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Le choix des prénoms de ma fille

Cela ne t’a peut-être pas échappé, je t’ai raconté la naissance de ma fille sans te dire son prénom.

Alors, voilà, j’ai décidé de ne pas le révéler par ici.

Aparté

Je me demande régulièrement quel impact a le fait que je raconte ma vie sur Internet. Pour le moment, il n’y a eu que du positif ou presque, des échanges riches, de belles rencontres et le plaisir pour moi d’écrire et d’être lue.

En racontant autant ma vie, je sais que mon anonymat n’est plus très grand… Et il y a longtemps que j’ai pris conscience que le virtuel et le réel sont perméables, heureusement souvent pour le meilleur (même si c’est bizarre de rencontrer des gens qui ont l’air de bien te connaitre et dont toi, tu ne sais rien… #monquartdheurecélébrité)

Mais je voudrais protéger un peu ma fille. Elle ne m’appartient pas. Elle ne peut me donner son avis. C’est pourquoi je n’écrirai pas noir sur blanc son/ses prénom(s), pas plus que vous ne verrez vraiment son visage. Et j’essayerai toujours de garder en tête la question « peut-elle se sentir trop exposée plus tard à la lecture de mes écrits ? » avant de soumettre un article à la publication…

Bref, cette parenthèse faite, je vais quand même te parler des prénoms de ma fille… Ben oui, sans te les donner !

Oui, parce que si je n’ai pas envie de les révéler tels quels, j’ai bien envie de t’expliquer nos choix… Je me dis que c’est toujours intéressant de savoir comment un prénom a été choisi et si ça peut aider un peu celles et ceux qui se posent plein de questions sur comment nommer leur enfant, notamment dans les couples internationaux.

Crédit photo : Blickpixel

Une liste de critères longue comme un jour sans pain

J’ai toujours aimé parler de prénoms. Collectionner les prénoms qui me parlent. Connaitre l’étymologie, l’histoire d’un prénom…

Et donc, il y a quelques années, j’ai commencé un fichier de prénoms rencontrés et aimés. Pas forcément pour les donner mais pour m’en rappeler.

Tout confondu, j’avais environ une cinquantaine prénoms de filles et une vingtaine de prénoms garçons avant même de concevoir un bébé, oui, oui.
Au fil des essais, puis de la grossesse, j’ai complété. On est arrivé à une trentaine de prénoms pour un garçon et une soixantaine pour une fille, en faisant des catégories « j’aime et j’aimerais le donner », « j’aime mais pour un prénom secondaire », « j’aime mais je ne sais pas si j’oserai le donner »…

Et surtout, j’ai affiné mes critères pour le prénom principal.

Je voulais :

  • Un prénom qui se prononce pareil en néerlandais et en français et qu’on ne se pose pas la question de la prononciation (exit les prénoms avec g, h mais aussi les voyelles nasales -in, -on, -an)
  • Un prénom qui ne soit pas néerlandais – notre enfant porte le nom de son père, j’ai moi-même un nom de jeune fille d’origine flamand, je ne voulais pas insister sur le côté néerlandais. Je voulais qu’il y ait quelque chose d’ailleurs mais pas forcément français…
  • Un prénom pas trop long parce que les néerlandais ont tendance à souvent raccourcir les prénoms longs et je ne veux pas m’embêter à trouver un joli prénom pour qu’on l’appelle autrement
  • Un prénom original – en évitant les prénoms les plus donnés que ce soit à la mode ou de manière intemporelle (et ce pour les Pays-Bas et la France)
  • Que l’orthographe et la prononciation ne soient pas trop compliquées pour pas que notre enfant ait systématiquement à épeler et/ou corriger son prénom
  • et critère particulièrement difficile quand tu es prof et que tu connais plein de monde : je voulais ne connaitre personne avec ce prénom-là

L’amoureux de son côté en a ajouté :

  • Il ne voulait pas qu’il y est une référence trop marqué (exit Éponine par exemple car c’est directement une référence aux Misérables – pourtant, j’ai tenté de négocier en expliquant que c’est un prénom qui existait avant Victor Hugo mais peine perdue)
  • Il ne tenait pas particulièrement à ce que ce soit un prénom français
  • Il était beaucoup plus frileux que moi sur l’originalité
  • Il est assez strict sur la prononciation qui doit être la même que dans la langue d’origine du prénom

