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A la une / Vie de maman

Le point couple de Claire Gezillig : sur les eaux vives de la parentalité

Cet été, ça va être caliente ! Les chroniqueuses brisent les tabous. Régulièrement, elles viendront lever le voile sur leur couple. De la sexualité à leur vie de famille, en passant par l’équilibre parfois difficile, elles te raconteront tout.
Aujourd’hui, c’est au tour de Claire Gezillig de prendre la parole !

Alors même que je suis à la bourre sur mes autres chroniques (et pourtant, j’en ai tellement à dire…), j’ai décidé de participer à la saga de l’été sur le couple.

Et pourtant, ce n’est pas un sujet facile…

D’abord parce que ça pose encore une fois la question de dévoiler sa vie sur le net.

Ensuite, parce que j’ai un peu peur de comment mes propos vont être reçus.
On parle d’un sujet vraiment intime, qui touche.
Cet article va être généralement positif parce que c’est ainsi que je le ressens de manière générale *spoiler alert* la parentalité a renforcé mon couple. Ce n’est ni de la vantardise, ni des œillères, c’est surtout de la chance. Et puis j’ai bien conscience que rien n’est jamais acquis et que notre fille n’a que quelques mois.

J’ai donc demandé à mes copines chroniqueuses si j’étais légitime pour écrire (et aussi si elles pensaient que j’allais me faire lancer des cailloux) et elles ont dit que c’était bien aussi de savoir que parfois, la parentalité peut être super positive pour le couple.

Alors c’est parti.

Il était une fois…

Au début de ma relation avec l’amoureux, j’avais l’impression d’être sur un nuage rose bonbon chammalow : « ah oui ça peut exister ce que nous vendent les fins des comédies romantiques ? », « il est où l’arnaque ? Comment peut-on être si bien avec quelqu’un ? »

Les années (huit à l’heure actuelle) ont passé et nous ne passons plus tout notre temps à nous regarder dans les yeux / se bisouter / s’envoyer des messages trop choupi-mignons-guimauves et pourtant, pourtant, je crois que je peux lui dire « car, vois-tu, chaque jour, je t’aime davantage, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain » (ouais, je récite de la poésie française à mon mari… J’aurais peut-être du mettre un *warning : cet article est dangereux pour les diabétiques du romantisme*…)

Mon mari est mon amoureux, mon amant et mon meilleur ami. Il n’y a pas un jour sans que j’ai envie de le serrer dans mes bras, lui raconter plein de choses, lui dire que je l’aime, discuter de sujets variés. Il n’y a pas un jour sans tendresse entre nous.

Oh, bien sûr, il y a aussi des moments où il me met en colère, il me rend triste, j’ai envie de le planter là… Et puis, on a traversé quelques tempêtes…
Mais j’ai conscience tous les jours que notre vie est plus belle à deux. J’ai tellement besoin de lui que j’ai beaucoup de mal à m’endormir quand il travaille de nuit et que je suis seule dans mon grand lit…

Bref, j’ai l’impression de vivre une très très grande histoire d’amour !

Et nous avons décidé à un moment qu’être deux, c’était génial mais que nous avions assez d’amour, d’énergie, de temps et de folie pour ajouter un petit être dans cette aventure. Ce qu’il y a de bien avec l’amour, c’est que plus tu en donnes, plus tu en as….

Devenir parents

C’est bien beau tout ça mais, un enfant aussi, ça arrive comme un ouragan sur les mers qu’elles soient de nature agitées ou calmes. Et on en avait entendu parlé des risques, des difficultés…

Il y a très longtemps, alors que le projet bébé n’était pas du tout au programme, nous avions regardé le film Un heureux événement et ça nous avait un peu traumatisés… Et si nous nous perdions ?

Et si on n’arrivait pas à conjuguer le « nous » à 3 ?

Nous nous étions dit que comme face à toute tempête, nous mènerions notre barque en essayant de communiquer, de se parler, de rester tendres l’un envers l’autre et de toujours tenter de voir les choses avec empathie et bienveillance. Mais sait-on jamais si on va y arriver ?

Et puis notre fille est née.

L’amour, l’attachement et la relation que j’ai avec elle est très primaire et naturelle. Si j’avais déjà vaguement l’idée d’aimer le maternage proximal, il s’est en fait avéré avant tout hyper spontané.

