout va bien. Tu gères. Tu es totalement normale.
Pourquoi ? Parce qu’il ne faut pas le dire avant les 12 semaines réglementaires.

Franchement, j’ai trouvé ça super dur et je me suis beaucoup interroger sur le fait de le dire quand même parce que j’avais vraiment peur qu’on me trouve beaucoup moins compétente que d’habitude sans explication.

Mais en fait, le dire n’est pas forcément la solution non plus, j’ai trouvé.
D’abord, parce que du coup, les proches (à qui je l’ai dit rapidement) sont prudents du risque de fausse couche et donc ne se réjouissent pas complétement alors j’avais l’impression de leur voler quelque chose (la joie de le savoir sans grande crainte que ça n’aille pas au bout) en ne leur annonçant pas plus tard.
Ensuite, parce que les gens ne comprennent pas forcément ton état d’esprit au milieu de cette difficile aventure.
En témoignage cette conversation que j’ai eue avec quelqu’un qui savait que j’étais enceinte :
« – Tu as eu le rendez-vous avec la sage-femme ?
– oui.
– Tout va bien ?
– oui, oui. Mais c’est dur quand même.
– Mais le bébé va bien ?
– Oui, le bébé va bien mais moi, je me demande comment je vais tenir à ce rythme-là.
– Mais tu n’es pas heureuse d’être enceinte ?
– Ah si, et je ne changerais ça pour rien au monde mais si ça dure comme ça, je ne sais pas comment je vais survivre »

Je me demande si c’est deux raisons ne sont pas à la base de ce fameux « il faut attendre la fin du premier trimestre pour le dire »…
Et souffrir en silence et avec le sourire en plus. Tout va bien, je vais bien.

Bilan des épreuves

Le principe était de survivre, je suis encore là, j’ai gagné ? 
J’ai réussi à n’annuler aucun cours au dernier moment. Et à plus ou moins faire mon boulot correctement.
J’ai gagné quoi alors ?

(Je veux dire à part le dégoût des biscottes pour le restant de ma vie – on m’avait conseillé de manger ça au réveil et maintenant, rien que voir le paquet me rappelle physiquement à quel point j’étais mal…)

Mon retour, plus sérieusement…

J’ai trouvé mon premier trimestre de grossesse vraiment difficile.
Cette grossesse, je l’ai attendue, je l’ai rêvée.
J’ai eu très peur dès le début d’avoir des difficultés à tomber enceinte mais bizarrement, même si j’avais lu beaucoup de témoignages, je n’ai pas imaginé un instant que la grossesse me rendrait malade. Je voyais déjà tellement épanouie par ce statut.

Pendant ces quelques mois où je me sentais si mal, oui, j’étais heureuse de l’idée d’être enceinte.
J’étais aussi terrorisée à l’idée de pouvoir faire une fausse couche. Et vraiment apeurée d’être dans cet état pendant neuf mois. Il y a vraiment eu des moments où j’étais très mal, où je me suis retrouvée à pleurer de fatigue, d’exaspération et de peur de tout ce que je ressentais.

Et puis, j’ai passé les 12 semaines, j’ai eu moins peur de perdre ce bébé, j’ai commencé à pouvoir l’annoncer, mon état s’est peu à peu amélioré… Et je suis partie en vacances deux semaines de la 14 à la 16ème semaine et ça, c’était vraiment une bonne idée, je me suis sentie d’un coup beaucoup mieux au milieu des vacances.

Et le deuxième trimestre bien plus doux pouvait enfin commencer…

Je voudrais conclure cet article par une pensée à toutes les femmes qui traversent leur Koh Lanta personnel, leur envoyer de douces pensées et leur dire « promis, ça passe, quand on est au milieu, on a l’impression que c’est sans fin mais ça passe… Prends soin de toi, économise-toi et repose-toi au maximum ; et n’hésite pas à aller voir ton médecin si besoin ».

Et toi, comment se passe ou s’est passé ton premier trimestre ? Tu as aussi eu l’impression que c’était une succession de dures épreuves ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com