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Ma grossesse par don d’ovocyte : nos démarches pour la République Tchèque

Après avoir pris la décision de trouver un don d’ovocytes à l’étranger, j’ai passé encore un ou deux mois à éplucher les forums, à lire les avis, à chercher les prix, etc.

Assez rapidement, pour une question de budget, et également grâce aux avis trouvés sur internet, je me suis penchée sur la République Tchèque. J’ai comparé les différentes cliniques, et mon choix s’est porté sur une clinique située à trois heures de Prague.

Paperasse

Crédits photo (creative commons) : Beatrice Murch

Toutes les cliniques permettant le don d’ovocytes aux étrangers ont des coordinateurs qui parlent français. La clientèle française doit représenter un sacré pourcentage de leur chiffre d’affaires ! Ils proposent d’ailleurs un « pack », dans lequel sont inclus :

  • les transferts entre l’aéroport de Prague ou de Vienne et l’hôtel de la clinique,
  • les sept nuits nécessaires à l’hôtel 4 étoiles de la clinique (petit-déjeuner inclus),
  • les examens qui seront réalisés sur place,
  • et bien évidemment, le don d’ovocytes.

Cette clinique proposait cette solution à 5540€.

Il existe des associations en France (celles qui gèrent également les forums d’échange sur le sujet) qui sélectionnent des cliniques et créent des partenariats avec elles. Il suffit d’adhérer à l’association pour bénéficier de réductions conséquentes sur le prix du don. Ainsi, pour cette clinique, 30€ d’adhésion à l’association nous ont permis de faire passer le prix du pack total à 4640€ !!

Les cliniques consentent ces réductions, car elles sont bien conscientes que les associations leur apportent des patients. De son côté, l’association est en général gérée par des personnes qui sont passées par ces difficultés. Elles ne perçoivent (normalement) pas de pots-de-vin de la part des cliniques, et les sélectionnent principalement sur des critères de réussite/accueil/services, etc.

Bon, c’était bien beau, tout ça, mais malgré la réduction, ça représentait un sacré montant ! Auquel il fallait ajouter les repas sur place et l’avion… Et j’avais l’impression d’oublier quelque chose… Ah oui, il fallait surtout que j’en parle à Monsieur Aragorn !!

Finalement, il n’y a pas eu besoin de beaucoup discuter. Monsieur Aragorn a été d’accord de suite sur le principe. Il ne nous restait plus qu’à vérifier si financièrement, nous pouvions nous le permettre.

Il faut savoir que, si la clinique respecte la loi française (gratuité et anonymat du don) et que l’on peut justifier de l’impossibilité à recevoir le don en France, la Sécurité Sociale prend une partie des frais en charge. Les délais pour le don d’ovocytes, incompressibles en France, permettent de bénéficier de cette disposition. Le remboursement se fait dans la limite du coût d’une fécondation in vitro en France, aux alentours de 1500€. Pour pouvoir bénéficier de ce remboursement, il faut faire une demande d’entente préalable avec la Sécurité Sociale.

Le gynécologue doit adresser au médecin conseil un courrier présentant la situation médicale de la receveuse, et la nécessité pour elle de recevoir un don d’ovocytes. Il précise également le nom du décret applicable, et les temps d’attente en France. La patiente joint un courrier pour expliquer la démarche et décrire son parcours en PMA (le nôtre était inexistant !). Elle y ajoute les examens permettant de justifier ce recours. Enfin, elle doit fournir un devis de la clinique, ainsi qu’une attestation selon laquelle celle-ci respecte la législation française en vigueur.

Avec ce remboursement, quelques sacrifices sur les mois à venir et un peu d’épargne, nous pourrions bel et bien envisager ce petit voyage procréatif ! Donc prochaine étape : vérifier que ma gynécologue était prête à nous suivre dans l’aventure !