L’amoureux lui aussi à des étoiles dans les yeux quand il regarde notre fille ; mais il dit qu’il ressent plutôt son attachement comme un pacte qu’il a fait spontanément, une promesse qu’il lui a faite quand on lui a mis dans les bras, peu après la naissance : « je serai toujours là pour toi, je prendrai soin de toi »

Nous avons donc des relations un peu différentes avec notre fille.

Et puis, j’allaite. J’ai tout de suite adoré le co-dodo, dans le petit lit à côté mais si besoin, il est arrivé que notre fille dorme dans notre lit, collée à moi. D’ailleurs, on peut dire que les trois premiers mois, notre fille a vécu collée à moi, en écharpe, sur le coussin d’allaitement, au lit aussi parfois. Et j’étais heureuse qu’il en soit ainsi – oui, parfois c’était dur, et fatiguant mais en vrai, je n’ai pas eu l’impression de me sacrifier, quelque part, j’en avais besoin aussi, d’avoir mon bébé tout près de moi.

Et ces différences de ressenti sur l’attachement et cette fusion que j’ai eue avec notre Mistinguette, ça aurait pu mettre de la distance entre nous.

Mais l’amoureux trouve juste ça normal et moi, je l’ai naturel inclus dans notre bulle. Nous partageons vraiment toujours la tendresse primaire caractéristique dans notre couple, j’ai toujours ma main qui cherche son corps, mes lèvres qui cherchent sa peau ; même et peut-être encore plus quand j’ai notre enfant dans les bras…
Il n’y a rien qui me comble plus de bonheur que le rituel du matin de la tétée au lit, couchée, avec mon mari qui se colle à ses deux princesses dans un long câlin à trois…

La parentalité nous fait du bien. C’est beaucoup beaucoup d’amour. C’est comme si ce que nous avions déjà s’était décuplé.

Et puis, la parentalité, c’est aussi quelque chose de difficile et je suis heureuse qu’on soit deux à conduire ce navire, c’est une aventure où je suis immensément reconnaissante de marcher en tenant sa main.

Crédit photo : MamzelleJoe

Des ajustements

Après, non, nous ne sommes pas dans un parfait bonheur et béatitude sur des eaux calmes.

Être parents, c’est bien sûrement la définition de la mer agitée…
Et s’il ne nous parait pas, pour le moment, difficile d’oublier que nous sommes dans le même bateau, nous sommes parfois si concentrée à tenir le cap, que nous en oublions parfois l’autre en tant que personne à part entière (sinon, tu as vu la belle métaphore filée de la navigation là ? #littéraireforever)

Je trouve mon amoureux un père formidable, et je suis généralement surprise qu’il assume sa parentalité avec facilité, organisation et sans trop d’incertitude, lui qui s’était posé tant de questions avant de dire oui pour l’aventure…

Mais à un moment, j’ai eu l’impression qu’il me manquait quelque chose.
Pas la tendresse, mais d’autres formes de preuves d’amour et d’attention auxquelles il m’avait habitué.

Notre fille est née le 8 novembre, et je n’ai eu ni cadeau de noël, ni cadeau ou attention pour la Saint-Valentin, ni l’habituel voyage/week-end surprise du mois de mai pour notre anniversaire de rencontre. Il n’a pas réussi à s’organiser, pris par le quotidien…
Alors, quand la fête des mères est arrivée, qu’il a fait une gaffe sur le fait que la crèche préparait quelque chose, qu’il a fait un commentaire ironique sur le cadeau en question le jour J  et enfin, que j’ai reçu une superbe carte de ma belle-mère disant que j’étais une mère merveilleuse et qu’elle avait beaucoup d’admiration pour ce que je faisais – attention adorable mais que j’espérais secrètement de mon mari ! – j’ai fondu en larmes…
C’est idiot et ça ressemble un peu à une réaction de petite fille gâtée, mais les attentions me manquaient.

Ça et ma déception de ne pas avoir eu de cadeau de naissance alors qu’au début de ma grossesse, alors que je n’y pensais pas, il m’a demandé si j’aimerais avoir une bague pour symboliser la naissance de notre enfant…

Le soir où j’ai lu la carte de sa maman me disant que j’étais une maman merveilleuse, je me suis renfermée et puis je me suis mise à pleurer, et il a deviné. Il a deviné ce qui n’allait pas. Il ne s’est pas moqué, il n’a pas minimisé ma peine, il n’a pas cherché à compter des points. Il a été cet homme merveilleux empathique et compréhensible. Il s’est excusé, il a mis des mots sur ses sentiments, ses ressentis et nous avons discuté. Nous avons parlé de nos besoins respectives pour notre couple et de ce que nous étions prêts à faire, ou pas, ce que peut-être nous pouvions accepter de mettre un peu de côté pour un temps, le temps que la tempête de la parentalité se calme un peu aussi.
Et je me suis sentie mieux…
(Ah et il m’a redemandé ma taille de bague récemment… Faut que je trouve le temps d’aller chez un bijoutier gnniiiii)

