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A la une / Récit de grossesse

Ma grossesse par don d’ovocyte : alors, ça a marché ?

La clinique tchèque où j’ai fait ma FIV m’a demandé de faire une prise de sang quinze jours après la fécondation. L’attente est terriblement longue !

Je suis très à l’écoute de mon corps, mais malheureusement, tous les symptômes de grossesse que je peux ressentir sont surtout dus à mon traitement hormonal, beaucoup plus lourd depuis l’implantation. En effet, les doses d’oestrogènes et de progestérone ont été multipliées par trois par rapport au traitement de pré-implantation.

Le 13 janvier au petit matin, je décide de faire un test de grossesse. Je n’en parle pas à Monsieur Aragorn, car je suis consciente que c’est très tôt et qu’un résultat négatif peut être un faux négatif. Et… c’est positif ! Légèrement, mais le + est quand même bien visible !

Test de grossesse positif

Crédits photo (creative commons) : Ernesto Andrade

Je réveille Monsieur Aragorn en lui montrant le test. Après que je lui ai expliqué le résultat (oui, c’est au réveil, hein, et puis c’est un mec…), il est aux anges, bien qu’encore sur ses gardes !

Je refais un test le lendemain : il est toujours positif et le + est bien plus franc. C’est bon signe. Vivement la prise de sang le 16 janvier !

Le jour tant attendu arrive. Je suis très stressée. J’ai peur que le taux soit bas, que la grossesse se soit arrêtée. Mais non, mon taux est bon ! Il annonce une grossesse évolutive.

Une semaine plus tard, nouvelle prise de sang. Le taux a encore augmenté considérablement, donc tout va bien. La prochaine étape sera l’échographie du 30 janvier, qui nous permettra de savoir combien d’embryons se sont développés.

L’échographie arrive. Nous commençons par une échographie externe, qui montre un petit sac avec un clignotement ! C’est l’un de nos bébés qui commence sa vie. L’échographiste n’en voit cependant qu’un seul. Nous passons par voie endo-vaginale et il trouve un autre sac, bien plus petit que le précédent et qui semble vide.

Je dis « semble », parce que c’est vraiment ce que j’ai enregistré dans ma petite tête. J’ai espéré pendant plusieurs jours que ce ne soit qu’un retard de développement. Qu’à la prochaine échographie, il se serait réveillé et aurait rattrapé son retard. J’étais très heureuse : j’étais enceinte, un petit embryon grandissait en moi. Mais en même temps, j’avais un pincement au cœur pour ce deuxième. Ambivalence des sentiments, quand tu nous tiens.

Nous réalisons une nouvelle échographie au milieu du deuxième mois. Elle confirme qu’il n’y a qu’un seul embryon, mais qu’il se développe à merveille !

J’ai beaucoup de mal à débuter cette grossesse dans ma tête. Je suis très heureuse, mais les traitements me fatiguent énormément. De plus, au travail, je suis dans une période avec beaucoup de choses à faire et de grosses journées. J’ai peur de trop en faire, de gâcher cette chance unique. Je culpabilise de travailler, la fatigue me rend moins concentrée, et je culpabilise d’être moins efficace au travail.

Je suis dans un cercle vicieux, et j’attends avec impatience la douzième semaine pour enfin arrêter mon traitement et retrouver ma forme ! En effet, à partir de 12 semaines, le placenta est en état de marche et produit seul les hormones dont le fœtus a besoin. Je n’aurai donc plus besoin de prendre de traitement hormonal.

J’ai de grosses périodes de stress pendant ce premier trimestre. Je scrute tous les sites internet et livres spécialisés qui expliquent ce qu’il se passe dans mon corps à tel moment. J’ai besoin de savoir. Réaliser qu’un « élément étranger » se développe en moi me fait peur (sûrement du fait de mon cancer passé). Ces articles m’aident à comprendre quel superbe miracle se joue là-dedans.

J’ai également peur de la fausse-couche, comme beaucoup de femmes. Une peur d’autant plus grande que je sais que si je fais une fausse-couche, je ne pourrai pas réessayer au cycle suivant comme une femme normale. La pression est donc énorme.

J’ai des périodes où l’angoisse est trop forte. Dans ces moments-là, je me dis : « Là, tout de suite, tu es enceinte. Si demain, on t’apprend que tu as fait une fausse-couche, au moins, tu auras profité de ces quelques jours de bonheur. Si tu restes angoissée et que tu fais une fausse-couche, tu n’auras même pas le souvenir de cette sensation de bonheur auquel te raccrocher. » Et ça marche plutôt bien !

Et toi ? Comment se sont passés tes premiers jours de grossesse ? Étais-tu aussi angoissée ? Comment faisais-tu pour calmer tes angoisses ? Viens en parler !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée depuis octobre 2013 avec Monsieur Aragorn, nous savions depuis plusieurs mois que l'aventure de la parentalité ne serait pas simple pour nous. Une pointe d'attente et un gros soupçon de destin nous permettent aujourd'hui d'attendre un heureux évènement pour octobre 2015. Je te propose de plonger dans notre histoire, qui est surtout mon histoire et que Monsieur Aragorn a accepté de partager et de rester à mes côtés malgré les difficultés.