Résultat, très rapidement on s’est mis d’accord sur un top 3 pour le prénom garçon (beaucoup des prénoms de ma liste lui plaisaient et ceux qu’il a proposés me plaisaient aussi en général), par contre, pour les filles, ben il a minutieusement dit beurk ou bof à toutes mes propositions (oui, les 60…) et on a mis du temps et on a même fait appel à Alice La lutine prénomeuse pour nous donner de l’inspiration…

Notre fille a notamment failli s’appeler :

  • Solveig – mais prononciation différente entre la langue d’origine et ce qu’on fait habituellement en France et aux Pays-Bas,
  • Lucie ou Lucia – mais pas assez original pour moi…
  • Izarra – mais ce prénom qui signifie étoile en basque, posait deux problèmes : celui de la prononciation différente dans la langue d’origine puisque le son z n’existe pas en basque et j’avais peur que tout le monde se mette à l’appeler Iza
  • Leïla – gros gros coup de cœur avant la grossesse mais j’en ai eu une en cours enfant, une petite adorable mais je ne voulais vraiment pas associer avec quelqu’un que je connaissais donc non…

Ma fille a un prénom arabe

Comme le montre les prénoms cités au dessus, nous avons fait le tour du monde dans nos recherches. Nous n’avons aucun problème à choisir un prénom venu d’ailleurs, au contraire. Nous préférons un prénom d’ailleurs marqué qu’un prénom « international » (dans le sens passe-partout dans beaucoup de pays) car nous aimons l’histoire qu’il peut y avoir derrière, le fait que les gens demandent d’où ça vient et pourquoi…

Nous avons donc cherché dans un peu toutes les directions : prénoms basques, hindous, arméniens… Et on s’est vite rendu compte que nous aimions beaucoup de prénoms hébraïques et arabes, est-ce une coïncidence ou le fait que nous soyons sensibles à certaines sonorités ?

Finalement, le prénom de notre fille est arabe.
Ce n’est pas fait exprès et nous n’avons aucune origine arabe.

Ce prénom, je ne le connaissais pas avant qu’Alice la lutine me le propose à partir de nos critères (au milieu de beaucoup d’autres prénoms chouettes). Il se trouve qu’à une lettre près, c’est le même prénom que le coup de cœur de tout les temps pour un prénom garçon de l’amoureux (prénom garçon que j’aimais bien aussi même si ce n’était pas le numéro 1 pour moi). Il se trouve aussi que ça correspond à tous nos critères plus un critère que j’avais en bonus (pas obligatoire mais chouette) « la signification est très belle ». Et puis c’est un prénom qui est utilisé par les musulmans et les juifs et j’aime aussi cette idée.

Voilà, quand j’ai vu ce prénom, je me suis dit « oh pourquoi pas », j’en ai parlé à l’amoureux qui a trouvé ça sympa et a force d’en parler et reparler, on s’est mis à vraiment l’aimer ce prénom.

Vers 5/6 mois de grossesse nous avions donc enfin un prénom pour une petite fille (le prénom pour un garçon ayant été choisi avant que je tombe enceinte !)
Ce qui ne m’a pas empêché de douter par la suite… Est-ce que c’est trop original ? Est-ce que ce n’est pas bizarre d’avoir un prénom d’une origine qui n’est pas la tienne ? Est-ce qu’elle peut être discriminée dans notre société actuelle d’avoir un prénom arabe ?

Mais nous l’aimions vraiment ce prénom et nous n’arrivions pas à en envisager un autre…

Un deuxième prénom plus commun

C’est aussi à cause ou grâce à ces questionnements que nous avons décidé de donner un deuxième prénom plus commun à notre fille (mais ça aurait été pareil pour un garçon).
En France comme aux Pays-Bas, tu peux utiliser comme prénom d’usage n’importe lequel de tes prénoms sans avoir à faire de démarche administrative. On s’est donc dit que si notre enfant veut envoyer un CV avec un prénom moins original que le sien, il/elle pourra utiliser son deuxième prénom.

Et comme il y avait un prénom courant qu’on adorait tous les deux depuis longtemps, hop, ça a été vite fait pour le choix du prénom 2 pour une fille (alors que pour le prénom courant de garçon à mettre en numéro 2, on a beaucoup hésité et changé une semaine avant mon accouchement).
Nous aimons vraiment beaucoup ce prénom. Même qu’on a hésité à mettre ce prénom en 1 quand on n’en avait pas d’autre… Mais c’est un prénom dans le top 5 pour les 5 dernières années en France et j’en connais vraiment beaucoup.

