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A la une / Témoignage

Mon fils, la nourriture et moi

Sur les conseils plus qu’insistants de ma sœur, qui a déjà écrit des chroniques pour Sous Notre Toit, j’ai décidé de te faire partager mon expérience et mes déboires avec l’alimentation de mon Choupi. J’espère que cet article aidera les mamans qui sont confrontées aux mêmes situations à se sentir moins seules.

Tout d’abord, un peu de contexte quant à la naissance du Choupi. Il est arrivé avec sept semaines d’avance, mais avec tout de même un bon poids de naissance (2,545 kg). Il avait une grosse anémie et, du coup, il se fatiguait beaucoup (il était un peu jaune, aussi !). Mais il allait très bien, et c’était le principal.

Durant son séjour en néonat, il a été nourri avec mon lait (au sein et au biberon), et déjà, ce n’était pas un goulu, ni un rapide. Il tétait longtemps (au sein et au biberon) pour ne pas boire grand-chose. Ça se faisait toujours à grands coups de stimulation, puisque sinon, au bout de cinq minutes, il s’endormait ! Même les puéricultrices galéraient.

Celles qui ont connu la néonat doivent le savoir : en gros, les bébés sont calés sur un rythme de quatre heures (sinon, ce serait un peu l’anarchie), et je pense que ça convenait bien au Choupi, qui ne se fatiguait pas trop avec ce rythme.

Mais pour qu’il puisse sortir de la néonat, il fallait qu’il prenne du poids, et ça a été un peu laborieux. Je ne sais pas si c’est à partir de ce moment-là que le poids est devenu une obsession chez nous, jeunes parents pas du tout préparés à l’arrivée de ce bébé, mais en tout cas, ça a dû y contribuer.

De retour à la maison, nous avons continué à le nourrir toutes les quatre heures comme en néonat, d’abord au sein, puis au biberon pour le complément. Il était toujours très lent pour boire. Entre le sein et le biberon, on y passait facilement quarante-cinq minutes ! Sauf qu’au bout d’un mois et demi, et avec la reprise du travail du papa, il est devenu très difficile pour moi de continuer à cumuler allaitement au sein + biberon + tire-lait.

Au final, je n’arrivais plus à souffler entre deux repas du Choupi, et je commençais à accumuler une grosse fatigue physique (due aussi à une fin de grossesse vraiment pas sympa). De plus, je ne savais jamais s’il avait bu sa dose de lait et ça, la mathématicienne que je suis avait du mal à l’appréhender. À contre-cœur, et avec beaucoup de larmes, j’ai pris la décision de passer au biberon et au lait infantile (décision soutenue par le papa). Je croyais que nous allions enfin trouver un rythme de croisière, mais en fait, pas du tout.

Avec le passage au lait infantile sont arrivées les coliques. Au départ, c’étaient juste des cris pendant la sieste du soir, mais au fur et à mesure, elles ont pris de l’ampleur. Au point que le Choupi se tordait de douleur et hurlait pendant tous ses biberons. Chaque repas devenait un calvaire, et pour lui et pour nous.

Bébé et biberon

Crédits photo (creative commons) : Bradley Gordon

C’était tellement insupportable que notre pédiatre, voyant notre désarroi, nous a trouvé un rendez-vous en urgence chez un gastro-entérologue pour soigner le reflux et l’allergie aux protéines de lait de vache. Mon bébé a eu un traitement pour diminuer les douleurs. Parallèlement, nous devions faire des pauses au milieu des biberons si ça n’allait pas, et reprendre un peu plus tard.

Clairement, avec le recul, je pense que nous lui avons fait plus de mal que de bien en insistant pour qu’il boive ses biberons. Mais notre obsession de le voir manger pour grossir faussait notre jugement. Pour éviter les douleurs et les cris, je faisais deux biberons, et son repas se déroulait sur une heure et demi.

Au bout de deux mois, les coliques sont passées, et le Choupi a enfin bu des biberons en entier, et en une seule fois (en quarante minutes tout de même), pendant… deux semaines !! Ensuite, il a recommencé à bouder les biberons. Il buvait la moitié, et après, il n’en voulait plus. Mais au bout d’une heure, il avait de nouveau faim.

Je te laisse imaginer : grosso modo, je ne faisais que ça ! J’étais seule toute la journée à la maison, et je ne prenais plus aucun plaisir à nourrir mon fils. J’étais sur les nerfs et je me défoulais sur mon mari quand il rentrait. Autant dire que notre couple n’était pas au beau fixe pendant cette période.

Pour pallier ce manque d’engouement pour le biberon, le pédiatre nous a proposé de mettre des céréales dans le lait, le matin et le soir. En changeant de goût, les biberons sont mieux passés, mais ce n’était pas la folie non plus. Une ou deux semaines plus tard, tout est redevenu comme avant.

Il ne restait plus qu’une solution : commencer la diversification !! Le Choupi avait presque 6 mois, c’était donc la bonne période. Le pédiatre m’avait conseillé de lui donner de la purée et de la compote à la cuillère, de le laisser me montrer quand il n’en voulait plus (cracher, quoi !) et de lui donner du lait en complément.

La cuillère a été une révélation ! Le Choupi a mangé son pot de purée et sa compote en entier dès les premiers jours. Par contre, le biberon de complément, il n’en voulait pas du tout, même en mettant de la purée ou de la compote dedans. Nous avons essayé de le feinter en proposant le biberon en premier, puis la purée ou la compote. Ça a fonctionné quelques jours, et après, il s’est mis à refuser systématiquement le biberon, même lorsqu’il lui était proposé avant.

Nous sommes donc passés aux laitages le midi et au goûter. Mais nous avons continué un temps à lui donner du lait le matin et le soir, en complétant avec des laitages au besoin. Puis, rapidement, nous sommes passés à la purée et au laitage le soir également.

Cet été (pour ses 9 mois environ), le Choupi a eu un déclic ! Il s’est dit que, finalement, le biberon du matin, c’était cool ! Depuis, il finit tous ses biberons à une vitesse record (cinq à dix minutes maximum). Comme quoi, rien n’est jamais perdu !!

Je regrette de m’être autant focalisée sur les quantités de lait qu’il buvait, sachant qu’en plus, il n’était pas du tout maigre (il est même en haut des courbes, maintenant). Je regrette également de ne pas avoir avancé la diversification de quelques mois, parce que ça nous aurait sans doute permis d’être beaucoup plus zen vis-à-vis des repas.

Au moment où j’écris cet article, le Choupi a presque 1 an, et même si on en a bavé au début, maintenant, les repas ne sont vraiment que du plaisir !

Et toi, est-ce que tu as rencontré des difficultés pour nourrir ton bébé ? Comment t’en es-tu sortie ? Aurais-tu des conseils à donner ? Viens nous dire !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune mariée (4 ans) et jeune maman (2 ans) d'un choupinou qui grandit trop vite !!! Je vis à Paris et j'essaye de concilier ma vie perso et ma vie pro du mieux que je peux.