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A la une / Vie de maman

Fais pas ci, fais pas ça…

Il est passé par ici, il repassera par là ! Eh oui, après mon premier article sur les conseils (plus ou moins directifs) dont on nous abreuve pendant la grossesse, je reviens avec son pendant « maman » : la pression sociale qu’on subit une fois bébé là !

Attention, sujet délicat… Prête ? On y va !

Conseils durs à supporter pour les parents

Crédits photo (creative commons) : Gordon

Tu allaiteras (si ton lait est bon)

Oooouh, je cherche la controverse, oui, je le reconnais.

Alors, qu’on se mette d’accord, toi et moi : j’ai choisi d’allaiter (le terme « choisi » est très important), tout comme j’aurais pu choisir de donner le biberon ! Chacun fait comme il le souhaite. Mais on sait toi et moi que malheureusement, il n’y a que dans le monde des Bisounours qu’on fait notre choix et qu’on nous laisse tranquilles.

En gros, on est quand même vachement poussées à allaiter. Mais l’inverse est vrai aussi ! Ta belle-mère n’a jamais allaité et ses deux enfants sont au top ? Attends-toi à des réflexions sur le fait que tu t’emmerdes pour rien. Ou mieux, on te ressort l’expérience d’Unetelle, à qui on a ordonné d’arrêter l’allaitement parce que son lait n’était pas bon : « Tu es sûre de ne pas laisser ton bébé mourir de faim ?!! »

Dis-toi que de toute façon, tu auras des réflexions. J’ai un bébé tout potelé, et on me dit qu’il est trop gros. Mais s’il avait été tout mince, j’aurais eu droit à des réflexions sur la qualité de mon lait. C’est un cercle sans fin.

Mon conseil : ignore-les ! Tu veux allaiter (un mois, six mois, un an, plus…) ? Fais-le. Tu ne veux pas ? Ne le fais pas ! Il vaut mieux un biberon donné avec plaisir qu’une tétée au sein durant laquelle tu te retiens de pleurer. Ton bébé t’aimera de la même façon, que tu l’allaites ou non.

Tu ne lui donneras pas de tototte

Ha ha ha ha ha. La meilleure des blagues. Souvent, les gens qui donnent ce conseil te disent de lui faire prendre son pouce (mouais, pas sûre que ce soit mieux) ou insinuent que tu vas rendre ton bébé dépendant à quelque chose dont il n’a pas besoin.

Alors, clairement, si ton bébé n’en a pas besoin, ta tototte, il te la recrachera de suite. Mon fils n’en avait pas du tout envie durant ses trois premiers mois. Et depuis, il a des phases où il l’a toute la journée, et d’autres où il ne la réclame pas du tout. Eh oui, les dents y sont pour quelque chose !

Ce qui me fait le plus rire avec ce conseil, c’est qu’en tant que maman allaitante, on m’avait bien répété mille fois de ne pas lui donner de tototte (pour éviter la confusion sein/tétine). Et pourtant, à la maternité, on m’a demandé deux fois de suite si j’en avais une, car mon fils pleurait (pendant à peine deux minutes) quand on l’examinait… J’en déduis que ce conseil est souvent donné par des gens qui, au bout de cinq minutes de pleurs, caleraient fissa une tototte dans la bouche de bébé !

Donc encore une fois, c’est à toi de voir. J’ai une amie qui a préféré attendre que ses enfants trouvent leur pouce (pour une raison pratique : ils ne le perdent pas la nuit, donc pas besoin de se lever pour leur redonner), et qui a donc supporté les pleurs quelque temps. Moi, j’ai décidé de lui donner pour éviter que mon sein soit « mordillé » en période de dents qui sortent…

Fais comme tu le sens. À ce que je sais, aucun adulte ne se promène avec une tétine dans la bouche. C’est bien qu’à un moment, on n’en a plus besoin !

Tu le feras dormir dans sa chambre

Comment ça, il dort avec vous ?!!! Mais, et votre vie de couple ??!!! Et puis, vous devez le gêner, la nuit.

Et son opposé : quoi, vous l’avez directement mis dans sa chambre en revenant de la maternité ?? Mais le pauvre ! Neuf mois avec Maman, et vous le mettez seul ! Ça va en faire un bébé déséquilibré !

