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A la une / Témoignage

Après l’accouchement : mon baby blues

Je voulais te raconter directement les suites de mon accouchement, mais finalement, j’ai souhaité faire une petite parenthèse pour te parler de mon baby blues.

baby blues

Crédits photo (creative commons) : RenaudPhoto

Mon expérience

En cours de préparation à l’accouchement, le sujet avait été abordé. Et quelques jours avant d’accoucher, Mademoiselle H m’a dit en sortant du cours qu’elle avait peur de faire ce fameux baby blues : elle avait peur que ça lui manque de ne plus sentir son bébé dans son ventre.

Va savoir pourquoi, je me suis dit que c’était ça, le baby blues : regretter sa grossesse… Et pour tout te dire, j’étais certaine que ça ne m’atteindrait pas ! J’aimais être enceinte, mais j’avais trop hâte de rencontrer ma fille et de passer du temps avec elle ! C’était impossible que ça me déprime.

J’ai accouché un soir. Je me suis donc très vite retrouvée seule avec mon bébé, sans savoir comment m’en occuper. La nuit a été dure et longue. J’avais mal à l’episio, je ne savais pas mettre ma fille au sein. Ni la changer. Et je n’avais pas mes affaires (mon mari ayant oublié de me les donner le jour J).

De plus, l’auxiliaire puéricultrice de garde ayant eu un accident avant de partir travailler, elle avait été remplacée par une jeune intérimaire, qui ne connaissait pas la maternité. Après une visite de sa part, j’ai préféré me débrouiller seule.

Le lendemain, tout allait à peu près bien. J’avais mal, mais c’était supportable. J’étais fatiguée, mais confiante : je savais déjà comment gérer mon bébé ! Et j’en étais très fière.

Ma famille et ma belle-famille sont passées. Elles sont restées toute l’après-midi. J’étais contente de les voir, et tellement fière de la petite. Quand elles sont parties, j’ai commencé à appréhender la nuit. J’avais peur de me retrouver toute seule. Puis mon mari est parti.

Quand la sage-femme est passée, je lui ai dit que je n’étais pas bien, les larmes aux yeux et la voix tremblotante. Elle m’a rassurée en me disant que c’était normal, que 80% des femmes passaient par là. J’aurais aimé qu’elle reste et qu’on en parle, mais elle avait sa tournée à faire, et je n’ai pas osé demander…

J’ai passé, à ce jour, la pire nuit de ma vie.

Au moment où j’allais me coucher, Princesse s’est mise à régurgiter. Moment hyper flippant, car elle était allongée à plat et ne tournait pas la tête. Complètement paniquée, j’ai appelé l’auxiliaire puéricultrice, et elle m’a expliqué de manière hyper désagréable (peut-être que c’étaient les hormones et la fatigue, mais je l’ai ressenti comme ça) que je ne devais pas paniquer pour rien, que ce n’étaient que des glaires.

« Des quoi ?? Elle a un rhume ??
– Mais non, des glaires !
– Et ???
– C’est le reste de liquide amniotique présent dans les poumons du bébé qui est rejeté.
– Ah bon ? Je ne connaissais pas. Et du coup, je fais quoi ?
– Rien, rien, ça va passer. »

Je n’ai pas osé reposer Princesse dans son lit de la nuit. Et comme je n’osais pas dormir avec elle dans les bras, je somnolais… Dès que je m’endormais, je me réveillais en sursaut. Dès qu’elle se mettait à tousser et à régurgiter, je paniquais.

Puis, vers 3 ou 4h du matin, elle a voulu prendre le sein. Sauf qu’elle ne mangeait pas, elle tétouillait. J’ai commencé à avoir vraiment mal. Dès que je la retirais, elle hurlait, et je n’arrivais pas à la consoler. J’ai espéré qu’une sage-femme ou une auxiliaire puéricultrice vienne en l’entendant hurler, mais personne n’est venu et je n’ai pas osé demander de l’aide.

Je n’arrêtais pas de pleurer, me demandant pourquoi j’avais fait un enfant. J’allais lui offrir une vie pourrie. Elle aurait une mauvaise mère. Je n’arrêtais pas de me dire que c’était de ma faute. Que cette pauvre petite qui n’avait rien demandé avait hérité d’une mauvaise mère. Je me disais que j’avais fait la plus grosse bêtise de ma vie. J’étais trop jeune pour savoir m’occuper d’un enfant.