J’aime aussi que ce prénom, même s’il est assez courant aux Pays-Bas aussi (et connu internationalement) fait assez français, ça fait ma petite touche chauvine…

Voilà, un prénom original, et un prénom plus courant et international.

On aurait donc pu s’arrêter à deux prénoms. Surtout que l’amoureux lui n’en a qu’un et que ce n’est vraiment pas super courant par ici d’en avoir trois (ça fait noble ou catholique fervent d’en avoir plus que deux).
Mais moi j’en ai trois et puis, j’aime beaucoup trop les prénoms pour ne pas utiliser la possibilité d’en rajouter ! Surtout qu’on avait une petite idée depuis quelques années…

Un troisième prénom très original

Il y a longtemps, nous sommes partis en voyage avec l’amoureux dans un pays que nous avons adoré et dans une ville dont le nom nous a plus (en plus de nous plaire par elle-même). Et à un moment, pendant ce voyage, on s’est dit « mais ça ferait un super prénom de garçon ! »
On n’avait pas encore de projet d’enfants (nous étions jeunes et innocents ahaha) mais pour le fun, on a commencé à faire liste de toponymes (noms géographiques) qui sonneraient bien comme prénoms…

Quelques années plus tard, on souhaite donc faire un enfant et ce prénom masculin toponyme ressort, après recherche, le grand Internet ne me trouve aucun résultat disant que ça a déjà été utilisé comme prénom. On aime toujours autant les sonorités mais on se dit qu’on n’osera jamais le donner à notre enfant… Imagine cette ville connait une grosse crise et à la manière de « Beyrouth » ou « Bagdad » devient synonyme de gros bazar…

Et le fait que « ce ne soit pas un vrai prénom » nous arrête.

C’est comme ça que j’ai proposé à l’amoureux de le mettre en troisième prénom ! C’était un joli clin d’œil à notre histoire, à notre amour des voyages et à la passion de l’amoureux pour la géographie…

Mais du coup, on s’est dit « et on fait quoi si c’est une fille ? » et on a ressorti notre liste de toponymes qu’on trouvait joli en prénoms – c’est plus facile à trouver des noms de lieux qui font prénoms de filles (il existe déjà Sophia, Paris, Castille…) mais un nous plaisait tout particulièrement.
Et il se trouve que c’est une ville que nous allions visiter lors de nos vacances… On s’est donc dit « on voit si on aime la ville et si oui, on a le troisième prénom de notre fille ». Et on a adoré cette ville et découvert que la signification du nom qui est aussi parfaite pour une petite fille.

Nous avions donc le troisième prénom de notre fille.

Alors, le jour où l’amoureux est allé déclarer notre fille, il a eu un moment de doute :
« tu es sûre pour le troisième prénom ? Qu’est-ce que les gens vont penser ? »
« Les gens vont penser que ça nous va bien, que c’est original et puis en vrai, pour elle, si elle n’aime pas, elle n’est pas obligé de l’afficher, on se sert pas beaucoup de son troisième prénom ! Et on a décidé, zou, on ne va pas changer d’idée maintenant »

Les réactions des gens à la naissance de notre fille

Maintenant, notre fille est née et porte ces trois prénoms.

Pour le principal, son prénom, celui qu’on utilise tous les jours, la réaction des gens est généralement positive, on nous dit que c’est joli, on nous demande d’où ça vient… (Après, on dit rarement aux gens que le prénom de leur enfant est moche, alors bon…)
Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est qu’on nous fasse répéter ou qu’on nous demande comment ça s’écrit, c’est pourtant simple… mais comme les gens n’ont jamais entendu ce prénom avant, je suppose qu’ils ont peur d’avoir mal compris.

Pour les deux autres prénoms (que nous avons mis sur le faire-part) et surtout le troisième, on n’a pas eu beaucoup de commentaires mais parfois les gens ont osé poser la question du pourquoi et j’aime bien l’expliquer. Après, apparemment certains français penseraient juste que c’est néerlandais sans y voir une quelque conque référence.

Aujourd’hui, je n’imagine pas ma fille s’appelait autrement bien sûr mais reste à savoir ce qu’elle en pense elle… Rendez-vous dans quelques années…

P.S : après m’être cassé la tête pour savoir quel surnom lui donner ici,  j’ai commencé à écrire mes articles et je me suis rendue compte que ce qui me venais naturellement c’est « ma fille », elle s’appellera donc ainsi ici ; après tout, j’appelle bien mon amoureux, « l’amoureux » !

Et toi, comment as-tu choisi les prénoms de tes enfants ? Quels étaient tes critères ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com