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A la une / Vie de maman

Le point couple de Mme Espoir : le bon équilibre

Cet été, ça va être caliente ! Les chroniqueuses brisent les tabous. Régulièrement, elles viendront à tour de rôle lever le voile sur leur couple. De la sexualité à leur vie de famille, en passant par l’équilibre parfois difficile, elles te raconteront tout.

Aujourd’hui, c’est au tour de Mme Espoir de prendre la parole !

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Je suis un peu différente de mes copines Tribulettes car comme tu le sais mon chéri était déjà papa quand je l’ai rencontré. Notre couple s’est construit dès le départ avec Schtroumpfette, il n’y a pas eu de rééquilibrage à faire suite à l’arrivée d’un enfant mais un équilibre à trouver d’emblée.

Une mise en place facile avec l’enfant

Les choses se sont faites naturellement. Je dois d’ailleurs rendre un hommage vibrant, faire un panégyrique, te dire que M. Chéridamour est le meilleur, le plus beau et le plus merveilleux des hommes (toujours dans la modération !). Il m’a laissé prendre ma place, a de suite fait comprendre à sa fille que j’étais son égale et qu’il fallait qu’elle suive mes demandes autant que les siennes : elle n’a jamais remis en cause mon autorité ou ma légitimité. J’ai vraiment agi avec elle comme j’aurais agi avec mes propres enfants.

Schtroumpfette était (est toujours) une enfant facile. Elle est obéissante, assez calme (par exemple, elle adorait faire des puzzles, du coloriage, lire…), faisait déjà ses nuits depuis longtemps quand j’ai rencontré M. Chéridamour, mangeait absolument de tout (elle adore les légumes) et nous n’avons donc jamais eu à affronter certaines grosses crises auxquelles les parents font face. En ce qui concerne l’éducation, les choses se sont faites sans conflit (ou juste quelques petits). Nous n’en avons jamais parlé en profondeur et nous avons vu au quotidien que nous sommes sur la même ligne de conduite, attendons les mêmes choses et avons les mêmes principes. Il arrive bien entendu que nous ne soyons pas d’accord (il est plus souple que moi qui suis plutôt psychorigide). C’est alors que nous discutons et trouvons des terrains d’entente, nous accordons nos violons (loin de la petite car nous évitons de nous contredire devant elle). L’éducation des enfants qui peut provoquer des frictions dans les couples n’est pas un problème pour nous.

Un couple une semaine sur deux

Côté couple, nous avons une semaine sur deux en amoureux. Et ça c’est confortable. Encore aujourd’hui, nous apprécions de nous retrouver tous les deux, de cocooner, de nous détendre. Schtroumpfette n’est cependant jamais bien loin de nous. Elle nous manque énormément et nous pensons à elle. Nous réfléchissons à ce que nous ferions quand elle serait avec nous, quoi faire pour lui faire plaisir.

Cette semaine-là en général nous sommes plus câlins et plus attentifs l’un à l’autre. Nous sortons davantage, nous nous préoccupons moins de l’équilibre des repas (on est d’accord, pain/pâté/fromage/vin c’est un repas équilibré quand même non ? Il y a des céréales, des protéines, des produits laitiers et des fruits !) Nous nous couchons plus tard, avons des horaires moins stricts, rendons visite à nos amis qui habitent loin… Bref, nous retrouvons une vie de couple.

Crédits Photo (Creative Commons) : Snapwire

Nous essayons dans la mesure du possible de faire toutes les corvées pour pouvoir nous consacrer entièrement à Schtroumpfette quand elle est avec nous. Il faut que tu saches que je possède l’un des spécimens masculins qui fait sa part de ménage, de rangement, de cuisine et de courses sans rechigner et sans attendre qu’on le lui dise. Monsieur est très autonome et il fait plus à la maison que moi. Nous nous répartissons les tâches sans même nous concerter, là encore très naturellement. Le soir, il est fréquent que nous préparions le repas ensemble. Les corvées ménagères ne sont pas une source de conflit.

Nous avons pu grâce à cette semaine de « repos » construire notre couple assez facilement. M. Chéridamour et moi ne sommes non pas fusionnels mais nous sommes assez proches physiquement. Après 10 ans passés ensemble, nous adorons toujours autant être collés l’un à l’autre, nous tenir la main, nous embrasser en public, prendre un bain ensemble (aaah, ces soirées où on se fait un petit apéritif avec sushis, toasts et cidre tout en profitant d’un bain moussant !) et nous retrouver sous la couette… Et pourtant, nous n’étions pas du tout démonstratifs ni l’un ni l’autre avant de nous rencontrer ! Nous sommes assez attentionnés, les petits gestes du quotidien sont importants pour entretenir la tendresse : voir mon mari m’accueillir en m’ouvrant la porte au retour du travail, lui préparer son café après le repas quand il a un peu la flemme de se lever, découvrir qu’il m’a acheté un livre, lui apporter le petit-déjeuner au lit…

Le regard de Schtroumpfette

Une des choses que Schtroumpfette n’aimait pas au début et pendant assez longtemps, c’est que je sois « collée » à son papa. Un brin de jalousie et de complexe d’Œdipe mais pas seulement. Elle avait surtout besoin d’attention, si elle ne voulait pas que je m’installe à côté de son papa c’était surtout pour pouvoir être entre nous et profiter de nous deux. Son attitude m’a toujours parue naturelle et cela ne m’a jamais dérangée. Elle demandait sa part d’attentions et son papa y a toujours répondu (par exemple quand il m’offrait un bouquet elle avait également droit au sien) tout comme moi. Cela n’avait aucune conséquence pour notre relation avec M. Chéridamour.

En grandissant, Schtroumpfette et moi avons joué de cette rivalité et encore aujourd’hui notre plus grand plaisir est de faire un câlin à M. Chéridamour en regardant l’autre d’un petit air un peu diabolique style « hin hin hin, j’ai droit à un câlin et pas toi ! » Quand nous regardons la télé tous les trois ensemble, il est comme un coq en pâte entre nous deux à écouter les compliments qui pleuvent sur lui (on le gâte trop !)

Quand elle était petite, Schtroumpfette avait le droit le matin en week-end de nous rejoindre dans notre chambre. C’était un moment de complicité important pour nous 3 et au diable les préceptes sur le fait qu’il ne faut pas ouvrir la chambre parentale aux enfants ! Nous avons d’ailleurs dû le lui répéter plusieurs fois, car la règle est différente chez sa maman. C’était quelque chose qui lui faisait beaucoup plaisir, surtout que ça donnait lieu à des batailles de chatouilles !

Depuis qu’elle est rentrée au collège, elle est parfois un peu gênée par la complicité physique que j’ai avec son papa. Elle nous dit en plaisantant que nous sommes dégoûtants de nous faire des bisous (et je ne te raconte pas sa tête le jour où elle a appris que je faisais des massages de pied à son papa, ou que nous nous faisions du pied sous la table !) Nous en avons sérieusement parlé une fois avec elle et il s’avère qu’elle souhaiterait en effet que nous soyons un peu moins démonstratifs. Nous avons donc concédé de ne plus nous faire de baisers avec la langue (aussi appelé « bisous porno » par Schtroumpfette) mais ne nous privons pas de continuer les baisers simples. Réduire nos démonstrations oui, tout arrêter non. Il est très important je pense qu’elle puisse voir que nous sommes heureux et amoureux, lui donner une image positive de ce qu’est un couple (surtout lorsqu’on sait que ses parents se sont séparés alors qu’elle était toute petite).

Face à la PMA

« Franchement Mme Espoir, tu essaies de nous faire croire que tout est parfait dans le meilleur des mondes pour ton couple ? » Non, tout n’est pas parfait. Nous avons dû affronter des crises. Nous avons eu des difficultés comme n’importe quel couple dans notre situation.

La PMA a beaucoup influé sur notre couple. Difficile de rester complètement unis et en phase face à cette épreuve. J’ai été triste, j’ai eu des crises d’angoisse, j’étais parfois en colère, j’ai beaucoup culpabilisé… M. Chéridamour a vraiment dû me supporter et m’aider. Nous avons été une fois au bord de la rupture, c’est lui qui nous a remis sur les rails. Une chose cependant n’a pas changé : nous avons toujours été complices au lit. Je sais que la PMA est dure à ce niveau-là pour certains, cela n’a pas été notre cas. Au contraire, avant la PMA je calculais tout, insistait pour optimiser nos chances d’avoir un bébé. C’était en fait très pesant et passer en PMA nous a délivré de tout ça.

Via GIPHY

En dehors des périodes de traitement, on ne se préoccupait plus de savoir si c’était le bon moment car si les traitements ne donnaient rien à quoi cela servait d’essayer de contrôler les choses ? Il y aurait eu de quoi devenir dingue et détruire toute libido…

Notre projet d’adoption me fait beaucoup m’interroger sur notre équilibre familial. Cela va être un bouleversement car nous construisons notre famille depuis si longtemps et les choses se passent si bien que c’est un peu terrifiant d’avoir à y inclure un nouvel enfant qui sera certainement difficile à gérer au début. Bref, nous allons (j’espère !) connaître le grand bouleversement que les couples connaissent avec l’arrivée de leur premier enfant. Nous connaissons les points qui peuvent poser problème (le sommeil, la colère…) et j’espère que nous saurons faire face à tout ça comme nous avons géré le reste jusqu’à présent.

Nos relations sont apaisées et apaisantes surtout car M. Chéridamour a une horreur pathologique du conflit. Je suis d’un naturel assez « rentre dedans » mais il me calme et ça fonctionne plutôt bien. Le fait qu’on se soit mariés après 9 ans ensemble et après toutes ces épreuves montre que notre couple est solide malgré tout et que notre amour est toujours très fort.

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Et toi, comment cela se passe-t-il dans ton couple ? Avoir une famille recomposée pose-t-il un problème pour vous ? La PMA a-t-elle joué sur votre complicité ? 

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !