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A la une / Témoignage

Le point allaitement de Madame Fleur : ce n’est pas pour moi !

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, c’est Madame Fleur qui fait son bilan sur son allaitement.

Lorsque je suis tombée enceinte et pendant les deux premiers trimestres de ma grossesse, il y avait deux questions qui revenaient constamment : « tu penses prendre la péridurale ? » Et, « est-ce que tu vas allaiter ? » À ces deux questions, je répondais invariablement que je verrais le moment venu (ce que j’ai fais d’ailleurs).

Pour l’allaitement, je le répétais, je voulais essayer, mais si cela ne fonctionnait pas pour x ou y raison, je n’en ferais pas tout un plat ! Personnellement, je ne vois aucun inconvénient à utiliser des biberons.

Lors de mon dernier trimestre de grossesse, j’ai eu un cours de préparation à l’accouchement dédié à l’allaitement. Je n’avais pas changé d’avis, en y allant et en écoutant les conseils de la sage femme. Seulement, en sortant du cours, je me suis mise à repenser à ce qu’elle nous avait expliqué et j’ai pris conscience de quelque chose. En fait, je n’étais plus très sure de vouloir un allaitement exclusif. J’en ai parlé avec mon mari qui, en me laissant prendre la décision, m’a soutenu. Lors de notre dernier cours de préparation à l’accouchement, j’en ai parlé avec ma sage femme, en lui expliquant que je sentais que l’allaitement exclusif ne me conviendrait pas et que je souhaitais envisager un allaitement mixte. Elle m’a donné quelques conseils, notamment celui de débuter par un allaitement exclusif pendant deux semaines, avant d’introduire les biberons.

Crédit photos (creative commons) : Mariagarzon

À la maternité

Avant mon accouchement, on m’a demandé si je souhaitais allaiter (j’avoue avoir eu un léger temps d’hésitation), j’ai finalement répondu que oui. J’ai ainsi pu faire la tétée d’accueil et ensuite …Ben ensuite rien ! Je n’ai eu aucun conseils sur la manière dont je positionnais ma fille au sein, ni quoique ce soit d’autre. On m’a juste dis de la mettre au sein le plus souvent possible, information qui m’avait déjà été donnée par ma sage femme lors des cours de préparation à l’accouchement. Pleine de bonne volonté, je me suis donc exécutée du mieux que j’ai pu et j’avais l’impression que tout se passait plutôt bien.

Lors de ma deuxième nuit à l’hôpital,  on m’a dis sans grandes précautions pour ma sensibilité que j’avais fait du mal à ma fille en lui donnant le sein aussi souvent ! Tu imagines bien que j’ai passé une bonne partie de la matinée à pleurer dans les bras de mon mari, et une bonne partie de la soirée à angoisser pour la nuit suivante.

D’autant que le jour suivant, j’ai eu ma montée de lait et que j’ai dégusté ! Ma fille avait du mal à prendre le sein correctement en raison de l’engorgement et j’ai commencé à avoir des crevasses très douloureuses. Une des sages femmes m’a apporté des bouts de sein pour que je puisse faire téter ma fille, ce qui m’a un peu soulagé. Pour autant, ce qui était une solution temporaire s’est rapidement transformée en solution permanente. Impossible pour moi de faire téter ma fille sans, sous peine de crevasses.

De retour à la maison

Ma sage femme est venue à la maison pour la visite post natale. Lorsqu’elle a pesé Petit Bourgeon, nous avons constaté qu’elle n’avait presque pas pris de poids depuis notre sortie de la maternité, trois jours plus tôt. Elle a corrigé ma position et m’a donné quelques conseils pour améliorer les choses. Elle nous a proposé de revenir le lendemain pour peser notre fille et voir si ses conseils avaient porté leurs fruits.

Franchement, j’étais un peu désespérée à ce moment là (la chute d’hormones n’aidant sans doute pas) et j’ai vraiment souhaité que ma fille ne prenne pas de poids pour pouvoir abandonner l’allaitement sans me sentir coupable de quoi que ce soit.

Il n’en a rien été puisque mon Petit Bourgeon a finalement décollé niveau poids ! J’ai donc continué en appliquant scrupuleusement ce qui m’avait été conseillé. J’ai eu beaucoup de soutien de mon mari et aussi des copinautes. Je ne peux que les remercier, j’aurais sans aucun doute abandonné au bout de quelques jours sans leurs encouragements et conseils. Au bout d’une semaine supplémentaire, j’ai pu constater que ma fille prenait du poids correctement et que l’allaitement était bien en place.

Et ensuite ?

Là où le bât blesse, c’est que je n’aime pas allaiter ! Mais alors, pas du tout ! Je ne ressens pas ce moment de complicité les yeux dans les yeux que l’on m’avait vendu, ce lien qui se noue entre mon bébé et moi. Ce serait même plutôt l’inverse. Je vis l’allaitement comme une contrainte qui conditionne mes journées et m’empêche d’avoir les quelques moments de liberté dont j’ai besoin pour être une maman épanouie. Je n’arrive pas à allaiter devant tout le monde (par gêne et pudeur) et cela me bloque dans de nombreuses sorties. D’autant que je n’ai pas réussi à supprimer les bouts de sein et soyons honnêtes pour la discrétion et la pudeur, on repassera. Cela me culpabilise d’avoir cette responsabilité vis à vis de mon enfant et d’être la seule à la porter (si elle ne prend pas de poids, je serais la seule que l’on pourra blâmer).

Et puis, cela paraîtra peut être très égoïste, mais j’ai envie de retrouver mon corps pour moi toute seule. J’en ai marre de porter toujours les mêmes vêtements qui se retrouve invariablement trempés de lait.

J’ai beaucoup culpabilisé par rapport aux copines qui souhaitaient plus que tout, avoir un allaitement réussi et dont ce n’était pas le cas, alors que moi tout se passait hyper bien, mais que je ne souhaitais pas poursuivre !

Mais voilà, finalement, je pense qu’il est préférable pour mon Petit Bourgeon que nous ayons une relation sereine au biberon plutôt qu’une relation imposée avec un allaitement subit de mon côté. J’ai donc entamé un sevrage tout en douceur plutôt qu’un allaitement mixte, et je n’y trouve que des avantages !

Comment s’est déroulé ton allaitement ? As-tu souhaité tenter l’allaitement mixte ? Comment cela s’est-il passé pour toi ?

A propos de l’auteur

Je suis une jeune femme trentenaire, mariée qui vit à Paris par nécessité professionnelle. Depuis juin 2017, je suis la maman comblée d'une adorable petite fille. Je suis quelqu'un de dynamique (mais pas pour le sport). J'aime les séries télé surtout américaines (même les plus débiles), la lecture, les mangas, la musique sous toutes ses formes (et là encore même les plus débiles !) et les jeux de société.