Vers 7h, mon mari est arrivé. Je n’en pouvais plus… Je n’avais littéralement pas dormi de la nuit, et les deux ou trois heures de la nuit précédente ne m’avaient pas permis de récupérer de l’accouchement. J’ai donné Princesse à mon mari pour pouvoir dormir une heure. Mais Princesse refusait de rester avec lui. Elle voulait le sein, et rien d’autre.

En plein désespoir, j’ai sorti la tutute que j’avais achetée, et je la lui ai donnée. Elle l’a prise et s’est endormie. J’ai dormi aussi, pendant deux heures. Et quand je me suis réveillée, tout allait beaucoup mieux. Mon baby blues était fini.

La psychologue de la maternité est passée dans la matinée. Une sage-femme l’avait prévenue la veille que je n’allais pas bien. J’ai beaucoup apprécié ce geste.

En fin d’après-midi, une amie est passée. C’est elle qui m’avait conseillé cette maternité. Quand elle m’a demandé comment j’allais, j’ai fondu en larmes. Et elle m’a suivie. Elle m’a dit que j’aurais dû l’appeler la veille. Elle m’aurait aidée.

La nuit suivante a été beaucoup plus facile. J’ai même réussi à éteindre la lumière !!!

Comment t’y préparer et t’en sortir ?

Je voudrais maintenant te donner quelques conseils qui, j’espère, te permettront de mieux appréhender ce petit passage. Personnellement, je pense que j’aurais dû réagir ainsi.

Déjà, je suis sûre que tu es ou seras mise au courant : il y a une grande différence entre un baby blues et une dépression post-partum. Le baby blues ne dure que quelques heures. Pour moi, une trentaine d’heures. Il est dû à la chute d’hormones dans ton corps. Je ne peux pas te dire grand-chose sur la dépression post-partum, si ce n’est que c’est beaucoup plus long et qu’il faut être prise en charge par un professionnel très rapidement.

Si tu as des amies qui ont des bébés, demande-leur ce qu’elles ont vécu, en détails. Des copines m’avaient dit avoir fait un baby blues, mais sans m’expliquer en quoi ça consistait. Parfois, on n’ose pas en parler, mais en creusant un peu, on se rend compte que l’on est hyper nombreuses à passer par là.

Ensuite, pense à appeler une amie ayant fait un baby blues quand tu n’iras pas bien ! Elle, elle te comprendra et ne te jugera pas quand tu lui diras que tu regrettes d’avoir fait un bébé. Elle saura te faire comprendre que c’est passager. J’aurais aimé avoir quelqu’un à qui téléphoner… (Je suis contente d’avoir pu aider une amie qui a accouché neuf mois après moi quand elle m’a téléphoné le lendemain de son accouchement. J’ai même laissé mon téléphone allumé toute la nuit, au cas où elle aurait besoin de parler à 4h du matin.)

N’hésite pas à en parler à une sage-femme et à demander de l’aide. Je regrette de ne pas avoir demandé à ce que l’on me garde ma fille une heure ou deux pour que j’arrive à récupérer de l’accouchement.

Enfin, ne t’inquiète pas trop. Oui, tu vas pleurer. Oui, tu vas peut-être regretter d’avoir fait un enfant. Oui, tu vas te sentir mauvaise mère. Mais je te rassure, ce bébé, tu vas l’aimer plus que n’importe qui d’autre au monde. Et, oui, tu seras la meilleure mère au monde pour lui.

Un dernier petit message aux jeunes mamans : n’hésitez pas à raconter votre baby blues à vos amies enceintes. Vous ne les dégoûterez pas d’avoir un bébé, et comme ça, elles seront prévenues. J’aurais personnellement préféré mille fois arriver à la maternité en sachant à quoi m’attendre, plutôt que de me prendre une telle claque.

Et toi ? Tu as fait un baby blues ? Est-ce que tu t’y attendais ? Comment as-tu géré ? Viens en parler…

A propos de l’auteur

Madame D depuis septembre 2015, je suis la maman (comblé) de Princesse, 5 ans et de PetitLion 1 an et demi (à peu près). Absente par ici depuis quelques temps, je reviens te raconter cette seconde grossesse et notre nouvelle vie à 4 (oui je te raconte ma vie quoi !)