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A la une / Récit de grossesse

La grossesse, valse des émotions


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Il est temps pour moi de te conter ma grossesse, les hauts, les bas et tout le reste. J’essaye d’écrire cet article depuis des mois, mais sans résultat.

Au final, je ne vais pas te raconter ma grossesse mois après mois, ou encore trimestre par trimestre, car ça n’aurait aucun sens pour moi. Je vais plutôt me focaliser sur mon ressenti, mes sensations, mes humeurs et mes lubies. C’est finalement ce qui décrira le mieux cette grossesse. Ce que je ressentais, comment on le vivait.

début du 8ième mois

Crédits photo : Babyzoom

Début du huitième mois

Mon début de grossesse a été compliqué. J’avais du mal à intégrer le fait que j’étais enceinte, à me projeter, je m’ennuyais et ne savais pas de quoi demain allait être fait. Ajoute à ça le combo amoureux absent + nausées + fatigue + fin de contrat de travail + toujours pas d’appartement, et tu obtiens une Freesia complètement « absente ».

Je n’arrivais pas à m’impliquer dans quoi que ce soit, et j’appréhendais les semaines. Tous les jours, à partir du moment où j’ai su qu’on allait garder bébé (coïncidence ?), je subissais des heures de nausées. Le plus dur, c’était la période 17h/20h, où j’étais vraiment nauséeuse, fatiguée, avec des envies de vomir au moindre mouvement. Va cacher ça à ta belle-famille quand c’est l’heure de l’apéro, toi !

Je passais le plus possible ce moment-là allongée, j’évitais les transports (mais bon, pour tout te dire, le bus qui me ramenait chez moi a eu raison de moi une fois…) et grignotais amandes, compotes et crackers salés : les seuls remèdes qui m’évitaient plus ou moins de rester en permanence la tête dans les toilettes). Et ça, ça a duré jusqu’à Noël. Jusqu’au début de mon sixième mois. Merci bien Dame Nature, mais j’aurais adoré m’en passer.

Étaient-ce les hormones aussi ? En tout cas, j’étais à fleur de peau et la moindre conversation un peu houleuse me faisait craquer. La veille de mon dernier jour de travail (soit à 12SA), une soirée organisée par ma mère a commencé par des reproches vis-à-vis de mes cernes et de mon envie de manger et d’aller me coucher tôt, et a fini à 5h du matin par une inoubliable scène d’hystérie collective entre ma mère, son « amie », ma sœur et moi. Je vais passer sur les détails sordides et les choses horribles qui nous ont été dites, mais suite à ça, j’ai tout fait pour quitter la maison familiale le plus vite possible.

Puis, les attentats de novembre ont eu lieu et je continuais de me poser des questions. Est-ce qu’on faisait vraiment le bon choix en ayant un enfant maintenant ? Le texte de Mélimélanie m’avait alors profondément touchée et remuée, et l’amoureux m’a fait promettre que quoi qu’il arriverait, nous essayerions de lui transmettre le bien, l’amour, la générosité.

Tout ça pour dire que question moral, je l’avais dans les chaussettes. Je n’arrivais à rien.

Puis, j’ai trouvé un petit poste bénévole où j’ai pu me sentir utile. Je me suis installée officieusement chez mes beaux-parents quatre jours par semaine. L’amoureux a signé son CDI, on voyait enfin le bout du tunnel. On a cherché un appartement, on a emménagé.

J’ai retrouvé l’amoureux. Je le regardais me sourire, m’enlacer, je cherchais son regard, sa main, et tout est allé mieux. C’est à cette période que j’ai commencé à m’investir émotionnellement dans la grossesse. Je pouvais enfin m’autoriser à penser à ce petit être qui grandissait.

C’est à la même période que j’ai acheté mes premiers vêtements de grossesse. Deux pantalons. Non pas que ça se voyait, mais je voulais pas me sentir « oppressée ». Sauf que justement, vu que j’étais aussi plate (oui, bon, plate comme un pot de nutella, quoi) qu’avant, bah je les perdais, donc ce n’était pas très pratique.

Au final, je n’ai commencé à vraiment les porter qu’au sixième mois. Quand, après les fêtes, on commençait à penser que finalement, ce bidou ne voulait peut-être pas dire que j’avais trop forcé sur la dinde aux marrons. Et encore… D’ailleurs, quand un inconnu s’apercevait que j’étais enceinte à cette époque, ça me soulageait… Ah enfin, il se montre !

Emotions de la grossesse peur et joie

Crédits photo : Photos personnelles

Soirée du Nouvel An, début du sixième mois / Milieu du septième mois

Comme j’avais pris rendez-vous pour ma séance photo grossesse au début du huitième mois, il me restait un mois pour gonfler comme une montgolfière ! Challenge accepted ! Enfin, ça, c’est ce que mon corps a dû se dire parce qu’on est passé de quasi rien à… je suis énorme. En deux mois. C’est sûr qu’après, on ne pouvait pas l’ignorer, ce ventre ! Mention spéciale à la vieille dame aigrie de la boulangerie, qui m’a sorti une semaine avant que je n’accouche : « C’est forcément des jumeaux, on n’a pas idée d’être aussi grosse ! ». Merci, c’est trop aimable.

