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A la une / Vie de maman

Devenir des parents

Au commencement, il n’y avait que nous deux. Chouchou et moi, amoureux. Chouchou et moi au resto, au ciné, chez les amis, en weekend, en voyage, complètement torchés avec les copains, intolérants dans le train en entendant un bébé pleurer, ayant l’impression d’avoir déjà tout compris et de tout savoir de la vie.

Oui, nous voulions fonder une famille ensemble, et bien sûr, nous ne ferions certainement pas les mêmes erreurs que nos parents. Non, non, non, nous, on ferait bien mieux, et ce serait simple :

  • Bah oui, si ton gamin de 2 ans te réclame du coca en permanence, il suffit de lui dire non, c’est pourtant simple !
  • Et s’il veut encore dormir avec ses parents alors qu’il a 3 ans, bah dis-donc, ils se sont drôlement laissé faire !
  • Et pourquoi ils ne voient plus leurs copains, ceux-là ? Tout de même, ce n’est pas parce que tu as des enfants que tu ne dois plus voir personne !
  • Oh la la, moi, je ne laisserais jamais mon enfant me faire une crise comme ça en public !
  • Et il faut qu’ils arrêtent, les gens, de nous dire qu’on comprendra quand on aura des enfants ! Ça ne changera rien à nos vies, l’enfant, il s’adaptera à nos règles, et c’est tout !

Ignorants et naïfs, nous étions !

Un beau jour de juin, le jour de notre mariage, Chouchou et moi avons découvert que nous allions avoir un bébé. C’était l’euphorie totale ! Nous allions avoir un bébé ! À ce moment-là, nous n’avions pas encore compris que ça signifiait que nous allions devenir parents.

Devenir parents

Crédits photo (creative commons) : Harsha K R

Les neuf mois de grossesse nous ont permis de nous faire à l’idée et de préparer l’arrivée du bébé. Un nouveau monde s’ouvrait devant nous, avec tout un tas de questions que nous ne nous étions jamais posées : quels biberons, poussette, berceau… et autres joyeux choix à faire pour la première fois.

Et puis, nous nous sommes posé des questions plus existentielles sur l’arrivée de ce bébé dans nos vies : qu’est-ce qui allait changer ? Saurions-nous bien nous occuper de cet enfant ?

Quand notre fille est née, nous sommes tombés sous son charme, avec ses grosses joues et sa taille de bébé d’1 mois ! Elle a été un bébé « parfait » : elle a fait ses nuits à 2 mois, elle buvait bien, à intervalles réguliers, elle dormait beaucoup, et lorsqu’elle était éveillée, elle était toujours de bonne humeur.

Notre vie sociale a recommencé alors à frapper à notre porte. Tiens, un anniversaire surprise, et puis là, un barbecue, et là, une soirée… On est partis un weekend entre amis, en la laissant à ma maman, alors qu’elle n’avait que 6 semaines – mais le dimanche matin, je voulais rentrer la retrouver : c’était trop dur de la laisser une nuit entière !

Petit à petit, nous avons espacé nos sorties, car nous étions plus fatigués. Et puis, on avait juste envie de profiter de notre fille, de la voir évoluer.

La reprise du travail, alors qu’elle avait 3 mois, a été dure à vivre. Laisser son enfant si petit, encore aujourd’hui, ça me paraît aberrant : je ne comprends pas notre système.

Notre couple n’a pas souffert de l’arrivée de baby girl : nous avions la chance d’avoir ma maman pas loin pour nous permettre d’avoir des moments à deux.

Nous ne sommes pas devenus parents le jour de la naissance de baby girl. Nous devenons parents chaque jour qui passe, car chaque jour est une découverte de nous-mêmes et de notre fille. Plus le temps passe, et plus on se rend compte qu’être parents, ce n’est pas juste changer des couches et donner un biberon. Être parents, pour nous, aujourd’hui, c’est parvenir à trouver le juste milieu entre la laisser faire ses expériences et lui poser des limites.

Nous devons composer avec l’héritage légué par nos parents et l’envie de faire différemment ce qui ne nous a pas plu dans notre éducation. Mais il est tellement difficile d’aller contre ce qu’on a toujours vu faire.

Par exemple, Chouchou a eu l’habitude d’entendre sa mère crier en permanence, pour tout et n’importe quoi. Il ne veut pas reproduire ça, mais il a du mal à ne pas crier quand baby girl refuse de mettre ses chaussons ou quand elle a décidé que non, elle ne voulait pas être changée tout de suite.

De mon côté, on m’a toujours dit de finir mon assiette, de telle sorte qu’aujourd’hui, je ne sais pas faire autrement, même si je n’ai plus faim. J’ai donc tendance à faire l’inverse, à laisser baby girl ne pas finir son assiette. Ça marchait bien au début, mais maintenant, elle commence à choisir ses aliments : elle mange les féculents et les protéines, mais elle laisse les légumes, la coquine !

Elle n’a que 2 ans, mais en deux ans, notre rôle de parents a déjà beaucoup évolué. À présent, sages de notre (petite) expérience de parents, nous savons que rien n’est acquis, que ce qui se passe bien maintenant peut changer plus tard et que notre fille va grandir, évoluer, changer. Il nous faudra nous adapter à chacune de ses phases : chercher à l’accompagner, l’encadrer, sans l’étouffer.

On dit souvent que l’aînée est le brouillon des autres enfants, et finalement, je pense qu’en quelque sorte, c’est vrai, puisque nous faisons nos armes de parents sur le premier enfant. Quelle pression pour ce premier né !

Je me demande parfois ce que baby girl retiendra de notre éducation. J’espère qu’il y aura quelques trucs qu’elle trouvera réussis tout de même. Mais je ne m’offusquerai pas si elle veut faire différemment. Après tout, nos propres parents nous laissent faire ce qu’on veut !

Et toi ? À quel moment as-tu pris conscience de ton rôle de parent ? Trouves-tu que ce rôle a évolué depuis le début, ou bien tu t’es sentie parent tout de suite ? Raconte !

A propos de l’auteur

Trentenaire (eh oui !) mariée, maman d'une géniale Little Girl et d'une ravissante Poupoune, j'aime écrire, lire et commenter mes séries TV et films préférés. J'adore voyager, d'ailleurs, avec Chouchou, nous avons fait un tour du monde d'un an : que nous rêvons de réitérer, avec notre tribu !