Moui moui… Alors là, pareil, c’est comme tu le sens, en fait. Petit Habitant a passé cinq mois avec nous, parce qu’on y était obligés (on n’avait pas la place pour le mettre ailleurs) et aussi parce que c’était pratique (la nuit, c’est plus facile de le prendre et de le mettre au sein sans avoir à sortir du lit). Et j’ai été biiiiien contente quand il a intégré sa chambre après notre déménagement. Il l’aurait intégrée plus vite si ça avait été possible, parce qu’il nous gênait la nuit !! Oui, IL nous gênait. (Un bébé qui dort, ça fait beaucoup de bruit.)

Donc encore une fois, chacun fait comme il veut et comme il peut. Si tu te sens de te lever quatre fois par nuit pour aller nourrir bébé dans la chambre d’à côté, eh bien, mets-le directement dans sa chambre (et c’est évidemment encore mieux si tu as l’option « bébé qui fait ses nuits »). Si ça te rassure de l’avoir dans ta chambre, garde-le autant que tu le souhaites (bon, à 18 ans, il te dira peut-être qu’il veut avoir son intimité !), et ton couple apprendra qu’il existe d’autres lieux que le lit pour s’amuser. Sois rassurée : tu n’en feras pas un sociopathe, ni dans un cas, ni dans l’autre.

Tu le laisseras pleurer (ou pas du tout)

Top 1 des conseils à la con. Souvent, les personnes qui te disent de le laisser pleurer sont celles qui se précipiteront pour le prendre dès que tu le laisseras chouiner deux minutes dans son transat.

Quand on te dit : « C’est un bébé énormément dans les bras, dis donc ! », retiens-toi de dire que si tu as fait un bébé, ce n’est pas pour le laisser dans un coin pendant que tu continues ta vie, mais pour t’en occuper. Et relativise.

Déjà, parce que ce conseil de laisser pleurer, tout le monde ne peut pas le mettre en œuvre. Entendre son bébé hurler, c’est très difficile, et tu n’as généralement qu’une envie : le consoler (à moins que tu aies une trèèèès grande maison et que tu coupes le babyphone). Ensuite, parce que tu feras ce que tu seras capable de faire.

À côté des conseils « il faut le laisser pleurer » ou « il ne faut pas du tout le laisser pleurer », il y a ta patience. Peut-être qu’au bout d’un moment, tu en auras marre, tu auras envie de prendre une douche, et tu laisseras ton bébé pleurer dix minutes. Et honnêtement, tu auras raison ! Te forcer à prendre bébé dans tes bras alors que tu es à bout n’apportera rien de bon. Et inversement, le laisser pleurer si ça te fait pleurer toi aussi, ce n’est pas bon non plus.

Fais-toi confiance : tu reconnaîtras vite si ce sont des pleurs qui nécessitent d’intervenir ou non (coucou les pleurs de décharge).

Tu lui cuisineras des plats maison (et bio si possible)

Babycook power !!!

Alors déjà, d’un point de vue pragmatique : le bio, c’est super, oui, mais un champ de légumes bio à côté d’un champ plein de pesticides, ça fait des chocapic légumes aux pesticides. Donc si tu en as les moyens, tu peux acheter bio, oui, mais ne te mets pas martel en tête si tu ne peux pas ! Tu n’empoisonneras pas ton bébé pour autant.

Et pour ce qui est du fait-maison, c’est pareil ! Si tu as le temps, vas-y, ne te prive pas. Mais maintenant, les petits pots sont tellement surveillés que tu peux parfaitement en donner à ton bébé sans souci. Ma médecin m’a même conseillé d’y habituer Petit Habitant parce que « ça dépanne et c’est mieux s’il accepte de les manger quand vous en avez besoin » (par exemple, en vacances, si tu ne peux pas cuisiner).

Du coup, moi je dis : vive l’alimentation mixte qui ne prend pas la tête (Petit Habitant a d’ailleurs goûté des petits pots ce weekend) ! Et on ignore les : « Moi, mes enfants, ils n’ont JA-MAIS mangé de produits industriels ! » – oui, bah je suis contente pour toi, mais le mien est ouvert au monde, et donc à l’industrie des petits pots, et pour le moment, il se porte bien.

Tu aménageras tes horaires de travail (ou mieux : tu feras une pause dans ton travail)

« T’es pas aux 4/5 ?! Mais t’es maman, pourtant… »

*Compose un numéro*

« Oui, bonjour, j’appelle pour signaler un cas de misogynie flagrant.
– Ouh la, attendez, c’est qu’on a beaucoup de témoignages ! Je vous mets en attente… »

*Musique d’attente*

Soyons clairs : un enfant, ça se fait à deux (jusqu’à preuve du contraire). Donc soit on se met à poser ce genre de questions aux papas, soit on arrête d’embêter les mamans à vouloir à tout prix que leur comportement au travail change une fois bébé là.

