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Les gros mots

Ah les beaux moments de l’acquisition du langage ! Ton petit loulou hésitant sur les mots, inversant les syllabes, répétant tes paroles… C’est tellement mignon ! Tu es toute attendrie quand il imite le chat, quand il communique avec toi, même quand c’est pour dire « pas » (tu peux mettre ce que tu veux derrière : bisous, bain, manger…).

Et puis un jour, c’est le drame. Il te sort un gros mot.

C’est arrivé il y a une quinzaine de jour chez moi, ou plutôt chez PetitePerle. Alors qu’un de ses jouets m’a échappé des mains, elle m’a gratifié d’un magnifique : putain maman ! Distinctement. Elle n’était pas en colère et semblait même amusée de ce nouveau mot placé avec autant de précision.

Énorme sentiment de culpabilité et moment d’introspection : qu’est-ce que j’ai mal fait ?

Quand les parents jurent un peu trop

C’est une réalité, mon mari moi étions assez grossiers. Non pas que je le revendique mais certains gros mots « usuels » sont monnaie courante chez nous. Tu remarqueras que j’ai utilisé le passé dans la première phrase. En effet, depuis ma grossesse nous avons décidé de faire très attention : c’était une bonne habitude à prendre le jour où PetitePerle sera parmi nous. Compte-tenu de notre passif de personnes grossières, neuf mois n’étaient pas de trop pour commencer la cure.

Et j’imagine qu’en ayant déjà conscience de notre manque de subtilité linguistique, nous avions déjà fait une bonne partie du travail. Je pense que ça aurait été bien pire si nous nous voilions la face.

Les « punaises », « zut » ou autres « abruti » ont pris place dans notre langage. Et franchement c’était appréciable d’avoir un langage soigné. Même si de temps à autres une petite récidive était tolérée, globalement nous étions fiers de nos efforts.

Et puis je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais cette bonne résolution a pris la fuite au fur et à mesure de la croissance de PetitePerle. Comme si c’était le bon moment… Je suis tout à fait consciente qu’après une journée plus compliquée ou face à un enchaînement de contrariétés le « m***e » sort plus rapidement que le « mince ». Mais cela n’excuse pas tout !

J’ai toujours essayé de faire attention et la cure de non-gros-mots m’a permise d’être gênée quand j’en dis un maintenant. Mais mon mari est bien moins collaboratif, surtout que ses gros mots sont un peu moins beaux que les miens. Tu me diras qu’il n’y a pas de gros mots beaux, mais j’estime qu’il y a une catégorie de gros mots « acceptables ».

Acceptables oui, mais pas dans la bouche de son petit de vingt-deux mois !

Et dans l’entourage alors ?

Dans la famille proche de PetitePerle, c’est très extrémiste : mon papa dit beaucoup de gros mots mais ma maman jamais. Idem chez mes beaux-parents. Une des sœurs est une vraie poissonnière alors que son compagnon n’a jamais une parole déplacée !

Quand ma fille est née, j’ai mis tout le monde au diapason en parfaite petite dictatrice. Le moindre gros mot qui sortait de la bouche de quelqu’un et je lui sautais dessus comme un chien enragé. Cette politique très stricte a fait en sorte que le langage fleuri de mes proches est doucement tombé en voie d’extinction. Mais gare à moi si je laissais échapper un mot inapproprié ! Mes proches me rendaient au centuple l’humiliation linguistique qu’ils venaient de subir !

Crédit photo : https://www.pexels.com/photo/hands-portrait-child-57449/

Comment réagir ?

Je t’avoue que j’ai beaucoup culpabilisé. C’est de ma faute si ma jolie petite bouille a dit cet horrible gros mot ! Je ne sais pas si ça doit me rassurer ou pas mais compte tenu du contexte, ce p****n était parfaitement placé !

Bien entendu il faut se remettre en question. L’enfant a forcément entendu le gros mot quelque part et il y a fort à parier que ce soit dans son propre foyer. Je suis bien consciente que l’enfant puisse entendre un gros mot ailleurs mais dans le cas de PetitePerle, je mettrais ma main à couper que c’est bien chez nous qu’elle entend ça !

Je lui ai dis qu’il ne fallait pas dire ce mot parce que c’était un mot vilain. Mouai… paye ta crédibilité quand tu sais que c’est de ta bouche qu’elle l’a entendu ! Du coup je me suis posée la question de savoir si la méthode du  » fais ce que je dis, pas ce que je fais  » était bien logique.

Je pense avoir eu une bonne réaction en ne m’énervant pas. Je lui ai calmement expliqué qu’il ne fallait pas dire de gros mots comme ça mais qu’à la place on pouvait dire « zut » ou « punaise ». On en revient à ma catégorie de gros mots acceptables !

Etait-ce un évènement exceptionnel ? Non. Je ne vais pas te mentir, PetitePerle a redis ce p****n. Pas tous les jours non plus hein ! Même si c’est resté anecdotique, elle l’a employé encore une fois quand son papa la chatouillait et un autre fois où j’ai légèrement frotté la voiture ! Mais à chaque fois, c’était dit sans colère ou agressivité.

Après cet épisode, elle n’a jamais redis de gros mots et je redouble de vigilance dans mon langage !

 

Et toi ? Ton enfant dit-il ou a t-il dit des gros mots ? Vers quel âge ? Comment as-tu réagi ?

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !