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A la une / Vie de maman

Le point allaitement de Freesia : pas de pression, on verra bien …

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, c’est Freesia qui fait son bilan sur son allaitement…

Ma mère ne m’a pas allaité : pas assez de lait. Elle a allaité ma petite sœur moins de deux mois. Mes grand-mères n’ont pas allaité non plus. Ma tante l’a fait, longtemps, elle « la vache à lait dont les seins débordaient ». Elle a allaité quatre mois et demi. Ma belle-mère a allaité le petit dernier sept mois : un record et un soulagement à l’arrêt. Ma belle-sœur a allaité un mois et demi. Les copines chroniqueuses ? Ça dépendait. Certaines galéraient, d’autres ne voulaient pas. Au début de ma grossesse, je lisais ce blog depuis assez longtemps pour savoir que ce choix était personnel; qu’il y avait des « pour » et des « contre »; que ça pouvait très bien se passer comme être catastrophique; qu’on pouvait allaiter deux jours comme un an (et plus ?!); qu’on pouvait utiliser des accessoires comme les bouts de seins ou tire-allaiter. Oui, je savais tout ça. Mais je ne savais pas ce que moi, je voulais.

J’ai accouché dans une maternité labellisée Amie des Bébés, formée à l’allaitement. On nous a proposé des réunions pour en parler, pour affiner notre projet, nos choix. Quoiqu’on décide, ils allaient être aidants. Si je désirais allaiter, on serait là pour me guider à tout moment, on me montrerait, on m’aiderait, on me soutiendrait même dans les moments plus difficiles. Si je désirais biberonner, on ne me tournerait pas le dos pour autant et on accepterait ce choix en nous aidant tout autant.

Mes copines Chaperon Rouge et Mélimélanie ont accouché peu de temps avant moi. Toutes deux ont allaité les six mois réglementaires. Toutes deux ont désiré arrêter après. C’est donc comme elles que je me suis décidé.  J’essayerai d’allaiter. Mais à la moindre pression, à la moindre contrariété, si jamais ça ne me convenait pas (ni à moi, ni à notre couple, ni au bébé), j’arrêterai. Aucune pression. Ca fonctionne, tant mieux. Ça ne marche pas, pas de souci; les biberons, c’est cool aussi.

Me voilà donc, à peine avoir mis au monde un Cookie merveilleux, à le mettre au sein. Enfin, qu’on soit d’accord, il s’est mis lui-même au sein, il rampait et se hissait jusqu’à attraper mon mamelon tout seul. Impressionnant. L’auxiliaire de puériculture m’a aidé à bien le placer et c’était parti. Je ne crois pas avoir eu tant de douleur sur le moment (ou alors, comparé à l’accouchement qui s’était déroulé quelques minutes auparavant, ça ne me faisait pas grand chose).

Tout au long des quatre jours et demi d’hospitalisation, je n’ai pas arrêté d’appuyer sur la sonnette. « Oui, c’est pour le mettre au sein… Il a faim. Est-ce que vous pourriez m’aider s’il vous plait? ». A toutes les tétées, le personnel venait m’aider, me montrer d’autres positions, corriger ma position, vérifier la succion, vérifier que tout se passait bien. Ça me rassurait, alors je sonnais à chaque mise au sein. J’avais une peur énorme des crevasses. Je ne voulais pas. Non, je ne voulais vraiment pas. Alors, je m’appliquais et j’appelais pour vérifier que tout se passait bien. Ça n’était pas forcément indolore mais ça passait. Je savais que ça pouvait être pire. Je sentais ma montée de lait arriver, mes seins qui se gonflaient à exploser, mes mamelons ultra sensibles et rougis mais ça allait. C’était supportable.

Enfin seule

Et on est rentrés à la maison. Ici, point de lit relevable pour une position parfaite. Je me contentais de me caler avec des coussins un peu partout. Je stressais, je n’arrivais pas à assurer de bonnes positions. Le ballon de rugby que j’aimais tant ? Impossible de la refaire. La position de la madone ? je n’arrivais pas à tenir mon bébé. Allongée, ça allait donc j’allaitais souvent allongée. Mais je savais que ça ne pouvait pas durer, il fallait que j’y arrive, que je surmonte ma peur. Et puis, pourquoi Cookie ne tétait-il pas plus de dix minutes ? Et est-ce que c’était normal s’il tétait toujours en deux fois ? Et aussi souvent ? C’est là que la sage-femme à domicile est arrivée. Elle a pesé mon bébé, m’a complimentée, m’a rassurée, m’a aidé. Et ça a été un déclencheur. Je n’étais pas nulle en fait. J’y arrivais. Courage Freesia ! Toutes les semaines, j’allais voir soit une conseillère en lactation, soit une sage-femme, soit la puéricultrice de la PMI, formée à l’allaitement. Toutes les semaines, je me rassurais et reprenais confiance. J’y arrivais !

allaiter allongée était si simple …

Au bout d’un mois, Cookie avait pris 1200g. Il prenait du poids, il semblait en forme et mes seins me tiraient beaucoup moins. J’avais toujours du mal avec l’idée d’allaiter en public et je m’éloignais à chaque fois mais les progrès étaient considérables. Petit à petit, j’ai réussi à prendre assez confiance en moi pour tenter l’allaitement sans coussin pour me caler. Petit à petit, j’ai même réussi à passer outre les appréhensions et ma gène d’allaiter en présence d’une autre personne que mon amoureux. D’ailleurs, en parlant de l’amoureux, j’étais rassurée. Non, un bébé n’est pas qu’un ventre et le père a trouvé sa place très naturellement auprès de nous.

L’allaitement me prenait néanmoins une grosse partie de mon énergie, de mon temps et j’applaudis encore aujourd’hui les femmes qui réussissent à tout gérer de front. Je n’ai jamais réussi à allaiter autrement qu’assise confortablement. Je n’ai jamais compris comment allaiter en marchant, en portant. Je n’ai jamais réussi à lire en même temps, ou encore pire, à écrire un article (et ça s’en est ressenti sur ma fréquence d’écriture). Non, pour moi, les moments où j’allaitais étaient de ces moments où je ne pouvais rien faire d’autre. Par manque de confiance potentiellement, d’assurance mais aussi parce qu’une partie de moi voulait surement accorder toute mon attention à ces instants. Cookie n’a jamais téter très longtemps de toute façon donc je le regardais faire en attendait qu’il repousse le sein de satiété (ce qui arrivait généralement dans les dix minutes).

Et avec les autres

J’ai donc allaité un mois, puis deux, puis quatre … Tous les mois, on me demandait si j’étais enfin passée au biberon. Et non. Tant que ça nous convenait, on restait sur l’allaitement. J’appréciais ces moments câlins, le voir s’apaiser dans mes bras, le prendre contre mon sein et ne rien avoir à prendre qu’autre que moi quand nous sortions. Je trouvais notre organisation pratique (et économique, soyons honnêtes aussi).

Toujours est-il qu’à chaque fois que je croisais mes grand-parents, ma belle-famille voire même des amies, on me faisait cette réflexion : »ah, tu le nourris toujours? » ou son ascendant « tu lui donnes les biberons, maintenant, hein ? ». Chaque fois, je soulevais une bribe d’incompréhension. Mais à vrai dire, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Je faisais ce que j’avais envie, ce dont mon bébé avait envie. Et tant que ça me convenait, à moi et à lui, on continuait. C’était le deal.

Bien sur, à chaque moment un peu difficile, l’allaitement a été remis en cause. Une mastite quand il avait cinq mois ? Il faut arrêter, Freesia. Des soins dentaires à effectuer ? Pareil. Les nuits difficiles ? Même réponse. Ma fatigue ? C’est l’allaitement. La courbe qui se tasse ?  Une gastro ? Le début de la diversification ? Profites-en pour le passer au biberon. A chaque fois, j’avais droit à ce conseil. Tout est de la faute à l’allaitement, il faut arrêter. Mais je persistais.