*Fin de musique d’attente*

« Oui, donc pour votre problème, on nous dit que face à ce genre de phrases totalement absurdes, vous pouvez répondre par : T’as pas de Rolex ?! Mais t’as plus de 50 ans, pourtant… ou dérivé.
– Merci. Bonne journée. En espérant ne pas devoir vous joindre à nouveau. »

*Raccroche*

Bon, tu l’auras compris, c’est ta vie : tu en fais ce que tu veux !! Tu ne seras pas une mauvaise mère si tu reprends ton travail comme avant, tout comme tu ne seras pas une femme au rabais si tu décides d’arrêter de travailler pour tes enfants. Tu seras la femme et la mère parfaites que tu as choisi d’être !

Tu attendras deux ans et demi avant de vouloir lui faire un petit frère

Oui, sache que les gens ont aussi leur mot à dire là-dessus. Du coup, quand ton premier enfant aura atteint les 2 ans, on commencera à te demander régulièrement si le petit 2 est prévu. (Ça marche aussi de deux vers trois : on te demandera si tu comptes t’arrêter là ou pas.)

Et si tu réponds qu’il n’y a pas de petit 2 prévu, tu risques d’avoir des remarques sur l’égoïsme de faire un enfant unique, qui va forcément avoir une enfance de merde sans amis (remarques émanant souvent des grands-parents qui, eux, voudraient bien encore quelques petits-enfants à bisouter. Bah oui, trop facile : ce ne sont pas eux qui les auront H24).

Si tu réponds que tu préfères attendre, on te dira sûrement que c’est une erreur, parce que du coup, l’écart sera trop important, ils n’auront pas l’écart d’âge « idéal » (peu importe si ton choix est réfléchi, le mythe de l’écart d’âge idéal l’emporte sur la raison de beaucoup).

Mais tu as aussi droit à des réflexions si tu annonces que oui, tu vas lancer le deuxième bébé rapidement (avant les 2 ans réglementaires). On essayera de te dissuader, en te disant que ce n’est pas bon niveau finance ou fatigue (mais alors deux ans plus tard, go baby go, tu seras devenue milliardaire et tu auras une réserve de sommeil de cent mille heures, apparemment).

Enfin, si tu as déjà trois enfants et que tu dis en vouloir d’autres, je préfère ne pas en parler… Tu seras vite cataloguée « cas social voulant vivre des allocations familiales ». Tout le monde a aussi son mot à dire sur la taille de la famille parfaite…

Tu vas trouver que je radote, mais encore une fois : fais comme tu le sens (ou plutôt, comme vous le sentez, le papa et toi) ! C’est ta vie, tu en fais ce que tu veux. Le mieux, c’est d’ignorer les remarques. Voire de préparer deux ou trois réponses drôles/cinglantes, pour changer de sujet ou mettre fin à la conversation (mais tu n’es pas obligée).

En conclusion, la maternité/paternité est une expérience unique, que chacun vit à sa façon. Fais-toi confiance ! C’est ton bébé, tu sais ce qui est le mieux pour lui. Chacun aura toujours son avis sur l’éducation que tu donnes, car justement, chacun vit cette expérience différemment. Blinde-toi contre les réactions extérieures, et laisse-toi le temps d’apprivoiser ton bébé et d’être apprivoisée par lui. Il te dessinera très vite un mouton !

Et toi ? Tu as subi beaucoup de remarques ? Comment les as-tu prises ? Est-ce qu’elles influencent ta façon d’élever ton enfant ? Viens en discuter…

A propos de l’auteur

Mariée a un mari hyper protecteur depuis ma grossesse extra utérine j'ai commencé par être piquée par le virus des blogs grâce à mademoiselle dentelle avant de découvrir les deux autres blogs "Dans ma tribu" et "Sous notre toit". Je suis la maman chat d'une grande minette de salon qui ne porte de félin que le nom. Mais surtout la maman comblée de Petit Habitant et Petit Excité qui ont 18 mois d'écart. Je viens te raconter mon quotidien de maman et mes grossesses qui pourraient mieux se passer 😉 !