Je crois qu’il y en aura d’autres des moments comme ça, des ras-le-bol, des manques, des pleurs, des raisons de s’en vouloir (à l’autre et à soi-même). Mais j’ai toujours la même confiance, celle qui m’a fait épouser cet homme-là il y a 4 ans. La certitude que nos vies sont liées et plus belles ensemble…

Et le sexe dans tout ça ?

Je ne peux pas terminer cet article sans évoquer la sexualité (sinon, c’est de la triche, non ?)
J’ai parlé plus haut de mains qui caressent et de baisers échangés, nous sommes très tactiles par chez nous et ça n’a pas changé avec la parentalité. Mais le sexe ?

Pour le coup, c’est plutôt le calme plat de ce côté-là.

Nous avons mis 13 mois à espérer avant que je tombe enceinte, ce qui a déjà un peu perturbé notre sexualité… Même en essayant de ne pas y penser trop, quand l’envie d’enfant est viscérale, tu te mets un peu la pression sur ta sexualité. Il se mêle alors tellement de choses au désir de l’autre…

Et puis il y a eu la grossesse : le premier trimestre de l’enfer, qui a calmé la pratique et ensuite, le reste de ces neuf mois, mon désir était très fluctuant et l’amoureux a mis un peu de temps à s’autoriser à être détendu de ce côté-là (avec l’idée qu’un bébé grandissait en moi). Mais j’en garde un souvenir de moments doux en général même si peu réguliers.

Et depuis l’accouchement ?
Après mon hémorragie, je ne tenais pas debout, j’avais très peu d’énergie… Et puis un nouveau né *attention le scoop*, ça ne te laisse pas beaucoup de disponibilité physique, mentale, énergétique.
Cela dit, mon désir est revenu très rapidement, et finalement, j’étais un peu frustrée d’attendre le bon moment.

Puisqu’on se dit tout, j’avais aussi peur et j’ai eu un peu mal aux premières pénétrations après accouchement. L’amoureux lui était aussi un peu effrayé… Il a fallu de la douceur …et du lubrifiant !

Aujourd’hui, notre vie sexuelle est assez éparse, même si finalement, contrairement à mes craintes, je trouve toujours ça aussi bien de faire l’amour. Mais nous en avons moins souvent l’occasion et l’énergie… Et pour ma part, je dois dire que ma libido est beaucoup plus calme, quand ça arrive, ça fait du bien mais l’envie vient peu d’elle-même… Est-ce que c’est parce que ma fille m’accapare le temps et l’esprit ? Parce que j’allaite ? Parce que mon corps a été et est encore beaucoup sollicité par la maternité ? Un peu de tout ça sans doute…

Et nous avons eu besoin d’en parler car j’ai eu un moment où je n’ai pas très bien vécu les sollicitations de l’amoureux, qui n’a rien cherché à forcer mais qui avait besoin d’exprimer son désir…

Encore une fois, nous avons tenté de mettre en place patience, communication, bienveillance, empathie et tendresse ; c’est ce dont nous avons besoin. Les composantes de l’amour en sommes.
Comme j’aime le chanter (faux) « all we need is love… and sleep » – parce que oui, il y a un tableau assez idyllique mais pour être tout à faite honnête, tout ça est bien plus facile à se rappeler et mettre en place quand on n’est pas au bout de sa vie…

Et le fait est que j’écris cet article à un moment où les choses sont relativement faciles. Notre fille dort généralement la nuit et est dans une phase « pub pour la parentalité » (avec un rire qui donne envie de la manger de bisous…) et nous n’avons donc qu’un enfant. Je garde en tête que rien n’est acquis (ni pour la parentalité facile ni pour la stabilité de notre couple) et espère que nous ne perdrons pas de vue l’amour qui nous traverse.

Voilà, j’espère que ce message apportera plus de bien (de l’espoir à celles qui attendent un enfant et qui ont peur…) que de sentiments négatif sdu type envie (je suis reconnaissante chaque bon jour de la chance que nous avons actuellement)…

Et toi, tu vis tout cela comment ? Qu’est-ce qui fonctionne chez toi ? Raconte !

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com