Il a aussi fallu penser aux moments sans moi. Et j’ai loué un tire-lait à ses deux mois. Je tirais (enfin, j’essayais). Mais pendant cinq mois, rien à faire, Cookie ne voulait pas boire de biberon. Des dizaines de formes de tétines, de biberons, de moyens ont été utilisés. La pipette, la verre, la cuillère, aromatisé ou nature, chaud ou tiède voire froid. Mon fils préférait se passer de lait pendant sept heures plutôt que de boire ailleurs qu’à la source. Il buvait 20 à 50cl maximum, à la tasse autour de ses six/huit mois. Puis, du jour au lendemain, il a enfin accepté un biberon. Hourra. Ça a duré quatre semaines, jusqu’à ce qu’il fasse une confusion sein/tétine qui m’a salement amoché le mamelon. Il avait plus de huit mois. Bon, et bien, on arrête tout. Non, pas l’allaitement. Ah non. Je voulais persister. Non, j’ai préféré laisser tomber les biberons. Et on soigne tout ça. Et depuis ? Bah, s’il a besoin, il boit dans une tasse du lait maternel. Sinon, de l’eau et se rattrape le soir quand il me voit. Et il va bien. Il grandit, forcit, est en forme. Je ne m’en fais pas. Toujours est-il que j’ai gardé le tire-lait 1 an. J’avais un stock au congélateur qui ne m’a jamais vraiment servi mais qui me rassurait. Tous les mois, la pharmacienne me demandait si j’utilisais encore la machine (sous-entendu est-ce que j’allaitais encore; ce qui lui semblait si étrange).

Ma petite réserve personnelle !

Bien sûr, tout n’a pas toujours été facile. Comme je disais, certains moments ont été compliqués. J’ai essuyé les remarques, les nuits avec réveil toutes les deux heures, les doutes sur mon lait, la quantité, si ça lui suffisait vraiment, les questions quant aux biberons, le mode de garde, la place du père. J’ai eu des petites crevasses, des montées de lait douloureuses et une mastite. J’ai eu les peurs du jugement et du regard des autres. Je me suis questionné sur comment m’habiller ou comment mon fils allait pouvoir survivre un week-end sans moi. J’ai dû « relancer » ma lactation plusieurs fois. J’ai eu des fuites, j’ai acheté des centaines de coussinets d’allaitement. Mais j’ai adoré nos 16 mois d’allaitement. J’ai adoré me sentir de plus en plus rassurée, être étonnée de le faire téter dans des positions improbables. J’ai aimé me sentir indispensable. J’ai aimé réussir à allaiter, chose que je savais difficile à mettre en place. J’ai mis de côté mes craintes, mes peurs, mes douleurs; j’ai serré les dents parfois et je me sens hyper fière d’avoir réussi à passer tout ça. Avoir réussi à surmonter tout ça. Je suis néanmoins consciente que les débuts ont été vraiment faciles par rapport à certaines de mes copines ici. Souvent, je me sentais gênée, que pour moi, tout me semble « si » simple. Mais je crois que parfois, il faut le dire aussi. Ça peut être simple. Et c’est tant mieux.

Quand j’essayais des robes de mariées, une vendeuse m’a fait cette réflexion « de toute façon, à son âge [10 mois], votre fils ne devrait plus téter longtemps donc pas de souci pour la robe ». Et sur le coup, j’étais entièrement d’accord. Dans six mois, il était facilement pensable que j’aurais arrêté. J’étais la première à penser que j’allais arrêter. Et au final, je me retrouve à allaiter encore. Plus très souvent, quand il demande, généralement le soir au coucher mais aussi quelquefois le matin, le midi ou l’après-midi, de rares fois la nuit. Je suis la première étonnée. Peut être parce que je n’avais pas prévu d’allaiter longtemps. Toujours est-il que, toujours sans pression, je me dis qu’à l’heure actuelle, Cookie ayant déjà 16 mois, je vais éventuellement attendre le sevrage naturel. Ou avant si l’un de nous en a marre. C’est le deal.

Crédit photo : toutes photos personnelles

Et toi ? Est-ce que tu as toujours envisagé l’allaitement ou les biberons ? Est-ce que tu envisages un sevrage naturel ? Dis-moi tout !

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com