Une fois chez nous, j’ai enfin pu me projeter concrètement. J’ai préparé la chambre du bébé, peint la cuisine, la salle de bain, défait les cartons. Et surtout, j’étais libre. C’est à la même période que j’ai rencontré Super-Sage-Femme. Il m’a portée toute la grossesse. Il m’a appris à relativiser, à prendre confiance en moi. Il m’a rassurée et m’a bien aidée à garder le secret sur le sexe. Et je crois que c’est exactement ce dont j’avais besoin. Un peu de soutien extérieur, une oreille attentive et un humour décapant.

J’ai commencé non pas une, mais trois préparations à la naissance. J’ai rencontré d’autres futures mamans. J’ai fait les magasins. Tous les jours ou presque, je me levais avec un but. Le lundi, c’était piscine. Le mardi, repos ou rendez-vous avec le sage-femme. Le mercredi rendez-vous et préparation à la naissance. Le jeudi, piscine. Le vendredi, c’était rendez-vous, préparation à la naissance et hypnose. Je me sentais bien. Je rentrais le soir fatiguée, mais bien.

Je ressentais les coups de Cookie. Je dansais et chantais dans le salon. Cookie participait. L’amoureux aussi quand il rentrait. Je m’occupais de mon chat. Je lisais, lisais et lisais. Je m’asseyais sur mon mini balcon et appréciais les quelques rayons du soleil matinal. Je cuisinais de bons petits plats à congeler. Je me promenais dans les rues et découvrais ma nouvelle ville. Je souriais devant le regard attendri des gens que je croisais. Je répondais de bon cœur aux questions des passants. Je m’épanouissais enfin dans mon corps.

Bref, le troisième trimestre a été parfait.

Emotions de la grossesse peur et joie

Crédits photo : Photos personnelles

Milieu du huitième mois / Début du neuvième mois

Bien sûr, il y a eu des moments plus sensibles. Des remises en question, des « C’est normal, ça ? », des « On ne va jamais y arriver ! » et de petites peurs.

Comme quand, dès le quatrième mois, à chaque fois que je toussais, je ressentais cette vive douleur dans le bas-ventre qui me faisait paniquer. Comme quand je ne sentais pas Cookie de la journée (« Mais il est où ?! »). Comme quand, une nuit loin de chez moi, à 5 mois de grossesse, j’ai fait des malaises, vomi tout ce que je mangeais et buvais, contracté et finalement fini aux urgences gynécologiques pendant toute une journée parce qu’aucun médecin ne voulait me voir. Comme quand j’avais mal au dos et à la cuisse et qu’au bout de deux mois et demi, j’ai enfin décidé d’aller consulter pour ma sciatique.

Comme quand ma gynéco m’a annoncé qu’il y avait comme un truc qui clochait avec un rein. Qu’il faudrait revérifier plus tard. Quand plus tard, Super-Sage-Femme a vérifié et qu’effectivement, y’avait un truc qui clochait. Un rein beaucoup trop gros et dilaté. Quand un mois plus tard, il avait encore quasi doublé de volume. Quand j’ai fini par voir LE spécialiste en urgence à deux heures de chez moi. Quand j’ai appris que mon bébé avait trois reins, dont un rein gauche complètement dilaté avec du reflux. Quand je me suis sentie désemparée.

Mais au final, Super-Sage-Femme m’a rassurée, a apaisé mes angoisses et contrôlé régulièrement. Au final, j’ai fini par rassurer nos parents et grands-parents. On verrait à la naissance. Pour l’instant, Cookie allait bien. Et c’était le principal.

Je me suis laissée porter tout du long. Il aura fallu du temps, mais j’ai adoré être enceinte. J’ai adoré voir enfin mon corps s’arrondir pour autre chose que des kilos en trop. J’ai adoré imaginer l’amoureux avec un fils ou une fille. J’ai adoré chercher les prénoms. J’ai adoré quand l’amoureux, chaque soir, essayait de contacter le bébé, lui disait d’attendre encore un peu au chaud ou de se bouger un peu le popotin parce qu’il me vrillait les côtes.

J’ai adoré les contrôles, les rendez-vous médicaux, moi qui suis pourtant paniquée quand je rentre dans un hôpital. J’ai adoré manger des cookies pendant neuf mois. J’ai adoré les échographies (en même temps, j’en ai eu onze… valait mieux aimer ça !).

J’ai adoré me concentrer uniquement sur le positif. J’ai adoré faire rager les gens quand on disait ne pas connaître le sexe. J’ai adoré me lever à 6h30 le matin même si je ne travaillais pas, pour faire quelque chose. J’ai adoré pouvoir faire quelque chose. J’ai adoré être chez moi, avec l’homme que j’aimais, mon chat d’amour et des pieds mal placés dans les côtes.

J’attendais bébé. D’ailleurs, il arrive quand  ?

Et toi ? Comment as-tu vécu ta grossesse ? Difficile au début, super à la fin ? Ou le contraire ? Qu’as-tu aimé, moins aimé ? Viens nous raconter !

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com