J’ai écrit un courrier expliquant la situation à ma gynécologue, et nos envies d’ailleurs. Je l’ai informée des démarches qu’il fallait entreprendre pour que la Sécurité Sociale prenne en charge une partie des coûts, et lui ai demandé si elle était d’accord pour nous rédiger le fameux courrier. Je lui ai parlé du traitement hormonal à prendre avant le départ pour la clinique et de l’échographie à faire pour vérifier que l’utérus réagit bien aux traitements. Je lui ai enfin demandé si elle acceptait de prescrire ce qui serait demandé par la clinique.

Ma gynécologue s’est montrée fabuleuse ! Dès la réception du courrier, elle m’a adressé un sms où il était noté : « OK pour moi, prenez rendez-vous au plus vite. »

Nous étions mi-septembre, et tout était lancé ! J’ai contacté la clinique, qui nous a demandé de choisir la date à laquelle nous souhaiterions venir. Pour la République Tchèque, il n’y a que six semaines de délai ! Elles correspondent pour nous au temps de remplir les papiers, d’envoyer les examens et de commencer les traitements, et pour eux, au temps qu’il leur faut pour synchroniser notre arrivée avec le traitement de la donneuse.

Nous avons dû réfléchir au côté pratique : à quel moment pouvions-nous partir ? Je n’avais pas de congés à cette période de l’année, mes compteurs redémarraient au 1er janvier. À cette époque, Monsieur Aragorn serait dans une période plus creuse de son activité. Ah, et on nous avait dit que les fêtes de fin d’année dans les pays de l’Est étaient sublimes… Eh bien voilà ! Nous avons décidé que nous irions passer trois jours à Prague pour y fêter le Nouvel An, et que nous nous rendrions à la clinique dès le 1er janvier.

La coordinatrice de la clinique nous a expliqué comment les choses se dérouleraient sur place. Le vendredi 2 janvier, la donneuse réaliserait son don et Monsieur Aragorn apporterait sa contribution. Les ovocytes seraient directement mis en contact pour la fécondation. Le lendemain, on serait informés du nombre d’ovocytes prélevés et fécondés. Nous serions ensuite libres jusqu’au mercredi suivant, qui serait la date d’implantation des embryons.

Nous avons payé un acompte à la clinique, et reçu la liste de toutes les démarches à effectuer :

  • Remplir un questionnaire sur nos antécédents médicaux, en joignant les résultats de tous les examens que nous avions réalisés jusqu’ici. Tout ça permettrait aux médecins de me prescrire un traitement bien adapté à ma situation.
  • Remplir un questionnaire avec nos caractéristiques physiques, en précisant nos priorités concernant la donneuse. Nous avons demandé à ce qu’elle ait à peu près la même morphologie que moi, la même couleur de peau et de cheveux. Nous pouvions également joindre des photos de nous, afin qu’ils sélectionnent au mieux la personne. L’avantage que j’ai, c’est que des brunes à la peau bien blanche, ça doit se trouver sans trop de difficulté en République Tchèque !

Avec Monsieur Aragorn, nous avons décidé de n’en parler à personne. Ainsi, si ça fonctionnait, nous pourrions annoncer la grande nouvelle à tout le monde, faire une surprise, comme les couples « normaux ».

Nous nous sommes donc contentés de dire que nous passions dix jours à Prague pour le Nouvel An…

Et toi, as-tu fait des démarches de procréation médicalement assistée à l’étranger ? Est-ce que tu as trouvé ça compliqué ? Comment l’as-tu vécu ? Viens partager ton ressenti…

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée depuis octobre 2013 avec Monsieur Aragorn, nous savions depuis plusieurs mois que l'aventure de la parentalité ne serait pas simple pour nous. Une pointe d'attente et un gros soupçon de destin nous permettent aujourd'hui d'attendre un heureux évènement pour octobre 2015. Je te propose de plonger dans notre histoire, qui est surtout mon histoire et que Monsieur Aragorn a accepté de partager et de rester à mes côtés malgré les difficultés.